‹ Traité élémentaire de peinture. Contenant les principes du dessin, du modelé et du coloris, et leur application à l'imitation des objets à la compositionChapitre 37 sur 124 · OSTÉOLOGIE · texte numérisé non relu

OSTÉOLOGIE

peintre, toujours le crayon à la main, et ne laissant jamais échapper la plus légère remarque sans la fixer par un trait.

Voilà , ce nous semble, les principes d’après lesquels on peut se préparer aux études anatomiques; car, soit que l’on veuille devenir bon chirurgien ou bon peintre, c’est à l’ostéologie qu’il faut donner le plus d’attenjtion; elle est la base de toute connaissance solide du corps humain. Pour le peintre, les os sont par leur forme, parleur solidité et leurs dimensions, les points de repère les plus fixes que l’on puisse trouver dans la | vaste machine humaine.

N° II. — Mjologie.

L’étude analytique des muscles du corps de l’homme et des animaux est sans doute nécessaire à l’artiste. Cependant on ne saurait s’y livrer avec trop de prudence pour fuir la pédanterie et la fausse science.

Le plus sûr moyen d’éviter ce défaut, est ! de ne jamais consulter la nature morte qu’en la comparant immédiatement à la nature vivante. Ainsi l’exercice qui conduira le mieux de l’étude de l’ostéologie à celle de

l3a DES FORMES.

la myologie , sera de dessiner au crayoi noir, d’après nature ou d’après l’antique, de: figures placées dans des attitudes diverses puis de tracer dans le milieu des membres , au moyen d’un crayon rouge, tous les os du squelette. Ce travail difficile, on l’avoue, ne tardera pas à faire connaître les rapports qui existent entre les parties rigides et les parties molles dout se compose le corps humain.

Bientôt on reconnaîtra que les os font l’office de leviers, que les articulations ou jointures sont des espèces de poulies, et que les muscles, ainsi que des cordes, glissent sur les jointures et servent à faire fléchir ou étendre les os.

Enfin , on en viendra à étudier la fibre musculaire. Elle a la faculté de se contracter à un degré qu’aucune expérience n’a pu faire apprécier jusqu’ici. Ce phénomène se manifeste à l’œil du peintre par le changement des formes ; c’est au moins sous ce rapport particulier qu’il doit l’étudier. Lors donc que l’on aura pris une idée, par la dissection, du gisement, de la forme et du volume d’un muscle dans l’état d’inertie où

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MYOLOGIE.

011 le réduit la mort, aussitôt il faut faire agir e, ce même muscle sur un homme vivant , afin s de suivre et de connaître tous les mouve- 5 mens combinés qui résultent de sa puissance 0 de contraction , des différens points où il e js’attache, et du poids du membre ou de la j partie qu’il fait mouvoir.

En comparant ainsi la nature morte à la nature vivante, on ne tardera pas à distinguer qu’il y a trois espèces de mouvemens propres au corps de l’homme et même des animaux :

i° Les mouvemens organiques, comme la respiration, qui s’opèrent sans que la volonté y prenne part, et que le sommeil n’interrompt jamais;

2° Les mouvemens volontaires , tels que la locomotion, l’extension et le retrait des membres , commandés par les besoins et les objets qui entourent l’animal ;

3° Les mouvemens instinctifs, c’est-à-dire ceux qui dépendent d’une volonté tellement brusque et impérieuse qu’elle dégénère en passion.

De tous les mouvemens organiques, la respiration est le seul qu’il importe au

X^4 1>ES FORMES

peintre de connaître, et c’est lorsque î ' sommeil suspend toute autre action dansf corps des animaux qu’il convient d’étudi tout l’appareil et les effets extérieurs de Pc piration et de l’expiration, qui, dans l’ét de veille , sont beaucoup plus difficiles suivre , parce qu’elles se combinent ince samment avec tous les mouvemens des ai! très membres.

Les mouvemens volontaires sont les pli ' nombreux , les plus variés et les plus con plexes , puisqu’ils dépendent à la fois de 1 volonté de l’individu , de son instinct qi ne 1 abandonne jamais, et de la nature de proportions de son corps. C’est surtout dan 1 expression des mouvemens volontaires qui le peintre doit se montrer habile anatomiste 1 en ce sens qu’il exprimera le jeu des musclei avec exactitude, mais sans aucune exagération.

Mais c’est en observant les mouvemens !

instinctifs que l’étude de la myologie peut devenir très-utile. Seulement il faut avoir le soin de faire ses observations et ses études en allant toujours de la nature vivante à la nature morte. Si donc on a l’occasion de

MYOLOGIE.

e voir un homme ou un animal à qui la colère Q5 a fait exercer des mouvemens dont la violence mette vos connaissances en défaut, ’a il faut faire un dessin ou au moins un cro- ;(, quis de l’attitude et des formes dont vous ne s pouvez pas vous rendre raison, et aller consulter la nature morte pour s’assurer s’il n’y a pas dans l’extension des tendons, dans les différens faisceaux qui composent les muscles, des dispositions telles que le mouvement qui d’abord a paru inexplicable ne jsoit réellement fort naturel et fort simple.

On doit sentir que nous ne pouvons qu’indiquer ici la marche à suivre dans les études myologiques. Quand on aura donc étudié tous les muscles qui concourent aux mouvemens généraux, il sera bon de prendre une connaissance détaillée de ceux qui font particulièremept mouvoir les extrémités. Le mécanisme des mains et des pieds ne saurait être observé avec trop de soin, et l’on pense que toute recommandation à ce sujet serait superflue.

On insistera davantage sur la méthode au moyen de laquelle on peut étudier la face humaine. On dessinera donc de face,

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