Tumeurs musculaires
A. Formes typiques. — My ornes. — Les fibres musculaires striées fet lisses peuvent constituer les éléments fondamentaux de tumeurs hue l'on appelle rhabdomy ' ornes et léiomyomes.
a. Rhabdomy ornes. — Les rhabdomyomes n'ont été observés que très »3xceptionnellemenL ; on en a trouvé dans la langue et dans le cœur :j;hez des enfants nouveau-nés
b. Léiomyomes. — Les léiomyomes se rencontrent au contraire très fréquemment dans l'utérus et la prostate, quelquefois dans le tube digestif ou dans les parties des téguments externes qui sont riches en libres lisses.
Ils sont formés d'éléments très analogues aux fibres musculaires
t'ig;. 162. — Léiomyome; noyaux colorés par le carmin; ceux dont la forme est ronde représentent la section transversale de ceux qui sont allongés. Grossissement : 250 (Péris).
Lisses (fig. 162 et 163) : une enveloppe conjonctive les circonscrit ; le plus souvent on trouve aussi entre leurs éléments propres des trac- Us conjonctifs. Ce sont donc, à proprement parler, des fibro-my ornes. Ces productions sont d'habitude pauvres en vaisseaux; quelquefois cependant elles renferment des capillaires dilatés et des espaces lymphatiques qui, en convergeant, peuvent former des cavités kystiques (myomes caverneux et kystiques).
, Ces tumeurs, considérées en elles-mêmes, sont bénignes ; on les a vues cependant se généraliser ; Lancereaux en rapporte un exemple.
B. Formes prototypiques. — Myo-sar cornes. — On a trouvé très exceptionnellement, dans des tumeurs des reins ou des testicules, des cellules fusiformes plus ou moins striées transversalement à côté de
fibres lisses; d'autres fois, ce sont de grandes cellules protoplasmiques, souvent multinucléées et présentant sur l'un de leurs côtés une plus grande réfringence et une striation très nette, ce qui les rend semblables aux cellules vaso-formatives de Ranvier (4). M. Ziegler (2)
Fig. 163. — Cellules musculaires d'un léiomyome isolées parla potasse.
pense qu'il s'agit en pareil cas d'inclusions fœtales d'éléments laires. M. Bard (3) admet l'existence de myo-sarcomes qui a été confondus jusqu'ici avec les sarcomes conjonctifs.
6, Tumeurs épithéliales.
Ces tumeurs peuvent se développer aux dépens des épithéliums de revêtement ou à ceux des épitbéliums glandulaires. Leur structure peut répondre à celle de ces éléments ou en représenter des formes embryonnaires plus ou moins" altérées. C'est dire qu'elles sont de formes typiques ou protolypiques : on peut observer entre ces formes tous les intermédiaires. , ....
A Formes typiques. — Les unes se développent aux dépens des epitueliomesde revêtement , les autres à ceux des épithéliomes glandulaires.
Parmi les premières, il faut distinguer celles qui naissent de 1 ePLderme et celles qui naissent des muqueuses.
Les tumeurs d'origine êpidermique peuvent être constituées par i«
(1) Malassez, in Talavera, thèse de Paris.
0 Hld'lnat. path. gdnér. des tumeurs (Arch . de physiol., 1885).
Jbourgeonnement des cellules profondes de l'épidémie ou par des ■ saillies papillomateuses'; elles portent, dans le premier cas, le nom Ud'épithéliome pavimenteux ou de can- Icroïde, dans le second, celui de pawpillome.
I L ' épithéliome pavimenteux est ob- Iservé surtout aux lèvres, à la langue, «dans l'œsophage, au col de l'utérus, Ma la vulve et dans la vessie (flg. 166); I il se compose de lobules que sépare lun stroma conjonctif fibreux ou em- Ibryonnaire. On trouve à la périphérie Ide ces lobules des cellules cylindrifiques, plus au centre des cellules den- Itelées (fig. 164), semblables à celles de li'épiderme, et, de distance en distance, un globe épidermique (fig. 165) [formé lui-même de cellules épidermiques agglomérées en couches
Fig. i64. — Cellules épithéliales dentelées du cancroïde, d'après Cornil et Ranvier.
