‹ Traité élémentaire de pathologie générale; comprenant la pathogénie et la physiologie pathologiqueChapitre 60 sur 198 · ARTICLE V. — ROLE PATUOGÉNIQUE DES MICROBES · texte numérisé non relu

ARTICLE V. — ROLE PATUOGÉNIQUE DES MICROBES

§ 1. — Considérations générales.

Oq a trouvé des microbes dans la plupart des maladies înfec- 'cuses, mais l'on peut souvent se demander s'ils sont la cause ^^TelTet des troubles nutritifs qui les caractérisent ou s'ils*sont •différents.

^ALLo?iAu. — Pathologie générale. 1 1

162 ETIOLOGIE.

. Les objections formulées contre la théorie qui regarde le microbe comme riafeclieux lui-même peuvent être résumées ainsi qu'il suit :

lo (( On rencontre des microbes qui paraissent identiques dans des maladies différentes ». On répond que ces organismes soot trop petits pour que Ton puisse les décrire avec précision, et que d*ailleurs ils peuvent offrir des caractères anatomiques semblables tout en différant par leurs fonctions : « La nature duo ferment, dit Pasteur (i ), ne peut être rigoureusement établie que par sa fonction physiologique.» Ajoutons que les progrès de rhistologie permettent d*élablir des distinctions entre des microbes qui naguère encore paraissaient identiques ; c*esl ainsi que Koch a trouvé des parasites d'aspect différent dans la septicémie, rinfection purulente et le phlegmon diffus, et il a montré qu'à ces différences d'aspect correspondent des différence d*action patbogénique.

2° « On peut introduire sous la peau des liquides chargés de bactéries sans produire d'accidents. » On peut opposer à cette objection, comme à la précédente, qu'il y a bactéries et bactéries.

d*" (( La présence des microbes n'est pas constante dans les infections.» Il faut savoir qu'ils n'existent pas toujours sous une forme identique. Nous verrons plus loin que la bactéridie charbonneuse peut engendrer des spores capables de la reproduire ; or ces spores en diffèrent complètement par leur aspect et elles ont longtemps échappé aux investigations. D'une autre part, il semble que les substances chimiques élaborées par les agents infectieux suffisent à produire les accidents : si Tod injecte à un animal une quantité relativement considérable de sang putride, il succombe en quelques heures et l'on ne re trouve dansses tissus qu'unequantitéinsigniQante de microbe»; il a été empoisonné par les substances chimiques contenues dans le sang putride. Si au contraire on injecte une quantité minime seulement de liquide putride, la mort ne survient qu'au bout de quelques jours et les tissus renferment de nombreux microbes (Koch).

4* « Lewis (2) soutient que les microbes peuvent être retrou-

(!) Pasiear, Dei altéralions spontanéet ou maladies des vins {Àcad.dessàe*' ces, 1861).

(2) Lewu, ouvrage cité.

AGENTS INFECTIEUX. i63

Tés chez tous les sujets et que, s'ils existent en proportion beaucoup plus grande dans les cas de maladies infectieuses, c'est parce que nos tissus constituent alors un terrain beaucoup plus favorable à leur développement.» Le fait sur lequel s'appuie Lewis est formellement nié par Pasteur, Gohn et Babès; ce dernier observateur a constaté chez plus de cent sujets l'absence de microbes dans le sang et les humeurs ; la proposition de Lewis est de plus en contradiction flagrante avec les expériences dans lesquelles on a vu des microbes cultivés isolément donner lieu au développement du charbon.

6' a Les accidents dits infectieux peuvent s'expliquer par la péDélration dans l'organisme d'alcaloïdes dérivés des matières protéiques. » Découvertes, en 1872, par A. Gautier (i) et Selmi (2), décrites par ce dernier sous le nom de ptomaines, étudiées depuis par Gianetti et Corona (3), par Brouardel et lioutmy (4), Gautier et Ëtard, ces substances que l'on peut extraire, non seulement des albuminoîdes putréflées, mais aussi, d'après Gautier, des excrétions ou sécrétions normales des animaux supérieurs, donnent lieu, quand elles pénètrent dans le corps humain, à des troubles graves et de nature variée, tels que la dilatation et l'irrégularité des pupilles, dilatation à laquelle succèdent bientôt la contraction, le ralentissement instaolaoé et l'irrégularité des pulsations cardiaques, la perte de la cootractililé musculaire, des convulsions et la mort avec le cœur en systole. M. A. Gautier pense qu'elles peuvent se produire en quantité considérable dans quelques circonstances patbologiques et qu'elles sont une des causes des troubles fonctionnels qui se succèdent dans beaucoup de maladies, tout spécialeloent lorsque le mouvement de désassimilation et l'élimination des produits urinaires sont enrayés.

H. Gh. Bouchard admet, contrairement à M. A. Gautier, que

I. A. Gaatier, Les alcaloïdes dérivés des maliêres protéiques {Journal d*a' natomie et de physiologie. Paris, 1881).

[tj Selml, Sur un alcaloïde qui s'extrait du cerveau, du foie et du coque^ licot, Gaz. chim, Ual, 1875. — Sur les planariés, Bologne, 1878.

'3) Gianetti et Corona, Sugli alcaloidi cadaverici, etc. Bologne, 1880.

^0 Brooardel et Boutmy, Réactif propre à distinguer les ptomaïnes des al- ''aloides végétaux, {Ann. dThyg., 1881, t. Vf, p. ^). -^ Réaction des ptomatnes ft condiltont de leur formation {Anuales cT hygiène publique^ 1881, t. V, p. 491).

464 ÉTIOLOGIB.

ces sabslances apparaissent exclusivement dans les maUëresauimaies où vivent et pullulent des champignons microscopiques, et, considérant qu'elles donnent, comme les alcaloïdes des champignons vénéneux, du bleu de Prusse en présence du ferro-cyanure de potassium et du perchlorure de fer, il tend à les regarder comme des produits de désassimilalion des organismes végétaux. Du moment où Ton a reconnu que les bactéries vivant dans les matières animales mortes fabriquent des alcaloïdes, on pouvait se demander si d'autres bactéries, pullulant dans un organisme vivant, n'y produiraient pas des substances analogues. Pour vériBer l'exactitude de cette supposition, M. Gh« Bouchard (i) a recherché les alcaloïdes dans les urines des sujets atteints de maladies infectieuses et il les ; a trouvés constamment dans certaines d'entre elles; il est ?rai que l'on en trouve également des traces manifestes dans les urines de sujets sains, mais cela ne prouve pas qu'ils ne soient pas formés par des végétaux inférieurs. Il y a, à l'étatnormal, des quantités énormes de microbes dans le tube digestif; il se peut donc que, chez les sujets sains, des alcaloïdes végétaux soient fabriqués dans Tintestin, absorbés, puis éliminés par Turine. M. Bouchard a, en effet, constaté que toutes les matières fécales fraîches renferment des alcaloïdes en quantité d'autant plus abondante qu'ellescontiennent plus de microbes. Ces alcaloïdes sont multiples : les uns sont solubles, les autres insolubles dans réther; ils réagissent différemment quand on les traite par Tiodure double de mercure et de potassium, par le réactif iodoioduré et par le mélange de ferro-cyanure de potassium et de perchlorure de fer. La quantité d'alcaloïdes contenue dans les urines varie en raison de la quantité d'alcaloïdes que renferment les déjections; si Ton parvient à diminuer celle-ci, on voit celle-là diminuer également. M. Bouchard, en présence de ces faits, arrive à formuler les propositions suivantes : il existe des alcaloïdes à rétat normal dans le corps des individus vivants ; ces alcaloïdes sont fabriqués dans le tube digestif et sont vraisem* blablement élaborés* par les organismes végétaux, agents des

(1) Cb. Boachard, Sur la présence (Valcalotdea dans les urines au cours de certaines maladies infectieuses (Société de biologie IS%2); De Vorigine intettinaU de certains cUcaloides normaïus et pathologique (Revue de médednt, ISSS).

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putréractions intestinales ; les alcaloïdes des urines normales représentent une partie des alcaloïdes de Tintestin absorbée par la muqueuse digestive et éliminée par les reins ; les maladies qai exagèrent les putréfactions intestinales augmentent, parce procédé, la quantité des alcaloïdes urinaires ; tout en considérant, comme probable que des alcaloïdes, dans certaines maladies infectieuses, ont pour origine les microbes répandus dans les tissus ou les humeurs , on peut tenir pour certain que , dans la fièvre tjrpholde, une partie au moins des alcaloïdes urinaires est de provenance intestinale. H. Bouchard considère comme possible, mais non comme démontré, qu'ils aient des propriétés vénéneuses et que leur rétention produise des accidents toxiques au cours des maladies infectieuses.

S'il en est ainsi, la question est de savoir si les bactériens agissent par eux-mômes ou par leurs produits de désassimilation. Lear rôle demeure prépondérant dans les deux cas ; on peut considérer la théorie qui leur attribue la genèse des maladies infectieuses comme démontrée pour plusieurs d'entre elles et dores et déjà comme très vraisemblable pour la plupart des antres, si ce n'est pour toutes ; reste à savoir s'ils possèdent pas eux-mêmes ces propriétés infectieuses ou s'ils ne les empruntent pas aux organismes dans lesquels ils se développent ; nous reviendrons ultérieurement sur ce point.

§ 2. — Des divers agents infectieux.

Entrons maintenant dans le détail et examinons quelles données Von possède sur les différents agents infectieux. Les études pour la plupart toutes récentes auxquelles nous les devons ont porté sur les maladies des animaux en même temps que sur celles de Thomme, et les résultats obtenus en médecine vétérinaire sont de nature, comme l'a éloquemment montré M. Bouley(i)y à fournir des notions importantes à la pathologie générale. Je les résumerai en premier lieu.

1* Agents de la pébrine. — On décrit sous ce nom une maladie des vers à soie caractérisée par la présence de corpuscules dontPasteur a démontré lanature parasitaire. Geséléments sont,

(I) Boulej, Le progrès en médecine par l'expérimeniation. Ptris^ 1882.

166 ÉTIOLOGIE.

à rétat adulte, ovales, brillants et nettement limités; plus jeunes, ils offrent des contours à peine accusés et leur couleur est paie ; ils naissent de cellules arrondies qui semblent gélatineuses ; ils pénètrent soit par Tintestin, soit par la peau : lear multiplication se fait avec une grande rapidité. La maladie est tout entière dans les corpuscules ; c'est par eux qu'elle existe et qu'elle se transmet. Us pénètrent dans les œufs et les rendent stériles.

2<* Agents de la flacherie. — Ils sont de deux ordres : les uns sont des micrococcus groupés en chapelets, analogues à ceux de la fermentation ammoniacale et de TinfecUon puerpérale; les autres sont des vibrions très agiles, plus ou moins lougs et pouvant contenir dans leur intérieur des noyaux brillants qui sont des spores ; le microbe en chapelet introduit dans le tube digestif y fermente; le ver languit et ne se meut plus que lentement ; il peut néanmoins guérir ; mais, dans ces conditions, il est souvent envahi par les vibrions qui s'y multiplient en quantité énorme et le tuent après avoir pénétré dans tous ses tissus. Toutes les causes qui affaiblissent le ver favorisent le développement de ces microbes. L'hérédité constitue également une prédisposition ; les vers nés de papillons atteints de la pébrine et de la flacherie contractent plus fréquemment cette maladie.

3* Agent du choléra des poules. — Ce parasite, vu pour la première fois par M. Moritz et Gguré en 1878 par Perroncito, a été cultivé par M. Toussaint en 1879 et par M. Pasteur (1) ; c'est

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Fig. 61. — Microbe da choléra des poales. 500: 1 (Pasteur) (*).

un bactérien dont les anneaux sont immobiles, très petits et légèrement déprimés au milieu (fig. 61). Introduit dans le bouillon de muscle neutralisé par la poUsse et rendu stérile par

(1) Pasteur, Sur la maladie virulente et en particulier sur le choléra dts ponfos {Comptes rendus de C Académie des sciences, 1880). — Sur le choUra des poules, étude des conditions de la non^récidive de la maladie (Ibid.).

(*) A, culture fraîche. — B, cultore datant de plusieurs Jours.

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l'échauffement à 445^^ il s*y multiplie en quantité énorme. On peut le soumettre à une série de cultures successives sans affaiblir son pouvoir infectant qui reste très considérable. II est loin d'être le même chez tous les animaux : tandis qu*il tue les poules presque fatalement, il peut, si on Tinocule à un cobaye, ne déterminer chez lui qu'une lésion locale aboutissant à la formation d'un abcès ; cet animal guérit, et cependant une goutte du pus de cet abcès suffit à tuer une poule. Le cobaye n'offre donc pas un milieu favorable au développement de ce microbe ; il ne présente pas de réceptivité pour ce contage.

Pasteur est parvenu en laissant la culture en contact pendant un certain temps avec Tair atmosphérique, à en diminuer la vinileuce ; il a montré qu*en inoculant le produit ainsi obtenu on ne provoque pas de troubles graves chez l'animal et qu'on le rend réfractaire à Taction du virus actif ; le microbe de virulence amoindrie se comporte donc comme un vaccin.

4* Agent de la pneumo-entérite infeciieuse du porc. — Klein (1) a troQréet cultivé dans les liquides virulents, et particulièrement dsns la sérosité péritonéale des porcs atteints de pneumo^entérite infectieusCf un microbe très analogue au bacillm subtilis^ mais plus mince et plus flexible ; il existe aussi sous forme de spores ; inoculé après huit cultures successives, il reproduit la maladie ; il en est donc bien la cause.

3» Agent de la clavelée. — Les pustules de la clavelée renfer^ ment des micrococcus qui ont été récemment cultivés par Toussaint (â) dans du bouillon de lapin et de mouton et ont produit des bactéries et des spores ; Tinoculation à des moutons du liquide de culture amène la formation de pustules qui atteignent au bout de 45 à 20 jours leur maximum de développement; il reste à démontrer, comme le fait remarquer justement M. Zuber, que ces pustules sont bien de nature claveleuse.

6* Agent de la variole des pigeons. — Jolyet (3) a constaté que

;i; Klein, Reseùrche» on the causes of the infection diseases {Quarterly mieroscopical Journal^ 1879). — Boaley, Note sur la pneumo-entirite infectieuse du pore {Âcad. des sciences 1879).

(i; Toiusalnt, Note sur ta culture du microbe de la clavelée {Comptes rendus de l'Académie des sciences, 1881).

J, Jolyet, Oelàge et Ligrolet, Sur téliologie et la pathogénie de la vano<e du pigeon et sur le développement des microbes infectieux dans la lymphe [àcttd. (tes sciences, 1881).

168 ÉriOLOGIE.

le sang des pigeons atteints de la maladie que Ton appelle leur variole ou picote renferme une quantité de microbes ; oo les trouve déjà pendant la période d*incubation ; ils existent également en quantité dans le pus des pustules ; culUvés dans da bouillon de pigeon, ils fournissent des liquides successifs de culture qui, inoculés, reproduisent la maladie.

7<> Agent de la rage. — Le microbe de la rage n'est pas encore connu ; les inoculations de salive rabique tuent les lapins, le plus souvent en moins de 24 heures (1), mais ce n*estpase& pareil cas la rage qui est inoculée, c*est, comme Tout montré M. Yulpian (2) et le regretté professeur Parrot, un microbe qui existe souvent dans la salive normale des sujets sains.

Klebs dit avoir observé dans les ganglions lymphatiques d'un sujet mort de la rage des corpuscules très réfringents disposés le long des vaisseaux ; il ne les a pas cultivés et ses observations n'ont pas été confirmées.

Pasteur a prouvé que le transport d'un fragment du bulbe enlevé par le trépan à un chien enragé chez un autre chien lui donne la rage au bout de trois semaines au plus tard.

8^ Agent du rouget des porcs. — On doit à Detmers et au très regretté Thuillier la découverte du microbe du rouget dt$ porcs. Après avoir constaté sa présence dans le sang des animaux atteints de cette maladie, Pasteur et Thuillier ont institué les expériences nécessaires pour démontrer qu*il en était bien la cause ; le bouillon de veau stérilisé leur fournit un bon milieu de culture, on y multiplia les cultures en prenant toujours pour semencç une gouttelette d'une culture précédente; les dernières cultures inoculées aux porcs leur communiquèrent le mal rouge le mieux caractérisé; la démonstration était faite (3). Les mêmes auteurs ont réussi à atténuer la virulence de ce microbe en pratiquant une série d'inoculations chei le lapin.

(1) PaBteur, Chamberland et Roui, Maladie nouvelle provoquée par la falive d'un enfant mort de la rage {Bulletin de l'Académie de médecine^ 1S81). — Sur la rage {ibid,, 1881). — Villemin, Inoculation de la salive rabiqut septicémie {ibid., 1881).

(2) Vulpian, Injections de salive normale {ibid,^ 1881).

(3) Pastear et Thuillier, La vaccination du rouget des porcs à tmde du virus mortel atténué de cette maladie {Bulletin de l'Académie de médecine, IS83).

9* Agent du charbon» — Cette maladie est contagieuse et ioocalable ; il est aujourd'hui démontré que son développement est dû constamment à la pénétration dans Torganisme de bacilles ou de spores.

Davaine (i), en 1852, a le premier constaté dans le sang des animaux atteints de cette maladie la présence des microbes qa'il a nommés baeiéridies. Les observations de Pollender, en favearde qui les Allemands revendiquent la priorité, datent de 1835, et sont par conséquent postérieures. Davaine a de plus établi le premier une relation de cause à effet entre la présence de ces microbes et la genèse de la maladie charbonneuse. Il a fait voir que rinoculation à un animal du sang qui en est chargé amène constamment chez lui le développement de cette zoonose. Poar que la démonstration fût complète, il fallait cultiver le microbeen dehors de l'organisme et reproduire la maladie par TinocnlaUon du produit de culture; on doit à Pasteur d'avoir satisfait à ce destdera^tim ; dans une série d'expériences faites avec le concours de H. Joubert(2), il a cultivé un grand nombre de fois la bactéridie charbonneuse dans un liquide approprié, et il a constaté que la dernière culture fournit un produit susceptible de reproduire la maladie par inoculation. D'autre part, il a filtré le sang charbonneux et reconnu que le produit de fiUration est inerte alors que le résidu resté sur le filtre conserve ses propriétés infectantes. C'est donc bien la bactéridie qui est l'agent infectieux du charbon ; c'est elle qui, en se multipliant dans l'organisme, en trouble les fonctions et amène la mort ; c'est par elle, par elle seule, ou par les spores dont nous allons parler, que se transmet la maladie.

Les bactéridies se présentent sous la forme de bâtonnets mesurant de 3 à 50 (A de longueur et de 5 à iO [a d'épaisseur, et souvent disposés en groupes. On peut les voir dans un liquide de culture se développer avec une grande rapidité. On admet généralement qu'elles sont immobiles, et pourtant M. Toussaint (3) ^constaté récemment qu'elles peuvent, quand elles sont en voie

inDavtine, oaTnge cité.

