‹ Traité élémentaire de peinture. Contenant les principes du dessin, du modelé et du coloris, et leur application à l'imitation des objets à la compositionChapitre 60 sur 124 · DÉTREMPE · texte numérisé non relu

DÉTREMPE

DEVANS. — On appelle ainsi les objets qui garnissent et qui forment les premiers plans d'un tableau.

DIORAMA (Composé de deux mots grecs qui signifient voir à travers). — On a donné le nom de Diorama à une espèce de tableau dont la peinture est en partie opaque et en partie transparente, et sur l’ensemble de laquelle on dirige les rayons d’une lumière naturelle et directe. L’appareil qui sert de cadre à ce genre de tableau est ce qui le distingue particulièrement des autres. La rotonde où sont admis les spectateurs est toujours voilée d’nne douce obscurité. L’ouverture par laquelle le tableau s’aperçoit est fort épaisse, et l’éloignement et la hauteur de l’œil de celui qui regarde, relativement nu tableau qu’il voit, sont .invariablement fixés d'après les lois de l’optique. — On a essayé de joindre, dans le Diorama l’illusion du mouvement à celle de la perspective et de la cou'eur. Au moyen d’un mécanisme particulier, on est parvenu à donner un balancement aux eaux de la mer ou d’un ruisseau, à faire rouler les flammes et la fumée d’un incendie, etc. Le tableau en diorama peut être considéré comme une optique plus grande, mieux préparée, et où l’illusion matérielle est très-forte. MiVI. Bouton et Da> guerre sont les deux artistes qui sont les inventeurs de ce perfectionnement ingénieux. Les tableaux qui ont eu le plus de succès sont ceux qui représentent des intérieurs d’édifices. DRAPER. — DRAPERIE. — Par ce dernier mot on n’entend parler que des vêtemens larges, floltans et qui forment des plis amples, déterminés ordinairement par le poids de l’étoffe. Aiusi,dans le langage des artistes, toute tenture clouée.

DK LA l’F.ITVTURE.

disposée artificiellement, tout vêlement serré même n’est pas désigné comme draperie. Les vêtemens des nations de l’Asie, et particulièrement ceux des anciens Grecs et des Romains : tels sont ceux, quand on les représente en sculpture et en peinture, que l’on désigne par le nom générique de draperie. — Draper est l’art de disposer, d’agencer les draperie* par rapport à elles.mêmes et par rapport à la composition dont elles font partie. Ce qui a engagé les artistes à se servir des mots draperie et draper , c’est la différence réelle qui existe entre le système des plis d’un vêtement large avec ceux des habits serrés sur le corps, tels qu’on les porte dans les pays froids et en Europe. Il y a de l'art à ajuster le jet variable d’un manteau ou d’une tunique ; les plis d’un habit serré reproduisent toujours les mêmes arcidens: aussi le peintre n’in vente-t-il rien, il ne fait que copier.

ÉBAUCHE, — ÉBAUCHER. — Quand le trait d’un tableau est arrêté, si on ne le peint pas au premier coup ( V . Coup), on fait une peinture préparatoire à laquelle on donne le nom ù’éhauche , et surlaqnelle on repeint une seconde ou plusieurs autres fois. Il y a différentes manières d’ébaucher. Les peintres florentins et romains avaient coutume, leur trait étant bien arrêté d’après leurs carions, de laisser toutes les parties éclairées intactes, et d’indiquer légèrement les plus fortes demi-teintes et les ombres avec une seule couleur brune. Lorsque celle préparation ou ébauche était bien sèche , ils peignaient dessus pour colorier et terminer le tableau. On ébauche encore en indiquant très-légèrement le modelé et le coloris, auxquels on donne toute leur force en les repeignant une seconde fois. — Les peintres vénitiens peignaient quelquefois leur ébauche en grisaille, et ils y ajoutaient le coloris par le moyen de couleurs glacées et Arollées. ( V . Glacis, Frottis.) Enfin les Vénitiens faisaient quelquefois leurs ébauches en détrempe, et repeignaient à l’huile par-

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dessus. Celle pratique est très-bonne pour ia conservation du coloris. — Les ébauches des grands 'maîtres sont fort recherchées, parce qu’on espère y surprendre les secrets de l’art.

ÉCUAMPIR. — RECHAMPIR. — C’est proprement peindre le champ, le fond d’un tableau , sur lequel les objets se détachent. Cependant ce mot exprime aussi une opération difficile de la peinture. Par exemple, lorsqu’une figure ou un arbre sont entièrement terminés, si l'on s’aperçoit que le fond ou le ciel sur lequel ces objets se détachent ne sont pas bien à leur place et qu’il faille les repeindre, on appelle cc travail rechampir .

