‹ Traité élémentaire de peinture. Contenant les principes du dessin, du modelé et du coloris, et leur application à l'imitation des objets à la compositionChapitre 13 sur 124 · PRINC. POUR TRACER LE CONTOUR · texte numérisé non relu

PRINC. POUR TRACER LE CONTOUR

porte-crayon qui doit être droit, afin qu’il puisse servir de régulateur, on en fera usage en le plaçant entre son œil et l’objet, tantôt verticalement, tantôt horizontalement, pour diviser et subdiviser mentalement la statue que l’on copie.

Les deux premières divisions déterminent ordinairement, parle croisement d’une verticale avec une horizontale, le point milieu de la statue, ou même d’un groupe de plusieurs figures, si on doit le copier. Or voici ce que l’on entend par le point milieu : quels que soient le mouvement, l’extension ou le resserrement des membres de la statue, ou des statues si c’est un groupe, on peut toujours diviser en deux parties égales, par le moyen d’une verticale, l’espace compris entre les deux points extrêmes que les membres de la statue déterminent en largeur à droite et à gauche. Par le moyen d’une horizontale, on divise de la même manière, en deux parties égales, l’espace compris entre les deux autres points extrêmes que déterminent en haut et en bas les membres de la statue. Ces deux divisions étant faites, la section de ces deux lignes, verticale et horizontale, déter-

58 DK LA LUMIÈRE ET DU MODELÉ, minera un point que nous nommons milieu , parce que, en effet, il serait évidemment le milieu d’un carré ou d’un parallélogramme, dans l’une desquelles figures on peut toujours enfermer l’apparence d’une statue, quelle que soit la bizarrerie de son moument.

Ce point milieu étant déterminé, on voit toujours .rationnellement le carré ou le parallélogramme dans lequel la statue peut être inscrite. C’est alors qu’il est facile de comparer la forme et le gisement en long et en large de ce parallélogramme, avec la forme et la grandeur du papier sur lequel on doit faire sa copie, pour la réduire à des proportions analogues à la dimension de la feuille, et surtout reporter en effet et avec son crayon sur soif papier, ce point milieu et même ce parallélogramme fictif, dans lequel on vient d’enfermer mentalement la statue qu’on veut copier. C’est de ce procédé si simple que dépendent les seules règles un peu fixes que l’on puisse donner pour copier d’après le relief. En effet, c’est en multipliant par la pensée, et avec le secours du porte-crayon, les lignes verticales et hori-

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zontales , que l’on augmente les termes de comparaison pour juger non-seulement de la dimension relative des diverses parties de la statue, mais encore de l’ouverture des angles que les membres forment entre eux, ou avec les lignes tracées mentalement avec le porte-crayon régulateur.

La recherche du point milieu et la faculté acquise de le trouver rapidement , sont des habitudes qu’il faut contracter de jeunesse. Cet exercice et la pratique de la perspective sont des connaissances élémentaires avec lesquelles il faut se familiariser l’esprit et l’œil comme avec la lecture.

Prévenons une objection que quelques personnes ne manqueront pas de faire en lisant ce qui précède. Pourquoi , dira-t-on , ne pas substituer «à la recherche si incertaine du point milieu et du parallélogramme , par le moyen des lignes idéales, l’usage d’un châssis auquel on adapterait des fils horizontaux et verticaux , de manière à ce que l’élève , en plaçant cet instrument si simple entre son œil et l’objet , pût trouver d’un coup d’œil , et sans erreurs, les rapports mathématiques qu’il cherche?

(3o DE LA LUMIÈRE ET DU MODELE.

On répond qu’en effet les deux opérations sont au fond identiquement les mêmes, et que la dernière proposée donne d’abord des résultats plus exacts ; mais qu’en mettant aux carreaux avec un châssis, l’élève n’exerce pas simultanément son intelligence et ses yeux , n’aiguise pas au même degré son esprit et ses sens , que quand il est forcé, ù l’aide de son porte-crayon , de combiner une figure géométrique dont l’exactitude seule garantit la réussite du travail définitif.

Mais revenons à l’objet principal qui nous occupe en ce moment. Après avoir indiqué comment il faut procéder pour dessiner le contour d’une figure d’après le relief, il convient maintenant de faire connaître les principes généraux à suivre pour la modeler sur le papier.

Dans cette occasion , aucun moyen mathématique, même imparfait ou incertain, ne vient au secours du dessinateur. Tout est livré à la pénétration de ses yeux à la sagacité de son intelligence : les conseils que l’on peut lui donner se bornant à quel ques observations que l’expérience et un

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