‹ Traité élémentaire de peinture. Contenant les principes du dessin, du modelé et du coloris, et leur application à l'imitation des objets à la compositionChapitre 103 sur 124 · PNEUMATIQUE. I · texte numérisé non relu

PNEUMATIQUE. I

comme elle est équilibrée par l’élasticité des substances sur lesquelles elle opère, ses effets ne sont point sensibles : mais si, à l’aide de la machine pneumatique, ou par tout autre moyen , on fait le vide d’un côté , tandis que de l’autre le corps éprouve la pression de l’air atmosphérique , celle-ci exerce une action très-marquée. Ainsi, lorsqu’on épuise d’air deux hémisphères de cuivre en contact, ils acquièrent une force extraordinaire de cohésion : on a donné le nom d’hémisphères de Magdebourg à deux appareils semblables , construits par Otto de Guérite de Magdebourg, et qui tenaient assez ensemble , par cette pression , pour arrêter le char de l’empereur, tiré par six chevaux vigoureux.

Si l’on met la main sur l’ouverture d’un flacon ajusté sur la machine pneumatique, la main y adhère fortement , lorsque le vide est fait, à causede la pression qu’exerce l’air extérieur sur le dos de la main : il arrivera même que les fluides qui circulent dans les vaisseaux sanguins, seront refoulés à la partie basse de la main , et produiront un effet semblable à celui de la succion.

Ce fut Galilée qui , le premier , expliqua

l8û HYDRAULIQUE : HYDROSTATIQUE.

l’ascension des liquides dans les corps de pompe, par les effets de la pression atmosphérique. Toricelli, son élève, confirma sa doctrine au moyen d’une colonne de mercure,. suffisamment haute pour faire équilibre au poids de l’atmosphère, et produire le vide dans la partie supérieure du tube qui le renfermait.

Lorsqu’on remplit de mercure un tube de verre, d’environ trois pieds de long, fermé par un bout et ouvert de l’autre, et qu’on le plonge alors dans un bain du même fluide? la pression atmosphérique est sans action sur la partie haute de la surface du mercure dans le tube, tandis qu’elle continue à agir sur la. surface du bain, et conséquemment sur le bas de la colonne du mercure dans le tube. Si l’on place alors celui-ci sous le récipient delà machine pneumatique, le mercure s’abaisse dans le tube, en raison de la moindre pression de l’atmosphère ; et si le vide est complet, il descendra à peu près au niveau du bain. Si on réintroduit l’air, le mercure s’élève ordinairement à vingt -huit pouces au niveau de la mer, mais les variations de la pesanteur de l’air font osciller cette hau-

PNEUMATIQUE. l8l

teur entre vingt-sept et vingt-neuf pouces. Cet instrument, qui sert à mesurer la pesanteur de l’air , se nomme baromètre. C’est par lamême cause qu’une colonne d’eau de trente à trente-quatre pieds de haut peut être soutenue dans le corps d’une pompe; mais si celui-ci est plus long, il s’opère un vide dans la partie supérieure, qui neutralise l’action de la pompe.

La même méthode qu’on emploie pour déterminer le rapport entre les hauteurs et les densités des fluides élastiques, s’applique à tous les corps compressibles et élastiques, suivant les mêmes lois; et il est présumable que ces lois sont applicables à tous les corps de la nature, tant qu’ils sont susceptibles de pression sans que leur forme soit altérée. Canton (et depuis MM. Oersted et Perkins) a expérimenté que l’eau, par exemple, était réduite à i de son volume, à l’aide d’une pression égale à celle de l’atmosphère : conséquemment cette force peut être évaluée celle d’une colonne d’eau de sept cent cinquante mille pieds de haut, et la densité de l’eau au fond d’un lac ou delà mer, est donc augmentée par la pression de la masse li-

t8a hydraulique : hydrodynamique.

quide supérieure ; et si l’on suppose que la i loi de la compression agisse ici comme pour l’air, on en conclura qu’à une profondeur de cent milles (33 lieues), sa densité sera double ; et à deux cents , elle sera quadruple.

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