?) Pâitear et Joubert, Note tur tes maladies charbonneuses [Comptes rendu< de ^Académie des sciences, 1877).

\Z) Toastaint, Hecherches expénmentales sur la maladie charb^mneusef 4oD. 1879.

170 ÉTIOLOGIE. '

de développement, présenter de légers mouvements. Elles sont aérobies et se détruisent par la putréfaction. Quand on iatit)duit sous la peau une goutte de sang charbonneux, les bactéridies se multiplient d'abord lentement au pointd*inoculation. puis elles pénètrent dans les autres parties de l'organisme par rintermédiaire de vaisseaux lymphatiques ou sanguins. Quand elles envahissent les lymphatiques, elles sont d'abord arrêtée» par le ganglion le plus proche, elles en déterminent rinflammation, il s'y fait des ruptures, et le parasite se répand partout. Il peut être en telle abondance dans les capillaires que les globules rouges en sont chassés. La mort a été attribuée à l'absorption de l'oxygène par le parasite aérobie, et par conséquent à l'asphyxie ou à l'obstruction mécanique des capillaîn s: ces explications ne peuvent être admises, car le sang ne renferme parfois qu'une petite quantité de bactéridies au moment de la mort; il est probable que le parasite produit une substance toxique.

, Les faits énoncés par Davaine et Pasteur n'ont pas été sans soulever de vives controverses; elles n'ont plus guère quun intérêt historique. Une des objections les plus sérieuses portait sur l'absence .de la bactéridie dans le sang d'animaux atteints du charbon, et sur la possibilité d'inoculer la maladie avec ce sangen apparence exempt de parasites. Koch(i) a donné l'explication de ces faits en montrant que le microbe n'existe pas seulement sous la forme de bactéridies, mais aussi sous celle de spores : si l'on observe les bâtonnets dans un liquide de culture, on peut voir leur forme se modifier ; ib s'allongent beaucoup, leurs contours deviennent sinueux, ils semblent formés par une série de petits corps arrondis ; ceuxci augmentent de volume et deviennent bientôt libres par la dissociation de filaments bactériens. 11 sont animés de mouvements rapides et tournent sur eux-mêmes. Leur développement se fait avec le plus de puissance à une température de 30 à 35%* il cesse complètement au-dessous de iâ* et au-dessus de 40*. On peut voir de même les spores se transformer en bactéridies (flg. 62).

Ces spores ont une résistance considérable; elles conservent

(i) Koch, Cohn*s Biologie zur pftanzenUhre, 1876.

pendant plusieurs années leurs propriétés infectantes, et on peot les exposer à une température supérieure à 100* sans les laer. H. Paul Bert (1) a posé en principe que tous les ferments organisés soDituésparraircomprimëetil a douté, en raison dece

Flg. 61. — BtcUriili* du chirboD. GroMisiement : 300 : I \').

'ail, que la bactërïâiecbarbonneusefûtréellemeDllecontagede livboD, car le sang proTenaut d'animaux morts de cette mairie conserve sa propriété infectante quand il a été soumis à auion de l'air comprimé; H. Pasteur répond que cet agent

a pas la mCme influence sur les spores (jue sur les mirobes adultes ; c'est dire que la proposition de M. P. Bert, ans les termes où il l'a formulée, n'a pas une Taleur absolue;

a établi que certains ferments sont tués par l'air comprimé, ne d'autres lui résistent, mais rien de plus. Sans doute ceus-lù

;*} a, glabnlH roagei. .— b, globniH blaoc*. — c, bacillei entre cet (la- ^ci- — d, bwUle* mort*. — e, f, g, flbrei repriieiiunt le* btcilles dételop- ■ et rearcrmaot dei tporei. — i, ipores ta Toie d« développa ment.

172 ÉTI0L06IE.

sont le plus souvent des ferments composés d'organismes lisibles, ceux-ci des ferments dits solubles; mais on ne peat tirer de ce fait des conclusions rigoureuses el affirmer Tabsenct de microbes par cela seul que le contage résiste à TacUon de l'oxygène.

La persistance des spores explique comment le charbon est endémique dans certaines contrées et peut s'y manifester sous forme d'épidémies après avoir manqué pendant plusieurs années. Il suffit pour cela qu'une agglomération de spores soit mise accidentellement à découvert ou peut-être que des circooftances atmosphériques favorables à leur développement viennent à se produire. M. Pasteur a insisté sur le rôle que jouent lei vers de terre dans la mise en circulation du contage charbonneux : ils vont chercher les spores et les bactéridies dans la couches profondes du sol et les ramènent à la surface.

Les animaux s'inoculent le plus souvent le parasite par la bouche. M. Toussaint a montré qu'il se produit constamment une tuméfaction des ganglions où se rendent les lymphatiques de la partie où le contage a pénétré ; il est donc facile de déterminer quelle a été la porte d'entrée. Dans onze cas sur douze, ce physiologiste a reconnu que l'introduction s'était faite par la bouche ou le pharynx, à la suite de lésions de ces parties par des chardons ou d'autres aliments capables d'éroder la inaqueuse. Pasteur dit que l'on augmente la mortalité par le charbon en mêlant aux aliments souillés par les germes du parasite des objets piquants, notamment les extrémités pointues de feuilles de chardon desséché et des barbes d'épis d'orge. M. Koob combat cette assertion et se refuse à admettre que le mal débute par la bouche ou l'arrière-gorge. Il est certain que rinfectioo peut avoir lieu parla muqueuse gastrique ou intestinale et Too peut parfois constater à l'autopsie que cette membrane est le siège principal des lésions (mycosis intestinalis); mais il n'en est pas moins vrai que l'on augmente la mortalité en mélangeant des objets piquants aux spores charbonneuses. H. àe Maurans (l)aconstalérécemmentqueles feuilles sèches d'amandiers ont à cet égard la même action que celles du chardon.

On a admis jusqu'à ces derniers temps que le charbon ne sft

(1) DeHaunns, Semaine médicale^ 1883.

nnsmet pas de la mère au fœtus. Brauell, Davaine et Bolwger ont en vain cherché la bacléridie dans le sang fœtal ; (M. Strauss et Ghamberland ont d'abord été conduits aux mômes onclusioDs par les résultats d'une première série d'expériences : sais, ainsi que nous l'avons vu déjà (page 40), ils ont depuis lors lodifié leur manière de voir et reconnu que le sang du fœtus orlé par un animal charbonneux renferme assez souvent des actéridies (1). Les dimensions relativement considérables et 'immobilité de ce parasite permettent de comprendre pourquoi l filtre plus difficilement que les autres bactériens à travers les larois capillaires.

tO* Agent du charbon symptômatique, — Des recherches revotes ont montré que toutes les affections charbonneuses ne iontpas produites parla bactéridie; on ne les retrouve pas Uns raffection décrite par Chabert sous le nom de charbon tjfmpiàmatique^ affection qui diffère de la fièvre charbonneuse par Vapparition de tumeurs extérieures ; on savait déjà qu'elle n'est pas inoculable par le sang et c'était là un caractère qui sufBsait pour la différencier du charbon véritable. MM. Arloing, ConieTin et Thomas (2) ont montré qu'elle est due à la pénétration dans l'organisme d'un microbe spécial, microbe que Ton iroQTe dans les tumeurs charbonneuses, les muscles et les pa- "eDcbymes. Il a la forme d'un bâtonnet et diffère de la baclérilie charbonneuse par son excessive mobilité et par le fait qu'on teat Tintroduire en quantité considérable dans les veines d'un ioimal sans occasionner de graves accidents, tandis qu'il proioit d'importants désordres locaux lorsqu'on l'introduit dans in muscle. Dans le sang on ne trouve pas de bâtonnets, mais eulement de fines granulations mobiles.

ii* Agents des infections putrides et purulentes, — On a reconnu lepuis longtemps qu'il peut se produire chez les blessés des ofeclions qui diffèrent par leur évolution et leurs phénomènes ^iniques ; les deux formes principales sont Vinfection purulente ^raclérisée par la formation d'abcès métastatiques et Vinfec* m putride ou septicémie qui donne lieu à de la fièvre et à des

I Straas et ChamberUnd, Recherches expérimentales sur la transmission '» maladies virulentes de la mère au fœtus {Société de biologie, 1883).

^) Arloing, CorneTin et Thomu, Recherches expérimentales sur la nature de (^Ifection appelée charbon symptomatique {Gaz, médicale^ 1880 et 1881).

17i ÉTIOLOGIE.

troubles généraux sans suppurations localisées. SédillotamoDlré, par ses expériences, que Tinjeclion du pus dans les veines jugulaires donne lieu à Tinfection purulente et que Tinjection du sérum de pus putréfié produit Tinfection putride. Ces affet tions sont-elles, comme Ta professé M. Yerneuil, de même nature? Quelle en est la cause prochaine? Sont-elles duesàli pénétration dans l'organisme d'un poison soluble ou au développement d'un microbe? Il y a quelques années, sous liaipulsion puissante de M. Yerneuil (1), la théorie toxique paraissait devoir l'emporter; les deux formes d'infection paraissaient liées aune sorte d'empoisonnement par l'alcaloïde découvert par Bergmann dans les malières en putréfaction et décrit pi* lui sous le nom de sepsine (2). Les expériences de Coze, Felli Davaine et Vulpian ont montré que cette théorie chimique w peutsuffire à expliquer tous les faits; ilestétabli aujourd'hui qc' l'agent infectieux qui produit ces maladies peut être cultivé i!i que son pouvoir toxique augmente avec les séries de cultures. de telle sorte qu'il est indéfiniment transmissibleen quantité (i« plus en plus faible. Le liquide de ces cultures renferme cour tamment une quantité considérable de microbes.

La théorie parasitaire repose dès lors sur des bases sérieuseî. On lui oppose cependant les faits dans lesquels des obserrîteurs très expérimentés n'ont pu retrouver dans le sangde^ animaux morts de septicémie qu'une quantité de microbe tout à fait insuffisante pour expliquer les accidents; aussi le* pathologistes allemands les plus autorisés séparent-ils ndt^ ment la pyémie qu'ils considèrent comme parasitaire de i septicémie qu'ils rapportent à une intoxication par lesalcalci:^ de la putréfaction. M. Pasteur soutient au contraire que l'a:? et l'autre affection sont dues au développement de nlic^ol!^ dans l'organisme, que ces microbes sont de nature différer.if souvent associés et que si on ne les a pas trouvés chez certaii:' sujets morts de septicémie, c'est qu'on ne les a pas cherche::i où ils étaient, et dans des conditions convenables.

Les vibrions sepliques s'accumulent surtout dans les mus<:.e?.

(i) Yerneuil, Mémoire lu au congrès scientifique de Paris^ 1867. -^'^ cuasion à l'Académie do médecine {Hull. de l'Acad. de méd.^ 1871, t. XXA^'

(*2i G. Riclieloi, Des rapports qui unissent la septicémie et la py<^' {Union médicale t 1871).

AGENTS LNFECTIEUX. 175

dans la sérosité périlonéale, dans les viscères qui y baignent ; ils lie pénètrent dans lo sang qu'en dernier lieu. Soumis à l'action de I oxygène, ils se réduisent en corpuscules brillants d'une grande ténuité ; ces spores introduits dans un liquide approprié sV reproduisent en vibrions filiformes.

Pour prouver que ce vibrion était bien l'agent infectieux de la septicémie, il fallait le cultiver et donner lieu à la maladie en introduisant dans un organisme vivant le produit de plusieurs citUures successives. Les premières expériences que M. Pasteur entreprit dans cette direction ne donnèrent que des résultats 0( ;fatifs ; les cultures dans Peau de levure et dans le bouillon de viande restaient stériles. En présence de ces faits, Pasteur pf n<a qu'il pouvait avoir affaire à un microbe anaérobie, il le cultiva dans le vide ou en présence de gaz inertes et le vit alors se multiplier.

Use présente sous des formes variées : ce sont tantôt des filaments mobiles dont la longueur varie beaucoup et peut devenir très considérable puisqu'elle dépasse parfois le diamètre du cbamp du microscope, tantôt des micrococcus dont certains présentent un appendice allongé : les filaments sont translucides et échappent ainsi facilement à Tobservation. Ce microbe étant anaérobie agit à la manière d'un ferment; il provoque le déga* genient diacide carbonique, d'hydrogène, d'azote et d'une faible quantité de gaz putride ; il est probable qu'il donne lieu également à la formation de cet alcaloïde que Panum et Bergmaun ont décrit sous le nom de sepsine et que i*on range aujourd'hui larmi les plomaînes; nous avons vu que, d'après Bouchard, «es corps sont élaborés par les microbes. L'air tue les vibrions répliques, mais il épargne leurs corpuscules-germes. Dans un milieu septique exposé à l'air, les vibrions des couches supérieures sont tués par l'oxygène, mais leurs cadavres protè- ^'ontceux des couches profondes qui se multiplient et donnent naissance aux corpuscules germes; ceux-ci les remplacent bienlôtet se transforment à leur tour en vibrions, quand ils se trouvent à Tabri du contact de l'air. Les corpuscules-germes «existent partout; ils peuvent pénétrer dans l'organisme parla surface des plaies, par la muqueuse digestive et par les voies respiratoires. Sont-ils les mêmes pour toutes les formes <i infection putride? la question est à l'étude, mais d'après les

176 ETIOLOGIB.

recherches de Koch, sur lesquelles nous allons revenir, elle doit être résolue par la négative.

Pasteur a décrit un microbe du pus un peu différent du précédent ; il se trouve dans Teau commune ; il;est à la fois aérobie et anaérobie ; il se présente sous la forme de petits bâtonnets très courts, « tournoyant sur eux-mêmes, pirouettant, s'avançant en se dandinant ». Plus tard, il devient immobile, et ressemble au bacterium termo, légèrement étranglé comme lui dans sa largeur. Ces microbes se groupent souvent deux à deux. Introduits sous la peau, ils donnent lieu à la formation d*abcès circonscrits; introduits dans la jugulaire, ils produisent une quantité d*abcès métastatiques; les animaux meurent d*infection purulente. Pasteur ne considère pas cependant comme démontré qae rinfection purulente soit constamment produite par ce microbe.

Il est souvent associé à celui de la septicémie; c'est pour cela que le plus souvent rinfection observée chez Thomme est à la fois putride et purulente. Le microbe pyogène produit, quand il est isolé, le pus dit pur ou louable, tandis que s'il est associé au microbe septique, ce qui est le plus fréquent, il donne bientôt une suppuration de mauvais aspect et fétide.

Les expériences de Koch Tout conduit à des résultats qui se rapprochent de ceux auxquels est arrivé Pasteur. Il a reconnu cependant l'existence d'une septicémie purement toxique (Ag. 63);

Fig. 63. — Bactéries de la septicémie. Grossissement 700: 1 (d'après Kodi,.

il la produit chez les souris en injectant un liquide en putréfaction depuis peu de temps ; cinq gouttes peuvent les tuer, et Ton ne trouve alors de microbes ni dans le sang ni dans les viscères ; le sang de ces animaux peut ôtre inoculé sans reproduire la maladie. C*est ce que Ton observe chez Tbomme dans certains cas de septicémie surai^^ûe; la mort survient sans doute par TefTet des ptomaïnes développées en dehors de Toi^anisme avant que les microbes aient eu le temps de se multiplier chez le sujet infecté.

Si Ton injecte une quantité plus faible du même liquide, ranimai ne meurt qu*au bout de deux ou trois jours, son sang con* lient des bactéries (ûg. 63) et il donne lieu aux mêmes accidents si on Tinocule à un autre sujet; il ne se produit pas en pareil cas d*abcès métastatiques, c'est Yinfection putride.

Koch a également provoqué, chez le lapin^ par Tinoculation de sang putréfié, une série d'abcès qui restent localisés ; il ne se produit pas d'infection générale; on trouve dans les parois des cavités purulentes des amas de zooglée dont les éléments ne mesurent que 0,15 |t.

Enfin le même auteur a réussi à amener chez le lapin rinfectioQ purulente en lui inoculant le liquide de macération d'une ^eau de souris ; le sang renfermait alors en abondance des micrococcus isolés ou groupés deux à deux et mesurant 0,25 (a ; ils s'accolaient aux globules rouges, en gênaient la circulation etameuaient ainsi la formation de thrombus.

M.Bouchard (1) admet que certains microbes de la putréfaction peurent pénétrer dans le sang, s'y développer et y provoquer une septicémie; ce sont ceux qui se développent dans les premières heures et doivent par conséquent transformer des matières non encore altérées ; le sang se trouve dans ces conditins. Ceux qui agissent sur des matières déjà transformées ne peuvent se développer dans un organisme vivant où cette première transformation n'a pas été faite; les cadavres très putré- >iéi ne fournissent plus de produits infectants.

En somme, Tétude des agents générateurs des septicémies est encore à ses débuts, mais on a déjà obtenu des résultats impor- ^nts : les différentes formes d'infection traumatique semblent liées à la pénétration dans l'organisme soit de microbes spé-

<^i^ux, soit de produits formés en dehors du corps humain par ces mêmes microbes ou résultant de leur destruction; ces microbes peuvent se développer dans les substances en pulréf^clion;ils ne proviennent pas exclusivement d^organismes infectés; ils n'ont donc pas de caractère spécifique; ils peuvent Pénétrer dans le corps humain chaque fois qu'ils trouvent une porte d'entrée; ils peuvent se développer partout, même chez des blessés isolés ; mais les épidémies d'infection putride

J) Bouchard, Leçons inédites professées à la Faculté.

Hauo?I41j. — Pathologie générale. f2

178 ÉTI0L06IB.

et purulente montrent quMls existent en quantité beaucoup plus considérable dans les milieux où se trouvent des sujets inTectés; ils sont transportés par Tair, par les objets de pansement et aussi par les personnes qui prennent part à Toperalion ; les succès des pansements antiseptiques suffisent à le démontrer (1).

12* Agents de tinfection puerpérale (2). — Cette infection peut être rapprochée de l'infection traumatique dont elle n*e$t très vraisemblablement qu*un mode ; sans doute, il y a des cas où le contage atteint la femme enceinte, mais c'est là une bien rare exception, et, dans Timmense majorité des faits, il pénètre certainement après Taccouchement, par la plaie utérine ou une lésion voisine. La situation profonde de celle qui subsiste après l'expulsion du placenta, son contact avec des matières en voie de décomposition et avec les lochies qui deviennent septiqoes après Taccouchement et enfin la coïncidence fréquente de plaies vaginales ou utérines sont autant de conditions qui favorisent \i multiplication et la pénétration dans Torganisme des agents infectieux. Les voies lymphatiques sont celles qu'ils suivent le plus habituellement ; viennent ensuite les veines et les trompes.

