ARTICLE VI. — PROTOZOAIRES
Lewis et Douglas Cunningham (l) à Calcutta, Grassi (2) en Italie, Lœsch (3) à Saint-Pétersbourg ont constaté la présence d' 'amibes dans les déjections d'individus atteints de diarrhée; on leura donné le nom à'amseba coli (fi g. 54); elles mesurent de 20 à3o (j. ; elles émettent des prolongements courts et mousses et se déplacent lentement. Elles se composent d'un protoplasma granuleux dans lequel on distingue l'ectoplasma et l'endoplasma ; celui-ci renferme un noyau et un nucléole ; on y dislingue des vacuoles. Normand (4) a trouvé à Kong des
mes très analogues dans les selles de deux marins atteints de colite. Leur rôle pathogénique est mal déterminé ; on les a rencontrés chez des sujets sains; d'autre part, Lœsch a réussi à provoquer chez un chien une inflammation avec ulcération de la muqueuse rectale en lui faisant ingérer trois jours de suite de la matière diarrhéique renfermant ces amibes.
Kartulis (5) a trouvé constamment dans les déjections, des sujets
(1) Douglas Cunningham, Untersuch. ilber das Verhxll. mikroskop. Organ. z. choiera in Indian (Zeit. f. Biol., 1879).
(2) Grassi, Dei protozoi parassiti, etc. (Gaz. med. ital. lomb., 1879).
(3) Lœsch. Massenh. Entwiklung von Amœben im Dickdarm (Virch. Archiv. LXV, 1875).
(4) Normand, Sur deux cas de colite parasitaire (Arch. de méd. nav., 1879). Cités par Blanchard.
(5) Kartulis, Zur xtiologie der Dysenterie in JEgyptcn (Virchow's Archiv, 1886).
Hongorganis-
Eiff. 54.
Amwba coli.
138 ÉTIOLOGIE.
atteints de dysenterie d'Egypte, ainsi que dans leur muqueuse intestinale, et seulement chez eux, des quantités d'amibes; il a essayé en vain, en les faisant ingérer à des animaux, de leur transmettre cette maladie ; il admet néanmoins que ces parasites en sont la cause prochaine. S'il en était ainsi, il faudrait distinguer plusieurs espèces de dysenterie tropicale, car nous verrons plus loin que l'une d'elles au moins est provoquée par un bacille qu'à découvert Chantemesse; il est possible que les amibes de Kartulis ne soient que des hôtes inoffensifs de l'intestin.
Des amibes différentes des précédentes par des proportions plus considérables ont été vues par Sonsino dans le mucus intestinal d'un enfant atteint de diarrhée et par Btelz (1) dans la vessie et le vagin (amœba vaginalis) d'une jeune fille atteinte de tuberculose du poumon et des voies urinaires.
Deichler (2) assure avoir rencontré constamment et exclusivement dans les crachats des coquelucheux des protozoaires amiboïdes offrant les caractères suivants : semblables aux leucocytes, le plus souvent arrondis, rarement ovales, ils sont parfois recourbés en demilune ou en fer à cheval ; dans l'espace compris entre les extrémités du demi-cercle, on note un corpuscule roulé sur lui-même en forme de massue, arrondi à l'une de ses extrémités, effilé à l'autre et animé de mouvements ; il représenterait la forme embryonnaire de la cellule-mère ; on peut de même distinguer à celle-ci une extrémité mousse qui en est le prolongement pseudopode et une extrémité amincie qui est pourvue d'appendices ciliaires. Ces parasites n'ont pas été cultivés et aucun auteur n'est venu jusqu'ici confirmer les faits énoncés par Deichler.
Parmi les différentes classes qui constituent le groupe des sporozoaires, ce sont surtout les psorosperrnies oviformes ou coccidies qui ont été rencontrées chez l'homme. Ce sont des organismes monocellulaires, à protoplasma granuleux et pourvus d'un noyau qui n'est pas toujours visible ; leur forme est ronde ou ovoïde; ils sont immobiles à toutes les périodes de leur développement. D'abord libres dans les interstices ou dans l'intérieur des cellules épithéliales des tissus où on les observe, ils s'enkystent plus tard, mais ils restent néanmoins susceptibles de donner naissance à des spores ou pseudo-navicelles, dont chacune engendre deux corps falciformes ; ils ont longtemps échappé à l'observation en raison de leur ressemblance, à certains stades de leur développement, avec les noyaux des cellules
(1) Baelz, Uebereinige neue Parasilen {Berl. klin. Wochénsch:, 1882).
(2) Deichler, Ueber paras. Protoz.im Keuchhusten auswurf (Zeitschr. f. missent. Zool., 1886).
pithéliales et les globules blancs. Fréquentes dans les voies biliaires lu lapin domestique (fig. 55 et 56), ces coccidies ont été vues par Gu-
'ig. 55. — Coupe d'un foie de lapin envahi par le Coccidium ovifbrme, d'après Balbiam. Les conduits biliaires sont dilatés par les parasites.
