CHAPITRE PREMIER
ACTION DES MODIFICATEURS CHIMIQUES ASSIMILABLES ARTICLE 1*'. — DE L*AIR ATMOSPHÉRIQUE
Chaque fois que Tair ambiant ne contient pas une quantité suffisante d*oxygène, Thématose se fait incomplètement et il tend à se produire des accidents d'asphyxie.
Cette condition se trouve réalisée lorsque la pression atmosphérique s'abaisse au-dessous d*un certain chiffre et aussi dans les mines, les souterrains et dans tous les lieux où il se fait une exhalaison d*acide carbonique ou d*autres gaz irrespirables ; il en est de même dans les espaces confinés où se tronTent réunis un nombre proportionnellement trop considérable dMndividus ; Andral et M. Gavarret (1) ont montré qu*on homme adulte exhale par heure 20 litres d'acide carbonique dont Toxygène est nécessairement emprunté au milieu ambiant; l'asphyxie se produit plus rapidement s'il existe dans le même espace des foyers de combustion. U ne faudrait pas cependant rapporter exclusivement à l'insuffisance de l'oxygène, non plus qu'à l'accumulation de l'acide carbonique, les accidents que Ton observe dans ces circonstances, car si, dans certains cas, ils présentent les caractères de l'asphyxie, il en est d'autres où ilssontd'une nature très différente et se produisent manifestement sous l'influence d'une infection. Déjà Bacon signalait les propriétés funestes que prend l'air des prisons quand les détenus restent longtemps renfermés dans des locaux trop restreints ; il rapporte l'histoire d'audiences judiciaires à la suite desquelles une partie des juges et un grand nombre d'assistants tombèrent malades et succombèrent (2), et désigne ces
A) Andral et GâTarret, Recherches sur la quantité dacide carbonique ex» hùUpar le pçumon (Ann. de chimie et de phyaique, 1813;. .})Biconi8 Natur, histor, exp., 914.
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audiences sous le nom d'assises nôtres ; on en compte toute une série de 1522 à 1750 ; les plus célèbres sont celles d*01d Baily à Londres, dans lesquelles périrent le Lord-maire, deux juges, un alderman et beaucoup de gens de justice. Yirchow considère la maladie qui se produit dans ces conditions comme identique au typhus pétéchial : le miasme-contage peut se développer dans tout espace encombré, qu'il s'agisse d'uoe cellule de prison, d'un entrepont de navire, ou même d'uue tente en plein air. «Quand une armée, dit Yirchow (i), est renfermée dans un camp ou dans des cantonnements étroits, quand les hommes, parles mauvais temps, s'entassent sous les tentes ou dans les maisons, ils se trouvent exposés aux accidents de l'air confiné ; il se produit un miasme des maisons, on peut même dire un miasme des chambres, comme un miasme des prisons et un miasme des navires. » Quelle est la nature de cet agent infectieux ? S'agit-il d'un poison chimique qui se développe aux dépens des gaz expirés, ou d'un contage figuré engendré dans ces conditions par l'organisme humain ? S'agit-il d'un microbe qui trouverait dans le milieu créé par l'encombrement une condition favorable à sa multiplicatioa? Nous ne pouvons que poser la question; puissent les circonstances nécessaires à son étude ne plus se présenter !
Le séjour dans l'air confiné favorise le développement de certaines maladies constitutionnelles et infectieuses, et particulièrement celui de la tuberculose, de la scrofule et de la chlorose ; c'est sans doute en plaçant l'individu dans de mauvaises conditions hygiéniques et aussi en l'exposant davantage aux causes d'infections qu'il exerce cette influence fâcheuse.
On a attribué aux variations quantitatives de l'ozone atmosphérique une influence pathogénique ; son excès favoriserait le développement de la grippe, son insuffisance celui du choléra \ on a reconnu l'inexactitude de cette manière de voir, basée sur un nombre trop restreint d'observations.
Nous n'avons pas à nous occuper ici des substances irritantes toxiques ou infectieuses qui peuvent altérer l'air respirable, elles ont été ou seront étudiées dans d'autres chapitres.
(I) Virchow, Du typkut famélique et de quelques maladies vo(>tnef, traduit de rallemand par H. Hallopeau. Paris, 18G8.