‹ Traité élémentaire de pathologie générale; comprenant la pathogénie et la physiologie pathologiqueChapitre 48 sur 198 · ARTICLE II. — ACTION SUR LE SANG BT SUR LES TISSUS · texte numérisé non relu

ARTICLE II. — ACTION SUR LE SANG BT SUR LES TISSUS

Absorbés par les veines et les lymphatiques de la muqueuse digestive, de la peau ou des poumons, les poisons et les venins Tout provoquer dans le sang et les tissus où ils pénètrent des modifications et des troubles fonctionnels.

Dans l'empoisonnement par l'oxyde de carbone, l*acide

(t) Hallopeau et Neamtnn, Sw* un cas de niammite réflexe {^Comptes renc'us de la Sociélé de biologie, 1878).

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cyanhydrique et le sulfate de quinine, les globules perdent leur pouvoir absorbant, cessent de fixer Tozygène et deviennent ainsi impropres à rhématose; ils se dissolvent sous Tinfluence des acides concentrés ; certains venins modifient la fibrine et Tempôchent de se coaguler.

L'action sur les tissus peut être généralisée ou limitée soit à un organe, soit à un groupe d'éléments.

Nous citerons, par exemple, d'une part les empoisonnements par le phosphore et par l'arsenic dans lesquels la plupart des organes subissent une dégénérescence graisseuse, d'autre part les empoisonnements par la strychnine qui agit spécialement sur la substance grise de la moelle épinière, par le curare qui paralyse la substance interposée entre la fibre musculaire et la plaque terminale du nerf moteur (Yulpian), et parle café, qui agit surtout en excitant les ganglions intracardiaques. On a peine à s'expliquer cette spécialité d'action et à comprend re pourquoi certains médicaments, les alcaloïdes par exemple, vont choisir en quelque sorte parmi des éléments de structure et de composition très analogues, pour n'influencer que certains d'entre eux; il faut admettre, avec M. Yulpian, que ces derniers ont pour eux, en raison de leur composition chimique, une affinité particulière et se les assimilent à l'exclusion des autres, ou que le mouvement moléculaire auquel est lié leur fonctionnement est seul influencé par ces substances.

Il peut survenir, dans ces conditions, des altérations passives et actives; parmi les premières, la dégénérescence graisseuse est la plus fréquente ; elle est le plus ordinairement produite par les agents qui, en retenant l'oxygène du sang, empêchent les combustions interstitielles d'avoir lieu : tels sont le phosphore, Tarsenic et l'alcool; les altérations actives, de nature inflammatoire, sont aiguës ou chroniques; elles aboutissent à la sclérose des organes et à l'atrophie de leurs éléments (alcoolisme) ; dans les deux cas leurs l'ouclions sont troublées d'une manière permanente et il se produit des désordres comparables à ceux qui caractérisent les maladies constitutionnelles (Yulpian). Ces lésions persistantes ne se développent cependant que dans les cas où l'action du toxique s'est prolongée longtemps, comme il arrive dans l'hydrargyrisme, le saturnisme, et l'alcoolisme chroniques ; lorsqu'elle est passagère, le poison est le plus sou-

Teot éliminé plas ou moins rapidement, et les lésions qu'il a proToqnées se réparent complètement.

Ces lésions sont loin d*ètre toujours appréciables ; il est toute une série de corps, tels que les alcaloïdes, les produits naturels dont ils sont extraits et les venins, qui donnent lieu à des accidents gra?es, souvent mortels, sans que Ton puisse trouver dans les organes, à l'aide des moyens d'investigation dont nous disposons, aucune altération de nature à les expliquer ; ils peu- Tent provoquer des accidents formidables et même tuer en quelques instants, à des doses minimes, en excitant et en paralysant tel ou tel appareil nerveux et ils ne laissent pas de traces; leur action a été comparée à celle des ferments, bien que, noQs le montrerons plus loin, elle en diffère notablement. Ils peuvent aussi à la longue déterminer, comme les poisons minéraux, des troubles persistants des diverses fonctions ; il en est ainsi dans le morpbinisme chronique. Nous verrons ultérieuremenlqne ces diverses propriétés sont utilisées en thérapeutique, et que les médicaments ne sont que des poisons employés à des doses assez faibles pour n'être pas nuisibles, assez fortes pour être actives.

AinClE III. — ACTION SUR LES APPAREILS D'ÉLIMINATION.

Les analyses chimiques permettent assez souvent de retrouver dans les divers produits de sécrétion les agents introduits dans l'organisme ; on peut constater en même temps, dans les organes affectés à ces sécrétions, des altérations de nature direrse ; l'on est de la sorte conduit à admettre que les poisons peuvent exercer une action pathogénique sur les appareils par lesquels ils s'éliminent. C'est ainsi que l'on explique généralement la production de la stomatite mercurielle, celle des dermatoses copahiques, hydrargyriques, iodiques et arsenicales, celle de la cystite cantharidienne, etc. L'exactitude de cette in. terprétation ne nous parait pas démontrée, car la peau et les appareils de sécrétion doivent être, comme tous les tissus, imprégnés par le poison et peuvent en recevoir une impression morbiSque, alors même qu'ils ne concourent pas à son élimination.

Hauotkao. — Pathologie générale. 7

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QUATRlâHE CLASSE — CAUSES ANIHiSS

Soupçonnée antérieurement par quelques esprits à larges vues, rimportance du rôle que joue le parasitisme en éliologie générale a été mise en pleine lumière dans le courant de ce siècle ; les découvertes qui ont amené ce résultat comptent parmi les plus fécondes qui aient été faites dans Tordre des choses mé'dicales ; Ton peut dire qu'elles y ont produit une véritable révolution : des maladies de nature diverse, et jusque-là complètement inconnue, ont pu être rattachées, en toute certitude, à la présence dans nos organes ou sur nos téguments de parasites animaux ou végétaux» et Ton a pu dès lors acquérir des notions précises, non seulement sur leur origine et leur pathogénie, mais aussi sur la raison d*ètre de leurs manifestations, sur leur mode de propagation et sur les moyens qu*il convient de leur opposer. G.e^i ainsi que la gale au commencement do siècle, un peu plus tard les teignes et les affections hydatiques, puis la trichinose, dans ces dernières années enQn, la diarrhée de Gochinchine^ Téléphantiasis, Thématurie dite de Tlle-de- France et bon nombre d*autres maladies ont pu être étudiées et décrites scientifiquement: on peut prédire dès aujourd'hui que ce mouvement ne s'arrêtera pas là et que le champ de la pathologie animée est destiné à s'agrandir encore.

Les parasites peuvefut vivre sur le tégument externe, dans les cavités viscérales, particulièrement dans les voies digestiFes, et enfin dans Tintimité des tissus; ils peuvent donner lieu à divers désordres locaux ou généraux en irritant mécaniquement les parties, en apportant ou en sécrétant des produits toxiqaes ou pyrétogènes, et en absorbant, quand ils sont très multipliés, les matériaux destinés à la nutrition ou Toxygène du sang. Ils se transmettent d'un sujetà un autre, soit directement, soit indirectement par l'intermédiaire de tel ou tel animal chez lequel iU ont vécu sous une autre forme (vers cestoïdes).

Nous aurons à étudier successivement l'action des parasites animaux et des parasites végétaux; nous consacrerons ensuite un chapitre spécial aux agents infeclietuc qui présentent avec ces

modiflcateurs d'incontestables analogies, mais ne peuvent encore, dans l'état actuel de la science, leur 6tre complètement assimilés.

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