)ler, Dressler, Virchow et Péris, dans des tumeurs du foie ou dans les
As
Fig. 36. — Coccidium oviforme du foie de lapin, d'après Balbiani (*).
conduits biliaires. Bollinger (1) affirme qu'elles constituent les cor-
(1) Bollinger, Ueber die Ursache der Molluscum contagiosum (Tagesb. Naturforscher Versammlung , Cassel, 1878).
(*) a,b,c, jeunes coccidies renfermées dans les cellules épithéliales des canaux biliaires. — a, noyau de la cellule épithéliale. — d,e,f, coccidies adultes enkystées. — g,h,i,k,l, développement des spores. — ni, spore mûre isolée, montrant les deux corpuscules falciformes dans leur position naturelle avec le noyau de reliquat. — n, spore dans laquelle les deux orpuscules sont écartés l'un de l'autre. — o, corpuscule falciforme isolé. — y, son noyau.
IÏTIOLOGIE.
WÉ!&Wilm J El ,
«Btaj? W O'é .7-.) H »,
■'-'ov' Yi5t- V.-.'. ■ -v - '''
Fi g. 58. — Grains réfringents et i nucléés par dissociation d'un bouchon folliculaire (***).
,- rt, S?/ ■■
«es» ~ <■ i
Fïg. 57, — Bourgeon épidermique interpapillaire au voisinage d'un follicule pileux envahi parlespsorospermies (préparation à l'acide osraique) (*).
Fig. 59. — Cellules épithéliales I contenant une psorospermie obtenue par dissociation de la par- • tie profonde du bouchon extrait d'un follicule.
jjjg go rjeux cellules dissociées provenant de la partie profonde d'un bouchon follicu
laire et contenant chacune une coccidie enkystée munie d'une masse nucléaire (**).
- c, corn e,et pa
(*) a, couche cornée (colorée en noir par le réactif). — b, couche granuleuse, muqueùx de Malpighi. — d, derme contenant quelques cellules embryonnaires, rospermies enkystées. — /, groupe de quatre psorospermies.
(**) a, le noyau de cette cellule n'est pas visible. — 6, on voit à gauche du parasite noyau refoulé de la cellule.
(*")«, noyau de la cellule épithéliale. — b, espace vide entre le parasite et le protoplasma de la cellule dû à la rétraction artificielle de ce dérivé. — c, psorospermie entourée d'une mince membrane kystique. — d, masse nucléaire de la psorospermie
(Ces figures sont empruntées au mémoire de M. Darier sur la psorospermie folliculaire végétante (Ann. de dermat. etdesyph., 1889).
msculês spéciaux du molluscum contagiosum (acné varioliforme). Mais •/est là, comme nous le verrons, une opinion discutable.
Jusqu'à ces derniers temps, le rôle pathogénïque de ces protozoaires Graissait tout à fait secondaire. Les découvertes de M. Darier (1) sont -enues, dans le courant de cette année, montrer qu'il est au contraire les plus importants. Elles ont établi en effet que deux maladies, dont a nature était un problème pour les pathologistes, et que l'on appeait, l'une acné cornée ou sébacée concrète, V autre maladie clePaget, sont lues à la multiplication et à l'action sur les tissus de deux variétés différentes de ces coccidies : dans la première, on trouve les parasies en nombre colossal dans les orifices folliculaires, sous forme de ;orps ronds, enkystés dans les cellules épilbéliales (Pig. 57-59-60) ou sous forme de grains réfringents et nucléés (fig. 58); dans la seconde, ils existent en abondance au milieu des cellules épithéliales et dans eur intérieur; Us sont plus gros, entourés d'une membrane réfringente à double contour; leur volume dépasse généralement celui des îellules épilbéliales normales, de sorte que celles qui les contiennent se trouvent distendues. Leur contenu proloplasmique est granuleux, (quelquefois rétracté, souvent divisé en plusieurs corpuscules; ils représentent parfois une coque remplie de grains nombreux. Les difféents états sous lesquels on les rencontre correspondent assez bien lux stades d'évolution des coccidies en général. Us paraissent être formés d'abord d'une masse de protoplasma munie ou non d'un noyau :m'il est difficile de distinguer des cellules épithéliales, si ce n'est par l'absence de filaments d'union; bientôt cette masse s'entoure d'une membrane à double contour et le protoplasma subit une segmentation d'où résulte la formation de corpuscules nombreux; l'organisme se présente alors sous l'aspect d'un kyste sporifère (2). M. Darier a cultivé les coccidies de l'acné cornée sur du sable humide et obtenu des kystes contenant de très nombreux corpuscules ayant les caractères de spores. Il s'est assuré que dans la peau normale, non plus que dans les formes vulgaires d'acné on n'observe rien de semblable.