M. Doléris distingue quatre /ormes dlnfeclion puerpérale: la première, septicémie rapide, est caractérisée par l'introduction précoce dans le sang et la lymphe des bacilles septiques isolés on réunis à des micrococcus; la seconde est la forme ordinniie suppuralive, on y trouve dans les lymphatiques et dans le sang les micrococcus en chaînettes; la troisième correspond à Y infection purulente chirurgicale, les micrococcus y sont groupés deui à deux (diplococcus) ; la quatrième enfin comprend les formes pyohémiques lentes progressives. On trouve en quantité les mi-

(1) A. Guérin, art. infection pdrdlbntk du Nouveau dictionnaire de médfaine et de chirurgie pratiques. Paris, 1881, t. XXX « p. 333. — Lister, Or the antiseptie *y$tem of treatment in Surgery (Brit, med. Jouru.^ 1867 .

— J. Lucts-Championnière, Chirurgie antiseptique, C* édition. 1880.

(3) Quinquaud, Du puerpérisme infectieux^ 1873. — D'Espine, De la natvf s^pticémique de la maladie puerpérale. Paris, 1873. — Orth, Ueàer puerpéral Pyaemie (Arch, f.path. Anal, u. Physiol., 1873). — Benrieux, Pasteur, Depaol, Septicémie puerpérale {Acad, de méd, 1873). — Raymond, De la puerpérûliit. 1880. — Doléris, Des accidents infectieux des suites de couches, Paris, 1880.

— Rendo, La fiiore puerpérale {Revue des sciences médicales^ 1880). — Masini et Ferrari, CommunicasUme preventiva di alcuni studi sperimentali sulla infexione puerpérale (Lo Sperimentale, 1881).

crobes dans les lochies des femmes malades; d* après Masini et Ferrari ils sont pisiformes et ponctiformes, ils existent constamment dans le sang des malades et dans celui des animaux auxquels la maladie est transmise. Ces auteurs admettent qu'ils pénètrent dans les lymphatiques et dans les veines de la plaie utérine pour inrecter le sang dont ils détruiraient les globules. Uinfection peut se développer spontanément par le fait de la stagnation de matières putrescibles dans Tutérus et le vagin ; elle peut être transmise par Tair atmosphérique ou par les personnes qui approchent les malades.

Les difficultés sont ici les mêmes que pour les autres infections traumatiques; le rapport entre les différentes formes de septicémie puerpérale et la présence de parasites déterminés n'est pas encore complètement établi, mais il peut être dès à présent considéré comme très vraisemblable; ici encore les résultats si remarquables que fournit la méthode antiseptique pratiquée par nos accoucheurs peuvent être considérés comme des arguments puissants en faveur de la théorie parasitaire.

i3* Agents de Férysipèle (1). — • Nous plaçons à dessein cette maladie à la suite des infections traumatiques ; il est reconnu en eiïet qu'elle se développe à l'état épidémique en même temps que les septicémies d'origine traumatique ou puerpérale ; elle est sans aucun doute elle-même infectieuse et contagieuse, du moins dans certaines de ses formes. Il est probable en effet que tous les éry si pèles ne sont pas de même nature ; celui qui survient fréquemment à la face chez les sujets prédisposés diffère essentiellement, par ses caractères bénins, de Térysipèle chirurgical. ^ sont là, comme le montre M. Bouchard, deux maladies tout ^ fait distinctes (2).

On trouve dans les parties malades, et particulièrement dans les espaces lymphatiques, des micrococcus sphériques (fig. 64) isolés ou groupés soit deux à deux, soit en chaînettes ondulées <)u plus rarement rectilignes (3). Cornil les a vus dans les

1) Haeter, Présence de monades dans les plaques irysipélaleuses {Central ^' f' med, Wiss. 1869). — Nepveu, Présence de bactéries dans le sang des f'*.'ipélaleux {Soc. de biologie^ 1870). ^ Tillmanns, Untersuch. u. Erysipel ^''^A. Ton Ungenbeck, 1878). — Dapeyrat, Thèse de Paris, 1881. ^Cornil, ^ det hôpUaux, 1883.

(>) Bouchard, Leçons inédites professées à la Faculté.

\^] Corail et Babèi, Sur le siège des microbes dans la variole, la vaccine

troncs lymphatiques, à la base des papilles ; il les a troavés aussi plus profondément dans les fentes lymphatiques du derme (flg.65), ainsi que dans les espaces conjonctifsdes gaines des follicules pileux. La propagation de l'inflammation érysipélateuse

^;j^\im

Fig. 64. — Hicrococcus de put Fig. 65. — Matses de zooglée dam 1» érytipélateux d'aprèi Koch. lymphatiques de la peaa éiyaipéltteuêt GrossiBBement 700: 1. d'un lapin. (Perla.)

parait être consécutive à Tinvasion des microbes dans les voies lymphatiques ; les observations deFehleisen(i) plaident, comme celles de M. Cornil, en faveur de cette manière de voir : cet auteur a reconnu en effet que, dans la zone qui entoure ks plaques érysipélateuses, les lymphatiques sont remplis de micrococcus sans qu'il y ait d'autre altération ; à la périphérie de la plaque, on retrouve les mômes éléments en même temps que de nombreux globules blancs émigrés sous l'influence du processus inflammatoire; au centre de la plaque, les micrococcos ont disparu. Ils n'existent pas dans le sang; aussi la maladie reste-t-elle localisée; les ganglions lymphatiques semblent faire obstacle à sa propagation ; on ne trouve les microbes que sur les limites de la lésion, dans les parties récemment envahies; ils semblent donc se détruire rapidement dans les tissus. Orth les a cultivés et a produit, en inoculant le produit de cultare,

et Férysipèle (Union médicale et Bulletin de la Société médicale des hôpitetu, 1883).

(1) Fehleisen, Ueber Erysipel (Deutsch, Zeilsch, f. klin. Chir. B. 16, 188? •

des lésions qu'il a pu rapprocher de celles de rérysipële, bien qu'elles ne leur fussent pas identiques; Tillmann a répété les mêmes expériences et semble avoir obtenu des résultats plus démonstratifs; plus récemment enfin Fehleisen(l) a réussi à inoculer Térysipèle à Tbomme. Quand on injecte sous la peau d'un lapin le liquide provenant d'une lésion érysîpélateuse en activité, on tue Tanimal en quelques heures et l'on ne trouve des microbes qu'au point d'inoculation ; il faut admettre en pareil cas que les accidents généraux et la mort ont été produits par un ferment soluble, engendré peutrélre par le parasite.

U"^ L'endocardite ulcéreuse est généralementconsidérée comme une maladie infectieuse : sa marche et ses caractères cliniques sont en faveur de cette manière de voir que vient confirmer la présence de micrococcus accumulés en masses épaisses dans le détritus qui recouvre les ulcérations vulvulaires et dans les vaisseaux inira-cardiaques ; on ne conçoit pas, il est vrai, comment ces microbes peuvent pénétrer dans l'organisme; on ne trouve soDTent, dans les parties en relation avec l'air extérieur, aucune lésion qui puisse correspondre à une porte d'entrée, de telle sorte que cette maladie est, avec la rage, une de celles ^^ . ^ . . dans lesquelles on peut admettre avec ^J S/.-^ < Jl le plus de vraisemblance la genèse de granulations animées aux dépens des éléments malades de l'être vivant. ~>^SSâ^y ' 7}

15* Agents infectieux des pyrexies, S^ioUrN Jj

— a. Agent infectieux de [la fièvf*e récurrente. — C'est lé premier que l'on ait pu considérer comme constitué „. ^^ „ ,^., ^ .

•^ ... . r^t. F'g- 66. — Spirilles de U

par un parasite microscopique. Ober- fièvre récurrente. GroMlimeier (2) a démontré, en 1873, qu'il sèment 700 (*). existe dans le sang des sujets at*

teints de cette maladie un microbe spécial , un spirochœte (Ûg. 66) ; il est représenté par des filaments longs et épais :

(1) Fehleisen, Zur Aetiologie des Bryêipete, Berlin, 1S83.

(2) Obermeier, Vorkommen feintier eine eigenbewegung zeigmder FâJer im BUtte wm Recurrentkranker (Central Btatt /*. die med, Witsensch. 1878).

[*) A, éléments isolés entre les globules du sang. — B, éléments formant QQ feutrage dans lequel ces globules se trouvent contenus.

il mesure ordinairement de 16 à 20 (a ; il est contourné en spirale, et chacun de ses replis a les mômes dimensions; des mouvements très rapides et complexes Tagitent; des ondulations le parcourent d'une extrémité à Tautre ; il se meut en spirale, et il s'incurve sur son axe autour d*une portion immobile qui sert de pivot (Engel) (i). On le trouve exclusivement dans le sang, et' seulement pendant les stades fébriles ; tout au plus a-t-on pu quelquefois le rencontrer deux jours après la cessation de la fièvre. Le parasite est généralement représenté par d'assez nombreux éléments. Transporté en dehors de l'organisme dans du sérum ou dans une solution à 50 0/0 de sel marin, il continue longtemps encore à se mouvoir.

Kochet Carter(2)ontréussiàtransniettrelaûèvre récurrente à des singes en leur inoculant du sang contenant des spirochstes d'Obermeier; il est donc bien vraisemblable que ce parasite est ragent infectieux, bien que l'on n'ait pu parvenir jusqu'ici à eo fournir la preuve irréfutable par des cultures en dehors de l'organisme et la réinoculation avec leur produit.

b. Agent infectieux typhoïde, — L'on ne possède pas encore de données précises sur la nature du miasme-contage typhoïde {S). On sait, depuis longtemps, que la fièvre typhoïde peut être contractée par contagion ou résulter d'une infection. La contagion est prouvée par les faits nombreux dans lesquels oo a vu la maladie se manifester dans une localité peu après l'arrivée d'un sujet qui en était atteint, et frapper en premier lieu les personnes qui l'entouraient. Le contage peut être transmis par l'air, par les vêtements, par les habitations, et surtout par l'eau alimentaire. Nombre de fois la maladie a frappé exclusivement une localité, une partie de ville, une partie de village ou une maison dont les habitants faisaient usage d'une même eau souillée par des déjections typhoïdes.

M. le professeur Jaccoud (4) a montré que, sur i05 épidé-

(1) Engel, Berlin, klin, Wochensch. 1873.

(3) Carter, Notes on the spirillum fever of Bombay {Lancetf 1878) ; Contri- Imtion to the sperimentat Pathotogy of spirillum Fever {Med, chir. Transact, 1880).

(3) Bouchard, Étiologie de la fièvre typhoïde {congrès médical international de Genève, 1877). — N. Goéneaa de Mussy, Bullet, de CAcad, de médecine, 1876. — H. Gueneau de Mussy, Bullet. de CAcad. de médecine, 1877. — Murcbison, A treatise on eontinued fevers ofGreat Britain. London, 1873.

(4) Jaccoud, Bulletin de PAcad, de médecine. 1877.

mies de fiè?re typhoïde, Tinfluence des matières fécales a pu être établie 60 fois ; la transmission directe d*un sujet malade à un sujet sain est cependant exceptionnelle; le nombre d'infirmiers et de malades atteints d'autres affections qui contractent ]a fièvre typhoïde à Thôpital est relativement peu considérable; dans une période de quatorze ans, sur 2 506 cas de fièvre typhoïde, Murchison n'en a compté que 8 qui se sont développés à rintérieur de Thûpital.

Poar expliquer ces faits» on a supposé que le contage n'est pas directement transmissible par les fèces fraîchement évacuées, et quïl n'acquiert cette propriété qu'après avoir séjourné un certain temps dans ces matières putréfiées. M. Bouchard répond très justement aux partisans de cette théorie que, si les déjections fraîches transmettent rarement, la maladie, c'est parce qu'elles ne peuvent être mêlées aux boissons ni se mélanger à l'air sous forme de poussières; il ajoute que les matières non fermentées se sont montrées contamiDantes, soit sur les vêtements souillés, soit dans les eaux courantes.

Dans ta grande majorité des cas, les matières fécales dont les émanations ou le mélange avec l'eau produit la fièvre typhoïde renferment elles-mêmes des fèces émanées de sujets atteints de la même maladie; mais il n'en est pas toujours ainsi, et il y a des faits où l'infection semble bien avoir été produite par des matières alimentaires altérées, sans mélange de déjections typhiques; il semble donc que, dans certaines conditions non encore déterminées, le contage typhoïde puisse se développer dans les matières putréfiées.

Gela ne veut pas dire que la putréfaction donne par ellemême naissance au contage; on ne peut même attribuer h la matière fécale le pouvoir de l'engendrer en se putréfiant. « Il est d'immenses étendues du territoire habité par l'homme, dit le professeur Bouchard, où les déjections sont abandonnées au hasard, ou accumulées sans plus de souci de la propreté que de rhygiène, et cependant la fièvre typhoïde n'y apparaît qu'à de nres intervalles. » Ces matières putréfiées constituent donc simplement un terrain favorable au développement du contage.

Quelle est la nature do ce contage? M. Bouchard, dès

184 ÉTIOLOGIE.

4877 (1), a nettement formulé Thypothèse qui en ferait un agent animé : « Supposez, dit-îl, que, dans ce monde aérien presque inexploré où s'agitent tant d'êtres inférieurs dont quelques espèces onl été à peine entrevues, il existe un germe capable de se développer et dans la matière animale morte et dans l'organisme vivant; ce germe tombant dans un foyer putride y peat pulluler, il pourra de là passer dans le corps de Thomme et provoquer la maladie par sa multiplication, il pourra d'un individu malade passer ensuite dans un oi^anisme sain ; » il produit ainsi une maladie à la fois infectieuse et contagieuse, infectieuse quand il provient d*un foyer putride, contagieuse quand il a traversé déjà un organisme vivant.

De nombreuses recherches ont été faites dans le but de découvrir, de cultiver et d'inoculer le microbe typhoïde. Dès 1871, ; Recklinghausen a signalé chez les typhiques la présence de mi- ^ crococcus qui lui ont paru semblables à ceux de la pyohémie ; eo 4872, Eberth en trouvait dans un abcès du rein chez un typhique; en 4875, Klein voit ces corpuscules dans la muqueuse intestinale et particulièrement dans les follicules clos et les vaisseaux ; Sokoloffet Fischel les observent dans la rate.

Eberth (2) a trouvé i8 fois sur 40 dans les ganglions du! mésentère, la rate, le rein, le poumon et le foie, de courts bâ- 1 tonnets, arrondis à leurs extrémités, et présentant ainsi une ; forme ovoïde allongée; quelquefois ils renfermaient des spores; ' ils étaient moins nombreux quand la maladie s'était prolongée | et dans les cas primitivement bénins. Rlebs (3) afArme qu'il a ' constamment rencontré, dans la muqueuse intestinale, les I ganglions mésentériques, le larynx et le poumon des typhi- j ques, des bacilles dont la longueur peut dépasser 50 {i, tandis que leur largeur n'atteint que 0,6 (a ; dans les périodes moins avancées de leur développement, ils se présentent sous la forme de courts bâtonnets renfermant des spores; le mycélium peut être si abondant que les cellules disparaissent.

Les bâtonnets pénètrent dans les vaisseaux et sont transportés dans tous les organes; implantés dans l'intestin d'un lapin, ils s'y développent en longs filaments ; iU ne peuvent être attribués

(1) Bouchard, (oc, cit,

v2) Eberth, Virchow's Archiv, B. 83.

13) Klebe, Arch. f. exp. Pat h, 1879.

à la putréfaction, car ils manquent dans les autopsies faites plus de deux jours après la mort; on a remarqué d'ailleurs qu*il$ se colorent moins vivement que les bactéries de putréfaction par le violet de méthyle. Cultivés dans la gélatine, puis inoculés à un lapin, ils le tuent en deux jours, et Ton trouve à l'autopsie les plaques de Peyer gonflées et le processus vermiculaire ulcéré; l'intestin renferme une grande quantité de bacilles.

Sans doute, ni ces observations ni ces expériences ne sont cimplètement démonstratives, et Tétat morbide provoqué par Klebs chez le lapin ne ressemble que de loin à la fièvre typhoïde, mais néanmoins la présence bien constatée, chez les typhiques, de microbes spéciaux permet, en raison de ce que Ton sait pour k charbon et la septicémie, d'admettre qu'ils sont vraisemblablement la cause de la maladie.

Cfitte manière de voir est confirmée par la constatation de microbes faite par Bouchard dans les urines des typhiques, et pa*^ Hanot dans une miliaire typhoïde.

c. Agent infectieux de la variole, — La variole est éminemment contagieuse; elle ne se développe jamais spontanément; ics sujets qui en sont atteints sont constamment contaminés par les produits émanés d'un varioleux. La transmission peut ^ faire par l'air, les vêtements, l'habitation ou TinoculalioD.

Oa trouve, dans les pustules varioliques, des micrococcus qui occupent les cellules altérées et leurs interstices. Ils ont été décrits surtout par Keber, Zuelzer, Luginbûhl, Weigert, Cornil et Babès (1); Weigert en a constaté la présence dans le foie, la rate, les reins et les ganglions lymphatiques, au centre de foyers miliaires; d'après Klebs, ces parasites se groupent toujours par quatre (micrococcus quadrigeminus). MM. Cormi et Babès ont reconnu qu'ils s'accumulent surtout au niveau des pustules, dans les petites cavités aréolaires du corps muqueuz de Malpighi. On les voit facilement sur les préparations

(I) Zaber, /oc. cit. — Keber, Virehow's Archiv, 1868. — Zaelzer, Berlin, wed. Woeh. 1818. — LaginbQhl, Verhand. der pfiys. med. Geseil, Wûriffurg^ '«» IV. 1813. — Weigert, Anat. Beitr, sur Lehre von d. Pocken, 1875. — Corail et Btbès, Sur le siège des microtei dans ta variole^ ete, (Bulletin de ^0 tociété médicale des Mpiitmx et Union médicale, 1883.)

186 ÉTIOLOOIE.

doublement colorées dans lesquelles le tissu est rouge tandis qaei les microbes ont pris la couleur bleu-violet du violet B de méthyle; ils mesurent environ 3 fi; leur forme est ronde; ils sont surtout nombreux à la périphérie de la pustule; on les trouve aussi au voisinage des papilles, à la base du corpâ muqueux. dans des cavités ou fentes allongées et sans doute aussi dans; les lymphatiques.

M. Ghauveau a démontré que les parties actives du Tirusj vaccin sont les corpuscules solides qull renferme ; il a constatéi que la filtration lui enlève ses propriétés. i

Si on le laisse reposer en couche suffisamment épaisse, oni peut reconnaître que les inoculations donnent plus souvent des! résultats positifs avec les couches supérieures qu^avec les couches inférieures du liquide. Si on les dilue, on obtient par rinoculation un nombre de plus en plus faible de résultats positifs, mais les pustules purulentes présentent constamment! les mêmes caractères; si Tinfectieux était un ferment solubk, les choses ne se passeraient pas ainsi, les inoculations seraient positives en plus grand nombre, mais leurs effets seraient! atténués. >

Les travaux récents ont fait voir que les corpuscules tus et décrits par Ghauveau sont des microbes.

