DES PROPORTIONS DES CORPS
de de ces livres soient inutiles au jeune peintre. C’est précisément parce que les hom ^ mes les plus éclairés n’ont pu assigner des proportions fixes au corps humain, qu’il est nécessaire que chaque artiste exerce son esprit sur cette recherche, afin d’augmenter I et de fixer la science s’il est possible, ou au I moins de former pour soi-même et pour son (usage, un ensemble d’observations qui ai- | dent dans la pratique de cette partie si difficile et si essentielle de l’art.
On engage donc à consulter les écrits des quatre peintres nommés plus haut; mais | toutefois on se hasardera à proposer ici quelques principes d’où l’on pourrait partir pour essayer soi-même le travail que ces grands artistes ont tenté. Peut-être serait-il prudent de commencer d’abord l’étude des proportions sur la nature vivante. On comparerait d’abord les proportions d’êtres de nature bien différente, comme des blancs et des nègres, et l’on aurait soin de faire des dessins bien étudiés de ces deux races, afin d’arriver à un résultat plutôt pittoresque que mathématique. Cependant, en multipliant les expériences et les dessins, on oh-
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tiendrait sans doute des proportions relatives assez fixes. On reconnaîtrait, par exemple, que la ligne des yeux qui, chez les blancs, partage également Toyale de la tête, est placée beaucoup plus haut dans celle des nègres; que le volume total de la tête de ces derniers est moindre que chez les blancs ; que les extrémités inférieures du noir sont plus longues comparativement, et que le pied n’est pas non plus dans le même rapport avec la tête chez les deux espèces. Ces observations seraient d’autant plus fructueuses pour l’artiste, qu’elles en feraient naître d’autres très-importantes même pour la connaissance des proportions. On verrait par l’inspection simple que la tête du nègre n’est pas articulée sur la colonne vertébrale dans la même direction que celle de l’Européen; que tous les os longs, tels que ceux des bras et des jambes, plus contournés sur eux-mêmes par l’effort des muscles, décrivent, en général, une courbe plus sensible que les os analogues chez les blancs.
On ferait tour à tour dans les deux espèces une comparaison des proportions relatives qui différencient les sexes, les âges, et