Bien que la transmission par l'inoculation de leurs produits de culture n'ait pas pu jusqu'ici être faite, ces parasites ont des caractères tellement spéciaux et on les rencontre en si grand nombre dans des parties atteintes de lésions toutes particulières, que leur rôle dans la production de ces lésions ressort en toute évidence.
(1) Darier, Recherches sur Vacné concrète {C. R. de la Soc. de biologie, mars 1889). — Sur la présence des coccidies dans la mal. de Pag et (eod. /oc). — Des psorospermoses cutanées. Congres international de dermatologie, 1889. — Balbiani, Leçons sur les sporozoai7-es. Paris, 1884.
(2) Les particularités indiquées dans cette description de M. Darier ont pu être constatées au Congrès de dermatologie sur les belles préparations qu'a présentées M. L. Wickham.
li2 ÉT10L0GIE.
On peut, dès aujourd'hui, cousidérer comme certain que deuf maladies au moins, appelées jusqu'ici, l'une, acné cornée ou sébacée concrète' l'autre, maladie de Pagct, sont dues à la multiplication et à l'action de* ces parasites sur les tissus et doivent être considérées comme dei psorospcrmoses cutanées. En est-il de même comme l'a dit Bollinger et comme l'ont soutenu Neisser (1) et L. Moreau (2), du molluscum cond tagiosum (notre acné varioliforme) et doit-on considérer ses corpus^ cules spéciaux comme des grégarines? M. Darier ne l'affirme pas et- MM. Torok (3) et Tommasoli opposent à cette manière de voir des arguments dont on ne peut méconnaître la valeur: ils montrent que, contrairement à ce qui devrait se produire s'il s'agissait de parasites, c'est dans les plus jeunes, et non dans les plus anciens de ces corpus» cules, que se trouvent les granulations considérées comme des spores; ils ont reconnu, d'autre part, que ces éléments présentent à l'égard des réactifs acides et alcalins une résistance difficilement compatible avec l'idée d'organismes vivants : la question reste donc indécise.
Mais nous n'avons pas épuisé la série des néoplasies dont on peut rapporter l'origine à ces parasites. M. Malassez a remarqué souvent, depuis 1876, dans les tumeurs épithéliales, des formes cellulaires se rapprochant des coccidies (4) ; M. Albarran (5) a communiqué à la Société de biologie plusieurs cas de ces tumeurs dans lesquelles il a constaté la présence de ces éléments libres ou encapsulés, a protoplasma très granuleux, renfermant pour la plupart un noyau central muni d'un nucléole ou des corpuscules très réfringents ; souvent ils forment le centre de globes épidermiques. M. Gornil a vu des organismes analogues dans certains cancers de l'utérus (6).
Si l'on considère que, chez le lapin, les psorospermies donnent lieu à des proliférations épithéliales, que la psoropermose folliculaire de Darier s'accompagne de végétations papillomateuses, que la maladie de Paget est surtout caractérisée par des néoplasies épithéliales tout à fait comparables à celles du cancer, on arrive à conclure que c'est le propre de ces parasites d'élire domicile dans les tissus épithéliaux, de s'y multiplier et d'en déterminer la prolifération. C'est là, comme nous le verrons plus loin en étudiant la palhogénie des tumeurs, une véritable révolution dans cette partie de notre science.
(1) Neisser, Deber die parasitiire Natur des Molluscum ûùntagiosum {Monatsheft praktX Dermat., 1882).
(2) Sloreau (Lucien), Du molluscum contagiosum envisagé comme maladie parasitaire. Thèse de Paris, 1889.
(3) Tôrôk, Congrès international de dermatologie et de syphiligrap/iie, Paris, 1889.
(4) Malassez, loc. cit.
(5) Albarran, Sur des tumeurs épithéliales contenant des psorospermies (C. 71. de la Soc. de biologie, avril 1889).
(6) Corail, Leçons inédites citées par Darier {loc. cit.).
D'après Podwyssozki (l),les coccidies pourraient également donner ieu à des lésions diffuses ; il les a vues quatre fois s'infiltrer dans les ïellules du foie et surtout dans leurs noyaux, en amener l'atrophie pigmentaire et la régression et produire corrélativement la prolifération du tissu interstitiel, la cirrhose et l'ictère.
Les coccidies qui donnent lieu aux diverses néoplasies énumérées précédemment doivent être nécessairement des espèces distinctes : il y aura lieu d'en étudier plus à fond les caractères différentiels.
Un nouvel hématozoaire, celui de Yimpaludisme a été récemment découvert par Laveran (2).
On sait que l'intoxication palustre se développe exclusivement sous l'influence de miasmes émanés du sol, le plus souvent de terrains marécageux, d'autres fois de terrains riches en éléments organiques, tels, par exemple que la campagne de Rome, dont l'activité n'est pas utilisée par la végétation (3). L'agent infectieux, introduit dans l'organisme, peut y rester pendant de longues années en donnant lieu, de temps en temps ou d'une manière persistante, à des troubles morbides. Sa nocuité est beaucoup plus grande dans les climats chauds que dans les climats froids et tempérés; il n'est pas prouvé qu'il se transmettre par contagion; ce serait en tout cas bien exceptionnellement.
