ARTICLE III. — IMPUISSANCE
Nous désignons sous cette dénomination l'impossibilité de pratiquer le coït faute d'orgasme vénérien. Par cette définition, nous séparons de l'impuissance les obstacles purement mécaniques qu'apportent à la copulation les cicatrices vicieuses, les vices de conformation et les tumeurs; elle ne doit pas être confondue avec l'anaphrodisie, car elle n'indique pas l'absence de désirs ; nous verrons bientôt qu'elle diffère également de l'infécondité. Ce n'est pas toujours un phénomène morbide ; on dit même généralement qu'elle est physiologique chez le vieillard; mais il ne faut pas prendre à la lettre cette proposition, car, chez nombre de sujets, l'activité génitale persiste, à un certain degré, jusqu'à l'âge le plus avancé.
On peut admettre, en thèse générale, que l'activité génitale est subordonnée à l'intégrité des testicules; il faut donc s'attendre à la
voir disparaître chez les castraLs et aussi chez tous les sujets dont les testicules sont atrophiés ; on assure cependant que les eunuques auxquels on n'a enlevé que ces organes conservent en partie les attributs de la virilité, et cette assertion est confirmée par les observations des vétérinaires qui ont vu les animaux castrés entrer en érection et éjaculer un liquide certainement infécond (Bouley).
L'érection est sous la dépendance d'un centre spinal dont l'activité peut être mise en jeu, soit par l'excitation directe des parties génitales, soit par des excitations psychiques; elle fera défaut chaque fois que le centre spinal ou les conducteurs nerveux qui le mettent en rapport avec les corps caverneux et le bulbe de l'urèthre seront paralysés. On observe ainsi l'impuissance dans les myélites lombaires ; elle est fréquente dans l'ataxie, où elle succède parfois au priapisme.
On la voit quelquefois se produire chez des individus épuisés par des excès vénériens; les fatigues cérébrales et les émotions de toute nature semblent également pouvoir en être l'origine ; toutes les causes qui abaissent les forces, l'inanition, les cachexies, les maladies adydamiques, peuvent à la longue la provoquer.
Elle peut être d'origine toxique ; Biett et Charcot l'ont signalée dans l'arsenicisme, C. Paul et Siredey dans le saturnisme, Delpech dans l'empoisonnement par le sulfure de carbone (1); on a accusé le bromure de potassium de la produire ; ce ne pourrait être qu'à dose excessive.
Nous devons signaler, à côté de l'impuissance, la faiblesse génitale qui la précède le plus souvent et en est comme le premier degré. Elle est caractérisée par des érections qui, bien qu'incomplètes, permettent d'accomplir le coït. Nous connaissons un sujet chez lequel les corps caverneux seuls peuvent devenir rigides et qui cependant remplit ses devoirs conjugaux.