‹ Traité élémentaire de pathologie générale; comprenant la pathogénie et la physiologie pathologiqueChapitre 74 sur 198 · DE L'HÉMORRHAGIE · texte numérisé non relu

DE L'HÉMORRHAGIE

Les congestions actives sont comptées également parmi les causes possibles d*bémorrhagies ; il en est ainsi de celles qui se produisent dans les poumons en remplacement des règles. L'in* flammalion peut être de môme hémorrbagipare ; c'est ainsi qu*il n*est pas rare de voir les urines sanguinolentes au début d*une néphrite aiguG.

Souvent enfin les bémorrhagies sont causées par une altération de la paroi vaseulaire; cette altération peut être la conséquence d'une maladie aîguG ou cbronique de Tartère, telle que Tathérome, Tendartérite ou la périartérite. MM. Gbarcot et Bouchard (i) ont démontré que la cause prochaine de Tbémorrhagie cérébrale est la formation sur une artériole d*un anévrysme miliaire qui s'ouvre par usure de la paroi ou sous Tinfluence d'une congestion active.

La paroi peut également s'altérer par le fait d'une intoxication, d'une maladie générale ou d'un trouble local de la circulation. Cobnbeim a montré que la tunique interne souiFre dans sa nutrition cbaque fois qu'elle n'est pas en rapport avec un sang doué de ses qualités normales. Si l'on applique une ligature à la base de la langue d'une grenouille et si on Tenlève au bout de deux ou trois jours, on peut constater qu'au moment où la circulation se rétablit il se^fait une eztravasalion de globules rouges et de globiiles blancs qui dénote une altération delà paroi, bien que celle-ci ne présente aucun cbangement appréciable dans sa constitutibn pbysique. Un obstacle à la circulation a donc suffi pour amener cette altération et presque une hémorrhagie ; c'est ainsi qu'il faut, selon toute apparence, expliquer les suffusions sanguines qu'entraînent les oblitérations vasculaires, qu'elles portent survies troncs ou sur les aitérioles, sur leurs fines divisions ou sur les capillaires.

Nous verrons plus loin, en étudiant l'infarctus, qu'il est constamment bémorrhagique; on a vu des embolies graisseuses, d origine traumatique, donner lieu à des bémorrhagies pulmonaires ; tes bémorrhagies delà leucémie s'expliquent par l'accumulation de globules blancs dans les ^vaisseaux qui deviennent ainsi imperméables au courant sanguin (OUivier et Ranvier) (2).

(I) Charcoi et Bouchard, Arch, de physiologie. 18C8. ~ H.Llottville, Gax. des Adpttottx. 1813.

(}j OUîTier et Ranvier, Arch, de physiologie. 1869.

Les hémorrhagies multiples de certaines septicémies et celles de la yariole ont pu être rapportées à l'obstruction des capillaires par des amas de micrococcus (i).

Il ne faudrait pas cependant étendre cette explication à tontes les hémorrhagies qui se produisent dans les maladie» infectieuses. Lit ten etRecklinghausen (2)onten pareil cas chercha vainement les champignons. On peut alors invoquer, pour s'en rendre compte, un trouble de Tinneryation. Il est incontestable en effet qu'il y a des hémorrhagies d'origine nerveuse; le? sueurs de sang (3) en fournissent uH bel exemple; dans le zona, affection liée manifestement à un trouble de l'innervation trophique, le liquide des vésicules est quelquefois hémorrbagique ; dans la péliose rhumatismale, on voit simultanément des nodosités congestives et des taches purpuriques; les unes et les autres ne peuvent guère s'expliquer que par un trouble de l'innervation vaso-motrice. On attribue avec vraisemblance une origine semblable aux pétéchies du typhus. Ajoutons que les lésions de l'encéphale donnent lieu souvent à des hémorrhagies viscérales; Brown-Sequard l'a constaté par l'expérimentation; Gharcot et Vulpian l'ont observé chez l'homme.

Il faut admettre enOn une classe d'hémorrhagies toxiques. On doit considérer comme telles celles qui surviennent dans l'empoisonnement par le venin des serpents et celles que provoquent chez les sujets prédisposés l'usage de Tiodure de potassium (4) et l'ingestion du phosphore.

Peut-être faut-il rapporter à la môme cause une partie des hémorrhagies qui se produisent dans les maladies infectieuses et particulièrement dans la fièvre jaune, le typhus, cerlaines scarlatines, rougeoles et varioles. On ignore en réalité tout à fait par quel mécanisme elles se produisent, quand elles ne peuvent être expliquées mécaniquement par la présence dans les vaisseaux dlamas de micrococcus.

On a attribué la prédisposition aux hémorrhagies que présentent certains sujets à une fragilité anormale de leurs parois

(1) Weigert, Central Blatt f. die med, Wissen, 1871. — Die Pocken ef/lùrf^cenz und anat, BeitrÛge z. Lehre vonden Pocken. Breslaa, 1874-1879.

(2) Litten, Deutsch, Zeitschr, f, d, klin. Medicin. 1881.

(3) Parrot, De Vhématidrose.

(4) Fournier^ Revue mensuelle de méd.et de chir, 1877. — HtlIopeH, Cont;" tes rendus de la Société de biologie. 1880.

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