Jusqu'à ces derniers temps, les recherches entreprises pour le découvrir chez les malades atteints de fièvre intermittente n'avaient donné que des résultats négatifs; aussi les observateurs se sont-ils efforcés de le trouver dans le milieu infectant. Les microbes abondent au voisinage des marais ; plusieurs d'entre eux ont été successivement incriminés : la palmella gimesma l'a été par Salisbury (4), Valga dite miasmatica par Balestra, la lymnophisalix hyalina par Eklund, Vhydrogastrum granulatum par Safford et Bartlel, etc. Récemment Klebs et Tommasi Crudeli (5) ont examiné au même point de vue l'air, l'eau et le sol des parties de la campagne romaine où la malaria sévit avec le plus d'inténsité et ils sont arrivés à cultiver des schizomycètes qu'ils ont considéré et considèrent encore aujourd'hui comme les agents infectieux de l'impaludisme ; leur opinion est actuellement tout à fait isolée.
(1) Podwyssozki, Ueber die Bedeutung der Coccidies in der Pathologie des Lober (Centralbl. fur Bacteriol. u. Parasitenkunde, juillet 1889).
(2) Laveran (C. 7?. de VAcad. des sciences, 1881 ; Soc. méd. des hôpitaux, 1882; Traité des fièvres palustres, 1884; Ann. de l'institut Pasteur, 1889 ; Arch. de médec. expériment., 1889).
(3) L. Colin, Traité des fièvres intermittentes. Paris, 1870.
(4) Salisbury, Causes des fièvres intermittentes et rémittentes rapportées à une algue du genre Palmella (Ann. d'hyg., t. XIX, p. 215).
(5) Klebs et Tommasi Crudeli, Studien ueber die Ursache des Wechselfiebers und ueber die Natur der Malaria (Arch. fUr exper. Path. und Pharmakol.. t. XITI).
ÉTIOLOGIE.
Laveran a cherché d'abord le microbe générateur de l'impala disme non dans le milieu ambiant où il eût été bien difficile de le distinguer des autres micro-organismes, mais dans le sang, et, plus heu-, reux que ses prédécesseurs, il y a réussi. Ce parasite revêt des formes diverses.
1° Corps spkériques (fig. 59, 62, 63). — Ce sont les plus communs : constitués par une substance hyaline incolore, très transparente, i\i
Fi- «1. - Plasmodies dans des globules rouges. - Changements de forme qu'elles présentent. - Plusieurs contiennent des granulations pigmettaires. - Lune d elles est en train de sortir du globule.
ont des dimensions variables ; les plus petits ont à peine un p. ; beaucoup ont des dimensions égales et un peu supérieures à celles des hématies; ils sont souvent accolés à ces éléments; ils y sont même, inclus d'après Marchiafava et Celli dont Councilman partage a cet égard la manière de voir (fig. 61). Laveran leur objecte que les notions acquises sur la structure et la consistance des hématies permetlenl difficilement de comprendre que ces parasites puissent s'y introduire, il est plus probable qu'ils s'y accolent en les déprimant; ce qui rend cette supposition plus vraisemblable encore, c'est qu on les trouve
Idans le sang à l'état de liberté, à Loutes les périodes de leur développement. Nous verrons cependant que Laveran lui-même admet qu'une partie des corpuscules, ceux qui ont la forme d'un croissant, représentent des hématies envahies par le parasite. On peut leur distinguer un double contour sur les préparations traitées par l'acide osmique et les réactifs colorants; ils n'ont pas de noyau. Les plus petits se présentent sous la forme de taches claires sur les hématies; ils ne contiennent que peu ou point de pigment; à mesure qu'ils augmentent de volume, ils se chargent de grains de pigment qui assez souvent forment une couronne régulière dans leur intérieur. On dirait un collier de perles noires. Un même globule rouge peut supporter trois ou cpiatre de ces corpuscules qui s'accroissent à ses dépens, le font pâlir et finissent par le détruire. Ils sont animés de mouvements amiboïdes; ils s'allongent, s'étalent, puis reprennent leur forme spbérique ; parfois ils se segmentent en trois ou quatre éléments semblables qui peuvent rester séparés ou se confondre de nouveau en un seul élément; leurs grains pigmentés sont souvent agités d'un mouvement rapide analogue au mouvement brownien, mais moins constant et moins régulier, et probablement communiqué par les mouvements amiboïdes.
