‹ Traité élémentaire de pathologie générale; comprenant la pathogénie et la physiologie pathologiqueChapitre 91 sur 198 · ARTICLE II. — ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUES · texte numérisé non relu

ARTICLE II. — ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUES

Yirchow a établi une distinction entre Yatrophie proprement dite et Yaplasie : les éléments sont dans celle-là diminués de volume, dans celle-ci de nombre. L'aplasie s'observe surtoot dans les cas où le développement de l'organe est enrayé ; elle peut-être aussi la conséquence de l'atrophie si cette dernière aboutit à la disparition complète de l'élément.

L'atrophie est fréquemment accompagnée d*une altératioQ du contenu cellulaire consistant en une dégénérescence grais-

(1) Westphal, Uebereine verânderung des Nervus radialii bei Bleilâhmm§' (Âreh. f. Psychiatrie und Nervenkrankheiten, 1874}.

(2) Lancereaux, Traité d'anatomie pathologique, ParU, 1875.

DE L'ATROrOtE.

seusB, pigmenUire ou calcaire. Souvent aussi elle coïncide avec une multiplication des éléments nucléaires.

Elle a été l'objet de recherches intéressantes dans les nerfs et dans les muscles. Si l'on examine le bout périphérique d'un

ru. 91 (•).

Fig. 9:n.

rig. 93 rr

lerT dont ou vient de pratiquer la section, on reconnaît bieni>\- que les noyaux situés à la face interne de la gaine de Hwann se tuméQent, se divisent et s'entourent d'un protoplasma aoement granuleux. La gaine de myéline se fragmente :d forme de petites masses arrondies; on voit apparaître de

.*) le. élimeoU de* racine* motricei tu nimn dei eomei intérieures de ■ DMlle. Le C7llndre-»B ait inTisible. Li membrane limitante eit chargea '' EnnaliUone et de tdilculei graiiteaiet. — f, myflocysie k l'état normal.

"( 1> 1, 1, ti S. labea nerreni provenant des racines antérieares des paires «tiicalcs atropbi^ea. — S, tube narreni pria sur 1s nerT médian avec la mem- 'ine lioitaaie pliss&B d'une maniera très sensible.

r'f I, k, I, grand sjmpslbiqae, proliréraiion fibra-conjanctlTe et graiueuia. * tiiin tbreiu eM composA de faisceaux ondulés 1res élégants (/) ; lout le i°*»P da nierownpe est rempli d« réslcules graiaseuses (m), qoj s'éebappent ■* tubei k la Bokidr* prMsion.

3iO

DBS PROCESSUS MORBIDES.

jeunes cellules que Ranvier (4) rattache à la pToUfération d» éléments préexistants, tandis que Tizzoni (2) et Rnmpf (3J \a considèrent comme des globules blancs migrateurs ; le cylindreaxe se segmente et disparaît en partie ; le tube n'est plus représeuté que par la gaine de Schwann rétractée ou conte- Dant une substance finement granuleuse et par places des fragments de cyïindre-aie (fig. 91, 02 et 93). Ranvier, reconnaissaol aux alléralions initiales ud uractére de suraclivilé formaUiu.

ailmel que l'influence Deneuw régularise la nutrition; si elle vient à être supprimée, l'actinie nutritive prend un caractère désordonné.

L'atrophie des muscles peul fitre simple ou coïncider i^tf des phénomènes d'irritation et de régénération.

Dans le premier cas, l'on con-

stale que les fibres élémentair»

sont très amincies; leur slrii-

lion a disparu; elles sont rem*

plies de granulations gi aisseusâ

et piumentaires; parfois on

tel dtirapbie «Impie avec 4p>i*. . . . i j.,j

.UMQiBM du ti«uinier.Uilei (•). t''^"''» leurprotopiasma p»rUfe

en fragments qui peuTeoI Stre

arrondis et simiilenl des éléments ctiHuiaires.

Si le processus est eu même temps irritatif, les nojaui <i» sarcolemme se multiplient, de nouvelles cellules musculaire» apparaissent dans la gaine, en ni&me temps que le tissu cocneclif inlersLiliel proliféra (Qg. 94) et, dans certains cas, par exemple dans les paralysies iufantiles et pseudo-hfperLnphiques, se surcharge de graisse. Dans l'atrophie du tis^i

(I) Rtiivier, Leçont sur l'histologie du système nerotia, 18TS.

(9) Ti II oui, S» //il patologia ciel tessuto nniiosu. ISTB.

(l) Rumpr, Unters. des phyUaU Institut *. Heùblberg, &.

(*) aa, Hbrat maicnUirei k dlTSn dtgri* d'atrophia avoe maldpliaii» de* Dojiiui. — b6, abrei de tiiiu caajoaetir. GnneUisaïuil JIM dka^u*

tepiiâ-.

Ai-

DES PËGÉNÉRBSCBNGBS. 344

graisspuz, on peut reconnaître la disparition des gouttelettes graisseuses dans les cellules; le tissu perd sa couleur jaunâtre et prend un aspect gélatineux ; les cellules sont de moindres dimensions.

Les atrophies des glandes peuvent se présenter sous des formes diverses : les cellules peuvent être simplement diminuées de volume; leur protoplasma est tantôt sain, tantôt granuleux ou chargé de pigment.

Le rôle de l'atrophie en pathologie est considérable, car, si la partie qui en est le siège est nécessaire au fonctionnement de Torganisme, elle provoque bientôt des troubles graves de la santé. C'est ainsi que, dans les affections cardiaques, Tatrophie du muscle entraine une asystolie persistante, queTatrophiedes cellules du foie dans la cirrhose et liclère grave, que celle des reins dans les cas où ces organes sont atteints de sclérose sont bientôt incompatibles avec la vie.

L atrophie peut être, dans une certaine mesure, réparable si les causes qui Tout provoquée cessent d'agir, mais il faut pour cela que Taltération des éléments n'ait pas dépassé une limite qu'il est difficile de préciser. On voit souvent les atrophies provoquées par le plomb persister indéfiniment, alors môme que toutQ trace d'intoxication a disparu depuis longtemps*

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