Straus a constaté, dans les pustules vaccinales du veau, la présence d'un micrococcus spécial; il a pratiqué des coupes sar des pustules excisées du premier au huitième jour, les a colorées par la solution de violet de métbylaniline, puis décolorées par l'action successive de Talcool absolu et de l'essence de girofle; dans ces conditions, les micrococcus gardent seuls la coloration bleue; on les voit sous forme de points circulaires, identiques les uns aux autres, mesurant à peine à i fA de diamètre, et réunis en' amas; on les trouve au début seulement dans la couche deMal-^ pighi, plus lard dans cette couche et dans le derme sous-jaceot' où ils occupent surtout les fentes lymphatiques. A côté des amas de ces micro-organismes, on en voit qui en partent sous forme de traînées composées d'une rangée unique de micrococcus alignés très exactement les uns à la file des autres et témoignent ainsi de leur mode de migration et de propagation; ils sont identiques à ceux de la lymphe vaccinale. Ces préparations histologiques fournissent la preuve anatomique irréfutable de la

irésence d*organismes dans la lésion spécifique que détermine 'inoculation du cow-poz. Sur des plaies simples on ne trouve amais rien de semblable (i). M. Comil etBabès ont vu les mêmes tléments dans les cavités aréolaires du corps muqueux, au nieau des pustules vaccinales.

d. Agents infectieux de la rougeole et de la scarlatine. — Klebs i décrit, en 1875, des monadines morbilleuses et scarlatineuses^ nais il ne les pas cultivées; c'est en raison de Tanalogie que es maladies présentent, dans leur mode de transmission et sors caractères cliniques, avec la variole qu'il est permis de es raltacher avec vraisemblance à une cause de même nature, m germe animé.

e. Agent infectieux de la fièvre jaune. — La fièvre jaune est tBe maladie à la fois infectieuse et contagieuse ; endémique lans certains pays situés sur la zone torride, elle éclate sous orme d'épidémies dans les parties chaudes de TAmérique et sur la cAte occidentale de l'Afrique ; elle a été plusieurs fois traosporlée en Europe par des navires ayant à bord des sujets gai eo étaient atteints, mais les petites épidémies ainsi provoquées ont été de courte durée (2), il paraît donc certain que agent infectieux ne trouve que dans les climats torrides des ooditioDs favorables à son développement (3). On n'a pas encore adonnées précises sur sa nature. M. Lacerda (4) a rencontré en boQdance chez les sujets morts de fièvre jaune un champinoD microscopique : on le trouve particulièrement dans la ile, le foie, les reins, les liquides vomis et le cerveau. Les ^Menées de culture et d'inoculation n'ont pas encore été lites.

16* Agent infectieux du choléra, — Le mode de propagation « cette maladie a été l'objet de controverses qui se renouellentà chaque épidémie et sont loin d'être épuisées; il est ceeodaut un certain nombre de faits qui paraissent définitiemenl acquis. On sait que le choléra est endémique dans

(1) StrtQs, Bulletin de la Soc. de biohgie. 1882.

i) Épidémies de Bvcelone et de Saini-Nazaire. Voyei Métier, Relation de ^^ètre jaune swoenue à Saint -Ncuaire, Paris, 1863. l^j Peuenkofer nie que la maladie se transmette par contagion; l'agent in- !ct1«iu serait adhérent aux objets matériels. (i) Lacerda, Comptée rendue de fÀcadémie des sciencei.

188 ÉTIOLOGIE.

rinde et qu'il est assez fréquemment trausporté dans d'autre^ contrées par des voyageurs, et surtout par des pèlerins : il est donc transmissible par Thomme.

La transmission se fait-elle directement ou seulement par Hdtermédiaire du milieu? En d'autres termes, la maladie esl-elic contagieuse ou infectieuse? La question n*est pas encore cooi; plètement résolue, mais elle n'a en somme qu'une importacc. relative, car l'infection ainsi comprise ne diffère guère de li contagion ; elle indique seulement que l'agent délétère émacc de l'individu malade doit subir une certaine modiûcali:>:j avant d'infecler un nouveau sujet. Le fait que Ton peut sirtout invoquer en faveur de l'infection, c'est l'immunilé singulière que présentent certaines localités voisines de graniv loyers épidémiques. La présence dans l'air et dans l'eau c'Cj pays des produits émanés d'un cholérique ne sufût pas pa* y amener l'épidémie, il faut en outre des circonstances alffi^-r phériques ou telluriques indéterminées jusqu'ici.

Pettenkofer, pour le choléra comme pour la fièvre typbciiattache une grande importance à la constitution du sol et: l'état de la nappe d'eau souterraine; l'agent infectieux se développerait surtout dans les moments où cette nappe s'abaisje. cette théorie ne paraît pas d'accord avec les faits, car on a vu de épidémies éclater dans toutes les saisons et par tous les te^lp^

Le contage est transmis surtout par les individus ; la maluC/ ne pénètre jamais dans les îles où la quarantaine est bien fait elle semble pouvoir se propager aussi par l'air et par iVipotable infectés parles déjections cholériques; on Ta vue> vent atteindre un grand nombre de sujets dans une m:*' maison.

La théorie de contagion a été soutenue pour le chc!:" par Fortina (1857), Ayre (1857), Kuss (1865), M. Carlhy ^ Dowe (1866), Ercolani, Macnamora (1870), Murray (18'en 1874, Nedwetzky y a décrit un parasite.

Des observateurs courageux ont voulu mettre à profit lé; demie de choléra qui récemment a ravagé l'Egypte pour cb^-cher à déterminer quelle est la nature de l'agent infectieux q^ le produit; chacun sait qu'une mission française, composée^ MM. Straus, Thuillier, Nocard et Roux, et une mission ai.r mande dirigée par R. Koch se sont rendues presque simuU'

iment à Alexandrie et ont pu y étudier la maladie sur place; perte cruelle qu'ont faite les Français en la personne de iuillier est présente à tous les esprits. M. R. Koch a adressé au gouvernement allemand un preier rapport sur ses travaux (i). Ses recherches ont été faites ir douze malades et sur dix cadavres; il a pu pratiquer les auipsies très peu de temps après la mort ; il affirme que le sang, iDs aucun cas, ne renferme de microbes non plus que tout tscère autre que Tintestin ; ils fourmillent au contraire dans dui-ci ainsi que dans les déjections. Parmi eux, il en est que on trouve constamment dans les parois ; ils ont la forme de âtonnets; ce sont des bactéries ressemblant, parleurs dimenîous et leur aspect, à celles de la morve. Elles sont nombreuses lans les tubes glandulaires et à la surface des plaques intestinales, et elles se creusent un chemin sous Tépithélium glandulaire; on les trouve aussi dans le tissu sous-jacent et jusque dans les fibres musculaires de la paroi intestinale ; dans les cas où la muqueuse est infiltrée de sang, leur siège principal est la partie inférieure de Tinteslin grêle.

M. Koch avait déjà constaté la présence du même bacille dans des fragments d'intestin de quatre cholériques qui lui avaient été envoyés de Tlnde Tannée précédente. La concordance de ces observations montre, d'après lui, avec évidence que ce bacille a des rapports avec le choléra. 11 ne se croit pas cependant en droit de conclure qu'il en est la cause ; il est possible que l'altération de la muqueuse intestinale favorise le développement de nombreux bacilles, dont le germe se trouve dans l'intestin ; l'inoculation du microbe cultivé pourrait seule juger la question ; malheureusement aucun des animaux que M. Koch avait à sa disposition n'était susceptible d'être infecté par le choléra.

M. Slraus et ses collaborateurs MM. Roux, Thuillier et Rocard (2), ont trouvé dans la plupart de leurs autopsies le bacille décrit par M. Koch, mais ils pensent qu'il n'a envahi rintestin que secondairement ; s'il existait réellement entre ce

\\) Voir dans la Sernaine médicale da 34 octobre 1883 Tanalyse de ce rapport.

(1) Le choléra en Egypte en 1883, Rapport fait par MM. Straai, Roux, TbuilUer et Mocard.

190 ÉTIOLOGIE.

microbe et le choléra une relation de cause à effet, il devrait rencontrer dans toutes les autopsies de cholériques; or c'est qui ne s'est pas présenté. Nos compatriotes ont observé la pi sence dans la muqueuse intestinale de micro-organismes suri dans les cas de choléra qui se sont prolongés et qui s*accom] gnaient d*un piqueté hémorrhagique de Tintestin ; dans trois de choléra foudroyant où les sujets avaient été emportés en dl à vingt heures, il leur a été impossible de les trouver, et il fai remarquer que c*est précisément dans ces cas suraigus, foi droyants, oh la maladie revêt son intensité la plus grande, la présence d'un microbe dans la muqueuse intestinale, si ell était réellement primitive et caractéristique, devrait aussi révéler avec le plus de netteté et d'intensité.

Le parasite serait-il ailleurs que dans l'intestin ? Les mei bres de la mission française ont trouvé dans le sang de petil articles très pâles, légèrement allongés et paraissant étrange en leur milieu; leur nombre uugmentait dans le sang laissé a^i repos, mais les essais tentés pour les cultiver dans des liquides appropriés ont complètement échoué. Malgré cet insuccès, M. Straus et ses collaborateurs persistent à penser que, dans de nouvelles recherches, l'attention devra particulièrement porter sur le liquide sanguin ; il semble cependant que la prédomi* nance des troubles digestifs qui ouvrent constamment la scène dans le choléra et suffisent à expliquer l'ensemble de ses symptômes soit en faveur d'une maladie intéressant primitivement l'estomac et l'intestin et s'y localisant.

17* Agent infectieux de la dysenterie. — La dysenterie^ dans sa forme épidémique, est considérée comme parasitaire par Radjewski (i), qui a décrit dans Texsudat des micrococcus et des bactéries ; mais ces éléments se trouvent constamment dans les fèces ; des expériences de culture et de réinoculatiou n*ont pas été faites; on peut invoquer, en faveur de la théorie, les arguments généraux que l'on applique à toutes les maladies épidémiques, mais il n'y a pas môme pour celle-ci un commencement de démonstration.

18" Agent infectieux de la diphthérie. — La diphthérte, éminemment contagieuse, est une des maladies dont la nature pa-

(1) Radjewtki, Jahresbericht f. die Med. Wissensch, 187S.

silaire e%i à priori le plus vraisemblable; elle n'a cependaDi é netlement établie que dans ces derniers temps par les périences de Talamon (i), et encore faut-il attendre» pour en Imeltre définitivement les conclusions, le résultat des recherles de contrôle qui seront entreprises.

Les obstacles à Tétude du contage diphthéritique sont de asieurs ordres : en premier lieu, une bonne partie des tcherches faites en Allemagne ne peuvent être utilisées par ille raison qa*on y appelle diphthérie un processus anatomique ; qae l'on décrit, sous ce nom, des faits qui n'ont rien de )mmuD avec notre diphthérie, maladie infectieuse; d*autre irl, l'étude des parasites dans la cavité buccale offre de trieuses difficultés, car les produits pathologiques que l'on troQYe sont constamment envahis par les microbes qui fourmillent normalement; enfin la plupart des animaux que ou soumet à Taction du contage diphthéritique succombent »ns qu'il se développe de fausses membranes en aucun point de leor surface tégumenlaire. M. Talamon a pu cependant eo obtenir chez le pigeon et le chat; ses expériences paraissent lOQlàfait démonstratives: dans huit cas de diphthérie, il a louTé un microbe spécial, il Ta cultivé et, avec le produit de tnltare, il a pu reproduire chez les animaux des lésions diph- Itériques.

A l'état de complet développement, le microbe se présente ious la forme de mycélium et de spores caractéristiques. Le nycélium est sous la forme de tubes tantôt longs, tantôt *4urts; dans le premier cas on y voit des cloisons de distance ^dlslance; ils présentent une réfringence spéciale et sont en SéDéral très clairs ; leurs dimensions sont relativement considérables, car ils atteignent de 2 à 5 millimètres de largeur sur 15>^0, 40 millimètres de longueur; quand ils restent courts, îls prennent des formes bizarres dont la plus commune peut Hre comparée à une béquille. Les spores sont de deux espèces, des spores rondes ou ovales qu'on peut appeler spores de germination, et des spores rectangulaires qui représentent le derùer terme du développement du champignon et que M. Talamon appelle eonidies. Ces dernières caractérisent l'espèce ;

(I) TaUiQOD, Bulletin de la Société anatomique, 18S1.

192 ÉTIOLOGIE.

elles ont la forme de petits rectangles dont la grandeur est très variable; leur largeur varie de i à 8 millimètres, leur longueur de 5 à 15 millimètres. Elles sont tantôt isolées, tantôt réunies par 2 ou 3, très souvent en chapelets de 10, 12, 15 grains ou en chaînettes brisées en zigzag. Homogènes d'abord, elles se remplissent bientôt de petits grains ronds, très brillants, du volume de micrococcus ordinaires et qui, pour M. Talamon, sont les véritables germes du champignon.

Les spores rondes ou légèrement ovales sont celles dont rallongement constitue le mycélium. Elles apparaissent comme des points clairs de 3 à 5 millimètres de diamètre, au milieu d'une matière granuleuse, et sont disposés en amas de zooglée. Ces spores s'allongent par un de leurs pôles en un tube de 2i 4 millimètres de diamètre qui va dès lors en s*étendant et en se bifurquant.

Les cultures doivent être faites avec des fausses membranes prises sur le vivant ou immédiatement après la mort; celles qui sont recueillies vingt-quatre heures plus tard ne donnent pas de résultats. Le produit de culture a été inoculé sur la muqueuse buccale ou introduit dans les voies digesUves de 6 lapins, 2 cobayes, 4 grenouilles, 1 coq et 4 pigeons; les G lapins moururent au bout de 6, 8, 10 et 18 jours ; le premier qui succomba présentait un gonflement énorme du coq, comparable àTœdèmedes diphthériques ; il était dû à une infiltration séreuse du tissu cellulaire ; la culture de cette sérosité reproduisit le microbe avec ses conidies. Il en fut de même do liquide pleuré tique recueilli chez le lapin mort au bout de 18 jours. Talamon a trouvé le microbe chez tous ses lapins, soit ; par l'examen direct, soit après culture ; il existait constamment dans la sérosité du péiitoîne et souvent aussi dans les reins.

L*ingestion à trois grenouilles de flocons de mycélium les tua après 8, 10 et 11 jours; elles étaient farcies de microbes. Deux de ces grenouilles, l'une m&le, Tautre femelle» étaient en rut; le sperme et le frai cultivé ont donné le môme microbe. La quatrième grenouille placée dans Teau où avait vécu une des grenouilles inoculées, eau qui contenait de nombreuses conidies, mourut au bout de 10 jours, et Ton put constater la présence du microbe dans tous les tissus.

AGENTS INFECTIEUX. i93

Chez quatre pigeons, M. Talamon badigeonna, avec le produit de culture, la muqueuse buccale qu*il avait préalablement grattée avec un bistouri; au bout de vingt-quatre heures, une membrane épaisse, d*un blanc jaunâtre, tapissait les deux côlés de la bouche, la langue, le voile du palais et l'arrière-gorge ; elle élait formée, comme celles de la diphthérie humaine, de cellules épitbéliales, de graisse, de micrococcus et de bactéries;' on n'y voyait qu'un petit nombre de conidies rectangulaires, mais, par la culture, elle reproduisait cet organisme. Chez deux des pigeons morts au bout de trois jours, Ton trouva le larynx couvert de fausses membranes et dans la trachée un mucus épais dont la culture reproduisait le microbe ; on obtint les mêmes résultats avec les liquides du péritoine et du péricarde.

Daos ces expériences, les fausses membranes n'avaient pas dépassé la gorge, une fois seulement elles avaient gagné la partie supérieure du larynx ; peu de temps après, M. Talamon les a trouvées, chez trois petits chats, étendues depuis le pharynx jiuqoaux plus fines ramifications bronchiques et tout à fait semblables à celles que Ton observe chez les enfants morts de diphthérie. Ces animaux n*ayant qu'une dizaine de jours et tétant encore, avaient été, le quatrième jour, placés avec leur mère au chenil du laboratoire, dans le compartiment où étaient morts quatre lapins inoculés; on les mit sur un panier garni avec la litière qui avait servi à ces lapins; le temps était excessivement froid et humide; le 22 janvier un petit chat fut trouvé mort; il avait les yeux et le nez incrustés d'un mucus jdunâtre épais et un liquide séreux s'écoulait de ses narines, l-^s deux autres petits chats avaient le nez et les yeux obstrués de croûtes et les narines humides; l'un d'eux succomba le iendenaain. Le 23, M. Talamon examina au microscope le mucus nasal; on y voyait des globules de pus, des cellules épithélialesy de nombreux micrococcus et, çà et lu, des bâtonnets de 2 (jL de large sur 8 à 9 (i de long, quelques*uns plus courts et articulés deux à deux ; ce mucus cultivé donna l'organisme décrit précédemment. L'animal mourut le 25.

On trouva à l'autopsie des trois animaux des lésions identi'iues; l'arrière-gorge, et surtout la partie supérieure du pharynx étaient tapissées par une fausse membrane épaisse, blancverdâtre, peu adhérente; elle s'étendait en s'amincissant,

Hallopeau. — Pathologie générale. 13

I9i ÉTIOLOGIE.

sur le voile du palais. Le larynx était couvert de débris pseudomembraneux ; son aspect était le même que celui du larynx d'un enfant atteint de croup. La trachée et les bronches étaient recouvertes, aussi loin qu'on pût les suivre, d'une couche pseudcH membraneuse dont Tépaisseur atteignait dans la trachée pins d'un millimètre. Au microscope, leur slructure était celles de? fausses membranes de l'homme. Les poumons étaient recocverts d'une pseudo-membrane fine dans laquelle abondaient les microbes précédemment décrits ; on les trouva également dans les rejins.

La culture des fausses membranes de la gorge, de l'exsndat pleural et du liquide obtenu par le grattage donna l'organisme 'caractéristique, mais seulement chez le troibièfn« petit chat dont Tautopsie a pu être faile immédiatement a[i^ !a mort. M. Talamon pense qu'il se produit, sous rinfluen« des alléralions cadavériques, des modifications qui empècbect le développement des spores. Il paraît évident que les trois petits chats ont pris la diphthérie par contagion dans le panier où ils avaient été placés. Les spores provenant des lapins inoculés antérieurement se sont sans doute conservées dans la litière qui garnissait le panier.

Ces expériences présentent toutes les garanties qu'exigent \o observateurs les plus rigoureux; elles portent le cachet delî vérité; M. Talamon paraît avoir découvert le microbe delà diphthérie; nous attendons avec confiance les résultats àa recherches de contrôle. MM. Wood et Formard (1) ont cultivé b micrococcus qu'ils ont trouvés dans les fausses membranes ainr que dans le sang des sujets atteints de diphthérie. Ils concluent de leurs recherches que ce microbe se rencontre dans diverscj affections du pharynx, mais qu'il se multiplie avec beauccç plus de rapidité dans le cas de diphthérie.

19* Agent infectieux de V ictère grave. — L'ictère grave esi considéré par beaucoup de médecins comme une maladie infectieuse. Eppinger (2) y a, en 1875, signalé un micrococcai M. Baizer (3) a constaté chez des sujets morts de cette malaôi-

(1) Wood et Formard, De la nature du contage diphthérique (Gûi. Afi'C* de méd. et de chiiurgie. 188*2).

