PNEUMATIQUE. I
explique comment les parties les plus élevées sont plus rares que celles qui touchent à la surface de la terre, puisque la densité est partout proportionnelle à la masse du poids superposé. Le poids d’une colonne d’air d’un pied de haut est la vingt-huitième millième partie de la pression totale. Conséquemment cette pression est augmentée d’un par l’addition du poids d’un pied, et le pied ensuite sera plus dense dans le même rapport y puisque la densité est toujours proportionnelle à la pression : celle-ci augmentée successivement , sera toujours égale à vingt-huit mille fois le poids d’un pied, dans^ l’ordre successif. Ce même raisonnement pourrait avoir lieu indéfiniment, et on prouverait que les hauteurs variant uniformément, soit par pied ou par lieue, les pressions et les densités croîtraient en proportion continue. Ainsi , à une hauteur d’environ trois mille brasses, la densité serait moitié de ce qu’elle est à la surface de la terre ; à une hauteur de six mille, elle serait d’un quart ; à neuf mille, un huitième. D’où il suit que lahauteur exprimée en brasses se trouve représentée par le logarithme du nombre qui exprime la densité MÉCANIQUE. -12
178 hydraulique : hydrostatique.
de l’air : car le logarithme de 2 multiplié par 10,000 est 3o,io, le logar. de 4-, 6,020, et celui de 8. 9,o3i.
C’est ainsi qu’on obtient une méthode facile de déterminer avec assez d’exactitude la hauteur des montagnes : mais pour la reconnaître avec précision, il faudrait préalablement tenir compte des effets de la chaleur et reconnaître la nature des vapeurs dans leur mouvement ascendant : or ces données ne sont pas ici de notre ressort (1). Nous parviendrions aussi à déterminer , [d’après les mêmes principes , à quelle hauteur s’élèverait un ballon dont nous connaîtrions le volume et le poids.
Il paraît toutefois que tous les corps qui existent à la surface de la terre sont soumis à la pression d’une colonne d’air de vingtsept mille pieds de haut , en supposant partout sa densité égale à celle qu’elle exerce à la surface du globe; on l’évalue égale à celle de vingt-huit pouces de mercure, ou trentedeux pieds d’eau , ce qui équivaut à quatorze livres trois quarts par pouce carré. Cette pression agit dans toutes les directions , et
(l) Voir la Physiqcb. .