2° Filaments mobiles ou flagella. — A l'état de mouvement, on aper* op.it assez souvent, autour des corps sphériques, . des filaments très transparents, animés de mouvements extrêmement vifs et variés dans tous les sens (fig. 66),'; on ne peut mieux les comparer qu'à ceux d'anguillules dont une des extrémités serait fixée dans l'intérieur de l'élément sphérique. Ces filaments impriment aux globules rouges du sang les plus voisins des mouvements très variés et très faciles à constater. La longueur des filaments ou appendices mobiles peut être évaluée a trois ou quatre fois le diamètre d'un globule rouge ; leur nombre a paru être, pour chaque corps sphérique, de trois ou de quatre: il est peut-être plus grand, car on n'aperçoit que les filaj meutsqui s'agitent, et, même parmi ceux-ci, on ne peut voir que ceux qui sont exactement au point. Tantôt les filaments mobiles sont étalés d'une façon assez symétrique de tous les côtés ; tantôt ils sont groupés d'un seul côté. L'extrémité libre des filaments mobiles présente souvent un petit renflement piriforme; on constate souvent aussi de petits renflements qui semblent se déplacer suivant leur longueur. Marchiafava et Celli ne les considèrent, évidemment à tort, que comme des prolongements sarcodiques.
Pendant que ces filaments ou appendices mobiles s'agitent, le corps sphérique sur lequel ils viennent s'insérer subit un mouvement oscillatoire plus ou moins rapide ; quelquefois même il est animé d'un Hau.opeau, 3« édition- IQ
ÉTIOLOGIE.
mouvement de translation. Les granulations pigmenlaires s'agitent à l'intérieur, et leur disposition devient alors très variable.
Il est arrivé plusieurs fois à M. Lavcran, pendant qu'il observait les corps sphériques en mouvement, de voir un des filaments mobiles se détacher d'un de ces corpuscules et continuer à se mouvoir au milieu des hématies. La figure 66 c représente un de ces filaments devenu libre. MM. Bouchard (1) et Straus 2) sont d'accord avec M. Laverai pour considérer ces flagella comme éminemment caractéristiques.
3° Corps en croissant (fig. 63 et 63). — Ce sont des éléments cylindriques allongés, plus ou1 moins effilés à leurs extrémités, souvent in^ curvés en croissant, quelquefois de forme ova-
Fig. 62(*).
Fiff. 63 (*
Fig. 64 (***).
laire. Leur longueur est de 8 a 9 jtt leur largeur, de 2 \t en moyenne. Leurs contours sont indiqués par une ligne très fine ; leur corps est transparent, incolore, sauf vers la partie moyenne, où il existe une tache noirâtre constituée par une série de granulations arrondies, qui paraissenlêtre des granulations pigmenlaires (fig. 64 et 63). Par exception, cette tache peut être située près d'une des extrémités du corps. Les granulations affectent assez souvent une disposition régulière, en couronne, analogue à celle qui a été décrite pour les corps sphériques. Sur ceux de ces corps qui sont incurvés, on aperçoit fréquemment, du côté de la concavité, une ligne
([) Bouchard, C R. de l'Acad. des sciences, 18S9. (2) Straus, C, li. de la Soc. de biologie, 1888.
*) A corps sphérique avec filaments mobiles vu à neuf heures du matin. - B, le même corps vu une' demi-heure plus tard; les mouvements ont disparu, on ne voit plus trace des filaments périphériques. - C, le même corps vu le même jour à deux heures et denue du so.r.
(-). I, i a", corps en croissant observés le 29 novembre 1880, a deux heures quint»
^lô^/èî aspect des corps représentés dans la figure précédente le 30 novembre au
"r")( AlTcoïps eu croissant. - 11, corps ovalaire pigmenté. - C, corps ovalaire dans une préparation de sang traitée par l'acide osmique à 1/300 et la glycérine p.cro-carrfnée; on aperçoit un double contour.
courbe, pâle, qui semble relier les extrémités du croissant. Ces corps ne paraissent pas doués de mouvements; quand leur forme se modifie, c'est d'une façon très lente.
A côté des éléments cylindriques en croissant, on trouve presque
Fig. «G (*).
toujours des corpuscules qui paraissent être des formes intermédiaires aux corps sphériques et aux corps en croissant. La forme de ces derniers, leurs dimensions qui sont toujours à peu près les mêmes et qui se rapprochent de celles des hématies, la ligne fine qui souvent réunit les cornes du croissant permettent de penser qu'il s'agit d'hématies envahies par l'hématozoaire.
4° Corps hyalins. — Pigmentés, irréguliers, déformés et immobiles, ils représentent vraisemblablement les cadavres des corps sphériques (fig. 67).
5° Corps en rosace. — Ils sont régulièrement segmentés et dessinent ainsi des rosaces très élégantes; d'après Golgi, les éléments résultant
(*) A, corps sphérique immobile. — B, corps sphérique avec filaments mobiles. Ces filaments, au nombre do quatre, sont munis d'un petit renflement à leur extrémité libre. — B', autre aspect d'un corps spbérique en mouvement, les filaments mobiles sont situés d'un même côté. — C un filament mobile devenu libre. — D, corps sphérique rempli de granulations pigmentaires qui s'agitent très vivement. — E, corps sphérique dans une préparation de sang traitée par l'acide osmique à 1/308 est conservée daus la glycérine picrocarininatéc; en aperçoit un double contour.