(2) Kppinger, l'rager Vierteljahrs. 1875.

(3) Baizer, Bulletin de t'Acad, de médecine, 1882.

la piéseoce, dans les cellules hépatiques, de] micrococcus et de bacilles ; illes a trouvés également dans le rein et dans la peau; mais il fait remarquer que ses recherches n*ont qu*une valeur relatÎTe, car Texamen histologique n'a pu être fait que viogt-qoalre heures après la mort.

20" Agem infectieux du xanîhéUuma. — M. BaUer considère également comme des micrococcus les corpuscules que Ton trouve dans les cellules conjonctives au niveau des plaques de Xmthelasma; il explique ainsi le caractère infectieux que prend dans certains cas cette maladie.

21' Agent infectieux de la gangrène. — Les conditions dans lesquelles se développe la gangrène montrent qu'elle ne peut se produire sans TinterTeQliond'unagentvenududehors(i).EIle ne se manifeste, en effet, que dans les parties en communication directe ou indirecte avec Tair extérieur, c*esl*à-diro les téguments, lepoomon, et le tube digestif. Lorsqu'elle ^ se développe exceptionnellement dans les |:.V,'^ centres nerveux, c'est qu'ils communiquent par une perforation crânienne ou vertébrale Fig. (*7. — Micrococavec le milieu ambiant; si Ton voit survenir f" ®* ^^"«» «1«

j . il... '» gangrène proTe-

oes foyers gangreneux dans d autres orga- nuit d'un membrs neSf c'est qu'ils se sont produits secondaire- congelé .Perit) v*,>. ment, et l'on trouve alors constamment, dans une partie en communication avec l'extérieur, une lésion gangreneuse initiale. Les mêmes causes qui,2dans les téguments et les poumons, provoquent la gangrène ne donnent lieu, dans les parties à l'abri de l'air, qu'à la nécrobiose simple; telles sont par exemple les embolies cérébrales, spléniques et rénales.

I^rquel mécanisme s'exerce l'influence du milieu ambiant? irès vraisemblablement par la pénétration de microbes dans les parties dont la nutrition s'altère. Sansom (2) a trouvé, dans

(1) Hallopeaa, Bulletin de la Société clinique^ 18S0.

(2) SintoiDy A case of noma m xohxch mowing bodiet voere observed in thft ^loodduring tife (Med. chir. Transact., 191S).

*) ff, bactériea portant à leur extrémité une spore qal lear forme comme une . 6te. — 6, 24 heures plue tard, on ne voit plus que dea micrococcus et des ^jctérie». GroMiaaement 300 foii.

196 ÊTlOLOGIlî.

un cas de nomaj des bactéries dans le sang» mais leur inocolation à d'autres animaux n'a rien produit chez eux. Koch (1) a été plus heureux : après avoir produit la gangrène par rinocu* lation de substances putrides dans l'oreille d'une souris, il a Irouvé (ûg. 67) dans les parties malades des micrococcus de 0,3 % de diamètre, ordinairement disposés en chaînettes élégantes et régulières, quelquefois accumulés en masses épaisses. Ces éléments produisent la gangrène des tissus, partout où ils pénètrent; les cellules du sang et du tissu conjonclif se détruisent; il en est de même des cellules cartilagineuses ; les microbes sei propagent du point inoculé dans le parties voisines; ils ne pénètrent ni dans le saiig, ni dans les viscères; s'ils tuent rapid^ ment, c'est sans doute parce qu'ils sécrètent une substance délétère et soluble. M. Daniel Mollière (â), admet également que la cause première de la gangrène gazeuse, sa cause sine qua non y est le développement d'un microbe dans le tissu cellulaire.

22"* Agent infectieux des oreillons. — MM. Gapitan et Charrin (3) ont trouvé dans le sang et la salive dé malade^ atteints d'oreillons, affection épidémique et contagieuse, uût grande quantité de microbes et de bactéries. Des expérience^ de réinoculation après culture n'ont pu être faites, car l'on ne connaît pas d'animal auquel cette maladie soit susceptible d'être transmise.

23** Agent infectieux de la coqueluche. — La coqueluche (A) est éminemment contagieuse, surtout dans ses périodes d'invasion. Letzerich a décrit, en 1874, un champignon qui lui appartiendrait en propre, mais l'on ne peut accueillir qu'avec unr grande réserve les découvertes de cet observateur, car il semble que bien peu d'entre elles aient été confirmées par ceux qui ont étudié ultérieurement les mêmes questions. En 1876, Tschauer a trouvé, dans les crachats des coqut^ lucheux, des spores et un mycélium qui offriraient des caractères spéciaux; Henke dit également avoir va un champignon dans les crachats de la coqueluche, mais ces auteur>

(1) Koch, Untei'sitchungen ueber die Aetiohgie der Wund infection Kn^^ heiten. Leipzig, 1878.

(2) D. Moliière, Acad, de médecine^ 1883.

(3) Capitan et Charrin, Bulletin de la Soc. de biologie ^ 1881.

(4) H. Roger, Recherches cliniques sur les maladies de l'enfance, u IL Paris, 1883.

lont pu repFodaire la maladie par le produit de culture de es éléments; si donc on peut considérer comme vraisemblable (u'elle est parasitaire par ce seul fait qu'elle est contagieuse, 1 est jusqu'ici impossible de le démontrer.

îi'' Agent infectieux du goUre. — Klebs (l)a trouvé, dans les fonaines des pays où le goitre est endémique, une flagellariée que 'on ne rencontre pas ailleurs; ayant amené à Prague un jeune ihien atteint d*un gotlre en voie de développement, la tumeur :e^<a d'augmenter; il lui donna alors de l'eau de la source du )ays d'où il venait, et le goitre s'accrut rapidement. Ici encore ] faut attendre les expériences de contrôle.

25'' Agent infectieux du furoncle. — Pasteur (2) a trouvé dans ious les cas de furoncle qu'il a étudiés un micrococcus aérobie et il lui a attribué la genèse des accidents. Lœwenberg (3) a cultivé ce microbe dans le bouillon de bœuf et dans les liquides de Pasteur et de Gohn. Il amis en évidence l'intérêt que présentent ces faits au point de vue de l'histoire du furoncle : on peat expliquer par sa nature parasitaire sa tendance à récidJTer chez le même sujet ; il se fait très vraisemblablement des autoinoculations; les microbes proveaant du premier boulon pénètrent dans les glandes sébacées ou dans les follicules pileux et y déterminent le développement de nouveaux furoncles ; on se rend également compte ainsi de la contagiosité de cette affection et des accidents infectieux dont elle s'accompigine parfois. Il faudrait pour compléter la démonstration reproduire le furoncle par l'inoculation de microbes cultivés*

26* Agent infectieux du chancre simple et du phagédénisme. — U chancre simple se comporte exactement comme le font les Sections locales qu'engendrent les microbes; il est indéfiniment inocolable; sa nature parasitaire nous parait certaine, bien que le champignon n^ait pas été jusqu'ici cultivé; on peut en dire autant du phagédénisme vrai, celui qui résulte d'une transformation in situ du chancre simple.

1 Klebi, Studien ùber die Verbreitung des Cretinismus im Oesterreichs '«ïi« ùber die Ursacheder Kropfbildung, Prague, 1877.

2- Puteur, De V extension de ta théorie des germes à tétiotogie de quelques ''-^iladiet communes (Comptes rendus de tAcad. des sciences, 1880).

h Uewenberg, Le furoncle de toreille et fa tuberculose (Progrès médicat,

198 ÉTI0L061B.

27' Agent infectieux du bouton de Dehli ou de Bi$kra. — Plusieurs médecins de Tlnde, MM. Flemning, Smith et Carter ont décrit un parasite dans raffèclion connue sous le nom de bouton de Dehli ou de Biskra; M. Kelsch Ta également observé en Algérie. Il est en effet très vraisemblable que cette afTection, endémique dans certains pays et limitée aux parties découvertes, est due à l'irritation de la peau par un parasite; mais les expériences de culture et d'inoculation n*ontpas été faites jusqu ici.

28' Agent infectieux de la carie dentaire. — Ces microbes interviennent, d*aprèsWillougby Miller (i), dans le développemenl de la cof^te dentaire : la fermentation des matières qui séjournent dans la bouche amène la formation d'acides qui attaquent l'émail et le décalcifient ; l'os dentaire mis à nu se laisse pénétrer par des quantités de schizomycètes sous la forme de leplothrix, de bacilles et de micrococcus ; ces derniers en obstruant les canalicules contribueraient à amener la mort de la dent.

29" Agent infectieux de la blennorrhagie. — Neisser (2) a décrit un micrococcus spécial, le gonococcus, qui présente des caractères particuliers : des éléments ovales, relativement gros, rarement isolés, ordinairement groupés deux à deux, quatre i quatre ou en amas, jamais en chaînettes, le constituent; ils sont tantôt libres dans le liquide, tantôt adhérents aux globules de pus ou aux cellules épithéliales, souvent contenus dans ces éléments, -surtout dan^ les globules blancs (Bockbardt) (3).

On les trouve dans toutes les blennorrhagies, mais ils sont plus nombreux quand la maladie est récente et n*a pas été traitée.

Ou en a constaté l'existence dans quelques cas d'ophthaifflie purulente des nouveau-nés et dans deux cas d'ophtbalmie blennorrhagique de l'adulte. Les observations de Leistikow, de Pétrone (4) et de Bockbardt ont également confirmé celles de

(1) Willougby Miller, Der Einfluts der Microorganxsmus ouf die Caries der menschlichen Zùhne {Arch, f. exper. Path. 1882}.

(2) NeîBser, Ueber eine dèr Gonorrhae eigenthûmliche Alicrococeusf^^ {Central Blatt ^ die med. Wissench. 1879). ~ NeiBser, Die Mikrococeen der Gonorrhée {Deutsch. med, Wochenschr, 1882).

(3) Bockbardt, Beitràge s. Aetiologie und Pathologie des Hamt-Ôhrstrippert {Vierteijahr, f, Dermat, itnd Syph, 1883).

(4) Leistikow, Ueber Bactérien beiden veneriicher Krankheiten {Chtriie annal. Berlin, 1882). — Pétrone, Sutta natura parasitaria detC artrite bit»noragica {Rivista clin, 1883). Cet auteur affirme quUl a trouvé le ifttcro-

AGBNTS INFECTIEUX. 199

Neisser. Bockbardt Ta trouvé dans 958 cas de blennorrhagie et constaté qa*il manque dans Turéthrite simple.

On peut cultiver ces microbes, et deux fois le produit de culture a pu être inoculé avec succès par Bokaï (1) et plus récemment par Bockhardt ; il ne manque à ces expériences que d'être plus nombreuses pour qu'on puisse les considérer comme tout à fait démonstratives .

Si la théorie se confirme, on pourra attribuer à la pénétration de microbes dans les tissus les. arthropathies et les endocardites qui viennent parfois compliquer cette maladie.

30* Ayeni infectieux de la pneumonie. — Un certain nombre d'auteurs (2) considèrent actuellement la pneumonie franche lokire aiguë comme une maladie infectieuse; ils invoquent son apparition sous formes d'épidémies, sa marche cyclique, impossibilité de la provoquer par les irritations mécaniques

injections de poussières ou de liquides irritants), l'apparition des symptômes généraux précédant celle des phénomènes locaux, le défaut de rapport entre l'intensité et la durée de la réaction fébrile et celles des lésions, et l'impossibilité d'expliquer celles-là par celles-ci.

Klebs aurait démontré l'exactitude de cette interprétation en découvrant dans les crachats et dans les parties hépatisécs un microbe qu'il appelle le monas pulmonale. 11 reconnaît cependant que cet élément, tout à fait semblable à ceux qui existent dans la salive» se trouve à l'état normal dans le produit de sécrétion des bronches. Les observations de Friedlânder ont eu plus de retentissement. En 1882, dans un premier travail, cet auteur (3) annonce que, dans huit cas de pneumonie^ il a trouvé constamment, si ce n'est après le neuvième jour, des microbes, aussi bien dans le tissu enflammé du poumon et de la plèvre que dans les crachats. Ce sont des micrococcus ellipsoïdes

coccQs blenuorrhagique dans le liquide provenant d'arthropaibies de cette BWore.

(i}Bokai, Veber conlagîum der acuten Blennùrrhm lAlig. med. Cenlr, Zeit.

'X) Harrotte, De la fièvre »ynogue péripneumonigue {Àrch'. gén, de méd,^ i^ld). -. JOrgenaen, Krankheiten de* Hespirationsapparalt, — Bernhelm. ^fo'u de clinique médicale, Nancy, 1877. ~ Klebs. Beit zur Kenntniss der Mhogenen sehiitomgceten {Areh, fùrexper, Path. Band IV).

(3j Frtediaiider, Ueber die »chiiomyceten bel des aculer fibrinôsen Pneu- ^nie [Virchow'i Archiv.h, 87).

200 ÉTIOLOGIE.

mesurant 1 (a de largeur et un tiers de |a de longueur, ordinairement groupés deux à deux, mais formant aussi souvent des chaînettes. Ils sont formés d^une substance homogène qui se colore facilement par Taniline. On les trouve en quantité étonnante dans les exsudât» bronchiques et intra-alvéolaires de rbépatisation roug&: dans un cas, ils manquaient dans les bronches et les alvéoles, mais il y en avait un grand nombre dans les lymphatiques interlobulaires qui se trouvaient distendus. Ce fait, rapproché de la présence des micrococcus dans le tissu pleural, est important en ce qu'il démontre le passage du parasite dans la circulation.

Pour distinguer ces coccus des granulations, on colore les préparations avec Teau d'aniline d'Ëhrlich, puis on les plon§:e dans une solution d'iodure de potassium; les micrococcus seuU restent colorés.

Leyden(l) confirme la description de Friedlânder; Gunther et, peu après, Matray (2) observent les mêmes micrococcus e( indiquent qu'ils sont constamment entourés d'une capsule incolore. Tout récemment Friedlânder (3) les a étudiés plus complètement; il a reconnu, en examinant Texsudat pris sur le cadavre, que la capsule a rarement une largeur moindre que le coccus qu'elle entoure, et qu'elle a souvent des dimensions doubles et même quadruples : quand les micrococcus sont accouplés deux à deux, ou en chaînettes, elle prend une forme elliptique ; les réactions chimiques semblent indiquer qu'elle est formée de mucine ou d'une substance analogue; jamais on ne trouve d'amas de zooglée. Getle capsule fait défaut autour des- micrococcus contenus dans les crachats. Dans les autres formes de pneumonie, Friedlânder n'a trouvé que des microorganismes privés de capsule; celle-ci serait donc, d'après cet auteur, presque caractéristique de la pneumonie ûbrineuse. Les micrococcus de cette maladie varient de grandeur chez les divers animaux qui en sont atteints, ils sont beaucoup plus grands chez la souris et le cochon d'Inde que chez l'homme (4).

(1] Leyden, Démonstration ûber infektiote Pneumonie (Deutsche medic. Zeit, 188Î et Centralblalt fur die medic. Wissem. 1883).

(?) Matray, Ueber Pneumoniekokken ^ Wiener med. Presse, 1883).

(3) Friedlânder, Soc, de mid, de Berlin, 1883^ analysé dans la Sema'ne médicale^ par Villaret.

(A) BricoD, Le micrococcus de la pneumonie (Progrès méJical, 1883).

Friediânder a cultivé ces parasites^ suivant la méthode de LOch, dans la gélatine nutritive jusqu'à la huitième génération; es produits n'avaient pas de capsule, les cultures avaient un spect tout particulier ; sur la surface de gélatine il se formait me petite élevure d'où partait une substance blanchâtre en orme de clou.

Ces produits de culture, dissous dans de l'eau distillée et lérilisée, ont été injectés dans les poumons de lapins, de souris, ie cobayes et de chiens ; les résultats.ont été négatifs chez tous es lapins, positifs chez un chien sur cinq, chez environ la Doitié des cobayes, et chez toutes les souris ; celles-ci sont nortes de dix-huit à vingt-huit heures après l'opération: elles ommençaient, après quelques heures, à présenter une dyspnée [ui augmentait progressivement; l'animal succombait avec un ibaisiment progresst'f de la température. On trouvait dans les poamoDs des centres d'induration rouge.

Friediânder a fait aussi inhaler plusieurs fois par des souris !e liquide renfermant les produits de culture en le pulvérisant dans leur cage, chaque fois quelques-uns de ces animaux sont morts et l'on a trouvé à Tautopsie des lésions pneumoniques en même temps que des micrococcus dans les poumons, la plèvre, la rate et le sang.

Ces expériences sont-elles démonstratives et prouvent-elles lue la pneumonie franche est parasitaire au même titre que la oberculose ? nous ne le pensons pas : la présence de micrococcus lans les produits d'exsudation s'explique tout naturellement ^ar leur conQit incessant avec l'air inspiré ; il n'est pas. prouvé lue les capsules qui les caractériseraient ne soient pas un proioit artificiel, car, s'il en est autrement, on comprend difficilement pourquoi elles font défaut dans les crachats et dans les cultures; Kofin il n*est pas établi que l'affection développée dans le poumon par les injections ou l'inhalation du liquide chargé de micrococcus soit bien une pneumonie franche, car elle n'en a pas Tévolu- ^on et elle s'accompagne d'un abaissement de la température.

Les recherches de M. Talamon (1) sont bien plutôt de nature ^entraîner la conviction.

L'organisme qu'il a trouvé dans Texsudat pneumonique et,

lO TaUmon, Bulletin de la Société anatomique et Progrès médical, 18S$.

202 ÉTIOLOGIE.

une fois seulement sur 25 cas, dans le sang d*un malade à IV gonie, est un micrococcus de forme allongée, ellipsoïde. Dans lezsudat pris sur le vivant à Taide d*une seringue de Pravaz enfoncée à travers la paroi costale, ou recueilli quelques heures après la mort, il a la forme d'un grain de blé, de Ipi à 4|iel demi de long sur 4/2fA à i\L de large dans le plus grand di»* mëlre transversal de Tellipse. Il est isolé, le plus souvent par deux, parfois aussi en chaînettes de quatre. Chez le lapin il est beaucoup plus petit. Cultivé au contraire par le procédé de Pasteur, il apparaît plus volumineux et peut atteindre 2(& f /â à 3.a de long sur Ip. 1/2 de large; il prend alors une forme lancéolée, et parfois une de ses extrémités s'effile. Il ne ressemble en rien au coccus de Térysipèle qui est arrondi et disposé eo chaînettes plus ou moins nombreuses.

Les inoculations faites chez le chien ont été négatives.

Le liquide de culture injecté à des lapins sous la peau de la cuisse n'a produit non plus aucun accident pulmonaire ou autre.