Fig. 165. — Épithéliorae du clitoris. Ou voit des amas de cellules épithéliales déposés dans le tissu conjonctif qu'infiltrent de petites cellules. Grossissement : 250 (Péris).
concentriques; la forme et les dimensions des cellules sont très variables. Ces tumeurs prennent souvent un aspect corné. Elles se dé-
veloppent pur bourgeonnement des couches profondes de l'épiderme ou des épithéliums. Les néoformations pénètrent dans le tissu sousjacent et s'y développent ; elles ont tendance à s'ulcérer et à s'étendre; quelquefois cependant leur accroissement est extrêmement lent; leur marche paraît subordonnée au degré de résistance que les tissus ambiants opposent à leur envahissement; leur généralisation est exceptionnelle. Elles subissent souvent la dégénérescence muqueuse. On ne les observe guère que chez les vieillards; elles se développent
Fig. 166. — Cellules d'un épithéliome de la vessie. Grossissement : 250 (Péris).
souvent chez l'homme à la lèvre inférieure, et l'on a admis qu'elles i pouvaient être le résultat de l'irritation provoquée par le contact de la pipe ou du cigare, mais on a souvent confondu avec elles de simples proliférations épilhéliales qui restent toujours localisées et doivent en être distinguées. D'après Lancereaux, il peut se développer dans la choroïde des épithéliomes mélaniques dont la malignité égale I celle des sarcomes.
Le papillome a pour lype physiologique la papille cutanée : on y distingue des saillies simples ou ramifiées que constitue une base conjonctive revêtue de cellules épidermiques ; chacune d'elles reçoit une ! anse vasculaire. D'après Auspitz, le point de départ de la uéofornia- j
ion est la prolifération des cellules épidermiques. Ces tumeurs sont lénignes. Dans les verrues, néoplasies d'origine parasitaire (page 236) les papilles sont très hypertrophiées et ramifiées.
Les tumeurs qui constituent l'affection connue sous le nom de moliïuscum cartagiosum ou acné varioliforme, ont été dans ces derniers ïemps diversement interprétées. On n'est d'accord, ni sur leur point de fflépart, ni sur la nature des corpuscules ovoïdes, sans noyau, que l'on y Rencontre, ni sur la cause qui en amène le développement. Pour les lins, elles prennent naissance dans les cellules interpapillaires du corps Luqueux, pour d'autres, elles siègent dans les glandes sébacées ; laisser leur assigne pour origine les conduits excréteurs de ces mêmes Landes. Leurs corpuscules sont considérés par Neisser comme des co-
Fig. 167. — Épithélium plat d'un carcinome du corps thyroïde (*).
hidies de l'ordre des grégarines; Tôrôk (1) maintient, au contraire, que ce sont des produits de dégénéralion des cellules épithéliales, et il les rapproche des substances colloïdes, confirmant ainsi l'opinion de Vidal (2). 11 soutient, contrairement à Neisser, que si l'affection, en jraison de sa transmissibilité, doit être considérée comme contagieuse, (son parasite est encore à trouver.
Les muqueuses peuvent être le siège de productions analogues aux iépithéliomes dont nous venons de parler. Ici encore, il faut tenir i compte avant tout de la spécificité des éléments cellulaires : leurs I caractères varient avec le point de départ de la tumeur ; c'est ainsi 'qu'on ne retrouve pas dans les épithéliomes pavimenteux de la bouchère l'œsophage et du vagin, les cellules dentelées du cancroïde : cutané.
(1) Torôk, Congrès international de dermatologie et de syphiligraphie. Paris. 1889.
(2) Vidal, C. B. de la Soc. de biologie, 1877-1878.
(*) a cellules superposées. Grossissement : 250 (Péris).
Les dpithéliomes cylindriques se rencontrent dans les organes recouverts d'un épithéliome de cette forme : tels sont la muqueuse gastrointestinale, les conduits glandulaires qui y aboutissent et particulière* menl ceux du foie et du pancréas, la muqueuse utérine et la pituitaire. Leur siège le plus fréquent est le tube digestif. On y distingue un stroma conjonctif et des cavités en forme de tubes ou alvéolaires (fig. 168) que tapisse un épithéliome cylindrique. Ces tumeurs ont souvent une marcbe envabissante ; leurs éléments se propagent suivant les interstices conjonctifs, elles amènent par compression l'atrophie des fibres musculaires, perforent les vaisseaux, envahissent les ganglions voisins et souvent d'autres organes; comme les cancroïdes,
Fig. 168. — Coupe d'un épithéliome de l'estomac. Grossissement : 300.
elles peuvent subir la dégénérescence muqueuse ou colloïde, s'altérer j et s'étendre à des organes plus ou moins éloignés de celui qui en a été élj le point de départ.
