ARTICLE II. — DES CONCRÉTIONS CALCULECSES
Les concrétions calculeuses peuvent se former dans la plupai^ des canaux d'excrétion aux dépens des liquides qui les travëd sent; les plus communes sont celles des voies biliaires eiàa voies urinaires; viennent ensuite les calculs salioaires. L?^ composition et leur mode de développement difTèrent as.^ notablement pour qu'il soit nécessaire de les étudier séparément
§ 1 . — Concrétions biliaires (2).
Les concrétions biliaires sont ordinairement formées surtout de cholestérine qui s'accumule autour d'un noyau brun ou boI-
(1) Ch. Bouchard, loc, cit.
(2) Fanconneaii-Dufresne, Traité de t affection calcuteuse du foie. Pi» 1851. ~ Frjricbs, Traité des mal. du foie, 3« édition, Paris, 1877. — £. fe:
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re constitué le plus souvent par un mélange de chaux et de ilépyrrhine, exceptionnellement d'un corps étranger que it recouYiir une craie constituée soit par du carbonate de ux, soit par un mélange de chaux et de cholépyrrhine. a détermination de la cause qui amène la précipitation de holestérine est un des problèmes les plus délicats de la phybgie pathologique ; nous ne pouvons qu'exposer les hyposes les plus vraisemblables, sans formuler une solution itive.
a cholestérine est maintenue en dissolution dans la bile par sels alcalins qu'elle renferme ; on peut concevoir qu'elle se cipite 1» quand ses proportions augmentent, 2^ quand les I de la bile s'altèrent.
a cholestérine parait être formée par le foie, en partie aux eos des graisses d'alimentation, en partie aux dépens des isses de l'organisme dont elle représente un des produits de assimilation; on a trouvé qu'elle était contenue en plus nde quantité dans le sang des veines jugulaires que dans il des autres veines; il s'en produit donc dans l'extrémité halique, sans doute aux dépens de la substance cérébrale. Ses faits conduisent à penser qu'un excès de cholestérine il se former, V quand une trop grande quantité de graisse introduite dans l'organisme, 2^ quand le mouvement de dénmilation des graisses est trop actif, 3*^ quand ces substances sont pas suffisamment brûlées.
^'one autre part, on peut admettre que l'alcalinité de la bile susceptible de diminuer dans certaines conditions ; il semble ^rinflammalion des voies biliaires, et plus particulièrement le de la vésicule, puisse^ en décomposant les sels, avoir ce •nltat et précipiter ainsi la cholestérine. il en est de même des dyscrasies acides qui résultent d'une M)action exagérée des acides organiques ou de leur combus- D insuffisante. M. Bouchard signale aussi la présence de )ux en quantité exagérée dans la bile comme susceptible in^ener la précipitation de la cholestérine et la formation de tculs en s'emparant des acides gras pour donner naissance à
'. mlcle BiLi da Dictionnaire encyclopédique, — Jftccoud, article bilb Nouveau Dictionnaire de médecine et de chv*urgie pratiques, Paris, 1866, ■^« V, et Traité de pathologie.
des savons insolubles et en se combinant avec les acides liaires.
On conçoit enfin que la stagnation de la bile dans la rèsici doive favoriser la formation des calculs ; cette cause peut eip! quer en parlie leur grande fréquence dans le cours et à la sal de la grossesse (1).
Il faut tenir compte aussi des modiGcations que subit la ci trition générale chez la femmeenceinte et de la dyscrasieqni résulte. M. Bouchard admet en effet que la lithiase biliaire développe seulement chez les individus dont la nutniion ralentie, chez ceux qui sont atteints de ce vice nutritif dont l'i des conséquences est d*empècher la destruction des acides, permettre leur accumulation dans Torganisme, de dimlDi Talcalinité des humeurs, de soustraire la chaux aux élémi anatomiques et de la livrer aux liquides d'excrétion ; U devient moins alcaline, les savons et les sels biliaires sont é\ composés par la chaux, et la cholestérine se dépose.
C*est, d*après lui, en retardant la nutrition que la vie sexuelle la femme et la vieillesse causentfréquemment la lithiase biliai.1
A côté des calculs formés de cholestérine, on en trouve sont composés presque exclusivement de matière colorante.
§ 2. — Concrétions nrinaires.
L*urîne conservée dans un vase après son émission laisse déposer des sédiments composés d*abord d'acide urique, poî d'oxalate de chaux et enfin de phosphates calcaires et aounoniaco-magnésiens.
