CHAPITRE V
TROUBLES DES FONCTIONS DIGESTIVES ARTICLE Ier. — POLYPHAGIE.
Il va de soi que l'augmentation de l'appétit ne doit pas être considérée comme un trouble morbide, mais bien comme une sensation instinctive toute physiologique, quand elle est provoquée par un besoin Halloprau, ;}<- édition. 34
de réparation, par exemple dans l'inanition ainsi que chez les sujets surmenés, les convalescents de fièvre typhoïde, les diabétiques, les femmes enceintes et ceux qui sont atteints d'une maladie capable d'empêcher l'absorption, comme peuvent le faire la communication de l'intestin avec le côlon et l'oblitération du canal thoracique.
Il n'en est plus de même quand la sensation qui pousse à l'ingestion d'une quantité exagérée d'alimenls est une dépravation de l'instinct provoquée par l'hystérie, la chlorose, l'aliénation mentale ou la présence de vers dans l'intestin; c'est dans ce cas surtout qu'on lui donne le nom de boulimie (1).
Le boulimique ingère souvent des quantités énormes d'alimenls, et il quand il ne peut assouvir sa faim, il devient allotriophage, c'est-àdire qu'il se jette avec avidité sur tous les objets qu'il trouve, quelque répugnants qu'ils soient; la polyphagie se complique alors de pka; le malade éprouve un malaise qui augmente à mesure qu'il resle plus longtemps sans manger ; il exhale ordinairement une odeur fétide, et présente fréquemment des troubles gastriques caractérisés surtout par des éructations et des douleurs dans la région de l'estomac; on trouve chez lui les signes d'une dilatation gastrique. La boulimie entraîne parfois la mort par indigestion ou par entérite.