Il faut encore mentionner, parmi les épithéliomes qui revêtent le plus souvent une forme typique, ceux qui se développent aux dépens des débris épithéliaux qui existent souvent autour de la racine des dents et qui proviennent vraisemblablement des diverses productions épithéliales qui se voient dans les gencives pendant la formation des >i|, dents et persistent après l'achèvement de la dentition. M. Malassez, a qui l'on en doit la description, a montré qu'ils peuvent représenter r le type adamantin ou le type malpighien; d'autres fois leurs cellules • ne sont pas différenciées et ils rentrent alors dans la catégorie des tumeurs prototypiques; nous y roviendrons en étudiant les carcinomes. Des tumeurs de même origine peuvent se présenter sous la forme de
kystes ordinairement uniloculaires, quelquefois mulliloculaires et tantôt en rapport avec une dent incl use ou sortie, tantôt indépendants ( 1 ) .
Les adénomes sont, comme leur nom l'indique, des néoformations de tissu glandulaire. On distingue des adénomes acineux, des adénomes tubulés et des adénomes ktjstiques.
Les adénomes acineux se rencontrent surtout dans la mamelle, dans les glandes sébacées (Balzer et Pringle) et sudoridares (Broca et Verneuil), dans la parotide, dans le voile du palais et dans le pharynx; ils se composent de culs-de-sac glandulaires que remplissent des cellules analogues à celles de l'organe dans lequel ils se développent; ils sont entourés de tissu connectif; ils peuvent être congénitaux (2).
Généralement de petit volume, ils s'accroissent lentement, ne s'ulcèrent pas et ne se généralisent pas ; leurs éléments peuvent subir la dégénérescence graisseuse, colloïde ou calcaire.
Kelsch, Kiener et Sabourin (3) ont décrit sous le nom d'adénome du foie une néoplasie qui coïncide avec une cirrhose annulaire et avec une thrombose de la veine porte; elle se présente sous la forme de nodules dans lesquels on trouve des pseudo-canalicules biliaires dissociés par la cirrhose et aboutissant à de larges espaces remplis de cellules épilhélioïdes; beaucoup de rameaux de la veine porte sont obstrués par les mêmes éléments. D'après M. Sabourin, ces néoplasies épithéliales seraient une complication de la cirrhose ; M. A. Gilbert (4) s'élève contre cette interprétation ; il fait remarquer que ces mêmes néoplasies peuvent exister sans cirrhose.
La même objection peut être faite aux rapports admis par M. Sabourin entre les adénomes à cellules tantôt cubiques, tantôt cylindriques, qu'il a décrits dans le rein et l'inflammation chronique de cet organe.
Les adénomes tubulés sont généralement formés de cellules cylindriques. Ils sont très communs dans les muqueuses pourvues de glandes en tubes dont ils représentent le bourgeonnement et particulièrement dans celles de l'intestin, de l'estomac et de l'utérus; elles ont été décrites dans ce dernier organe sous le nom de polypes muqueux. Elles ne se généralisent pas; leur pronostic est bénin.
Les adénomes peuvent revêtir la forme kystique. Le développement de la cavité anormale est dû surtout en pareil cas à la prolification des éléments cellulaires qui constituent la paroi glandulaire. Dans l'épithéliome kystique intra-acineux des mamelles qu'a décrit
(1) Malassez, Sur le râle des débris épithéliaux paradentaires (Arch. de physiol., 1886).
(2) Balzer, Arch. de physiol., 1885. — Pringle, Brit. J. of Dermat., 1890.
(3) Sabourin, Essai sur l'adénome du foie, Thèse de Paris, 1881. — Mcrklen, Sur un cas de cirrhose atrophique avec adénome généralisé du foie (Rev. de méd., 1883).
(4) A. Gilbert, Du cancer massif du foie. Thèse de Paris, 1886.