La formation des sédiments uriques est la première en date, elle est le résultai de la fermentation acide qui se produit n|»idément après rémission du liquide; Tacide urique, chassé desi combinaison avec la soude par les acides acétique et lactique, se dépose sous forme de cristaux et de granulations amorphes: en Tabsence môme de fermentation, le phosphate acide de soude décompose les urates pour leur prendre leur base et se transformer en phosphate neutre ; il en résulte un dépôt d*acide urique, car ce corps est insoluble dans l'eau non chauffée ; cetu
(1) HaUopeau, Société clinique. 1880.— H. Huchard, Union médiceUe, H*^
insformation des phosphates acides en phosphates neutres a oulre pour conséquence la précipitation de l'oxalate de aux qui était maintenu en dissolution par le phosphate acide. Au bout d'un laps de temps variable, la fermentation acide t place, sous Tinfluence d'un ferment, à la fermentation alcae; ce ferment est le plus souvent un agent flguré, tantôt une uiacée (Pasteur et van Tieghem) (1), tantôt un bacille qui ut acquérir un grand développement et constituer des chaînes 10 à 20 articles (Bouchard).
L urée se transforme en carbonate d*ammoniaque, et il se me des cristaux de phosphate ammoniaco-magnésien et de osphate de chaux.
t.es mêmes cristaux isolés et combinés constituent la presque alité des calculs urinaires, caries concrétions de cystine et de Qthine ne se rencontrent que très exceptionnellement. Il en pour lesquels les choses se passent le plus souvent comme us le verre à expériences : ce sont les concrétions de phosale ammoniaco-magnésien et de phosphate de chaux ; elles Ht ordinairement le résultat d*une fermentation ammoniacale 'a provoquée la présence de Tun des ferments signalés plus ut ; ils sont d'habitude introduits par le cathétérisme ; Bonard admet aussi que les éléments jeunes des bacilles peuvent, r leurs mouvements propres, s'introduire dans l'urèthre et iiétrer dans la vessie. D*autres fois Turine devient alcaline et UDoniacale sous Tinflucnce d'une maladie générale ou d'un e d'alimentatiou. L'abus des eaux alcalines peut augmenter Icalinité du sang, communiquer celte réaction à l'urine et y uvoquer des dépôts phosphatiques, car les phosphates acides iils sont solubles; de même, dans les cas où la vessie est Qammée, le plasma sanguin alcalin fournit sur les points 1 l'urine arrive à son contact un précipité phosphatique 'njcbard).
Souvent rinQammation est provoquée par la présence de Iruls d'acide urique ; c'est alors à leur surface que se font les puis formés tantôt de phosphate de chaux, tantôt de phosule ammoniaco-magnésien.
tl Pa»i«îur, Comptes rendus de VAcad. des sciences, 1860. — Van Tiegm, Sole sur les ferments ammoniacaux de tunne (Comptes rendus de \caL dei sciences. 18C4).
Les calculs phosphatiques sont donc presque toujours secondaires; on trouve le plus souvent dans leur partie centrale qc noyau urique ou oxalique.
L'origine des gravelles urique et oxalique est beaucoup pltb difficile à déterminer. La présence d'acide urique dans les tube^ urinifères est fréquente chez les nouveau-nés à Tétat d'unie d'ammoniaque ou de soude, et Virchow la considérait comae physiologique.
Parrot a montré que ces concrétions se forment dans les eu de troubles graves de la digestion, lorsque la quantité d^eaui contenue dans Torganisme devient insuffisante. On conçoit qu'elles puissent, en s'éliminant, devenir le point de départ àt calculs ; c'est peut-être une des causes qui rendent si fréquente •chez les enfants la formation de pierres dans la vessie.
La lithiase urique de l'adulte paraît liée à un trouble de U nutrition générale ; elle a d'incontestables rapports étiologiques avec la goutte, et le problème est le même que pour cette maladie. L'abus des aliments azotés et l'insuffisance des combQitions que produit le défaut d'exercice contribuent certainement à la produire.
L'urine concentrée et chargée de phosphates acides dissoot moins bien l'acide urique ; l'excès d'acidité de ce produit démc Hl'après Bouchard, de l'insuffisance des mutations nutritives et:i se trouve ainsi conduit à rattacher encore la gravelle urique aj retard de la nutrition.
L'étiologie delà lithiase oxalique est encore plus obscure; ries ne prouve qu'elle soit due, comme on l'a dit, aune alimentatioD trop riche en acide oxalique; ce corps n'augmente pas dao> l'urine chez les sujets atteints de cette forme de gravelle (Fûrbringer] (1). Elle reconnaît pour cause un trouble de la nutntion ; on l'observe dans les cas où les aliments ne peuTeoi arriver dans l'organisme au terme normal des oxydations.
§ 3. — Concrétions sallvaires.
Nous avons vu qu'il peut se former des concrétions aux dépens <le la salive; on en a rencontré dans les conduits des glandes
(1) Fûrbringer, Deutschet Archiv fur klin, Med. 1874.
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jila sécrètent; ce liquide renferme une proportion considéible de matériaux peu solubles. Waldeyer et Klebs pensent que s micrococcus et les bactéries qui pullulent dans la cavité accale contribuent à les précipiter.