partie ils sont lésés
L'étendue de la lésion peut être appréciée par le résultat de 1 exploration directe et par la nature des symptômes, mais ce dernier élément ne doit être pris en considération qu'avec beaucoup de réserve: le coma se produit dans l'épilepsie sans lésion appréciable et il en est de même de l'angine de poitrine chez les fumeurs; c'est donc surtout par les résultats de l'exploration directe que l'on peut arriver à reconnaître quelle est l'étendue de la lésion.
La nature de la lésion peut être indiquée par la simple inspection quand elle intéresse le tégument externe ou une cavité accessible à l'exploration physique ; dans le cas contraire, il faut tenir compte de la nature des accidents. Une réaction fébrile permet de conclure en faveur d'une phlegmasie ou d'une maladie infectieuse; l'amaigrissement et le développement d'une cachexie indiquent l'existence, soit d'une maladie générale troublant la nutrition, soit d'une maladie locale de mauvaise nature telle qu'un cancer. Dans certains cas, le produit morbide s'élimine graduellement et peut être reconnu; il en
784 ÉTUDE GÉNÉRALE DR l'àHT MÉDICAL.
fflt ainsi dans la pneumonie, la gangrène eL l'apoplexie pulmonaires dans l'iclère, dans, la gravclle, etc. L'exploration par les mômes moyens qui ont permis de déterminer le siège et l'étendue de l'altération conduit de même souvent à en reconnaître la nature; l'auscultation permet ainsi le plus souven tde déterminers'il s'agit d'une phle»masie ou d'une néoplasie pulmonaire.
§ 3- — Diagnostic de la maladie.
Pour reconnaître enfin quelle est la nature de la maladie, il faut se renseigner sur les commémoratifs et étudier le mode d'évolution des accidents; les antécédents personnels et héréditaires du sujet doivent être notés avec soin. Si l'on se trouve, par exemple, en présence d'une ulcération et si le diagnostic hésite entre une manifestation primitive ou tertiaire de la syphilis et une lésion de nature tuberculeuse, l'histoire du malade, celle de ses ascendants, l'examen de diverses traces qu'ont pu laisser des affections antérieures, fournissent dans bien des cas les renseignements les plus utiles et aident au diagnostic. Les caractères mêmes des lésions, leur siège, leur évolution permettent souvent de déterminer à quelle maladie elles se rattachent-.ainsi, un groupe desyphilides tertiaires présenteun aspect caractéristique ; il en est souvent de même d'une ulcération tuberculeuse de la langue, d'une adénopathie scrofuleuse, d'une parotidite ourlienne et d'un bouton de variole. Certains symptômes suffisent également à caractériser la maladie qui les produit, tels snot la toux de la coqueluche, et la rétraction du testicule dans la lithiase rénale. Dans les affections fébriles, la marche de la température doit être prise avant tout en considération; elle permet, par exemple, de distinguer un début de fièvre typhoïde d'un simple embarras gastrique et d'une phlegmasie latente, une variole d'une varioloïde; elle sert également au diagnostic de la méningite tuberculeuse, des septicémies et de l'impaludisme.
Quand il s'agit d'une maladie parasitaire ou infectieuse, son diagnostic est fourni en toute certitude par la constatation directe de l'être animé qui a envahi l'organisme et est la cause des phénomènes morbides. Elle est le plus souvent facile pour les parasites animaux ou végétaux qui se multiplient à la surface ou dans la profondeur du tégument externe; elle peut être également faite dans la plupart des cas lorsqu'ils habitent les voies digestives; il n'en est plus de même s'il s'agit d'animaux inclus dans les viscères, tels que les cysticerques, les hydalides et les trichines; dans ces derniers temps on a cherché à utiliser la présence des microbes pour le diagnostic et
pronostics "' 1,1 ' H '85
l'on y a réussi dans une certaine mesure : c'est ainsi que, dans les cas de tuberculose douteuse, l'examen des crachats (1) rend les plus grands services en permettant d'y trouver les bacilles ; on a de môme reconnu la fièvre typhoïde (2) en découvrant dans le sang de la rate ses bacilles caractéristiques ; la ponction que nécessite cet examen ne permet pas d'y recourir régulièrement; les mêmes bacilles ont été vus par Neuhauss (3) dans le sang des taches rosées, par Bouchard dans l'urine et par Pfeiffer dans les selles des typhiques ; il peut y avoir là, dans certains cas, un élément de diagnostic. Il y a lieu d'espérer que cette voie sera féconde et conduira à de grands progrès.