480 PROCESSUS MORDIDES.
M. Brissaud (1), on trouve d'abord des culs-de-sac formés d'une membrane propre sur laquelle repose une couche de cellules cubiques très régulières: immédiatement au-dessus, sont amoncelées des J cellules de toutes formes, métatypiques, qui semblent provenir d'une J desquammation incessante de la couche épithéliale ; lorsque les cavi- J tés ont acquis une certaine dimension, la masse cellulaire resleJl d'abord accolée à une portion restreinte de la poroi et se désagrège *| ensuite peu à peu, le reste de la poche se remplit de liquide qui Jl semble le résultat d'une sécrétion; M. Brissaud admet avec raison»! que ces lésions consistent essentiellement dans une activité pervertie A 1 des acini glandulaires.
On est loin d'être d'accord sur la nature et le siège initial des tumeurs qui ont été étudiées récemment par Jacquet, Darier (2), J' Quinquaud (3) et Tôrôk (4) sous les noms d'hydr adénomes éruptifs, d'épt-kj 1 thôliomes discoïdes des glandes suporipares, d'adénomes sudoripares,-,.\{ decellulomes épithéliaux éruptifs et d'épithéliomes kystiques bénins. Elles sont intradermiques et l'on y voit un grand nombre de tractus épi- -J théliaux de forme cylindrique ramifiés en tous sens et offrant presque el1 tous des dilatations globuleuses, petits kystes contenant des blocs m1 d'une matière amorphe et réfringente. Tandis que, pour Darier, elles «l ' prennent origine dans les glandes sudoripares, il s'agit, d'aprèssli Quinquaud, d'altérations congénitales dont il tend à placer le point de départ dans des cellules épithéliales aberrantes; Jacquet se rattache ej à cette manière de voir en admettant que ces néoplasies se dévelop-'l1 pent aux dépens de débris para-épilhéliaux erratiques émanés à la période embryonnaire de la face profonde de l'ectoderme ou de ses»! bourgeons glandulaires; elles seraient comparables à celles que Malassez a signalées dans le chorion de la muqueuse gingivale. Pour: Tôrôlc enfin, elles ont pour siège initial des glandes sudoripares incomplètement développées.
Les kystes de l'ovaire doivent être regardés comme des épithéliomes (5).
(1) Brissaud, Anat. path. de la mal. kystique des mamelles (Arch. de physiol., 1884).
(2) Jacquet et Darier, Hydradénames éruptifs {Ann. de dermat. et de syphl., 1889) et ' Jacquet, Épithéliome kystique bénin de la peau {Congrès internat, de dermatol., 1889).
(3) Quinquaud, Du cellulome épithélial éruptif.
(4) Tôrôk, Bas syringocystadenome (Monatsh. f, prakt. dermatol., 1889).
(5) Nous ne consacrerons pas un article spécial à l'étude des kystes. 11 peut en effet se produire des cavités anormales sous l'influence de causes multiples; le plus souvent il nf s'agit pas de véritables tumeurs; c'est ainsi qu'une bourse séreuse enflammée et remplie d'un liquide exsudé ne constitue pas un néoplasme; la même considération s'applique à la dilatation d'un conduit excréteur ou des ramifications qui lui font suite en amont d'un obstacle au cours du produit qui doit être expulsé (kystes par rétention — comédon — milmm — kystes muqueux — kystes du rein). Quant aux kystes qui caractérisent des tumeurs, ils sont de nature trop diverse pour être englobés dans une même description.
Waldeyer (1), en effet, a démontré qu'ils se développent aux dépens de l'épithélium qui recouvre la glande. D'après MM. Malassez et de Sinety (2), il naît de cet épithélium des bourgeons analogues a ceux qui constituent chez l'embryon les tubes dePfluger; ils végètent, deviennent creux et forment des culs-de-sac revêtus de cellules polymorphes : ces culs-de-sac se remplissent de liquide comme le font les acini d'une glande dont le conduit est oblitéré, et leur cavité s'agrandit plus on moins rapidement; leur paroi présente une surface villeuse ; elle est doublée extérieurement d'une couche de tissu conjonctif ; des bourgeons épithéliaux, nés de sa surface interne, pénètrent dans son épaisseur et s'y transforment en kystes secondaires. Le liquide kystique contient des cellules épithéliales diversement altérées. Dans certaines tumeurs colloïdes de l'ovaire, il se fait une prolifération considérable de tissu myxomateux, qui se substitue presque partout au tissu épithélial; les tumeurs, primitivement épithéliales, se transforment ainsi en tumeurs conjonctives (Malassez). Il s'agit de tumeurs mixtes.
