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CHAPITRE IV

J9 enoiJj>Iuoi.bJî 89b eiggnxnlo ?q-Joo 89b ornôm 9b J89 no h .. (noirujJBJ sb 891008^03 eèb tê 89''€0NPBÎtaH*Sdni oupinul r,l èÏj ,89 -inlco ann iioboiq 62 li ûo JrjoJucq ,9up àiJnorn jb nornuIisT .idoiibofi Les matières inorganiques qui entrent dans la constitution de l'organisme à l'étal des sels solubles peuvent, clans des conditions très variées, se précipiter et former des masses solides dont la présence est assez souvent l'origine de troubles morbides. Nous étudierons successivement, sous le nom de concrétions interstitielles, celles qui se déposent dans l'intimité des tissus, et, sous le nom de concrétions r„iculeuses, celles qui se développent dans les conduits glandulaires air; dépens des liquides qu'ils renferment.

ARTICLE Ie1'. — CONCRÉTIONS INTERSTITIELLES, DÉPÔTS, PÉTRIFICATM >.VS.

INCRUSTATIONS, CRETIFICATIO.NS.

On observe deux espèces principales de concrétions interstitielles : l'une est caractérisée par ses bases, l'autre par sonacide; la première comprend les concrétions formées de sels de chaux et de magnésie, la seconde les dépôts uratiques.

§ 1. — Concrétions calcaires et magnésiennes.

Les productions calcaires sont généralement formées de carbonate (1)1. Straus, Comptes rendus 'le lu. Sncirtè des ftàpitcbno et Etkion mMicalc, 1881*

el phosphate de cliaux tribasiques. Les tissus où elles se développent sont durs au toucher. Traités par l'acide nitrique, ils donnent lieu au dégagement d'acide carbonique.

D'après M. Talamou (1), la calcification ne se produit jamais que dans un tissu conionctif préalablement modifié. Cette modification consiste en un épaississement stratifié qui le transforme en un tissu fibroïde à substance fondamentale amorphe avec cellules plates disséminées; c'est ainsi que, d'après Cornil et Ranvier, les séreuses calcifiées sont constituées par des lames parallèles de tissu conjonclif, lentre lesquelles se trouvent des cellules plates. Les plaques ainsi formées se laissent infiltrer par des sels calcaires et représentent des carapaces solides; on les rencontre dans la plèvre, le péritoine et la tunique vaginale (2) ; elles sont fréquentes autour de la rate.

Les parois des bourses muqueuses, quand elles sont envahies par la calcification, présentent la même structure, c'est-à-dire qu'elles sont surchargées d'une substance amorphe qui espace les éléments figurés, représentés par des cellules plates isolées, qu'elles ont pris une disposition stratifiée et qu'elles ne renferment pas de vaisseaux (Talamon) ; il en est de même des corps étrangers des articulations el des séreuses, de la tunique interne des artères et des corpuscules de Pacchioni. Talamon a montré que, partout où il se produit une calcification, on retrouve le même tissu.

Dans ïendarlérite, les cellules de la tunique interne se multiplient, el il se forme, au-dessous de l'endothélium, une substance intercellulaire résistante, presque amorphe, qui donne bientôt a la membrane une consistance cartilagineuse. Les plaques ainsi constituées peuvent devenir athéromateuses, se caséifier et se métamorphoser de molécule à molécule en une matière crayeuse plus ou moins friable, ou bien elles se transforment directement en plaques calcaires saillantes ou déprimées (3) ; il en esl de même dans l'endocarde.

On voit beaucoup plus rarement se déposer des concrétions calcaires dans les parois des veines variqueuses; dans l'intérieur de ces vaisseaux, on trouve parfois des concrétions appelées phlébolithes, qui sont, d'après Rokilansky, des coagulations sanguines calcifiées.

Les corps étrangers intra-articulaires et ceux des séreuses péritonéale et inguinale s'incrustent fréquemment de calcaires ; il en esl de même des fœtus qui se développent en dehors de l'utérus : tantôt la calcification occupe seulement leur membrane d'enveloppe, tantôt le fœtus lui-même s'incruste en totalité ou en partie.

(1) Talamon, De la calcification {Revue mensuelle de ?nédecine et de chirurgie, Iâ77). S) Cornil et Ranvier, Manuel, d'histologie pathologique, 2e édition. Paris, 1881. (3) Vulpîan, Cours inédit <lc la F.wullc, 1872, cite" ]»ar Talamon.

