MINIATURE
MODÈLE. — Tout objet d’après lequel on copie. — Ouvrage d’art que l’on propose pour règle de goût et pour objet d’étude. On donne aussi ce nom aux hommes, aux femmes on enfaus qui font métier de poser dans les ateliers de peinture moyennant un prix convenu.
MODELÉ, 49 et 109.
MONOCHROME. — Peinture d’une seule couleur, 67.
MORBIDESSE. — Se dit de la douceur, de la souplesse des chairs, et par extension du nu quand il est bien peint dans un tableau.
MOOVEMENS, loG.
MUSÉE. — Nom douné aux galeries où l’on rassemble les objets d’arts pour les montrer au public. La multiplication des musées ou galeries a toujours lieu quand les statues et les tableaux 11’ont plus de destination précise.
NATUREL. — Mot dont on abuse constamment en parlant des objets d’art. En peinture, on ne fait pas toujours naturel en copiant ce que l’on voit, mais en donnant à chaque objet ou à chaque être les formes, le mouvement, la couleur et l’expression qui sont en harmonie avec leur nalurtet qui en résultent nécessairement.
NEORAMA. — Espèce de peinture du genre de celle en panorama ( V. Panorama ).
NU.— Les artistes désignent par ce mot les parties d'une figure
DE LA PEINTURE
sur lesquelles il n’y a pas de vêtement. Les peintres grecs et les Italiens du seizième siècle regardaient l’élude et l’imitation du nu, comme l’un des objets particuliers de la peinture. David, de nos jours, a remis ce système en honneur.
NUANCE. — C’est le passage d’un degré d’intensité à un autre dans la même couleur.
NUDITE. — Ce mot, qui entraîne avec lui l’idée d’une indécence, justiGe l’emploi du mot nu. ( V . Nd.)
OMBRE. — Privation de lumière, 5a. — Ombre portée, 53.
OR-COULEUR. — On donne ce nom au mordant dont on fait usage pour dessiner les ornemens sur lesquels on applique l’or en feuilles.
PALETTE. — Petite planche sur laquelle on dispose les matières colorantes dont on fait des teintes pour peindre, 74.
PANNEAU. — On appelle panneau un assemblage d’ais de bois recouvert d’une impression de couleur à l’buile sur laquelle on peint.
PANORAMA. — Peinture exécutée sur la surface intérieure d’une rotonde, en sorte que l£ spectateur étant placé au centre, peut parcourir de l’œil toute la ligne de son horizon.
La continuité de la ligne apparente de l’horizon est ce qui distingue essentiellement le tableau en panorama du tableau encadré. Dans ce dernier on ne voit que la portion de la ligne horizontale comprise dans l’angle de vision, et il n’y a jamais qu'un point de vue.
Sur le panorama, dont la surface est circulaire, on opère d’angle de vision en angle de vision, et par conséquent de point de vue en point de vue. A mesure que le spectateur promène son regard d’un côté vers l’autre, son œil, au moyen de la multiplication des points de vue, se soumet successivement aux phénomènes optiques qui apparfieu*
VOCABULAIRE
nent à chaque angle de vision. — L’appareil au moyen duquel on éclaire les tableaux en panorama, donne encore une apparence particulière à ces tableaux. Le spectateur, placé au centre de la rotonde, a au dessus de sa tête un énorme parasol dont l’ombre fait d'autant plus ressortir l'éclat de la peinture, qu’elle est éclairée par des fenêtres pratiquées hors de la vue, et amdessus du parasol. Pour augmenter l’illusion, on a soin de perdre le haut et le bas du tableau derrière les objets qui servent de tribune et de couverture au spectateur. — L’invention des panoramas est attiibuée aux Anglais. Prévôt, peintre français, est l’artiste qui, après avoir perfectionné celte invention en France vers 1804, l’a rendue populaire dans toute l’Europe. On représente ordinairement en panorama la vue d'un pays, d'une rade, d’un port, d'une ville cl même d’une bataille, prise du sommet d’un édifice élevé. — En 1827, 011 a fait une application nouvelle de la peiutore en panorama. On a exposé la vue en néoiumx de l’intérieur de Saint-Pierre de Rome, prise du milieu de cette basilique. ÎI. Allaux, auteur de cet ouvrage, place le spectateur sur une estrade au centre de l’édifice dont il parcourt successivement toutes les parties en faisant un tour sur luimême. Le néorama est» une application nouvelle des tableaux circulaires, qui peut recevoir encore des améliorations et des perfeclionnemens très-heureux.
PANTOGRAPUE. — Instrument au moyen duquel on réduit ou l’on augmente la copie d’un dessin. On donne aussi le nom de singe à cet outil, auquel jusqu’à présent on n'a pu donner un grand degré de perfection. Sa construction est basée sur cette proposition de géométrie :jue tous les angles dont les sommets sont opposés sont égaux.
PASTEL. — Peinture qui s’exécute avec des crayons tendres de couleurs variées. Ces crayons se nomment ' pastels , et donnent le nom à ce genre de peinture peu solide, peu en usage et très-peu avantageux.