(**) a, 6, c, d, e, f, corps sphériqnes plus ou moins déformés.
Fig. 67 (**).
RTIOLOGIE.
de leur division représenteraient les corps sphériques à l'état normal.
0° Leucocytes mélaniféres. — On les rencontre presque toujours dans le sang des pnludiques après les accès de fièvre; la présence d'un noyau permet de les distinguer aisément des corps sphériques pigmentés. Les leucocytes contribuent puissamment, surtout pendant les accès de fièvre où l'élévation de la température accroît leur activité, à détruire les parasites.
Les diverses formes indiquées présentement représentent évidemment les phases successives de l'évolution des mêmes parasites. Constitués au début par les petits corpuscules sphériques transparents, non encore pigmentés, qui forment de petites taches claires sur les hématies auxquelles ils sont accolés ou incorporés, ils s'accrois* sent, atteignent ou dépassent le volume des globules rouges et se chargent des pigments aux dépens de ces éléments. Ils paraissent être de petits kystes dans l'intérieur desquels se développent les flagella; ceux-ci, à un moment donné, percent l'enveloppe du kyste, et, après s'être débattus plus ou moins longtemps, finissent par devenir libres. Le pigment contenu dans les leucocytes provient des globules rouges détruits par les parasites.
La disposition de ce pigment varie avec les différentes phases de l'évolution des sporozoaires; les granulations, d'abord disposées en couronne, se répandent dans toute la masse des corpuscules, puis s'accumulent dans sa partie centrale. C'est alors qu'un processus de segmentation s'accomplit dans les parties devenues libres de pigment ; les fragments, d'abord piriformes, s'arrondissent, se séparent du centre pigmenté et,, devenus libres, disparaissent peu avant le prochain accès de la circulation générale pour séjourner quelque temps dans les viscères, particulièrement dans ceux où le cours du sang est ralenti, la rate, le foie, la moelle des os; les masses pigmentées s'incorporent aux globules blancs. Au commencement de l'accès suivant et pendant sa durée, les sporozoaires apparaissent de nouveau dans le sang, oh on les trouve surtout accolés aux globules rouges.
C'est avant les accès et à la période initiale que généralement les parasites se trouvent en plus grand nombre; d'après James (1), ils présentent souvent alors l'aspect segmenté; les corps en croissant ne se rencontrent que dans les formes chroniques. Les hématozoaires, à l'excepLion des corps en croissant, disparaissent rapidement sous l'influence du sulfate de quinine à hautes doses; ils se détruisent aussi après les accès pendant lesquels les leucocytes se les incorporent par phagocytose; il est possible aussi que, conformément à l'hypothèse
(]) .lames, The microorganisme of malaria {the Meilir. Accord, 1888).
ANIMAUX PAKASITES. 149
Je MM. Houx et Chamberland (1), la culture abondante de parasites [ui se produit pendant les accès ait pour résultat l'élaboration de Substances qui fassent du sang un milieu impropre à leur développelien!.
i D'après Golgi (2), les rapports entre révolution cyclique des sporozoaires et le mode de succession des accès sont soumis à des règles blus rigoureuses que nous ne l'avons précédemment indiqué. Dans a fièvre quarte, il s'écoule exactement trois jours entre l'invasion des globules rouges par les parasites et la segmentation que subissent ces ierniers pour former les jeunes éléments destinés à une nouvelle invasion dans les hématies; dans la lièvre tierce, le cycle est de deux lours. Ces différences d'évolution répondent à des différences clans la nature des parasites : il s'agit de deux espèces distinctes de sporozoaires ; elles se distinguent par leurs caractères biologiques et morohologiques. Les parasites de la fièvre tierce ont des mouvements umiboïdes beaucoup plus vifs; ils décomposent l'hémoglobine beaucoup blus rapidement et plus complètement; ils dissocient les globules gouges, tandis que ceux de la fièvre quarte ne font que les atrophier. D'autre part, les sporozoaires de la fièvre tierce ont toujours, d'après £olgi, un protoplasma beaucoup plus fin et plus délicat avec des conours moins nets; leurs granulations pigmentaires sont également dus fines. Les phénomènes de segmentation se succèdent très différemment dans les deux espèces : les sporozoaires de la lièvre quarte lonnent, en se divisant, de 6 à 12 jeunes éléments, ceux de la fièvre ierce en fournissent de lî> à 30 notablement plus petits; les jeunes éléments delà fièvre quarte sont piriformes et disposés en rayons auour d'un amas de pigment sans parois (plasmodies en fleurs de narguerites), tandis que ceux de la fièvre tierce sont arrondis et groupés en couronne autour d'un centre pigmenté et entouré d'une membrane (plasmodies en fleurs de soleil). Quant aux autres types "ébriles, ils sont provoqués, tantôt par des variétés des types précélents évoluant à intervalles différents, tantôt parles sporozoaires en orme de croissants ; ceux-ci se rencontrent dans les fièvres à marche rrégulières et remarquables par leur résistance au traitement.