, Les dépôts calcaires sont très rares dans les fibres musculaires striées ; on les observe au contraire assez souvent dans les fibres lisses qui constituent en partie la tunique moyenne des artères, et aussi dans les léio-myomes utérins.

La calcification des éléments nerveux doit être considérée comme très exceptionnelle ; Fœrster l'a signalée (fîg. 151) ; Virchow (1) et Friedlamder l'ont observée à la suilc de liaumalismes crâniens. Dons la

Fi.r, 149, — Pétrification d'un psammome cérébral, capillaires calcifiés. Grossissement

phthisie, le poumon peut devenir le siège de concrétions calcaires; ce sont des faits de ce genre qui avaient conduit Bayle à décrire une phthisie calculeuse. Ces concrétions se déposent le plus souvent dans les masses tuberculeuses ; c'est un mode de guérison de la phtisie. D'autres fois, c'est un infarctus qui s'est chargé de sels de chaux. D'autres fois enfin, d'après Talamon, les dépôts se font dans des noyaux de pneumonie chronique. Le corps thyroïde, les testicules et l'ovaire, deviennent parfois le siège de ces concrétions. Dans les testi-

(1) Virchow's Archiv, t. IX, 1850.

cules elles peuvent occuper la séreuse enflammée ou se former dans des masses tuberculeuses en voie de régression. Des dépôts calcaires se font assez souvent chez les vieillards dans les canalicules urim-

^ Dans lœil, le corps vitré et le cristallin se chargent parfois de ces

Fig. 150. — Grosses concrétions stratifiées.

mêmes concrétions; elles caractérisent plusieurs variétés de cataractes (1).

On trouve quelquefois le placenta calcifié ; les dépôts se font dans les villosités choriales, par suite, d'après Ch. Robin (2), de l'oblitération fibreuse de leur cavité; certaines femmes sont prédisposées à ces dépôts placentaires, et il s'en produit chez elles à chaque grossesse.

Parmi les tumeurs susceptibles de s'incruster, il faut citer les psammomes qui sont précisément caractérisés par ces dépôts calcaires ; aussi Cornil et Ranvier les décrivent-ils sous le nom de sarcomes angiolithiques (fig. 149 et 150). Les enchondromes, les lymphadénomes, les lipomes, les cancers et les cancroïdes peuvent aussi se calcifier, ces derniers très exceptionnellement. Nousavons déjà mentionné les léio-myomes utérins : les dépôts se font tantôt dans leur épaisseur, tantôt à leur surface ; ces tumeurs peuvent se transformer en masses calcaires; c'est surtout chez les vieilles femmes qu'elles présentent ces incrustations.

Des concrétions calcaires se déposent fréquemment dans les parois des kystes hydatiques; deux conditions sont, d'après Talamon, né-

(1) Ch. Robin, Description analomo-pathologique de diverses espèces de cataractes capsulaires et lenticulaires . Paris, 1859.

(2) Ch. Robin, Modifications de la muqueuse utérine pendant et après la c/rossesse. Paris,

Fig-. 151. — Calcification des cellules nerveuses de la moelle.

Grossissement : 240 (Fœrster).

i2H PROCESSUS MORBIDES.

ôessaires à Jeur production: la première est que l'hydaiide ailcessi de vivre, la secondé est que la vieillesse dn sujet ou quelque miUje cause favorise les dépôts. Talamon tend à croire qu'ils se forment dans la membrane anhiste quand elle a perdu sa vitalité.

Les kystes séreux peuvent s'incruster de sels comme les membranes séreuses dont ils oui la scruclure.

Le mode de formation des dépôts ne parait pas être toujours irleiv- ^Iqù&îîj '•ibzso ôldjjJi-iàv dau'b u^eia ol Juavuog'jnoa awwio w\ ■ xum

1 BàWcdrlà'ms cas, il est dù manifestement à la pénétration dans h circulation d'une quantité exagérée de sels calcaires; il se produit une dijscrasïè calcaire fnétustuliqùc (Talamon) ; il en est ainsi dans les faits de car'îe'où de Icâ'ncer 'd'es os où l'on constate Tinscrustation calcaire des parois artérielles, en même temps que des dépôls dans la muqueuse gastrique et dans les poumons; Virchow a môme voulu étendre cette théorie et expliquer, la crétificalion des artères chez les vieillards par l'activité anormale que présenterait chez eux la dénu trition du système osseux; mais ces faits ne sont pas comparables aux précédents, car, lorsque la calcification, est consécutive à la carie, les sels se déposent dans les parties de la tunique interne qui sont eni rapport avec le courant sanguin, tandis que, dans la crélification sé-j nile, l'incrustation se fait dans les couches profondes de la même membrane. \»L ,t ^ "^V^*

