‹ Traité élémentaire de pathologie générale; comprenant la pathogénie et la physiologie pathologiqueChapitre 21 sur 198 · DB L*A6B · texte numérisé non relu

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plissent avec une grande énergie et il en résulte que les altérations des différents organes réagissent vivement sur les fonctions des autres, que les symptômes généraux présentent habituellement une grande acuité et que les complications sont fréquentes; ainsi s* explique également la facilité avec laquelle se produisent les convulsions à cette période de la vie.

Les réactions inflammatoires se produisent très facilement chez les jeunes enfants; elles sont vives et mobiles; celles qui intéressent les voies respiratoires méritent surtout Tattention du médecin en raison de leur fréquence et de leur gravité ; le coryza lui-même, si bénin chez Tadulte, constitue une affection dangereuse chez Tenfantqui respire presque exclusivement par les fosses nasales, surtout pendant le sommeil et l'allaitement. Les phlegmasies laryngées sont également graves à cet âge, en raison de l'élément spasmodique qui les complique souvent et des dimensions très restreintes que présente alors la glotte inlerarylénoïdenne.

Pendant toute la durée du premier âge^ auquel on peut assigner pour limite Véruption de la première dent^ la plupart des prédispositions que nous venons de signaler chez te nouveauné persistent en s'atténuant ; les voies digeslives surtout restent facilement vulnérables ; cependant chez bon nombre d'enfants Tintolérance pour le lait de vache cesse à partir du quatrième mois. On peut noter, dès les premiers temps de la vie, une réceptivité remarquable pour les contages, particulièrement pour ceux des fièvres éruplives ; elle est peut-être moindre cependant qu*un peu plus tard, et il est d'observation que certaines maladies infectieuses, la coqueluche particulièrement, épargnent assez fréquemment les très jeunes enfants.

La période de dentition doit être distinguée de la précédente; révolution dentaire entraine par elle-même des accidents qui donnent à sa pathologie une physionomie spéciale : ce sont des troubles de la digestion et surtout des vomissements et de la diarrhée, des affections impétigineuses, des phlegmasies broncho-pulmonaires, des conjonctivites, des otites, des convulsions éclamptiques. L'influence de cette cause, souvent contestée, a été démontrée par Guersant. On voit souvent plusieurs des accidents que nous venons d'énumérer se reproduire à chaque poussée dentaire.

4t ËTIOLOGIË.

Le racbillsme, maladie liée à révolution du squelette, présente à cet âge son maximum de fréquence et d'intensité ; chez nombre d*enfants, on voit se développer dans les os des inflammations simples ou tuberculeuses; ces affections peuvent se manifester dans toutes les périodes de Tenfance.

Les fièvres éruptives et la dipbthérie présentent leur maxinouni de fréquence de deux à cinq ans; c'est aussi Tâge où l'on observe le plus souvent la méningite tuberculeuse; un peu plus tard apparaît la chorée.

§ 3. — Jeunesse.

Elle commence à la puberté et prend d*abord le nom d'adolescence, A révolution des organes sexuels se rattache d'habitude le développement d'une névrose grave qui appartient principalement à la femme et persiste assez fréquemment sous des formes variées jusqu'à la ménopause; nous avons nommé l'hystérie; elle peut cependant débuter avant l'apparition des règles.

Les adolescents des deux sexes sont sujets, comme les enfants^ à des maladies de croissance ; ce sont, du côté du squelette, des ostéo-myélites aiguës ou chroniques amenant la formation d'abcès ou d'hyperostoses ; c'est, du côté des appareils circulatoire et hémopoîétique, la chlorose qui semble liée à une insuffisance dans la génération des hématies en même temps qu'à un défaut de développement du système vasculaire ; ce sont des hémorrhagies^ ordinairement nasales, que Ton a rapportées à une disproportion entre, d'une part, l'accroissement de la masse du sang, de l'autre, la contenance et la résistance des parois vasculaires. Cet âge paie un tribut considérable à la phthisie pulmonaire et à la fièvre typhoïde.

La jeunesse proprement dite (de 18 à 35 ans) est le temps où l'homme résiste le mieux aux influences nuisibles, mais c'est également celui où il fait le plus grand abus de ses forces; c'est l'âge du surmènement physique et intellectuel, des imprudences et trop souvent aussi des excès que plus tard l'homme fait et le vieillard devront payer chèrement.

Chez la femme, la morbidité est considérablement accrue par le fait des accidents qu'entraîne la puerpéralité.

De L'AGE. 4»

Dans les deux sexes, la phthisie conlinue à être fréquente ; chez rhomme on observe souvent le rhumatisme articulaire aigu et les premières atteintes de la goutte.

§ 4. — Matorité.

A mesure qu*il avance en âge, Tindividu mieux éclairé sur les dangers qu'entraînent les fautes d*hygiène devient plus soucieux de sa santé ; il s'expose moins aux influences nuisibles, mais aussi il leur résiste moins. Certaines prédispositions héréditaires se manifestent au moment où l'activité des fonctions organiques semble décliner ; le cancer atteint son maximum de fréquence de quarante à cinquante ans; les impressions tristes, causées par les revers de fortune et les chagrins de toute sorte semblent en favoriser le développement; les mêmes causes provoquent l'explosion de la folie. C'est ordinairement dans la partie moyenne de la vie que les troubles liés au retard de la nutrition commencent à altérer la santé.

i$ 6. — Vieillesse.

A cet âge, l'équilibre qui avait existé jusque-là entre l'usure et la réparation se trouve rompu ; la réceptivité pour la plupart des contages a beaucoup diminué, grâce surtout sans doute à rimrounité conférée par des atteintes antérieures, mais la vulnérabilité est plus grande, la résistance au froid, à la fatigue et à la plupart des influences nocives s'est amoindrie; les lésions accidentelles se réparent plus difficilement et plus lentement, en raison de l'affaiblissement qu'ont subi les réactions organiques ; il n'est pas rare de voir la consolidation des fractures manquer complètement; les pneufnonies passent le plus souvent au troisième degré; les inflammations de la vessie ne se terminent qu'avec la mort du malade dont elles sont souvent la cause. Les réflexes étant affaiblis, les réactions fonctionnelles ^ut moins prononcées ; un vieillard peut avoir une pneumonie ^ans toux ni point de côté (I). La plupart des tissus présentent des lésions de fatigue et d'usure. Parmi les plus importantes,

l" Clurcot^ l>\*m-^ sur les tnahtUes den vieiiidrds, 1S68.

46 ÉTTOLOGIE.

nous citerons Tatrophie du poumon conduisant à remphysème, lesstéatoses rénale et hépatique, et surtout Tathérôme artériel générateur des anévrysmes, de Tinsuffisance aortique, des gangrènes dites spontanées, de Thypertrophie dû cœur et du ramollissement cérébral. Ici encore on voit intervenir le retard de la nutrition.

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