On explique par la présence de ces parasites, non seulement les iccès de fièvre, mais aussi les altérations organiques qui caractérisent l'impadulisme ; on les a trouvés en quantité dans le sang extrait
(1) Roux et Chamberland, Sur l'immunité contre la septicémie conférée par les subtances solubles (Ann. de l'imtit. Pasteur, 1887).
(2) Golgi, SuW infezione malaria (Archiv. per la sciensa mediclw, 1884). — Ancora ullçt infezione malarica (Est. de Gaz de ospedali, 1886). - Nous résumons les ™es de cet lutçur d après le compte rendu qu'on donne Baumyarten dans son traité de mvcolosric ftanologique. ° 3 1
ÉTI0L0GIE.
de la raie, dans les vaisseaux du l'oie (1) et dans ceux de l'encéphale; on explique ainsi l'hypermégalie splénique &t les accidents comateux de cette infection.
La description de M. Laveran, accueillie au début avec une réserve, on peut dire, un scepticisme qui ne nous ont jamais paru juslifiés (2), car elle portait le cachet de la vérité, est aujourd'hui considérée comme exacte par la presque unanimité des observateurs compétents. Les éléments désignés par M. Marchiafava et Celli (3) sous les noms de plasmodies et d'hémoplasmodies ne sont évidemment autres que les corpuscules de Laveran. M.Richard et Roux en France, Sternberg (4), Gouncilman et Abbot, Ossler, en Amérique, V. Carter aux Indes, Golgi (5) et Guarnieri (6; en Italie, ont confirmé l'importante découverte de notre compatriote.
Ces parasites se classent parmi les hématozoaires ; ils ressemblent beaucoup à des organismes flagellés que Danilewski a trouvés, dans le sang des grenouilles, des tortues, des lézards et des oiseaux; Melschnikoff les rapproche des coccidies; M. Laveran les appelle hématozoaires de rimpaludisme ; mieux vaudrait dire : hématozoaires de Laveran.
Ces corps n'ont pas jusqu'ici été cultivés, mais on peut néanmoins considérer comme démontré qu'ils constituent les agents infectieux du paludisme.
En effet, Laveran les a trouvés dans 432 cas de cette maladie sur 480 qu'il a étudié à ce point de vue. La plupart des observations négatives se rapportent à des faits remontant au début des recherches ou à des malades traitées par le sulfate de quinine, où à des cachectiques sans accès. Councilman (7) a constaté la présence des hématozoaires dans tous les cas de paludisme qu'il a examinés et ne les a jamais trouvés chez les sujets sains ou atteints d'autres maladies ; d'autre part, ils disparaissent rapidement au moment où les manifestations paludéennes cessent de se produire spontanément ou sous l'influence du traitement; enfin on a observé leur transmission chez les sujets auxquels plusieurs pathologistes ont réussi à communiquer la maladie par l'injection intraveineuse de sang recueilli chez des
(1) Golgi, Ricerchi sulle alterazioni del fer,ato nella infezionc da malaria (Atli. de fi. accad. med. di Borna, 1886-1887).
(2) Voir notre i'° édition, 1884.
3) Marchiafava et Celli, Untersuch âïér die Malaria ^6^0^^. ^^., 1885. Jsulla infeziom malarica {Estr. d. atti d. R. accad. med. * **** *8*£.W87'
(4) Sternberg, The malaria germ of Laveran {The medic. Record, 1886).
(5) Golgi, loc. cit.
(6) Celli et Guarnieri, Sull'etiol. d. infestons malarica, 18bJ. . /-„„„.,„,
(7) Councilman, Itccherchc* complémentaires sur les germes de la malar.a de Laverai {Soc. path. de Philadelphie, 1887).
ANIMAUX PARASITES. loi
sujets infectés. Si, en effet, les tentatives d'inoculation aux animaux de l'infectieux paludéen, tentées par les docteurs Marchiafava , de Renzi, Richard et Laveran, ont été constamment infructueuses, il n'en a pas été de même chez l'homme. Dès 1880, Dockmann (1) constatait que l'injection sous-cutanée du contenu des vésicules d'herpès labial recueilli chez des sujets atteints de fièvres palustres provoquait pendant plusieurs jours des frissons accompagnés d'hyperthermie; en 1882, Gerhardt (2) détermine chez deux sujets l'apparition d'accès intermittents en leur injectant sous la peau un gramme de sang provenant d'un malade atteint des mêmes lièvres; trois expériences semblables de MM. Mariotti et Ciarocchi (3) et cinq de M. Marchiafava (4) ont également donné des résultats positifs ; le type de la fièvre communiquée est le même qui a été observé chez le malade dont le sang a été inoculé; plusieurs fois, M. Marchiafava, après avoir constaté la présence de corpuscules parasitaires dans les globules rouges du sang qu'il injectait, les a retrouvés au moment des accès dans le sang des sujets contaminés (5) : la fièvre palustre est donc inoculable.