Injecté directement dans les poumons à travers la paroi costale, il a déterminé des pneumonies fibrineuses, des pleurésies et des péricardites fibrineuses. Jamais il n*a amené la formation de pus ou d'inflammation hémorrhagique. L'aspect du poumon macroscopique et sous le microscope est celui de la pneumonie lobaire fibrineuse de Thomme. Le poumon est hépatisé dans toute son étendue ou dans la plus grande partie. Il forme un bloc compact, pesant ; les bronches contiennent des moules fibrineux. Au microscope, les alvéoles sont remplis de filaments de fibrine entre-croisés et serrés les uns contre les autres. Les noyaux des espaces interalvéolaires sont en voie de prolifération. Les vaisseaux et les bronches sont remplis de fibrine. De même la plèvre et le péricarde sont recouverts d'épaisses couches de fibrine.

Les animaux meurent en moyenne du quatrième au cinquième jour. Le lendemain de l'injection, on constate une élévation considérable de la température : de 39*6 h 40, la teapératiire s'élève à 41 et 41*8. Les lapins meurent avec cette température élevée ; chez certains, elle est tombée le jour de la mort au-dessous de la normale.

Plusieurs lapins, âgés de plus d'un an, ont résisté à la miladie et ont guéri après un temps variable. Le thermomètre

accusait la même élévation de température que chez les ani- Doaax qui ont succombé. Le retour de la température à SO"" et )9*6 annonçait la guérison.

Les résultats de ces expériences sont d'autant plus frappants ]ue les nombreuses tentatives faites dans le but de provoquer la pneumonie fibrineuse par Tinjection dans les poumons ou Jansles bronches de liquides irritants sont jusqu'ici restées inroctueuses. Si, comme nous n*en doutons pas, ils se trouvent confirmés par d*autres observateurs, on devra considérer comme iémontrée la nature infectieuse de certaines pneumonies fibritme$. Déjà Friedreich(i), Rodman (3), Bonnemaison (3) et récemment M. le professeur Sée (4) dans ses leçons cliniques ont fait valoir les raisons qui militent en faveur de cette manière de voir. Il est incontes table que la pneumonie présente, dans certains cas, les caractères d'une pyrexie : elle débute par des symptômes gênénui tellement semblables à ceux d'une fièvre typhoïde que les médecins les plus expérimentés doivent suspendre leur diagnostic, les signes physiques de phlegmasie pulmonaire n'apparaissaotqoe tardivement, le désaccord entre les phénomènes locaux et les phénomènes généraux est manifeste. Souvent on peut noter du délire, de l'albuminurie et de la diarrhée ; le foie se luméfie en même temps que la rate; la fièvre se prolonge jusqu'au il* ou 13* jour; la défervescence, quand elle se produit, ^ se fait pas brusquement, comme dans la pneumonie franche, mais par iysis; souvent des suppurations parotidiennes et une diarrhée persistante entravent la convalescence. Si l'on constate que les pneumonies revêtant celte forme affectent mutent à la fois un certain nombre d'individus dans une Qtême localité, un même établissement ou une même famille, on est porté à croire qu'elles sont réellement de nature infectieuse et engendrées vraisemblablement, par le microbe de ^'Talamon. Mais, à côté de ces pneumonies, n*en est-il pas d autres qui sont provoquées par l'action du froid ou une autre

'/ Pricdreîch, Der acuten Milztumor und seine Beziekungen zu den acuten ''^ff^tmskrankheiien [Kolkmanh't Sammtung, 1875).

^) nodman, Endémie de pneumonie infectieuse observée dans une prison '*« mtrican Journal of médical se. I87S).

'\> Bonnemaison, Pntumonies malignes, etc. {Mem. de la soc. des hôpitaux **^«w« médicale, 1876).

(^)G. Sée. Des pneumonies infectieuses (Union médicale , 1883;.

204 ÉTIOLOGIE.

iufluence accidentelle chez les sujets dont la résistance vitale est amoindrie par une cause passagère ou permanente? Ne doit-il pas en être ainsi de celles qui frappent les vieillards au retour de la mauvaise saison ? L'intervention d'un microbe n'est-elie pas en pareil cas des plus improbable? N'en est-il pas de même pour ces pneumonies à récidives qui se renouvellent plusieurs fois à quelques mois de distance chez le même^ sujet. Oo a considéré la constance du type fébrile comme caractéristique d'une maladie infectieuse» mais cette constance n'est pas réelle, puisque l'époque de la défervescence peut varier du troisième au douzième et même au quinzième jour ; qnaot à l'apparition des symptômes généraux deux ou trois jours avaDt celle des lésions, elle n'est nullement démontrée. Aucun des arguments invoqués par les auteurs, et particulièrement par Traube et Jûrgensen, en faveur de la nature infectieuse de ia pneumonie franche vulgaire, ne nous paraît donc de nature i entraîner la conviction. Les faits étiologiques qui démontreut la nature infectieuse d'une maladie sont sa transmission par contagion, son apparition sous forme d'épidémies ou son existence dans certaines localités à l'état d'endémie ; or la pneumonie franche s'observe dans toutes les contrées du globe et sous toutes les latitudes. « On doit reconnaître à l'inflammation, dit M . Peter (i), deux origines, l'une intrinsèque, l'autre extrinsèque: l'origine intrinsèque de la pneumonie, c'est la fatigue et l'usure de l'organe, l'origine extrinsèque, c'est le froid ; toutes les causes capables d'affaiblir l'organisme, les fatigues excessives^ les chagrins et surtout la vieillesse jouent le r61e le plus important dans l'étiologie de la pneumonie, cette affection est une manière de mourir et constitue la fin naturelle des vieillards (Peter) ». On peut s'expliquer ainsi comment les sujets enfermés dans un asile ou dans une prison, vivant dans des conditions hygiéniques peu satisfaisantes, payent un tribut plus considérable à cette maladie, et pourquoi elle est plus fréquente dans les hospices de vieillards. Les variations brusques de la température et les causes générales d'asthénie semblent rendre compte de la plupart des endémies et épidémies de pneumonie. En résumé les découvertes de Friedlânder, de Leyden et sur-

(I) M. Peter, Leçons de clinique médicale, 1. 1. Parie, 1818.

:out de Talamon ne laissenl guère de doute relativement à Texislence d*une pneumonie fibrineuse provoquée par Tinvasion et la multiplication d'un microbe, mais nous croyons, conformément aux vues que nous avons exposées dans un autre travail, devoir maintenir, à côté* d'elle, une autre forme, peut être plus fréquente, dans laquelle il s*agit d'une phlegmasie simple et non infectieuse; telle doit être en particulier la pneumonie des vieillards ({).

3i* Agent tnfectteux du rhumatisme articulaire aigu, — M. Klebs considère comme parasitaire le rhumatisme articulaire aigu. Cette maladie ne présente pas cependant les caractères d'une infection ; elle n*est ni épidémique, ni endémique, ni contagieuse ; elle survient le plus souvent sous Tinfluence du froid, chez les sujets prédisposés par la diathèse. Si réellement im y découvre des microbes, ne faut-il pas les considérer comme des granulations animées, engendrées par les éléments des tissus, plutôt que comme des parasites? Il est néanmoins un fait que l'on peut invoquer en faveur de la nature infectieuse decette maladie, c'est l'apparition de phénomènes très analogues à ceux qui lui appartiennent sous l'influence de maladies qui offrent bien certainement ce caractère et particulièrement de la blennorrhagie, de l'état puerpéral et de la scarlatine.

^^* Agent infectieux de t impaludisme» — L'intoxication palustre ^développe exclusivement sous l'influence de miasmes émanés <ia sol, le plus souvent de terrains marécageux, d'autres fois de terrains riches en éléments organiques, tels, par exemple, que la campagne de Rome, dont l'activité n'est pas utilisée par la Téçétation (2). L'agent infectieux, introduit dans l'organisme, peut y rester pendant de longues années en donnant lieu de temps en temps ou d'une manière persistante à des troubles morbides. Sanocuité est beaucoup plus grande dans les climats chauds que dans les climats froids et tempérés ; il ne se transmet jamais par contagion. 11 est bien peu probable qu'il s'agisse d'un ferment soluble ; il est très vraisemblablement constitué par un microbe végétal ou animal qui se développe dans les terrains où se trouvent réalisées les conditions indiquées plus haut.

,lj HiUopeaa, la doctrine de la fièvre pneumonique {Revue des sciences médicales, 1878).

(}) L.Golio, Traité des fièvres intermittentes, Paris, 1870.

206 ÉTIOLOGIB.

Jusqu'à ces derniers temps, les recherches entreprises pour découvrir ce microbe chez les malades atteints de fièvre iatermiitente n'avaient donné que des résultats négatifs; aussi les observateurs sesont-ils efforcés de le trouver dans le milieu infecUnl; les microbes abondent au voisinage des marais plusieurs d'entre eut ont été successivement incriminés : la palmelia gimesma l'j été par Salisbury (1), Yalga dite miasmatica par Balestra, la lymnophisalix hyalina par Eklund, Vhydrogastrum granulatum, par Safford et Bartiet, etc. Récemment Klebs et Tommasi Crudeli(2 ont examiné au même point de vue l'air, Teauet le sol des parties de la campagne romaine où la malaria sévit avec le plus d'intensité; leurs recherches ont été faites avec beslffcoup de rigueur et ils sont arrivés à cultiver des schizomycètes qu'ils considèreol comme les agents infectieux. Ce sont des bâtonnets de 2 à 7b de longueur, devenant, par la croissance, des (ils recourbé* qui se sectionnent par la formation d'espaces translucides ou de cloisons; ces bâtonnets constituent à la surface du liquide (k culture des faisceaux d'articles très courts; souvent il se développe des spores au milieu ou aux extrémités des articles. Ces corpuscules-germes peuvent se multiplier et remplir tout l'intérieur du filament sous forme d'une masse granuleuse. Lb auteurs affirment que l'inoculation à des lapins de ces produits de culture peut développer chez eux toutes les formes d'intozicition paludéenne observées chez Thomme; Ceci dit avoir obtenu récemment des résultats analogue^ (3). Cuboni et Marchiafavi ont trouvé dans le sang des sujets atteints de fièvres palustres, au début des accès, de courts bacilles renfermant d'ordinaire deux spores; ils auraient rencontré les mêmes éléments, en quantité moindre, dans le sang des sujets sains (4) ! On a fait aux conclusions de Klebs et Tommasi Crudeli une objection et principe dont la valeur nous parait considérable : les lapin». <

(1) SaUsbury, Causes des fièvres intermittentes et rémittentes rapportées a une algue du genre Palmelia, {Ann. cThyg,, t. XIX, p. 210.)

(2) Klebs et Tommasi Crudeli, Studien ueber die Ursache des Wechse. fiebers und uebet* die Natur der Malaria {Arch. fur exper. Path, und PkarmakoLi t. XI U).

(3) A. Ceci, Veber die in den malarisehen und gewdhnlieher Brdàode» Arien enthaltenen Keime und niederen Organismen (Arch, f. exper, Path. und Pfiarmakologie, t. XV et XVI, 1882).

(4) Caboni und Marchiafava, Arch. f. exp^. Path., t. XIII, 1881.

lans les pays i fièvre, ne contractent jamais la maladie ; est-il rraisemblable que Ton puisse la leur communiquer par ino- »Iation? Certainement non. D'autre part MM. du Gazai et Euber contestent très justement que les accidents présentés par es lapins en expérience aient été identiques à ceux des fièvres le marais: on a constaté chez eux une hypertrophie de la rate !( la présence dans le sang de granulations pigmentaires ; sont- ;e là des lésions suffisamment caractéristiques? Les courbes ihermomé triques ne rappellent que de très loin celles de la lèvre palustre ; enfin beaucoup d*a,uteurs ont cherché, sans le IroQver, ce parasite dans le sang.

M. Laveran (I) parait avoir été plus heureux; il s^estefi'orcé de trouver Tagent infectieux, non pas dans le milieu ambiaut où il est bien difficile de le distinguer des autres micro-organismes, mais dans le sang, et il croit y avoir réussi. Ce paraùU se présente sous trois formes que M. Laveran désigne ^ous les noms de corps n* i,n? 2 et n"^ 3.

C&rpt n« 1. Ce sont des éléments allongés, plus ou moins ef- 'lé$ à leurs extrémités, souvent incurvés en croissant, quelquefois de forme oyalaire. Leur longueur est de 8 à 9 millièmes de millimètre; leurlargeurde3 millièmes de millimètrecn moyenne. Les contours sont indiqués par une ligne très fine ; le corps est transparent, incolore, sauf vers la partie moyenne, où il existe one tache noirâtre constituée par une série de granulations arrondies, qui paraissent être des granulations pigmentaires. Par exception, cette tache peut être située près d*une des extrémités du corps. Les granulations afiectent assez souvent une disposition régulière, en couronne, analogue à celle qui 'era décrite plus bas pour les corps n» 2. Sur ceux de ces corps qui sont incurvés, on aperçoit fréquemment, du côté de la concaviié, une ligne courbe, pâle, qui semble relier les extrémités du croissant. Les corps nM ne paraissent pas doués de mouvements; quand leur forme se modifie, c'est d'une façon * 1res lente (fig. 67).

Corpt n* 2. — Ces corps se présentent sous plusieurs as-

t A. Laveran, Sur un nouveau parasite trouvé dans te sang des matades ^fffinls de fièvre intermittente; origine parasitaire des accidents de Vimpaludtme [Suiletm de la Société des Mpitaux, 1881). — Nature parasitaire des ^cddents de Cvnpaluditme, Description d'un nouveau pt&asite, Paris, 1881*

ÉTIOLOGIE.

Fig. 68.

Fig. 71.

Fig. 70.

Fig. 69.

Fig. 72.

Fig. 73.

Fig. 68. — A A', corps n* 1. — B, corps ovalairo pigmenté. — C, corps o' I dans ane préparation de sang traitée par l'acide osmique à 1/300 et liglr cérine picro-carminée ; on aperçoit un double contour.

Fig. 69. — A, corps n* 2 immobile. — B, corps n* 2 avec fllamenU mobile9^ Ces filaments, au nombre dç quatre sont munis d*un petit renflement i leur extrémité libre. — B', autre aspect d'un corps n* 2 en moaTemeaU les filaments mobiles sont situés d*un môme c6té. — C, un fllameot ffio*

. bile devenu libre. — D, corps sphérique rempli de granulationt pigmeo*

>ects, solvant qu'ils sont à l'état de repos ou de mouvement.

A rétat de repos, on distingue un corps sphérique, trans- [)arent» à contours très fins, dont le diamètre est de 6 millièmes ie millimètre en moyenne. Dans Tintérieur de ce corps se trouvent des granulations pigmeutaires arrondies, égales entre elles, qui affectent d'ordinaire une disposition assez régulière en couronne : on dirait un collier de perles noires.

A rétat de mouvement, on aperçoit, autour du corps sphérique et pigmenté, des filaments très transparents, animés de mouvements rapides dans tous les sens ; on ne peut mieux comparer ces mouvements qu'à ceux d'anguillules, dont une des eitrémités serait fixée dans l'intérieur de l'élément sphérique. t:e> filaments impriment aux globules rouges du sang les plus voisins des mouvements très variés et très faciles à constater. Li longueur des filaments ou appendices mobiles peut être évaluée à trois ou quatre fois le diamètre d'un globule rouge ; leur nombre a paru être, pour chaque corps n^ 2, de trois ou de quatre ; il est peut-être plus grand, car on n'aperçoit que U$ filaments qui s'agitent, et même parmi ceux-ci on ne peut voir que ceux qui sont exactement au point. Tantôt les filaments mobiles sont étalés d'une façon assez symétrique de tous les côtés ; tantôt ils sont groupés d'un seul côté. L'extrémité libre des filaments mobiles est renflée.

Pendant que ces filaments ou appendices mobiles s'agitent, te corps sphérique sur lequel ils paraissent s'insérer subit un mouvement oscillatoire plus ou moins rapide; quelquefois même il est animé d'un mouvement de translation. Les granulations pigmentaires s'agitent à l'intérieur, et leur disposition devient alors très variable.

iiires qni s'agitent très ▼ivement. ~ E, corps n«2 dans nne préparation de sang traitée par l'acide osmique à 1/300 et conservée dans la glycérine picro-carminatée ; on aperçoit un double contour.

Tç. 70. — a, b, e, d, e, /; corps n» 3 plus ou moins déformés.

F:g. 71. — A, corps n* 2 avec filaments mobiles tu à 9 heures du matin. — B. le mémo corps tu une demi-heure plus tard ; les mouvements ont disparu, on ne voit plus trace des filaments périphériques. — C, le même corps vu le même jour a deux heures et demi du soir.

Fig. 73. — a,a\ a\ corps n« 1 observés ie 29 novembre 1880 à 2 heures 1 1> minutes du soir.

F.jE. 73. — h, b\ h", aspect des corps représentés dans la figure précédente 1« 30 novembre au matin (Laveran).

HaLLorBAU. — Pathologie générale. 14

SiO ÉTIOLOGIE.

Les corps n» i changent souvent de forme pendant quon les observe ; ils s*allongent, s*étalent, puis reprennent leur forme sphérique; ces derniers mouvements ont une grande analogie avec ceux des amibes.

Il est arrivé plusieurs fois à M. Laveran, pendant qu'il obserrait des corps n<^ 2 en mouvement, de voir un des filaments n^obilesse détacher du corps sphérique et continuer à se mouvoir au milleo des globules rouges. La figure e représente un de ces filameoU devenu libre.

Il a rencontré également, dans des préparations du sang de malades atteints de fièvre palustre, outre les élémenU précédents, des corps arrondis plus grands que les corps n^2, plus grands même en général que des leucocytes, à Tinlérieur desquels on distinguait des granulations pigmentaires animées duo mouvement très vif analogue au mouvement brownien ; ces corps ne présentaient pas de filaments périphériques mobiles.

Corps n'' 3. — Ils sont en général spbériques, d'un diamèlre notablement supérieur à celui des corps n"" !â (8 à 10 millièmes de millimètre et quelquefois davantage), légèrement granu* It^ux, immobiles, sans filaments périphériques apparents. A rintéricur de ces corps, on aperçoit des granulations pigmen- 1 aires dont la disposition rappelle quelquefois celle àe granulations des corps n*" â, mais qui, le plus souvent, sont disposées sans régularité et en nombre très variable. Ces corp> se déforment du reste de plus en plus et prennent des aspcci» très différents de celui du type qui vient d'être indiqué.

Outre ces corps n<» 1, n<» 2 et n* 3, on trouve presque toujours dans les préparations de petits corps arrondis, brillants, mobile< et des granulations de pigment rouge feu ou bleu clair; (e> granulations pigmentaires sont libres ou incluses dans descorps n® 3 ou dans des leucocytes. Le pigment bleu parait résulter d'une transformation du pigment rouge feu.

M. Laveran a rencontré ces éléments 26 fois sur 44 cas de fièvre paludéenne; bien qu'il n'ait pu les cultiver ni par codséquent les inoculer, la présence, chez les sujets atteints dune mèmeaflection miasmatique, d'élémentsaussi particuliers permet

de considérer comme vraisemblable quMIs constituent Tageot infectieux. Une seule objection peut être faite, c*est que les corps décrits par M. Laveran offrent une certaine analogie avec le>

éléffleols normaux du sang. Les corps n« 3 ressemblent à des leucocytes chargés de pigmenl, ils en diffèrent cependant par la disposition régulière des granulations qui représentent « un collier de perles » et par la difQculté avec laquelle ils se colorent par le carmin. Les corps n» 2, avec leurs appendices, pourraient èlre confondus avec des globules rouges altérés par l'action de la chaleur, mais M. Laveran n*avait chauffé ses préparations qu'à la température phydiologique du sang.

