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Dégénérescence amyloïde

La dégénérescence dite amyloïde survient le plus souvent sous l'influence de troubles dans la nutrition générale. Elle semble pouvoir provoquer par elle-même, lorsqu'elle affecte des organes essentiels à la vie. des troubles graves des fonctions. Ses causes les plus fréquentes sont la phthisie pulmonaire, la syphilis et les suppurations prolongées, surtout celles qui proviennent des os; viennent ensuite l'intoxication palustre, la leucémie, la goutte et la dysenterie ; elle est beaucoup plus rare dans le cancer ; ajoutons enfin que, d'après Cohnheim, elle peut se développer en l'absence de tout état pathologique anté-

(1) M. Peter, Soc. clinique, 1879.

(2) Hi Martin, Pathogénie des scléroses dystrophiques {Rev. de med., 188o).

(3) Duplaix, Contribution à l'étude de la sclérose [Arch. gén. de méd., 1885). <i) H. Huchard, De ï artériosclérose {France médicale, 1885).

rieur. On la reconnaîl facilement à l'aide de la solution ioduréc : si l'on louche, avec ce réactif, un organe atteint de dégénérescence amyloïde, il prend, dans les points affectés, une coloration brunâlre qui devient violette ou bleue si on le traite ensuite par l'acide sulfurique dilué. L'altération est généralement disséminée en pelils foyers qui se détachent alors nettement.

Cornil (1) et Jûrgens ont montré que le violet d'aniline colore en rouge violet les parties renfermant la substance amyloïde, tandis qu'il donne une teinte bleue aux parties saines. Elle présente une grande résistance aux actions chimiques; insoluble dans l'eau, elle ne se laisse attaquer par la solution alcaline ou acide que si on la soumet à la coclion. Aussi admet-on qu'elle persiste indéfiniment dans

l'organisme, une fois qu'elle s'y est développée.

Les organes envahis par l'amyloïde sont ordinairement augmentés de volume ; leur consistance est compacte et comme pâteuse ; leur couleur rappelle celle de la cire ; leur coupe paraît brillante et transparente, et on a souvent comparé leur aspect à celui du jambon fumé. C'est dans les reins (fîg. 148), le foie, la rate, et aussi dans les ganglions lymphatiques et la muqueuse intestinale qu'on observe le plus souvent cette dégénérescence. On la rencontre également dans le cartilage, dans lecoagulum de l'hématocèle, dans certaines tumeurs de l'œil et dans les tumeurs sous-muqueuses de la base de la langue et de l'épiglotte.

Elle peut être localisée ou étendue à un grand nombre d'organes. On l'a rattachée, à tort, clans ce dernier cas, à une dyscrasie produite par une des maladies générales que nous avons vues lui donner naissance. Les recherches entreprises pour retrouver dans le sang la substance amyloïde ont toujours été infructueuses. Il est beaucoup plus probable qu'elle se développe dans les tissus eux-mêmes. Elle est toujours locale, et, si elle se manifeste simultanément dans plusieurs organes, c'est qu'une même cause générale produit dans chacun d'eux un même trouble de nutrition.

Ce ne sont pas toujours, dans les différents organes, les mêmes

Fig. 148. — Glomérules de Malpighi du rein affecté de dégénérescence amyloïde. Grossissement : 300.

(I) Cornil, Société de biologie, 187b. — Jùrgens, Virchow's Archiv, LXV.

DÉGÉNÉRESCENCES, parties qui en sont atteintes . Souvent L'altération est limitée aux ^vaiseaux et surtout aux branches terminales des -^^^ surtout la tunique moyenne et particulièrement 1 s r ^s h SeS;t Dans les reins et dans le foie, elle pourrait, d'après Bœttcher ^1) et Kyber (2), intéresser également les cellules ; au contraire,^ E Waguer Schûppel, Kœster, Eberth, soutiennent que ces éléments ne sub» en pas ceïte dégénérescence ; ils ne font que ■'■^«^^^ de la pression qu'exerce sur eux la substance amyloide infiltrée dans les parois des vaisseaux.

La substance dite amyloïde offre les réactions des mat.e es piotéiques, dont elle se distingue surtout par la coloration que lui communiquent l'iode et le violet d'aniline.

Relativement à son origine, deux hypothèses ont d abord ete for mulées : dans l'une, elle se forme en dehors des éléments, souvent sans doute dans un foyer de suppuration, et elle y pénètre par voie d'infiltration, comme le font, dans d'autres circonstances, les sels de chaux; dans l'autre, elle résulterait d'une transformation que subiraient, sous l'influence d'une nutrition défectueuses, les albuminoides des tissus. Péris fait remarquer que cette dernière est la plus vraisemblable, car si la matière amyloïde était apportée dans les tissus parle mouvement nutritif, on devrait la retrouver dans le sang, tandis que l'on n'a pu jusqu'ici l'y découvrir; ajoutons qu elle devrait en outre affecter primitivement les parties les plus internes des tuniques vasculaires, ce qui n'a pas lieu. V. Recklinghausen propose une inprétation différente des faits : une substance homogène sortirait des cellules et, au contact du liquide interstitiel émané du sang, formerait des agglomérats, des travées ou des réseaux. Ce serait une sorte de coagulation dans laquelle interviendraient à la fois des parties constituantes des tissus et le sang. L'importance du rôle que jouent les éléments cellulaires ressort clairement de ce fait que 1 amyloïde n affecte qu'un certain nombre d'organes; jamais elle n'intéresse l'épiderme, les membranes glandulaires, les poumons, les os, ni le système nerveux. .

On n'est pas nettement fixé sur le rôle qu il convient d attribuer a la dégénérescence amyloïde en physiologie pathologique. Dans quelle mesure est-elle compatible avec le fonctionnement régulier des organes ? A quels troubles peut-elle donner lieu ? Il n'est qu'un organe pour lequel la question semble jugée : c'est le rein. Et encore faut-il remarquer que la dégénérescence amyloïde de cet organe coïncide

(1) Bœttcher, Virchow's Archiv, l.XXII.

(2) Kyber, Slud. ûber amyloïde Degen. (Arch. f. mikroscop. Anat., Vlli). - Virchow Archio, LXXXl.

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souvent avec sou altération graisseuse et une tfhlégrabsie *iitws<ji-l< liclle plus ou moins prononce. D'aulre pari, I.Slraus (1; a déihoto Iré qu'elle peut exister chez des sujets dont les urines ne sont plus albumineuses. Il a été impossible jusqu'ici d'assigner une symplomatologl0 aux affections amyloïdes du foie, de la rate, des ganglions lymphatiques cl de l'intestin.. Il est probable qu'il faut tenir compte a cet égard, du siège variable de l'altéral.iou et du degré auquel elle es^,9r^: a ,?. «s f ;feïrafl j-i InrioO zhn\v,'U <r»up izitir, te9V;è9àni0ri Qii trouve fréquemment, surtout chez les vieillards, dans la prostate, 1'ép.did.yme et les centres nerveux, des corps, formé de conclus concenlr.ques avec un noyau central, qui sont dits amyloïdes ou amylacés,, parce qu'ils donnent, avec l'iode et l'acide sulfurique, les réactions de l'amidon. Ils n'en sont pas cependanl, d'après Uobin, m-r.j,,sivement formés, car ils présentent les réactions des corps azotés. Ou n'a pas de notions sur leur .origine, et leur importance, en pathologie parait à peu prés nulle

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