Les caractères du parasite de l'impaludisme étant connus, on pouvait avec plus de chances de succès le chercher dans l'eau et le sol des localités infectées. M. Laveran a trouvé plusieurs fois dans l'eau des marais : 1° des flagella libres présentant à peu près le même aspect et les mêmes dimensions que ceux du sang du paludique et animés de mouvements semblables ; 2° des organismes doués de mouvements amiboïdes et munis d'un ou de plusieurs flagella semblables aux corps sphériques munis de flagella des paludiques, avec celte différence que les flagella étaient plus régulièrement disposés. On ne pourra affirmer qu'il s'agit des mêmes animalcules que le jour où l'on aura provoqué les accès de fièvres palustres par leur inoculation.
Danilewsky a décrit chez les oiseaux une psorospermie qu'il croit identique au parasite de Laveran; il n'en a point fourni la preuve.
La découverte des hématazoaires du paludisme devait conduire à rechercher des parasites semblables dans les autres pyrexies dont l'agent infectieux n'est pas encore déterminé. Pfeiffer (6) a trouvé constamment en abondance, dans les liquides des boutons de vaccine
(1) Dockmunn, Zur Lehre von Febris intermittent (St-Pelersb. Med. Zeitsnhr, 1880).
(2) Gcrhardt, Zeilsch. f. klin Med. Bd VII.
(3) Mariotti et Ciarocchi, La Sperime.ntale, 1884.
(4) Marchiafava, Fortschr. der Medicin, 1884.
(;>) Chassin, Sur l'inoculation de la fièure intermittente. Thèse de Paris, 1885. (6) Pfoiiïer, Ubur protoïdeu oder amohea bei vuriola vera (Monatsk. f. itrakt. Der* mat., 1887). v ' 1
ÉT10W)QIE.
et de petite vérole, des éléments qui ressemblent aux amibes, mais ils sont en même temps très voisins des cellules d'engrais (Maslzellen) que l'on rencontre dans les tissus normaux, il faut attendre de nouvelles recherches pour en apprécier la signification.
Ueimeria falcifbrme , de l'ordre des coccidies , a été trouvée en abondance dans le liquide d'une pleurésie purulente ponctionnée par Kiintler et Pitres cbez un sujet qui revenait du Sénégal; elle est fréquente, d'après Eimer, dans l'intestin de la souris (tig. 08). On rencontre; assez souvent dans les déjections le cerromonas JoominU ; Kannenberg l'a vu dans les tissus atteints de gangrène et Litten dans
Fig. 68. — Eimeria falciformis de l'intestin do la souris, d'après Minier (*).
le liquide séreux d'un hydropneumofhorax. Le (ric/mmonas est également fréquent dans le mucus vaginal. Ces parasites offrent plus d'intérêt pour le naturaliste que pour le médecin ; ils semblent sans grande importance; on peut en dire autant du cystomonas urinaria de Blanchard et" du megastoma que Grassi a trouvé dans desselles diarrhéiques et qui, d'après R. Blanchard, est très probablement identique au parasite vu par Lambl dans le mucus de l'intestin des enfants et clans un kyste du foie et décrit par lui comme un cercomonas intestinal 7s. Cependant Baumgarten (1) tend à considérer l'épizootie meurtrière que l'on désigne dans l'Inde sous le nom de surra comme provoquée par lamultiplication dansle sang d'un parasite rattaché parCrookband au genre trichomonas (2).
(1) Baumgarten, Lehrbuch der patholog. Mykol., 1889.
(2) Oookhand, Flaç/el. protoz. in tlie Blows of Disead. a. appar. thealthry animal (Journ. cf the Royal microscup. socicty, 1 886).
(*) 1, coccidie dans une cellule épithéliale dont le noyau est refoulé. - 2, coccidie enkystée. — 3, formation de la spore. — 4.5, spore. — 6,7. corpuscules falciformes. — 8,9,10, corpuscules passant à l'état amiboïde.
Klebs (I) croit pouvoir affirmer que le sang des sujets atteints d'anémie pernicieuse renferme des monades, que ses globules rouges sont dissociés et détruits par ces parasites, et que ceux-ci se rencontrent également dans les tissus.
Le même auteur attribue à l'introduction de flagèllariées avec l'eau alimentaire le développement du goitre et du orétimme (2); il a constaté, chez des sujets atteints de cette maladie, la présence de ces infusoires dans le ligament des ventricules cérébraux et d'autre part il aurait réussi à amener la formation de goitres chez des chiens en leur faisant ingérer l'eau suspecte des contrées où cette maladie est endémique.
Malmsten et Stieda ont montré que le bcilantidium coli peut se développer et se multiplier dans l'intestin et donner lieu à une entérite chronique susceptible d'entraîner la mort.