B. Formes prototypiques. — Elles sont constituées par des néoformalions d'épithéliums non encore différenciés, agglomérés en masses et n'étant disposés, ni en surface de revêtement, ni en tubes glandulaires ; on trouve souvent des intermédiaires entre ces tumeurs et les précédentes. Nous avons vu que les débris d'épithéliums paradenlaires donnent lieu, quand ils prolifèrent, tantôt à la formation de tumeurs typiques telles que des kystes, des épithéliomes adamantins ou malpighiens, tantôt à des épithéliomes atypiques non différenciés.
Ces formes atypiques sont englobées sous le nom générique de carcinomes et comprennent la grande majorité des néoplasies que l'on appelle vulgairement des cancers. La plupart des auteurs, depuis les travaux de Thiersch et de Waldeyer, sont d'accord sur ce point. Il faut reconnaître cependant que les sarcomes peuvent offrir la plus grande ressemblance avec ces épithéliomes quand ils sont formés d'alvéoles renfermant des amas de cellules endothéliaies.
L'épilhéliome glandulaire naît sans doute des mêmes éléments que l'adénome, mais tandis que, dans celui-ci, les acini se reproduisent avec leur structure normale, dans celui-là, les bourgeons épithéliaux pénètrent dans les fentes lymphatiques et les interstices du tissu conjonctif qui prolifère, prennent part à la constitution de la tumeur et forment les parois d'alvéoles clans lesquels sont incluses les cellules épithéliales ; le stroma peut être constitué par du tissu fibreux ou du tissu embryonnaire (fig. 169, 170 et 171).
(1) Waldeyer, Arch. f. Gynxkol.
(2) Malassez et de Sinety, Structure, origine et développement des kystes de l'ovaire {Arch. dephysiol., 1878, 1879, 1880, 1881).
Hallopeau, 3e edilioû. 31
Les cellules prennent les formes les plus variées (fig. 106) : généralement de grandes dimensions, elles peuvent être polygonales, arron'-
Fig. 169. — Carcinome de la mamelle; les interstices du tissu conjonctif sont remplis de cellules carcinomatcuses. Grossissement : 250 (préparation de Terls. traitée par l'hématoxyline).
dies, fusiformes ou en raquelte, contenir un ou plusieurs noyaux, des granulations graisseuses ou de la matière colloïde ; de nombreux vaisseaux circulent dans le stroma.
On distingue diverses variétés de ces tumeurs. Quand le stroma très développé circonscrit des alvéoles petits et renfermant peu de cellules le néoplasme s'appelle squirrhe (fig. 169) ; il prend le nom d'encéphaloïde lorsqu'un stroma très mince circonscrit de larges alvéoles remplis de cellules (172).
Si les vaisseaux sont très abondants le carcinome est dit tëlangiec-
Fig. 170. — Carcinome; les cellules des alvéoles situés à droite ont été enlevées avec le pinceau. Grossissement : 250 (Péris).
tasique ou hëmatodc ; souvent ces vaisseaux, bien que de calibre considérable, ont la structure des capillaires ; on conçoit qu'ils se rompent facilement et donnent lieu ainsi à la formation de foyers hémorrhagiques. Assez souvent la rupture se fait au niveau d'une dilatation.
Dans le carcinome colloïde les alvéoles sont remplis d'une masse gélatiniforme (fig. 173 et 174).
D'après Lancereaux, ces tumeurs diffèrent suivant l'organe dans lequel elles se développent primitivement. Elles ont une marcbe envahissante : détruisant les tissus qui les entourent, elles se propagent
par l'intermédiaire des lymphatiques aux ganglions qui les avoisinenff
Fig. 171. — Trame et cellules du carcinome (*).
leurs cellules sont souvent vésiculeuses ; elles pénètrent dans les vaisseaux; puis elles sont trans-
portées par les lymphatiques ou les veines en différentes parties de l'organisme, et y deviennent le point de départ de nouvelles néoplasies (l)en se multipliant; on peut voir ainsi des cellules émigrées d'un cancer du pancréas ou de l'estomac s'arrêter dans les capillaires du foie et y proliférer, formant un réseau dans lequel le sang est remplacé par des cellules cancéreuses.