On a invoqué, .pour expliquer la précipitation des sels calcaires, l'augmentation de l'alcalinité du sang (dyscrasie calcaire chimique); eueffet, les phosphates, solubles quand ils sont acides, se précipitent quand ils deviennent neutres, et l'on a dit que, si les incrustations sont si fréquentes dans les artères et si rares dans les veines, c'est parce que le sang de ces dernières est surchargé d'acide carbonique; Cohnheim observe avec raison que, si cette théorie était vraie, loi artères pulmonaires devraient être le lieu d'élection de 1a pétrification, puisque le sang qui les parcourt est celui qui renferme le moins d'acide carbonique, et il se trouve au contraire qu'il ne s'y fait pour ainsi dire jamais d'incrustations.

La condition commune à toutes les parties qui deviennent le siège de cetle altération est un ralentissement de la nutrition (1); il existe dans les paroi artérielles des vieillards, par le fait de la sclérose des vasa vasorum ; il existe de même dans les vieux exsudats, dans les lithopédions et dans l'enveloppe des entozoaires.

Cohnheim (2) suppose que les sels calcaires n'interviennent dans la nutrition que s'ils sont unis à une certaine quantité de matière pr(H

(1) Cli. Bouchar.l, .Maladies par ralentissement de la nutrition, 1881. ïj Cohnheim, toc. ri/., \<. 5Î8.

«Itfue, et qno, dans les cas ou cette matière profe.que v.en , . . e P lus ii assimilée en propor tions suffisantes, ils se ^^^f^ ^'agirait le ralentissement de la nutnUon dans les circonstances que nous" avons indiquées.

Il ne faut pas ranger parmi les calcifications tous les dépôts cataires qui se produisent, chez les billards, dans les cartilages costaux • ces organes sont souvent le siège d'une véritable ossification qu, semble le terme naturel de leur évolution, et fossilication dillere essentiellement de la simple calcification : tandis que celle-ci est un trouble passif de la nutrition coïncidant avec la déchéance physiologique du tissu, celle-là est au contraire le résultat d'un processus actif; -il n'y a plus seulement un dépôt de sels calcaires dans le hssu inters-

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Fi. fife - Infiltration calcaire d'un cartilage1. Coupe transversale de la couche ,., pMfc- *" ration d'une épiphyse cartilagineuse d'un os raehitique. OrusMsscmcut : 10.

titiel il se fait une néoformation de tissu, osseux; les cartilages sonl cependant susceptibles de subir la calcification simple (figure 152).

Pour ce qui est des capsules d'enveloppe des entozoaires, on peut attribuer leur calcification, comme celle de la sénilité, à leur fa.ble vascularisation et au peu d'activité qu'y présentent les phénomènes nutritifs - mais il faut se demander également si ces dépôts calcaires ne seraient pas formés par l'entozoaire lui-même; il en est certainement ainsi pour les grains calcaires que contiennent les cysticerques ; Maas et Waldeyer ont de même reconnu que les calculs sahvaires ont pour noyau un amas de bactéries (1), et M. Galippe (2) attribue une semblable origine aux calculs urinaires : une partie des pierres de l'organisme serait donc, comme une partie du squelette terrestre, Pieuvre de petits organismes.

(1) Maas et Waldcver, Rasiock Naturforsch. Verso nnnlung, I87S;

(2) Galippe, Bull. île In Soc. de &iVOflrte,H886.

'M.iMfnMW^^s.^r^q^s yflw, fa ^jûçatfpns sont surtout nronauces quand f^éSOmk \® bïtèm et les valvules du cœur • ell contribuent, connue l'athérome qui les a précédées, à rétrécir le cal bre.dqs vaisseaux,.à en. diminuer l'élasticité et àfavoriser ainsi la for ,matipn .de.s thronibus. Oq a vu des plaques calcaires se détacber de la paroi et former des embolies.

La calcification des cartilages est, d'après Talamon, la cause nro chaîne des arthropathies séniles.

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S a. — Concrétions uratiques.