Les différentes formes observées par M. Laveran représentent, d'après lui» différentes phases de révolution des parasites; les corps n*" 3 résultent des transformations des corps n*^ 2. Reiativement h leur nature, il tend à croire qu*ils appartiennent au règne animal plutôt qu'au règne végétal. Les mouvements très Tifs et très variés que présentent les appendices des corps n* 2 sont en faveur de cette interprétation. Peut-être les corps n® 1 eu* 2 ne sont-ils produits que par l'agglomération dans des espèces de kystes des parasites représentés à l'état de développement parfait par les filaments mobiles des corps n« 2. Ces filaments ont une grande ressemblance avec les oscillariées iQxquelles plusieurs observateurs ont déjà fait jouer un grand rôle dans la palhogénie des fièvres palustres.

En 1882, Marchand (i) a également trouvé des microbes dans le sang de malades atteints de fièvres palustres ; certains d'entre eux ont, comme ceux de M. Laveran, la forme de Ulonnets allongés, légèrement renflés à leurs extrémités et mobiles, mais leur largeur est beaucoup moindre; d'autres sont constitués par des micrococcus accouplés deux à deux ; Ziehl (2) a aussi décrit des bâtonnets trouvés dans les mêmes circonstances, mais il les a observés sur des pièces desséchées à la fi^mme; il ne s'agissait peut-être que de produits artificiels. ^M voit en somme que cette question est à l'étude et que les fûts acquis permettent d'en espérer la solution prochaine.

33* Agent infectieux de la tuberculose. — A. Robert Koch parait ivoir démontré en 1882 l'existence d'un microbe de la tubercuiose; mais, depuis plusieurs années déjà, l'expérimentation avait

1) Marchand, Kûrze Bemerkung. xur AetioL d. Malaria i^Vtrch» Arch,,

txxxvm).

2) Ziehl, Einige Beobaiht, ûberUem Boàitm MalaHae (/?. med, Wocheîuc,

Ittî).

212 ÉTIOLOGIB.

établi que les produits tuberculeux sont inoculables, et Toi pouvait par conséquent y arflrmer Texistence d*une substance organisée, capable de se multiplier dans Torganisme. C'est â Villemin (1) que revient Tbonneur d'avoir mis ce fait en évidence : dans une communication Taite à TAcadémie de médecine, le 3 décembre 1865, cet éminent pathologiste annonçai! qu*il avait réussi à inoculer chez des lapins de la matière tuberculeuse ; il en avait introduit une parcelle sous les téguments de la base de l'oreille, et quinze jours après il avait trouvé des tubercules dans beaucoup d'organes.

Ces expériences ont été depuis lors fréquemment renouvelées, et ceux qui les ont répétées ont reconnu, à peu d'exception' près, que l'inoculation de produits tuberculeux donne lieu à la production de granulations et de nodules disséminés. Noos citerons particulièrement celles de MM. Hérard et Gomil (i . Lebert (3), Roustan (4), Chauveau (5) et Parrot (6) en France, àe MM. Waldenburg (7), Bernhardt (8), Klebs (9) ei Gerlach (to). en Allemagne, de MM. John Simon (11), Andrew Clark (12) d Wilson Fox (13) en Angleterre; tout récemment MM. Dieulafuv etKrishabér (14), ont confirmé, par de remarquables expérieDces sur des singes, les faits annoncés par Villemin : sur U* singes inoculés avec le tubercule de l'homme, 12 sont morb tuberculeux ; sur 24 singes non inoculés, mais ayant vécu en pro miscuité avec les singes inoculés, 5 sont morts tuberculeux; sur 10 singes inoculés avec du pus phlegmoneux, un seul est mon tuberculeux ; sur 28 singes tenus éloignés de toute cause de cod-

(1) ViUemin» Causes ti nature de la tuberculose {Bulletin de r Académie 'i* médecine, Paris, 1866, t.XXXlI, p. 15?, 897). — Etudes sur la tut^ercut-^sr Paris, 1868. i

(2) Hérard et Cornil, Société de biologie. 1868. i

(3) Lebert, Inoculation des tubercules {Bulletin de VAcad. de médecàf' Paris, 1866-67, t. XXXII, p. 119). '

(4) Roustan, Thèse de Paris, 1877. I

(5) Chaufeau, Gazette hebdomadaire, 1872. |

(6) Parrot, Société des hôpitaux, 1869.

(7) Waldenburg, Allgem. med, Zeit, 1867.

(8) Berohardt, Deutsches Archiv f. Klin, Medicin, 1869.

(9) Klebs, Veber die Enstehung der Tuberculose {Virchow's Archiv, tit»

(10) Gerlacli,{/e6«r</t> Impfbarkeit des Tuberculose {Virchow*s Archiv, W^^

(11) J. Simon, Med, Times and Gazette. 1867.

(12) A. Clark, Med, Times and Gazette, 1867.

(13) W. Fox, Lancet, 1868.

(U) Dieulafoy et Krishaber, BulL de l'Académie de méd. 1881 et I8S1

Umination, an seul est mort tuberculeux. Les auteurs concluent: i* que la tuberculose de Thomme est esseotiellement transmissible au singe par Tinoculation ; 2^ que la tuberculose est contagieuse de singe à singe par cohabitation.

Ghauveau (I) et, après lui, Pauli et d'autres expérimentateurs [)nt reconnu que la tuberculose peut se transmettre par les voies digestives et que Ton peut amener, chez des animaux, le développement de cette maladie en leur faisant ingérer des produits tuberculeux.

Parmi les expériences d'inoculation, nous devons mentionner tout particulièrement celles qu'a pratiquées Cohnheim dans la chambre antérieure de Tœil, car elles sont tout à fait démonstratives : Tintroduction, au-dessous de la cornée, d un fragment de substance tuberculeuse provoque d^abord une légère kératite; au bout de quelquesjours, la membrane est ndevenue transparente et l'on voit nettement le fragment implanté au devant de la capsule du cristallin ; pendant plus de deux >emaines, il ne se produit rien d'appréciable ; mais au bout de ^Qgt à trente jours la scène change, on voit apparaître à la surface de l'iris des granulations grisâtres qui se multiplient rapidement en même temps qu'elles augmentent de volume; l'iris r(>ugit et, dans certains cas, il se produit une kératite grave ; d'aatres fois les choses restent en l'état; les granulations persistent JQsqu*à la mort de l'animal.

Tappeiner a montré que l'on peut rendre des chiens tuber- ('uleux en pulvérisant dans leur niche des crachats de phthi- «ques.

l^ doctrine de Yillemin n'a pas été sans soulever de vives <^<^ntradictions. Les expérimentateurs qui n'ont obtenu que des ^^ultats négatifs sont en trop petit nombre pour que leur opinion entre en ligne de compte, mais il est une série de faits ^ui méritent au contraire au plus haut degré l'attention. Dès 'K7, Lebert et Wyss (2) annonçaient qu'ils avaient amené le ^Heloppement de granulations tout à fait semblables à celles ^^ la tuberculose en introduisant sous la peau d'un animal des

1^ Cbaoveao, Tuberculoêe expérimentalement produite par l'ingestion de ^afim tubereuieufe {Gai, méd, de Lyon, 1S68).

2! Ub«n et WysB, Beiirâge zur expérimentai Pathologie der heerdartigen ^'^^hneàenen^disêeminirten Lungen Entzùndung (Virchow's Àrchiv, 1867).

2H ÉTI0L06IE.

parcelles de matière purulente ou cancéreuse ou de poumon enflammé. Burdon Sanderson, Colin, Empis, Cobnheim, dans une première série d'expériences, Wuldenboui^ et Meizquer, sont arrivés aux mêmes résultats ; il est vrai que Cohnheim a depuis déclaré que-ses expériences, faites au milieu d*animaux tuberculeux, n'avaient pas la signification qu*il leur avait d*abord attribuée; mais il n*en est pas moins démontré que Ton peut obtenir par rinoculation de produits étrangers â la tuberculose, etmême de substances tout à fait inertes (Brown-Sequard), la genèse de granulations identiques, par leurs caractères anatomiques, à celles de la tuberculose. Ces faits semblaient ôter toute valeor aux expériences de Yillemin : on doit à M. Hippolyte Martin M) d'avoir démontré, par des rechercbes remarquablement bien conduites, que les granulations engendrées par les produits non tuberculeux et les corps inertes ou irritants, tels que les poa* dres de lycopode, de poivre rouge et de cantharides, diflèreot par leur nature des granulations tuberculeuses, malgré leur identité d'aspect et de structure ; il a établi en effet que celles-ci sont à un baut degré inoculables en série, tandis que celles-là ne le sont pas ; il a montré de plus que la granulation non tuberculeuse reste locale et ne se généralise jamais. Si Ton inocule la granulation développée par l'introduction sous la peau de corps inertes ou d'un produit inflammatoire^ cette inoculation reste souvent stérile et si elle produit de nouveau des granulations locales, celles-ci, dès le deuxième ou le troisième terme de la série, cessent d'être inoculables; les granulations tuberculeuses au contraire se généralisent et peuvent être inoculées indéfiniment ; peut-être même le virus tuberculeux acquierl-il une intensité croissante quand on l'inocule en séries à des animaux de la même espèce. « Il y a donc lieu de décrire un tubercule infectant, tubercule légitime, et un tubercule non infectant non généralisable (2). »

M. Toussaint admet également que la tuberculose vraie se reproduit en séries indéfinies, el qu'elle augmente méin^ d'énergie avec le nombre des inoculations.

(i) H. Martin, Recherches ûtiatomo-pathologiques et ejpérimentales shtU tubercule. Thèse de Paris, 1879. — Recfurches sur les propriétés infedituto de tubercule- {Arch. de physiologie, 1881, p. 49 et 273).

\7) H. Martin, toc, cit.

D. Ces expériences démontraient le caractère spéciflque et infectieux delà tuberculose: elles ne prouvaient passa nature parasitaire; elle laissaient en présence deux hypothèses, celle d*un contage animé parasitaire, et celle d'un contage engendré par l'organisme lui-même dans certaines conditions; la première était de beaucoup la plus vraisemblable ; pour en établir scientifiquement la réalité, il fallait découvrir le parasite, le cultiver cl reproduire la maladie par Tinoculalion du produit de culturc; plusieurs pathologistes allemands, MM. Klebs, Aufrecht et Koch, croient y être arrivés. Les observations et les expériences de ce dernier, répétées avec les mêmes résultats par d'autres pathologistes, ont entraîné la conviction générale.

Cet auteur en effet a établi que Ton peut trouver constamment^ dms les produits tuberculeux^ un parasite spécial, que ce parasite jyuf être cultivé et que Pinoculalion du produit de culture engendi e U tuberculose (I).

Pour constater l'existence du parasite il est nécessaire de rer^urir à des artifices de préparation. Kocb place dans une sc'liilion alcoolique de bleu de méthylène un fragment très mince de produit tuberculeux préalablement séché, Ty laisse vingt-quatre heures, puis le porte pendant une ou deux minutes d^ns une solution concentrée de vésuvine (brun d'aniline ou de Bismarck). La vésuvine déplace la couleur bleue de tous les éléments, à l'exception des bacilles qui se détachent ainsi netteoient sur le fond rouge brun de la préparation, quand on l'<t lavée à l'eau distillée, traitée par l'alcool, éclaircie par Tessence de girofle et montée dans le baume de Canada. Ces bacilles sont, d'après Koch, avec ceux de la lèpre, les seuls cléments qui se comportent ainsi.

Ehrlich (2) a modifié de la manière suivante le procédé de Koch : la préparation est chauffée pendant quelques minutes à iio* pour en coaguler l'albumine^ puis placée dans de Teau saturée d'huile d'aniline, où elle se colore d'une manière intense ; on la traite ensuite par un mélange d'acide nitrique a^ec deux parties d'eau ; au bout de peu de temps, elle est

I' R. Kocb, Ueàer Tuberculose {Arch. f, ànat. und Physiologie, p. 100,

(} Ehriicb, Deutsche medic, Wochens. 1883. — Du Casai et Zuber, Le ffivrobe de la tuberculose (Revue des sciences médicales, I8S3 .

216 ÉTIOLOOIK.

devenue pftie et les bacilles seuls gardent la coloration bleue.

Ces bacilles sont très grêles; leur longueur varie du quart à la moitié d'un globule rouge, rarement elle atteint le diamètn de cet élément. Ils peuvent contenir des spores sous foroiede granulations sphériques réfractant fortement la lumière.

Kocb a trouvé les bacilles dans des tubercules du poumon,

de l'inlestin, du foie, de la rate, des reins et de la pic-mère, dum des arlbrites fongueuses, et plusieurs fois, mais non consUmmeni, dans des ganglions scrofuleuz ; ses observations ont élt confirmées par la plupart des auteurs qui se sont occupes àe !i question et particuliëremenl par MM. Cornîl et Babès (I). Spim. de Vienne, a nié la présence du parasite dans les granulaliom des séreuses: MM. Comil et Babès ont constaté au contrairr qu'elle y est presque constante.

On trouve des bacilles dans le coagulum flbrineux qui oblilèn le vaisseau situé ordinairement au centre de la granulalion tuberculeuse; on les rencontre également dans les parois de$

(I) Cornll et Bibèi, Bulletin de r Académie de midecinr, arril et uki ItSI-

I') A, btcMlM en bâtonnets rormdi de petiti gnini boal fc bout. — a, »tf\> mfntlon dei poret et bitonneti prjienlant la même dlipMÏUoa que \f ■a'cine» de l'eatomac. — e, mucui et cellule» des cracbali.

\'') e, grande cellule contenant det bacille*. — b, bacille pigmentée coeWuaiii iQMi dei bacille». — a, bacille libre.

AISBNTS INFECTIEUX. 217

aisseaus et h leur Toisinage ; it en est de même pour les granuilioDS pleurales. Dans la pleurésie chronique tuberculeuse, le arastte existe dans le liquide caséeux. Dans les tubercules des luqiierises, on trouve des bacilles entre les cellules épilhéliales, ans [es espaces considérés par Hanvier comme des voies lyrohitiques ; on en rencontre éga- 'inenl dans les coagula intraisculaires, dans les cellules mbryonnaires des tubercules et ans les cellules géantes. MM.

omil et Babès les ont observés ans les diETérentes formes de iherculose pulmonaire; ils sont es abondants dans le liquide

■'-cavernes /flB 74V on les voit *''g "«-CeUulegi^ntodansuniutdvernes t,ng. li) , on tes vui* i,„cul8 bacilles (Cornii ot B«bè8, n'mdans les tubercules des gan- Joum. deVanai. 1S83). i\vm, de la rate et des reins ; ils

Mnqnenl souvent dans les masses caséeuses, mais on les reruuYe dans leurs parois.

On en a aussi constaté la présence dans l'urine de malades itleinlï de lésions tuberculeuses de l'appareil urinaire, et dans c pus de la carie vertébrale.

C.Smith (f) ayant Tait respirer un pblhisique à travers un ube fermé par de l'ouatera reconnu dans celte ouate le baille tuberculeux.

Us bacilles se rencnnlrent dans les selles des pbtbisiques qui >nt la diarrhée; ils manquent toujours dans celles des sujets iiinsi'Giacomi).

Leur présence dans les crachats des tuberculeux a été conslalée plusieurs centaines de fois, alors qu'ils manquent cons- 'amment dans les produits de sécrétion des autres alTocliuns pulmonaires ou bronchiques; c'est là un fait d'une grande importance , car il peut ser\'îr au diagnostic de Il phLhisie; MM. Héron (2), Cochez (3), Frœnizel et Bal-

I C. Smith, On the delettion of tht bacilli t>f tubercle in the Brtath of "Wimpiivt paiitnie [Brit. mtd.Joum. IH83). ^ Biion, Anl. mnl. >ourn., p. BOS, 1883. '. Cofliei, De lu reeherehe du bacille de la lubercalose,tlC. {Union midi-

218 ETIOLOGIB.

mer (1), d'Espine (2), G. Sée (3) et Devove (4) Tonl démonlré.

On conçoit que les crachats puissent être un moyen puissant de propagation de la phthisie, d'autant plus que les bacille» présentent une résistance considérable aux causes d'alléraUoQ. MM. Malassez et Yignal ont pu dessécher et mouiller des crachats I : huit fois différentes, et y retrouver au bout de douze jours les

microbes en nombre considérable.

Max SchuUer (5) a provoqué chez les animaux le développement de granulations en leur inoculant en leur faisant inhaler des fragments de lupus réduits en bouillie. Dontrelepont (6) a constaté la présence de bacilles dans sept cas de lupus; ils sort moins nombreux si la maladie a été traitée. MM. Cornil et Leloir (7) n'ont pas obtenu les mômes résultats; ils n'ont trouré que quatre fois sur onze les bacilles dans cette maladie dont U nature tuberculeuse est cependant très vraisemblable (8); d'après H. Martin -(9), les inoculations expérimentales de lupus exécatées jusqu'à ce jour ont donné tout au moins autant de résultats positifs que de résultats négatifs.

C. Les faits que nous venons d'énoncer établissent la présence d'un parasite* spécial dans tous les produits tuberculeux; pour prouver qu'il était la cause même de la maladie, il fallait, avonsnous dit, le cultiver et produire la tuberculose par l'inoculatioD du produit de culture ; c'est ainsi que Davaine a procédé pour la bactéridie charbonneuse ; Koch y est parvenu pour le microbe tuberculeux.

Il a choisi pour milieu de culture le sérum sanguin du bœuf et du mouton recueilli pur dans un tube* de verre et stérilisé par Texposition pendant six jpurs à une température de 58*, puis chauffé à 65^ pendant le temps nécessaire pour le coaguler et

(I) Fraentzel et Balmcr, Ueber TuberkultacWea in den verschiedenen Sts dien derLungen tuherkulose {Berlin, med. VVochens., 1883). (?) D^Espine, Revue de la Suisse romande, 1882. (d) G. Sée, Diagnostic des phihisies douteuses {Bull, de VÂcad. de méd., I8âd

(4) Debove, La Tuberculose parasitaire. Clinique de la Pitié, 1883.

(5) Max Schuller, Exper, und hixtol. Utisters, ueber Enstehung und Titechen der skrophulusen, etc. Stuttgard, 1880.

(6) Doutrelepont, Monatschrift fw praklische Dermatologie. 1881.

(7) Cornil et Leloir, Annale$ de dermatologie. 1883.

^8) E. Besnier, Le lupus et ^on traitement [Annales de dermatologie, 1883 (0) H. MarUn, Ètiologie et nature du lupus {Ann. de dermat., 1883).

* AGENTS INFECTIEUX. n9

> solidifier. Il obtient ainsi une masse gélatinirorme, ambrée et insparente.

