‹ Traité élémentaire de peinture. Contenant les principes du dessin, du modelé et du coloris, et leur application à l'imitation des objets à la compositionChapitre 33 sur 124 · DES PROPORTIONS DES CORPS. Î2Î · texte numérisé non relu

DES PROPORTIONS DES CORPS. Î2Î

gueur et d’une maigreur démesurée , ou présentent une masse raccourcie, qui se rencontre, mais que l’on ne trouve pas ordinairement dans l’homme. Cependant il faut connaître ce livre rempli de science, et où l’observation de la nature se fait jour à travers les erreurs.

En mesurant minutieusement les parties comparées de différentes statues, Poussin et Audran nous semblent être tombés dans deux erreurs graves. La première, c’est qu’il est physiquement impossible de mesurer une statue aussi bien qu’un être vivant; car, sans parler des muscles et de la peau dont la faculté rétractile ne permet pas qu’on en saisisse la juste dimension, les os même ne peuvent être mesurés dans leur longueur et leur largeur. Comment mesurer, par exemple, la largeur du corps du Discobole ou du Thésée (Cincinnatus), dont les bras ramenés vers la poitrine diminuent de deux ou trois pouces, par ce mouvement, l’étendue qu’auraient les épaules si le personnage était debout. L’Apollon porte sur une jambe, et de ce côté tous les os refoulés dans la cavité des articulations, diminuent la hauteur véri-

DES FORMES

table de toute la ligure, tandis que l’extension des tendons de l’autre côté augmente l’autre portion du corps. Où trouver la moyenne proportionnelle entre la hauteur refoulée et celle qui est étendue? l’opération ne pouvant se faire régulièrement au moyen du compas, il vaut mieux alors mettre de côté tous les instrumens, et apprécier ces proportions à vue d”ceil.

Le second inconvénient qui résulte de la méthode employée par Poussin et Audran, c’est de donner des proportions humaines exclusivement extraites d’ouvrages d’art.

Bien qu’il y ait une perfection incontestable dans le choix des proportions de la plupart des bonnes statues antiques, cependant il y en a de plus ou moins parfaites, et enfin ce sont des copies de la nature. Il semble donc que les mesures des statues auraient du être prises conjointement avec celles de plusieurs êtres vivans dont les formes auraient eu de l’analogie avec celles des ouvrages d’art où l’on aurait cru trouver des types parfaits.

Malgré les inconvéniens signalés plus haut, il s’en faut bien que la lecture et l’étu-

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