ECIIO de lumière. — On appelle ainsi les clairs distribués dans une composition et au moyeu desquels on raméue l’œil vers la masse de lumière principale.

ÉCOLE de peinture. — F. Vlnlrod.

ÉCORCHE. — Figure de ronde bosse faite pour faciliter l'étude de la myologie. Dans ces statues abstraites, on suppose le sujet vivant et tous ses muscles dépouillés. Le plus ancien de ces écorchés est celui que l’on attribue à Michel-Ange. Celui dont on se sert aujourd'hui .dans les écoles est de M. Houdon, statuaire. C’est avec la plus grande réserve que l’on doit se servir des écorchés pour apprendre la myologie.

EFFET, i 65; — de lumière ; — de couleur. — Un tableau peut présenter une dégradation vraie de la lumière, et alors il est bien modelé. Si les teintes sont justes, la couleur est vraie. Mais ce qui constitue Veffet d’un tableau, c’est quand la vérité est employée avec art, soit par la disposition des clairs et des ombres, soit par le choix des tons de couleur.

ÉMAIL (Peinture sur), 95.

EMBOIRE. — EMBU. — Quand on a peint à l’huile, si l’on n'attend pas que celte première couche soit parfaitement sèche, l’huile de la seconde couche est embue par la première, et la couleur devient mate et grisâtre. Cet effet, nommé embu , ne cesse d’avoir lieu que quand on passe un

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vernis sur la peinture. Cependant, lorsque l’on est obligé de retoucher et que l 'embu ne permet pas d’apprécier au juste le ton de couleur, on le frotte avec de l’ognon pour lui rendre son éclat et retoucher à coup sûr.

EMPATEMENT. — EMPATER, 78.

ENCAUSTIQUE (Peinture). — Le procédé de ce genre de peinture tel que le connaissaient les anciens est totalement perdu. On pense que la cire était la matière qui servait de lien aux couleurs dont on ne pouvait faire usage qu’en les approchant du feu. Le comte de Caylus et Bachelier, peintre du siècle dernier, ont fait des recherches sur l’encaustique. De nos jours, M. de Castellane les a renouvelées, ainsi que M. Paillot deMontabert. Ce dernier, qui a exécuté plusieurs tableaux à la cire, a obtenu des résultats qui auraient mérité d’être encouragés.

ENCOLLER. — ENCOLLAGE. — Préparation de colle que l’on étend sur les toiles ou du papier pour peindre à la détrempe.ou à l’huile.

ENDUIT. — Pour la fresque, 87.

ENLUMINURE. Voy. Lavis, 9î.

ENSEMBLE. — Mettre une ligure ensemble , c’est tracer légèrement avec un crayon les lignes principales du mouvement d’une ügure et le rapport des parties au tout.

ESQUISSE. — C’est le travail léger au moyen duquel on met ensemble (voy. En:-emblb). On donne aussi le nom d 'esquisse à un dessin ou à une peinture promptement faits, et où l’on consigne la première idée d’une composition, d’un tableau. Dans l'esquisse dessinée, on ne s’occupe que de la direction des ligues principales et des grandes masses de clair et d’ombre. Dans l’esquisse peinte , on détermine de plus le choix des tons de couleurs. L'esquisse se fait ordinairement sur des proportions beaucoup moins grandes que celles du tableau.

ESTHETIQUE. — C’est une exposition philosophique et logique de l’impression que causent les productions des arts ,

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et de laquelle exposition on extrait la théorie et les règles des beaux-arts.

ESTOMPE. — Ce que c’est , et son usage , 48.

EXPRESSION. — Se combine arec tous les mouvemens, et est particulièrement rendue sensible par le geste, 106.

FIGURE. — On désigne par ce mot, dans le langage des arts, la représentation de l’ensemble du corps de l’homme. On dit figure entière, demi-figure : dans ce dernier cas , ou veut désigner une figure sculptée ou peinte jusqu’à la ceinture seulement.

FIGURINE. — Diminutif de figure. On donne ce nom aux Ggures d'un tableau, quand elles sont de très-petite dimension.

FLOU. — Expression dont les peintres du siècle passé faisaient usage pour dire qu’une peinture était bien ou mal, assez ou trop fondue : ceci est trop flou ou pas assez flou, disait-on.

FOND. — Le fond d’un tableau est le champ sur lequel les figures se détachent. Par extension, on dit un fond d'architecture, de paysage, etc., quand, en effet, le champ du tableau est occupé en tout ou en partie par des monumeus, des arbres, des champs ou la mer.

FORMES. — Leurs attributs, 99.

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