Oo transporte sur cette masse une particule de granulation jberculeuse et Ton place le tube dans un appareil àjncubation ù Ton maintient une température de 37^ à 38® ; le développe-* ient du parasite est fort lent ; au bout de huit jours seuieqient n voit les nouvelles bactéries ; vers le dixième jour elles ormenl de petites écailles visibles à Tœil nu; elles continuent à e développer pendant trois ou quatre semaines; elies repré- PDtent alors de petits nodules assez consistants pour que Ton aisse les enlever avec un fll de platine.

On peut, avec ces produits, ensemencer un nouveau sol. Les /p loculalions sur les animaux ont été faites avec ces produits de allures répétées quatre; six ou huit fois, et continuées endant80, 100, el même 178 jours; elles ont donné des réutats constamment positifs à Koch qui les a pratiquées plus le lieux cents fois dans des conditions variées.

La plupart des auteurs qui ont répété les expériences de Koch ont arrivés aux mêmes résultits; la question semble donc évolue. Les conclusions de Koch ont été cependant vivement claquées, notamment, à des points de vues différents, par Klebs t Spiua. Klebs- (1) soutient que les produits tuberculeux renerment d'autres parasites que les bacilli,des micrococus, et que e honteux qui produisent la tuberculose ; il affirme que les baiilts ne se renconlrentpas constamment dans les produits tuberu'eui et qu*on peut les trouver dans les fèces d*hommes sains.

Bien plus, il ne considérait pas au début comme démontré |oe les bacilles fussent des èlres organisés, et il disait qu*il s'afNsait peut-être de cristaux; cette dernière interprétation est oui à fait inacceptable en raison des résultats donnés par les :ultures. La présence du parasite dans les fèces d*hommes sains, ■omme dans tout produit non tuberculeux, est de même contredite par presque tous les observateurs qui ont étudié la ques- ^•uu. Klebs a depuis modifié sa manière devoir, et il reconnaît (existence du bacille, bien qu*avec beaucoup de restrictions relativement à sa signification.

M. Cornil (2) admet dès à présent que les lésions de la tuber-

I, Klete, Arehh fur experim. PaihoL und Pharmahologie, X. XIV. >. Cornil, Bulletin de CAcadémie de médecine. 1883.

220 ËTI0LO6IE.

culose sont aussi manifestement liées aux bacilles que les nodules de la lèpre; ces micro-organismes se propagent par les vaisseaux sanguins et lymphatiques, car on les trouve surlool dans leur cavité et à leur périphérie; s'ils manquent dans les masses caséeuses, c*est qu'ils ont été éliminés ou détruits.

11 n*est qu'un point sur lequel la manière devoir exposée par Klebs nous paraisse susceptible d*ètre soutenue, c'est Texiitence, dans les produits tuberculeux, de microbes autres qaele^ bacilles, et capables de produire la maladie par inoculation.

MM. Malassez et Yignal, dans quatre cas de tuberculose inoculée, n'ont trouvé nulle part debacilles ; les granulations renfe^ maient des masses zoogléiques de forme et de volume variables, constituées par de nombreux micrococus immobiles, très rapprochés les uns des autres et généralenïent d'une extrême lioesse.

MM. Malassez et Yignal ont conclu de ces faits qu'il existe une tuberculose sans bacilles caractérisée par la présence de micrococcus réunis en masses zoogléiques, lesquelles jouent dam les tissus qu'elles infectent le rôle de corps étrangers phlogogènes, et ils ont proposé de la désigner sous le nomde tuberculose zoogléique. Il est aussi d'autres tubercules d'inoculation non bacillaires dans lesquels on ne distingue même pas de zoog'éc très nette; ils semblent dus à la présence de micrococcus de même espèce que ceux des masses zoogléiques, mais qui, au lieu d*ètre groupés en amas, seraient disséminés dans le tisso de la granulation; ce qui le prouve, c'est qu'ils peuvent, par inoculation, engendrer des tubercules franchement zoogléiques. En continuant la série de leurs inoculations, avec ces mêmes produits, ces auteurs ont vu apparaître dans les granulations taberculeuses le bacille de Koch ; ils se demandent si la masse zoogléique et les bacilles ne sont que des états différents d^uo même microbe, ou si le bacille a été introduit accidenlellemeoi dans les produits inoculés. La première hypothèse leur parait lu plus vraisemblable.

Les micrococcus de MM. Malassez et Yignal diffèrent de celui qu'a décrit Klebs sous le nom de monas tuberculosum; ils se rapprochent de ceux qu'ont vu MM. Toussaint et Aufrecht.

(1) Mala^tez et VIgnal, Tuberculose zoogléique {Société de biotoçie eci^ thivet de physiologie t 1883).

MM . Corail e t Babès ont de même rencontré quelquefois au lieu desbacilles,ou à côté d'eux, des grains qui se colorent comme eux.

Nous avons dit qu* Arnold Spina conteste l'exactitude des fails fnoncés par Koch : pour lui les bacilles n*appar tiennent pas en )ropre ila tuberculose (1), on les trouve dans les produits non :uberculeux; Fauteur Viennois n'apporte d'ailleurs aucune preuve à l'appui de ses allégations qui restent isolées. C'est à ortqull considère les bacilles comme manquant dans les graialations des séreuses.

Le bacille de Koch pai-ait avoir été vu avant lui par Aurecbt (2) ; cet histologiste a, en effet, observé, en 1881, dans les [ranulations tuberculeuses, des bâtonnets très grêles dont la ODgueur est double de la largeur ; ils dilTèrent notablement à et égard de ceux de Koch dont la longueur égale cinq fois la argear; peut-être la longueur des bacilles est-elle variable, iaumgarten (3) a décrit presque en même temps que Koch des léments analogues.

M. Grasset (4), dans une lettre adressée à M. Debove qui a idmis comme démontrée la nature parasitaire de la tubercuose (5), conteste l'exactitude de cette interprétation; il ne nie »as Texistence des bacilles de Koch, mais il les considère comme les microzy mas ; ce sontpour lui des élémentsqui se substituent lia cellule comme éléments constitutifs de nos tissus malades itaussi comme éléments vecteurs, véhicules du virus. Cette docrine des mîcrozymas, soutenue depuis longtemps par M. Bé- ^faamp, peut être défendue pour certains contages, pour ceux [ue représentent de fines granulations, mais non pour des élénenls aussi différents de ceux de Torgauisme que le sont les batilles de Koch.

0. D'où vient le bacille tuberculeux? Existe-t-il seulement dans organisme humain ou le trouve-t-on en dehors de lui? Koch iQclioe vers la première hypothèse par cette raison qu'il ne se

i A. Spina, Sludien ueber Tuberculose. Wien, 1883.

2 Aufrecht, Die Aetiologie derjuàercuhse {Central Bl. f. die Med. IVw-

^ Baumiiiartcn, Ceniral Btati, 1882.

(^ Grutet, Lettre à M, Debove (Semaine médicale, 1883). — Uéchamp, M. de tàead. de médecine. 1883. — Les microiymas dans leurs rapports »ec rhéUrogénie, rhùtogénie, Parii, 1883.

S. Debote, loc, dt.

222 ÉTIOLOGIE..

développe qu'à une température comprise entre 30 et 41* et que, dans nos climats, il n*exisle aucun milieu susceptible àé rester à ce degi^ de chaleur pendant le temps nécessaire à l'évolution des bacilles, c'est-à-dire pendant deux semaines; le bacille tuberculeux ne pourrait donc se développer f ue dans Torganisme;

Sa localisation habituelle dans les poumons montre qu'ù pénètre le plus souvent par les voies respiratoires ; mais les faits de tuberculose initiale de Tititeslin et du péritoine prouîest qu'il peut également être ingéré par les voies digestives ; il ne 'paraît être que très rarement introduit par inoculation.

E. La découverte deKoch a une importance considérable, or elle vient fournir la démonstration positive de Topinioa qui considère la tuberculose comme infectieuse et parasitaire, opinion que soutenait Bouchard (i) dès 1880 en disant que celle maladie év^lup^ se localise et se généralise à la façon des malaûts infectieuses. On s'explique ainsi sa fréquence qui est extrême puisqu'elle entre pour un cinquième dans les causes qui amènent la mort ; on s'explique sa contagiosité qui paraît biea établie, quoique, M. Bouchardat (2) l'a montré récemment en invoquant la faible proportion de sujets atteints parmi ceux quj soignent les phlhisiques, elle ne doive pas être considérée comme fréquente ;iM. Mnsgrave-Clay a pu cependant réunir 111 faits dans lesquels elle semble s'être produite; M. Qebove en a rapporté de remarquables exeipples dans ses leçons cliniques; il fautli vie en commun, dans un espace confiné, pour qu'elle ait lieu.N la plupart des sujets résistent, bien qu'ils vivent au milieu àt produits tuberculeux, c'est que la phlhisie n'atteint que ceux qui sont mis en. état de réceptivité par des privations, par le séjour dans un milieu confiné ou dans un logement humide, pari^^ excès génitaux, par un travail exagéré, par une maladie antérieure telle que la fièvre typhoïde, la scrofule, ou le diabèle, ou enfin par une prédisposition héréditaire indéterminée.

34. Contage de la morve, -r Le microbe de la morve se présente sous la forme de bâtonnets très analogues à ceux de la tuberculose, mais ne réagissant pas de la même manière sous

(1] Ch. Boucbard, Sur les maladies infectieuses (Revue de médecine. ]l^|; (2) Bouchardat, Sur la genèse du parasite de ta tuberculose {Biilktin ée VAcad. de méd, 1883^.

AGENTS INFECnBUX. 2*23

'influence des réactifs colorants. MM. Bouchard, Gapitan et Charria (i) Tont soumis à des cultures successives et ont inoculé â maladie à deux ânes avec le produit de la huitième culture; 'un de ces animaux est mort le neuvième jour, fautre le quintième. On trouva des nodosités chez celui-là dans les poumons (t aux parties génitales, chez celui-ci à l'entrée des voies respiiloires et digestives. On a obtenu des résultats analogues sur e cobaye avec le produit de culture de la morve humaine.

Loeffler et Schûtz ont étudié, cultivé et inoculé à peu près en Dème temps que MM. Bouchard, Capilan et Gharrin cet agent ofeclieux (2). Ils ont d*abord constaté la présence de bacilles malogues àceux de la tuberculose dans des préparations de pou* noD, de rate, de foie et de cloison nasale colorées avec une so* ialion concentrée de méthyle, traitées ensuite par Tacide acéti^ |ue, lavées à Talcool et trempées dans l'huile de cèdre. Puis ils iesonl cultivés en prenant pour milieu le sérum des animaux qui offrent la plus grande réceptivité pour ce contage, le cheval et le mouton. Après avoir obtenu au bout d'un mois quatre gêné* rdlions successives, ils ont inoculé le produit de la dernière à on cheval dans la pituitaire et entre les épaules ; au bout de quarante-huit heures, Tanimal avait la fièvre, des ulcérations se uunirestaient aux points d'inoculation, et au bout de huit jours tous les symptômes de la morve s'étaient développés; en pratiquant l'autopsie six semaines après, on a trouvé dans des nodosités de nouvelle formation des bacilles identiques à ceux qui avaient été inoculés. Cultivés à leur tour, ces microbes ont pu êire inoculés avec succès à des cochons d'inde et à plusieurs lapins. Lœfflei' et Schûtz ont également obtenu des résultats positif» en inoculant à deux chevaux les microbes provenant d'un cheval morveux et soumis à huit cultures successives. Ces différeots faits démontrent que la morve est due, comme le charbon à l'invasion de l'organisme par un micro-parasite spécial.

33. Contage de là lèpre. — Cette maladie, qui ne paraît plus susceptible de se transmettre par contagion dans nos climats, semble l'être encore dans les pays où elle est restée endémique,

I ) Boacbtfd, Capiun et Gharrin, Note sur la euliure du microbe de la morve '( ntr (o tran$mU%ion de la maladie à taide des liquides de culture ifiai.

.2 Loffler und ScbQU, Deutsche med, Wochens,, 1882.

224 ÉTIOLOGIB.

6t particulièrement en Norwège. Des recherches récentes permettent d'admettre qu'elle est due au développement dans l'organisme d'un microbe spécial.

L'élément que Ton considère comme tel a été sig;nalé pour la première fois en 1868 par Hansen (1) ; il a été vu et décrit depuis par Ëklund (2), Neisser (3). Danielssen, E. Gaucher (4 , et tout récemment par le professeur Gornil (5) qui a présenté à la Société des hôpitaux des préparations tout à fait démonstratives.

Il est incontestable que toutes les lésions lépreuses, qu elles occupent la peau, les muqueuses, le testicule, la rate, le foie. les ganglions, les cartilages ou les nerfs, renferment en qoaniiu des micrococcus et des bacilles mesurant de 4 p. à 6 (& de longueur sur 1 {ji de largeur, isolés ou articulés en chaineltes ai nombre de deux ou trois. Ces bacilles peuvent renfermer des spores; ils sont tantôt renflés à une de leurs extrémités, tantôt amincis aux deux, et mobiles autour de leur axe ; qaelques-nm présentent des espaces clairs, non colorés (fig. 77); on voit

Fig. 77. — Bacilles de la lèpre, d'après Neisser \*),

aussi, d'après Gornil, des bâtonnets volumineux. Gaucher lesi également trouvés dans le sang, mais en quantité moindre ; i> a pu les cultiver et constater qu'ils se reproduisent toujoun sous les mômes formes; il y a un rapport constant entre l'aboDdance des microbes et le degré des lésions. On n'a pu jusqu'ici communiquer la maladie aux animaux

(1) Hansen, Farelœbige Bidrag tU spedalsk. Hedem KarakterisUck Sorimcd. Arkiv. 1874).

(2) Ekland, Àm Sptelska. 1880.

(3) Neisser, BeitrOge zur Aeliohgie der lepra (BraL aertzi. ZeiU. IStd*

(4) E. Gaucher^ Bactérits de la lèpre {Soc. de biologie. 1881). (o) Gornil, Soc. médicale des hôpitaux, 1881.

(*) A, bacilles. — B, les mêmes avec formation d*espaces translucides. - C, ceUuIes de boutons lépreux avec bacilles.

)ar l'inoculation du produit de culture, mais comment s'en (tonner quand, dans nos climats, Thomme lui-même parait lui lire réfractaire ? '

Les tubercules lépreux sont remplis de bacilles; il en est de onôme des grandes cellules qui infiltrent les tissus malades ; les vaisseaux sont remplis d'infarctus bactériens. Dans la plupart les tissus fibreux , les bacilles poussent de longs filaments Ian9 les interstices des fibres. L'épiderme reste constamment odemne et forme une barrière à la diffusion ultérieure du paasite (Gomil).

36^ Agents infectieux de la syphilis. — La syphilis se transmet ixclasivement par inoculation. On trouve, dans ses néoplasmes, les coccus assez volumineux et généralement unis deux à deux ; Use colorent vivement par la fuchsine (Aufrecht) (i).

Rlebs a obtenu, par la culture sur de la colle de poisson d'un liquide provenant d'un chancre huntérien récemment extirpé, e développement d'un gazon de champignons formés de bàtontets d'abord mobiles , ayant l'aspect d'ovales allongés et fréloemment entre-croisés. Birch-Hirschfeld (1882) (2) a trouvé de nême dans les gommes et les condylomes des micrococcus et des l)itonnets en amas ou contenus isolément dans les cellules. 11 coosidère les bâtonnets comme constitués par plusieurs cellules réoDies. Les coceiu sont plus petits dans les lésions anciennes lue dans le chancre et les plaques muqueuses.

Oo n'observe la maladie que chez l'homme, et les essais de ransmission aux animaux sont généralement restés infructueux. Uebs (3) a réussi cependant à l'inoculer au singe. Le 29 dé- ^rnbre 1877, ce pathologiste introduit dans la peau d'une Saenon des fragments d'un chancre induré récemment enlevô. tl ne se produit rien au point d'inoculation ; les ganglions voi- ÛDs se tuméfient légèrement. Au bout de six semaines, il survient de la fièvre, puis l'on voit apparaître à la face, à la tète et an cou un nombre considérable de saillies papuleuses, dures, plates, d'une couleur brune, rougeàtre,et mesurant de 2 à 3 mil-

H] Aufrecht, Sy^iiitmikrokokken {Centrai BL f, d. med. Wis. 1881).

'}) Birch-Hirtchreld, Bactérien in Syphiiit Neubild. (Central Blatt /. d, f^ Wiuense., 1882).

i3) Klebi, Ueber Syphilis Impfung àei Tkieren(Prag, med. Wochensch, 1878). " Dai Contagium der SypHUis^eine experiment,Studie (Arch, f, exper, Path, wd Pharmakologie, 1879).

HuxortAU. — PaUiologie générale. 15

226 ËTIOLOGIB.

limètres de diamètre ; quelques jours après, Tépiderme est soulevé à leur niveau par une petite quantité de liguide séreux qui se dessèche aussitôt. Kanimal meurt le 18 mai. On consUle à l'autopsie, dans les points où Téruption s*est faite et dans les os du crâne, des lésions identiques à celles de la syphilis ; ce sont des dépressions irradiées, formées de tissu de cicatrice; ûq trouve en même temps sous la plèvre et dans les reins des nodosités gélatiniformes, sans matière caséeuse ; elles sont ideoliques aux néoplasies de la syphilis récente.

Klebs a cultivé le microbe contenu dans ces tissus, et il a tq se développer, au bout de peu de jours, des champignons formés de bâtonnets semblables à ceux qui ont été décrits plus haut; ils se multiplient par division transverse et longitudinale ; à une période plus avancée, on les voit s'enrouler en spirales; Klebs les appelle hélico-monades.

Deux ans auparavant, le 8 juillet 1875, le môme auteur avait inoculé, également à une guenon, les champignons produits par la culture d'un chancre induré, et il avait vu se produire, ao milieu d'août, des saillies circonscrites dans la bouche, sur les gencives et sur la langue ; ces saillies s*étaient ulcérées et avaient pris l'aspect de lésions syphilitiques. A l'autopsie Klebs troava des dépôts caséeux composés de nombreuses cellules fusîformes et de bâtonnets analogues à ceux qui avaient été inoculés; il y avait également des foyers caséeux dans le poumon et les reins ; la présence de cellules fusiformes montrait qu'il ne s'agissait pas de tumeurs tuberculeuses. Néanmoins ces expériences ne sont pas considérées par l'auteur lui-même comme tout à fait probantes, et il ne faudra admettre comme démontrée la théorie parasitaire que le jour où de nouveaux faits seront venus confirmer les résultats qu'il a obtenus. Nous ne pouvons considérer comme tels les expériences récentes dans lesquelles MM. Marlineau et Hamonci (1) paraissent avoir réussi à provoquer chez un jeune porc les accidents de la syphilis en lui inoculant un liquide dans lequel avait séjourné pendant 24 heures un chancre induré ; la dilution n'est pas une culture.

(1) Alartineau, Bulletin de l'Académie de médecine, 1882.

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