Suivant Rindfleisch et Klebs, les éléments de l'or* gane envahi participeraient à la genèse de la nouvelle tumeur, les cellules conjonctives ainsi
(1) y. — fig. 133 — Hanot et Gilbert, Études sur les maladies du foie. Paris, 1888.
(*) b, cloisons formées de tissu conjonctif. - d, cellules. - c, une cellule vésiculeuse
'd'après Cornil). . ; . .
** a coupes de cylindres celluleux cancéreux. - b, Taisceaiu du stroma. - c, cellule fusiforme étendue transversalement d'un faisceau à l'autre, le long de laquelle se dépose la substance fondamentale servant à la formation d'un nouveau a.sceau de stroma. - d .nfiffl tration de cellules globuleuses dans l'intérieur des faisceaux du stroma. Grossissement : 300.
Fig. 172.— Stroma d'un carcinome glandulaire mou (**).
que les endothéliums capillaires el lymphatiques entreraient en prolifération pour former des cellules cancéreuses. Ziegler (1) qui a récemment étudié cette question n'a pu arriver aux mêmes conclusions : si les éléments conjonctifs prolifèrent, c'est seulement, d après lui, pour former un tissu analogue à celui dont ils émanent ou a ceux qui en dérivent normalement; l'embolie cancéreuse agit comme le ferait un corps étranger; elle provoque à sa périphérie une proh-
Fig. 173. — Éléments du cancer colloïde (*). Fig. 17k — Cancer colloïde (**).
fération connective ; il se forme un nouveau slroma dans lequel se développent les nodules cancéreux, mais jamais les cellules conjonctives adultes n'engendrent les cellules cancéreuses.
Ziegler conteste également avec raison que les tumeurs carcinomateuses développées secondairement puissent se former aux dépens des épithéliums glandulaires. Dans le cancer métastatique du foie on voit les cellules propres de cet organe s'atrophier sans jamais prendre part
(1) Ziegler, loc. cit.
(*) o, cellule vésiculeuse contenant elle-même nue cellule dans son intérieur. — b, cellule vésiculeuse vide. — c, cellule vésiculeuse contenant un noyau sphérique. — d, cellule distendue contenant trois cellules dans son intérieur. — ee, cellules vésiculeuses en voie d'atrophie. Grossissement : 300 (d'après Cornil et Ranvier).
(**) m, cloison fibreuse. — n, cloisons amincies et colloïdes circonscrivant les alvéoles dans lesquels se trouvent dos cellules colloïdes. Grossissement : 200 (d'après V. Cornil).
486 PHOCESSUS MORBIDES,
au travail de néoplasie; de môme, dans le cancer de Ja mamelle on d.sL.ngue nettement les cellules de la tumeur des éléments d'e la glande.
Les tumeurs les plus riches en éléments cellulaires sont celles qui se généralisent et s'ulcèrent le plus vite; il y a un contraste à ce point de vue entre l'encéphaloïde et le squirrhe : celui-ci, composé surtout d'éléments conjonctifs rétractiles, peut amener l'atrophie des organes dans lesquels il se développe.
L'infiltration du tissu morbide dans les tissus ambiants est dans le cancer un phénomène précoce et qui explique la récidive presque constante de ces productions après leur ablation.
A côté des carcinomes, nous devons placer les tumeurs mixtes auxquelles M. Malassez réserve le nom de cylindr ornes. Elles consistent essentiellement en une néoformation épithéliale du type cylindrique qui, au lieu d'arriver à sa forme typique et de se disposer en revêtement, reste presque partout à un stade de développement moins avancé et se dispose en amas épithéliaux pleins, de forme variée, comme ceux du carcinome (1). On trouve, à l'intérieur de ces masses cellulaires, des productions transparentes de formes variées, tantôt hyalines, tantôt fibrillaires. Cette néoformation envahit progressivement les tissus sains qui l'entourent et y détermine une prolifération conjonctive qui constitue le stroma de la tumeur. Dans des formes mixtes, ce stroma devient par places myxomateux: la néoformation épithéliale embryonnaire est envahie secondairement par une néoformation myxomafceuse hydatiforme.