ENCHAIN. DES PARTIES DU COE PS HUM. I
Ceies deux cas, l’on prend une idée fausse du k gisement des muscles dans l’état de vie, et 1,1 la plupart des élèves instruits de cette mans|nière deviennent des anatomistes pédans, 11 au lieu d’acquérir une science véritable. C’est au maître à corriger les défauts que jlelève aura pu commettre. On fera donc "'exercer quelques contractions violentes au modèle, dans la partie où le jeune peintre se sera trompé, et de cette manière on rectifiera tout à la fois le jugement et l’œil de ce dernier. Tant que l’élève n’est que copiste en étudiant , tant qu’il ne s’occupe que de l’apparence des objets, il ne doit connaître de l’anatomie que ce qui est appa- I rent. Son œil seul jusqu’à ce moment est le juge qui décide de ce qu’il doit exprimer ou omettre.
Mais une fois que la connaissance des formes réelles est devenue nécessaire pour en mieux représenter l’apparence, c’est alors que l’étude de l’anatomie devient indispensable.
N° I. — Ostéologie.
Dans les études anatomiques, le point im~
DES FORMES
portant pour un artiste est de ne pas les faire isolément sur la nature morte, mais de les rapporter constamment à la nature vivante.
Veut-on dessiner la tête osseuse, on aura soin de placer auprès d’elle une tête en plâtre, moulée sur la nature ou sur l’antique, de manière à ce que les deux objets posés dans la même direction et éclairés par la même lumière, laissent distinguer d’un seul coup d’œil les parties osseuses qui, comme le front, les pommettes, le nez et le menton, conservent leurs formes, de toutes les autres parties des os qui sont recouverts par les chairs. Pour étudier les articulations et les extrémités, on se fera préparer ces parties par un prosecteur. Après leur avoir donné une position, on la fera prendre à la même partie d’un modèle vivant, et l’on copiera simultanément d’après la nature vivante et la nature morte. Car cette dernière ne doit être pour un peintre que comme un dictionnaire pour celui qui veut se perfectionner dans l’étude d’une langue.
Mais il est une partie du corps humain que l’on ne saurait trop bien connaître.
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C’est la colonne vertébrale. Voici comme on peut s’y prendre pour en concevoir prompement tous les mouvemens combinés. On éra placer un homme vivant, de profil par [■apport au spectateur. On recommandera à ce modèle de se tenir debout , n’ayant la tête ni baissée ni levée, et les bras croisés sur sa poitrine. Le contour formé par le col, les épaules, le dos et les reins déterminera une ligne courbée. En faisant ensuite pencher le modèle en avant, en arrière, à droite et à gauche, puis exercer le mouvement de torsion sur ses reins, sans changer les pieds de place , on aura obtenu tous les degrés extrêmes des mouvemens que peut exercer la colonne vertébrale. Lorsque l’homme reste parfaitement droit, la colonne épinière forme donc une ligne serpentante, qui se change en spirale plus ou moins irrégulière lorsqu’il y a le plus léger mouvement de torsion sur les hanches. Cette disposition de l’épine dorsale résulte si nécessairement de son organisation, qu’on la retrouvera toujours dans un cadavre jeté au hasard et dont le gisement des membres dépend de leur poids. Mais on ne saurait peinture. 9
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trop le répéter, c’est sur la nature vivant* qu’il faut étudier sans cesse les mouvemena si variés de la colonne vertébrale, d’où dépendent ceux de tout le corps.
f Puisque l’on a recommandé l’étude de l’anatomie comparée pour juger des proportions relatives de chaque animal, on ené>a§era les peintres à cultiver encore cette science, dans l’idée de comparer les mouvemens propres à chaque espèce d’êtres vivans. Or la première étude à faire dans ce cas, c’est d’observer la différence qu’il y a entre les ondulations de la ligne que forme la colonne vertébrale des animaux différens. On observera le dos cambré de ceux qui marchent, comme le chien, le cheval, le bœuf; le dos bombé de ceux qui sautent, comme le lapin, le cerf, le chat; enfin on suivra avec attention la diminution progressive de la flexibilité de la colonne vertebrale, depuis le tigre, qui est si souple, jusqu a la tortue, dont les vertèbres sont fixées à la carapace, et qui se meut tout d une pièce.
Tout ce cours d’études anatomiques, toutes ces observations doivent être faites par le
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