ARTICLE V. — STÉRILITÉ
On désigne sous ce nom l'inaptitude à procréer de sujets qui en apparence peuvent pratiquer physiologiquement les rapports sexuels.
Chez l'homme, elle se produit chaque fois que les spermatozoïdes ne se trouvent pas en quantité suffisante dans le liquide éjaculê et qu'ils sont altérés.
Toutes les causes qui s'opposent au cheminement du sperme dans les tubes séminifères, le canal déférent, les vésicules séminales ou les
(1) Marion Sims, Tmnsact. of the obstelr. Society of London, vol. III. — N. Guéncau de Mussy, Clinique médicale. — Gosselin, De l'hyperesthésie vulvaire in Clinique chirurgicale de la Charité-, 3° édition, 1378. — Martineau, Du vnlvisme (France médicale, 1881).
(2) Simpson, Clinic. lectur. Med. in Times and Gaz., 1859 et Clinique obstétricale et gynécologique. Paris, 1874. — Gallard, Leçons cliniques sur les maladies des femmes, 1879.
(3) Gallard, ouvrage cité. — Siredey et Danlos, art. Stérilité du Nouveau dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques. — De Sinéty, art. Stérilité du Dictionnaire encyclopédique.
canaux éjaculateurs produisent par cela môme la stérilité; il en est de môme de celles qui entravent la genèse des spermatozoïdes dans les testicules; nous citerons l'atrophie dç ces organes, qu'elle résulte d'une compression, d'un trouble circulatoire, d'une tumeur ou d'une inflammation. C'est sans doute par une action de môme ordre que le séjour dans les pays chauds rend inféconds les Européens du Nord qui vont y vivre.
Chez la femme, la stérilité peut résulter d'un trouble dans les fonctions de l'ovaire, d'un trouble dans l'imprégnation de l'ovule, d'un trouble dans sa migration ou d'un obstacle à son implantation dans la matrice (Siredey et Danlos).
a. Stérilité par troubles dans les fonctions de V ovaire. — Toutes les altérations de cet organe peuvent enrayer le développement des ovules et produire ainsi la stérilité; nous citerons son évolution incomplète, ses inflammations, les tumeurs qui s'y manifestent, etc. Les ovules en pareil cas manquent ou ne sont pas susceptibles d'être fécondés.
b. Stérilité par troubles de l 'imprégnation ovulaire. — Dans les conditions normales, l'ovule est imprégné par les spermatozoïdes, soit à la surface' de l'ovaire, soit dans la portion la plus externe de la trompe; il est douteux qu'il puisse l'être encore dans la partie interne de ce conduit et dans l'utérus, car il est alors entouré d'une couche de mucus qui ne permet pas aux spermatozoïdes de se mettre en rapport avec lui. On peut conclure de là que tout obstacle à la migration des zoospermes jusqu'à la partie externe de la trompe est une cause d'infécondité. Nous ne parlerons pas ici du vaginisme, ni des autres obstacles à l'accomplissement des rapports sexuels, car nous avons admis dans notre définition que ceux-ci peuvent se faire régulièrement ; mais l'obstacle à la migration des spermatozoïdes peut être situé dans l'utérus ; le plus souvent il est constitué par une étroitesse congénitale ou un rétrécissement acquis du col.
Dans le premier cas, cette partie présente presque constamment une forme conique et pointue; son orifice exlerne est petit et à peine reconnaissable. Plus rarement l'atrésie siège à l'orifice interne. Le col rétréci est le plus souvent obstrué par un bouchon muqueux qui forme un obstacle bien difficilement franchissable aux spermatozoïdes; il est produit par une métrite du col qui devient ainsi une cause importante de stérilité. Les changements de position de l'utérus, versions, flexions, abaissements, ne jouent, d'après Siredey et Danlos, qu'un rôle tout à fait secondaire dans la production de l'infécondité. Au contraire, toutes les obstructions des trompes, quelle qu'en soit la cause, agissent comme le rétrécissement du col. L'obstacle au
cheminement des spermalozoïdes peut être de nature chimique; il est d'observation qu'ils meurent rapidement dans un milieu faiblement acide ; or le mucus vaginal peut présenter cette réaction et empêcher ainsi la conception.
c. Troubles de la migration ovulaire. — A l'époque menstruelle, le pavillon de la trompe vient s'appliquer à la surface de l'ovaire et l'ovule pénètre dans ce conduit.
Chaque fois que des conditions anormales viennent troubler ce mécanisme et que l'ovule se trouve dans l'impossibilité de pénétrer dans l'utérus, la gestation régulière devient impossible, et, si le spermatozoïde a pu cheminer jusqu'à l'ovule, c'est en dehors de l'utérus que l'embryon se développe. La péritonite chronique, en fixant le pavillon dans une position anormale, est ainsi une cause fréquente d'infécondité; il en est de même des tumeurs pelviennes et surtout ovariennes.
cl. Stérilité par obstacles à l'implantation de V ovule fécondé dans la matrice. — Pour que l'ovule fécondé puisse s'implanter dans la muqueuse utérine et s'y développer, il faut, selon toute apparence, que celte membrane soit saine; il est très probable que son inflammation est une cause fréquente de stérilité.