‹ Traité élémentaire de peinture. Contenant les principes du dessin, du modelé et du coloris, et leur application à l'imitation des objets à la compositionChapitre 45 sur 124 · DES COULEURS RELATIV. A LA COMPOS · texte numérisé non relu

DES COULEURS RELATIV. A LA COMPOS

leurs simples et génératrices : le jaune , le ! rouge, le bleu; et dans les intervalles compris entre ces trois couleurs, on introduira leurs mélanges gradués dans des proportions telles que les nuances retiendront toujours plus de la qualité de la couleur génératrice dont elles seront plus rappro- I chées.

Par ce moyen on reconnaîtra sur l’échelle chromatique six divisions précises, déterminées par le jaune, X orange; le rouge, le 'violet; le bleu, le 'vert.

Quant aux subdivisions des tons intermédiaires, quelque nombreuses que l’on veuille les faire, il faudra toujours partir de ces points principaux pour multiplier systématiquement les nuances qui les séparent.

L’exposition sommaire de ce système chromatique doit suffire pour donner l’envie d’en connaître toutes les conséquences. Nous nous attacherons donc maintenant à en faire ressortir l’utilité dans ses rappors avec l’art de la composition.

A l’inspection de l’échelle chromatique circulaire , on vérifie à l’instant une observation que l’on n’avait faite quelque-

fois qu’imparfaitement sur des points de comparaison isolés. Il est évident et il reste démontré pour les sens, qu’il y a des couleurs lumineuses de leur nature, telles que le jaune , le rouge et Y orangé ; et que d’autres, au contraire, sont sourdes , comme disent les peintres; de ce nombre sont le vert , le violet et le bleu.

Il est donc possible, en faisant abstraction du jeu de la lumière, au moyen duquel on modèle les masses et les groupes d’un tableau , d’établir par le choix des couleurs seulement une dégradation de tons, comme en partant du jaune pour aller à Y orangé, puis au rouge et au violet jusqu’au bleu; comme de l’autre côté de l’échelle en parcourant une dégradation moins longue, mais analogue, depuis le jaune en passant par le vert pour aller jusqu’au bleu.

Puisqu’il y a des tons de couleurs qui de leur nature sont lumineux , et d’autres sourds, il sera donc important de les bien connaître pour en tirer avantage. Ainsi dans la partie ombrée d’une composition , s’il est nécessaire d’y rappeler discrètemeut la lumière, on pourra introduire des draperies jaunes,

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rouges ou orangées, de même que dans les groupes les plus éclairés , si l’on veut détourner l’attention du spectateur de dessus un i personnage pour la rappeler sur un autre, on entourera ce dernier de couleurs lumineuses , réservant les couleurs sourdes pour couvrir l’autre. C’est l’artifice employé le '[ plus fréquemment par les peintres colo- |j ristes.

Mais le grand avantage qui résulte de ! l’étude de l’échelle chromatique est de rectifier des idées fausses sur les couleurs. Dans | les écoles de peinture , on répète depuis long -temps qu’il y a des couleurs ennemies. Les couleurs ne sont point ennemies l’une de l’autre ; elles sont opposées , et l’échelle chromatique indique précisément l’éloignement qui les sépare. De plus, elle fait connaître tous les tons intermédiaires par lesquels on peut réunir les couleurs les plus opposées, comme le jaune le plus clair avec le bleu le plus foncé.

C’est en étudiant l’échelle chromatique sous ce dernier rapport qu’elle pourra être d’un grand secours pour l’artiste lorsqu’il traite la partie de la composition qui résulte

du choix harmonieux des tons de couleur. 1 '

Il reste à dire quelques mots sur le blanc et le noir, qui, considérés abstraitement, ne sont point des couleurs. Cette vérité , exprimée par Newton et généralement adoptée par les physiciens aujourd’hui, avait été j émise par Léonard de Vinci à la fin du ; quinzième siècle. D’après ses paroles on | pourrait même juger que cette opinion était 1 commune à tous les savans de l’époque.

«Pour les peintres, dit Léonard (chap. 161 de son Traité de peinture), le blanc est la première des couleurs simples , bien que les philosophes ne mettent au nombre des couleurs ni le blanc ni le noir. »

On doit donc considérer abstraitement le blanc, résultat et réunion du mélange de toutes Lles autres couleurs , comme le premier degré d’un gris très-clair, dont les tons peuvent se dégrader insensiblement jusqu’au noir, qui est l’absence de toute couleur et de toute lumière.

Le peintre , en faisant le choix des couleurs différentes qu’il veut introduire dans sa composition, doit donc porter une attention particulière aux tons intermédiaires

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