DE L'HÉMORRHAGIB ARTICLE !•'.. — PATHOGÉNIE
Le sang normalement contenu dans le système vasculaire peut en sortir pour s^écouler au dehors ou sMnfiltrer dans les tissus quand les parois des vaisseaux deviennent le siège d*ane rupture ou quand une modification de nature encore indéterminée les rend perméables pour les globules rouges comme elles le sont pour les globules blancs dans l'inflammalioD : on dit dans ce dernier cas qu'il y a diapédèse. La réalité de ce mécanisme, considéré longtemps comme inadmissible en raison de la continuité de la paroi, n^est plus révoquée en doute depuis que Tissue des globules a pu être directement constatée d'abord par A. Waller, puis par Cohnheim. Si Ton, observe la membrane interdigitale d'une grenouille chez laquelle on a lié la veine fémorale correspondante, on voit bientôt les globules rouges fuire saillie à la surface des capillaires et des veinules et passer dans le tissu interstitiel ; le phénomène est plus prononcé si Ton a préalablement sectionné le sciatique (Zielonko) (1).
On pourrait contester cependant qu'il s'agisse là de véritables hémorrhagies, car le sang dans ces conditions ne sort pas en nature des vaisseaux; le liquide extravasé diffère du plasma, et les globules rouges n'y sont pas dans les mêmes proportions qu'à l'état normal ; mais cette distinction ne peut être admise en pratique, car, pour un certain nombre d'hémorrhagies, on ne peut dire avec certitude s'il y a eu hémorrhagie ou diapédèse; en réalité l'issue des globules rouges suffit à caractériser Thémorrhagie ; elle la distingue des exsudats simplement colorés par l'hémoglobine (hémoglobinurie).
(1) Zielonko, VirchMv's Archiv, LVII.
H ALLOPiAU. ~ Pathologie générale. iO
Les conditions dans lesquelles se fait la migration des globules rouges à travers la paroi ne sont que très imparfaitement connues ; comme pour les globules blancs, on pense que leslieui de passage sont les espaces intercellulaires; la matière unissante, l'espèce de ciment qui les remplit semble, dans certaine^ circonstances, devenir perméable aux éléments cellulaires (1 Arnold a constaté que, sous Tinfluence de la stase et de la distension de la paroi, ils s*entr'ouvrent (Qg. 78 et 79). Ce phéDomène présente avec celui de la migration inflammatoire celle différence que les globules rouges n*y jouent qu'un rôle purement passif et traversent la paroi comme des corps inertes, tandis que dans Tinflammation les globules blancs sont actifs (p. 236,.
Les hémorrbagies peuvent' résulter directement d*un traumatisme; d'autres fois elles sont provoquées ou favorisées ;>ar l'abaissement de la pression extérieure.
L*application de ventouses sèches provoque des hémorrhagies cutanées et sous-cutanées, quelquefois même intra-musculaires ; le sang afflue dans les parties où la tension est abaisser par suite de la diminution de la pression atmosphérique, et son reflux est entravé par la pression qu*exerce le rebord de la ventouse ; il en résulte un excès de tension et Tissue du sans.
Dans les ascensions en montagne et en ballon, quand ou arrive à une hauteur considérable, il se fait des hémorrbagies par les lèvres, les gencives, la conjonctive et le pharynx.
V augmentation de la pression intravasculatre intervient souvent dans la production des hémorrbagies. On attribue à cette cause leur fréquence dans la néphrite interstitielle et dan» Tartério-sclérose généralisée. Les obstacles à la circulaiioQ veineuse y prédisposent et peuvent même suffire à les provoquer. On sait en effet que la thrombose de la veine porte donne lieu à des hémorrbagies intestinales, et Ton a constaté de? ecchymoses dans le tissu de Tencéphale chez les sujets morb d'une thrombose des sinus.
La stase veineuse dans l'attaque épileptique amène l'apparition d'ecchymoses sur le cou et la poitrine. La congestion des poumons dans les maladies du cœur peut donner lieu à des hémoptysies.
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