CHAPITRE X
TROUBLES DES FONCTIONS DE REPRODUCTION CHEZ l'hOMME. ARTICLE Ier. — PRIAPISME.
On appelle ainsi une érection prolongée, souvent douloureuse, et non accompagnée de désirs vénériens. La rigidité peut être générale ou partielle ; nous avons observé un malade chez lequel elle restait limitée au corps caverneux. Ce symptôme est le plus souvent provoqué par une phlegmasie de l'urèthre ou de la vessie; c'est à lui que l'on attribue dans la blennorrhagie le phénomène de la corde. On peut le voir également se produire chez les sujets qui ont absorbé une certaine quantité de cantharides; Ricord pense cependant que
(1) Hallopeau, Itéunion clinique de l'hôpital Saint-Louis, séance du 29 novembre 1888.
(2) E. Besnier et Doyon, Annotations du traité de Kaposi, 1884.
(3) Barthélémy, Congrès international de dermatol. et de syphiligr. Paris, 1889.
G24 T'ROIOBLES FONCTIONNELS (SYMI'TOMKS).
dans ce cas on observe plulôt du salyriasis. Le priapisme compty enfin parmi les symptômes des maladies de la moelle; il semble que les centres spinaux de l'érection reçoivent de l'encéphale une inlluence modératrice et qu'ils entrent plus facilement en activité chaque fois que, par le fait d'une lésion, il se trouvent soustraits à cette action. Fait singulier, ce symptôme peut se produire chez des sujets devenus impuissants : un de nos malades, qui n'a plus, à l'état de veille, que des érections fort incomplètes, en est atteint presque toutes les nuits; il persiste quelque temps après le réveil, mais ni permet pas néanmoins de pratiquer le coït.
ARTICLE II. — SATYRIAS1S.
Ce trouble est caractérisé par une excitation des fonctions génitales avec penchant à répéter souvent l'acte vénérien et faculté de le pratiquer. Il ne faut pas le confondre avec Vcrotomanie, trouble psychique, qui ne s'accompagne pas nécessairement de désirs sensuels et peut même coïncider avec l'impuissance.
Il peut être de cause cérébrale; on l'observe chez les idiots, chez certains maniaques, et au début de la paralysie générale.
Nous l'avons déjà mentionné, avec le priapisme, parmi les accidents de l'empoisonnement par la cantharide ; l'opium, le haschich, le phosphore, peuvent également le provoquer. On l'a signalé aussi parmi les phénomènes initiaux de l'ataxie. Sa durée et son intensité varient avec la cause qui le produit; c'est chez les idiots qu'il est le plus persistant: il entraîne parfois à sa suite un état de stupeur.