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On sait que la lésion essentielle de la goutte est le dépôt dans les articulations et souvent aussi dans les tissus périarliculaires, les tendons et les cartilages, durâtes de soude, sous forme de cristaux et granulations amorphes. Ces dépôts surviennent le plus souvent chez des individus prédisposés, sous l'influence d'un écart de régime ou sans cause apparente. L'introduction dans l'organisme d'une quantité de matériaux azotés hors de proportion avec ses besoins et ses dépenses paraît exercer une influence dominante sur la genèse et la production des accidents, mais elle ne suffit pas à expliquer les phénomènes, car on voit assez souvent le mal éclater chez des sujets qui n'ont pas commis d'excès.

La présence d'une quantité anormale d'acide urique dans le sanJ pendant les accès ne peut rendre compte des dépôts uratiques qui se font dans les articulations ; cette proposition ressort des faits suivants énoncés par Bouchard (1) : « La totalité du sang d'un goutteux contient au maximum un gramme d'acide urique; or, dans les premiers jours d'un accès, il peut y en avoir par les urines une élimination quotidienne de 1 ou 2 grammes, et les tophus formés pendant cette période représentent une somme d'acide urique qui dépasse plusieurs grammes; on ne peut donc attribuer la formation de ces concrétions au dépôt de l'acide urique préexistant dans le sang; elle implique nécessairement la production dans l'organisme d'une quantité anormale de cet acide au moment de l'accès : s'il traverse le sang, il n'y séjourne pas. »

Bouchard montre également que l'on ne peut expliquer, comme le voulait Garrod, l'accès de goutte par le défaut d'excrétion et la rétention de l'acide urique. On parvient, il est vrai, à provoquer chez les oiseaux des dépôts uratiques en leur liant les uretères, mais rien de comparable n'existe d'ordinaire chez les goutteux : ils ne présentent

(I) Bouchard, Maladies par ralentissement de la nutrition. Paris. 1882.

CONCRÉTIONS. 431 que tardivement des altérations des reins, et BoùcMrd a consta^que l'on ivait admis à tort une diminution an moment des accès dans a ; iTd acTe nrique éliminée par ces organes; il ajouté que le n u Là excès possible d'acide urique dans le sang ne consti tue jKLS masse minime comparée a celle que représente l'ensemble des

f^XXt^è exagérée d'acide urique sous l'influence d'excès alimentaires ne suffit pas h rendre compte des dépôts tophacés ; le rein étant normal, l'excès d'acide devrait s éliminer par l'urine; pourquoi est-il retenu dans le sang? Il se produit chez les malades atteints de leucémie et de cirrhose une quantité d acide urique supérieure à celle que l'on trouve chez les goutteux, et cependant il ne se forme pas chez eux de concrétions.

Bouchard rattache la rétention dans le sang et dans les tissus de l'acide urique formé ou non en quantité exagérée à la diminution de l'alcalinité du sang, à la prédominance des acides : Garrod a trouve de l'acide oxalique dans le sang des goutteux ; Todd y signale de l'acide lactique ; Proust, Rayer (1) et Gallois ont reconnu que 1 oxalurie y est presque constante : cette prédominance des acides amené la précipitation à l'état libre ou à l'état d'urates acides de l'acide

urique. , ,

Cet excès d'acides doit amener l'élimination d'une quantité exagérée de phosphates. Beneke assure qu'elle se produit, et Bouchard (2) montre avec raison que la présence chez les goutteux d'un excès d'acide urique et d'urates acides dans les urines, celle des mêmes urates dans les tissus, l'élimination par l'urine d'acide oxalique que l'on trouve également dans le sang en quantité appréciable et la déperdition de phosphates, sont les caractères d'un état dyscrasique à prédominance acide. L'urate acide étant moins soluble que l'urate neutre filtre plus difficilement à travers les reins et tend à s'accumuler dans le sang. Si certains tissus élaborent des acides, l'acide urique devra s'y fixer à l'état d'urate acide, et cela d'une manière d'autant plus persistante que ces tissus seront moins vasculaires (Bouchard) ; il en est probablement ainsi pour les tissus fibreux.

Il y a donc dans la goutte formation exagérée ou destruction trop lente des acides organiques. C'est là, pour Bouchard, un des caractères qui appartiennent à ce qu'il appelle la nutrition retardante.

Ces dépôts uratiques se font sous la forme de granulations et de cristaux en aiguilles disposés en boules graisseuses ; ils se développent, en premier lieu, dans les cellules qui semblent jouer un rôle

(1) Bayer, Traité des maladies des reins. Paris, 1839-41.

(2) Ch. Bouchard, loc. cit.

actif dans leur production. Ils donnent lieu souvent, dans les tissus où ils se produisent, à des phlegmasies secondaires.

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