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ARTICLE III. — ALTÉRATIONS DE LA VOIX

L'émission normale des sons ne peut faire que : 1° si la colonne d'air expirée arrive librement dans le larynx ; 2° si les cordes vocales peuvent vibrer normalement; 3° si l'appareil de transmission constitué par le pharynx, la bouche et les fosses nasales peut vibrer pour renforcer le son laryngé et lui donner son timbre.

La faiblesse de l'expiration, telle qu'on la rencontre dans les cas

d'adynamie extrême et de paralysie des muscles inspirateurs et expirateurs, produit l'affaiblissement de la voix.

Les vibrations des cordes vocales peuvent être entravées par toutes, les altérations que subit la muqueuse laryngée, depuis la légère .tuméfaction qu'entraîne l'hypérémie jusqu'au boursouflement" de 1 œdème glott.que, aux altérations destructives de la syphilis et de la tuberculose, aux exsudations diphthéritiques et aux tumeurs cancéreuses et polypeuses.

Dans l'hypérémie laryngée, la voix est altérée dans son timbre eti dans sa tonalité; elle est rauque, enrouée, impure, parce que le limbre dépend de la nature du corps vibrant et que la texture des cordes vocales est changée par l'inflammation ; toute corde vibrante, enduite d'une substance visqueuse, donne nécessairement des sons impurs, voilés, et les cordes vocales, recouvertes du produit de la sécrétion inflammatoire, sont précisément dans ces conditions (1); la voix est altérée dans sa tonalité ; ordinairement plus grave, elle devient par instants plus aiguë pour s'éteindre ensuite immédiatement.

Dans la laryngite glanduleuse, le boursouflement de la muqueuse produit de même l'altération de la voix, qui est impure, rauque et éraillée; dans la diphthérie laryngée, les malades deviennent complètement aphones, la fausse membrane qui recouvre les cordes vocales s'opposant à leur vibration; clans la phthisie laryngée, la voix est également rauque et enrouée au début, éteinte plus tard. Ces mêmes troubles fonctionnels peuvent se produire sans lésions des cordes vocales, par le fait du boursouflement des replis thyro-aryténoïdiens supérieurs. Peter et Krishaber rapportent que des malades devenus complètement aphones et arrivés à la période ultime de la phthisie laryngée peuvent parfois émettre par instants des sons perceptibles à distance; l'examen direct permet de reconnaître que ces individus font vibrer des lambeaux de muqueuse flottant dans la cavité du larynx.

Les troubles de la voix peuvent encore se produire alors que la muqueuse laryngée est complètement intacte, par l'effet de troubles dans la contraction des muscles et clans leur innervation. Peter et Krishaber ont décrit sous le nom d'asynergie vocale un trouble de la phonation résultant du défaut de contraction coordonnée et suffisante des muscles phonateurs ; elle se produit chez les individus soumis aux fatigues vocales et indique quelquefois le début d'une affection laryngée; elle se traduit par une modification clans les intonations.

Le nasillement est une modification que subit le timbre de la voix

(1) Peter et Krishaber, article Larynx du Dictionnaire encyclopédique.

TROUBLES DES FONCTIONS DE L'APPAREIL RESPIRATOIRE. 509 dans les cas de lésion sous-gloltique des conduits respiratoires. Krishaber (1) en distingue deux variétés.

Dans la première, l'air passe en quantité trop considérable à travers les fosses nasales dont l'obturation, nécessaire pour la prononciation de toutes les lettres de l'alphabet sauf m et n, ne peut alors s'accomplir ; elle a pour causes les malformations et les perforations de la voûte palatine et du voile du palais, ainsi que les paralysies de ce dernier organe. Dans la deuxième variété, les narines sont constamment imperméables et le passage de l'air pour la prononciation des consonnes m et n ne peut point s'accomplir; ses causes sont le coryza, les polypes du nez et l'étroitesse cicatricielle ou congénitale des fosses nasales.

La voix prend un timbre guttural particulier (pharyngopbonie de Krishaber) quand les fosses nasales sont oblitérées, au niveau de la cavité pharyngo-buccale, par les amygdales hypertrophiées, des végétations dénoïdes ou des tumeurs proéminant dans cette région.

L'aphonie peut résulter de la paralysie des muscles constricteurs de la glotte; on l'observe dans la paralysie des récurrents ; elle était complète dans un cas où ces nerfs avaient été sectionnés; elle survient également parfois chez des hystériques; elle peut être enfin occasionnée par une affection utérine ou gastrique (2); il s'agit alors sans doute d'une excitation paralysante. Dans deux cas, Krishaber a vu des aphonies persistantes disparaître sous l'influence de la galvanisation préthyroïdienne.

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