PASTICHE. —Le pastiche est uue imitation de diverses por»
DE LA. PEINTURE
lions de tableaux célèbres dont on fait un tout. Le pastiche est en peinture précisément ce que le cenion est en poésie. On ne pardonne le pastiche qu'aux ieunes élèves encore tout pleins de l’idée des maîtres qu’ils ont étudiés. — On appelle aussi pastiche des imitations de tableaux de maîtres faites à dessein pour tromper les amateurs et les curieux. Téniers était fort habile à faire des pastiches de cette dernière espèce.
PAYSAGE. — V. Intucduction.
PEINTURE. — Son histoire abrégée, 1. — Son but. — Ses moyens. — A fresque, 87. — A la Gouache, en détrempe, 90. — A l’huile, 90. — Au lavis, 91. — A l’aquarelle, 92. — - Sur verre , 93. — Porcelaine . émail, g5. ■ — En miniature, 96.
• — Sur bois , pierres, métaux, étoffes, etc. 96.
PENDANT. — C’est un tableau dont la dimension du cadre, la proportion des figures et la nature du sujet sont dans des rapports exacts ou au moins analogues avec celles d’un autre tableau. Les tableaux pendans sont faits pour être placés symétriquement et en regard. Quand un peintre a des pendans à faire, il est à propos qu’il les compose d’un seul jet, car il est rare qu’un pendant fait après coup vaille le tableau auprès duquel il doit être placé.
PÉNOMBRE. — La pénombre est le passage de l’ombre au clair sur une surface plane. Il ne faut pas confondre la pénombre avec la demi-teinte. Celle dernière n’a lieu que sur les surfaces courbes.
l’ERSPECTIVE, 4s- — Art de représenter l’apparence des objets selon leur position et leur éloignement. On distingue la perspective linéaire de la perspective aérienne. La première est soumise aux lois invariables de l’optique et se démontre mathématiquement ; la seconde, qui tient beaucoup plus de l’art que de la science, et qui n’est pas susceptible d être rigoureusement démontrée, dépend de l’observation des phénomènes atmosphériques. On ne craint pas d’avouer que l’on ignore la perspective linéaire, dont on peut apprendre les règles en un mois, et il n’est personne qui n’ait la pré-
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lention de se connaître à \a pertpeclive aérienne, pour l’élude de laquelle la vie longue d’un homme instruit et bon observateur suffirait à peine.
PINCEAU. — Outil fait avec le poil de certains animaux, et emmanché dans un tuyau de plume. Le pinceau sert à peindre au lavis, à l’aquarelle et à l'huile. 11 est de quelque importance d'établir la différence qui existe entre le pinceau et la brosse ( V. Bbosse), soit dans leur nature, soit dans leur emploi. Les poils du pinceau sont flexibles et forment la pointe-, les soies de la brosse font ressort et tendent à diverger de leur point d’attache. Dans l’exécution des genres de peinture où l’on procède par empâtement, comme la fresque, l’huile, la détrempe et la gouache, on se sert eu général de la brosse. Pour peindre avec des couleurs liquides et transparentes, ,on fait usage du pinceau. L’aquarelle, en particulier, ne se peint qu'au pinceau. On se sert aussi de ce dernier instrument quand ou peint à l’huile , mais beaucoup plus rarement depuis que l’école des Carraches a introduit l’usage de peindre tout par empâtement.
PITTORESQUE. — Ou fait quelquefois un substantif de ce mot : il y a du pittoresque dans ce tableau. On entend surtout par là que la dégradation de la lumière est artislemeut disposée. et que le choix des couleurs est piquant.
PLAFOND. — Peinture sur 'plafond. On donne indifféremment ce nom à tous les tableaux exécutés sur les superficies plates et courbes, et sur celles circulaires, comme lescoupoles. Depuis le Corrége, on appelle plus particulièrement peinture, composition de plafond , les tableaux où les personnages sont censés représentés dans la position verticale, mais vus de bas en haut. C’est de l’usage de ces compositions présentées en raccourcis qu’est venu le mol plafonner.
PLAFONNER. — On dit des objets ou des personnages peints sur un plafond et vus de bas en haut qu’ils plafonnent bien, quand les raccourcis et tous les effets de la perspective linéaire sont bien observés.
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PLAN. — Le changement continuel des formes humaines détermine une foule de plans dont les rapports varient sans cesse. Ainsi , par exemple, si l’on considère l’ensemble delà face comme formant un plan, et les épaules en formant un autre, il est évident que, par la mobilité du cou qui sert d'intermédiaire à ces deux parties, le plan de la face sera rarement parallèle avec celui des épaules. Lorsqu’un statuaire, par l’imitation des formes, et un peintre, par leur apparence imitée, établissent bien le rapport des dilférens plans, cela s’appelle, dans le langage des arts, mettre une figure sur eüs plans. C’est la qualité éminente des peintres que l’on désigne particulièrement comme dessinaieurs ; c’est celle de Raphaël, par exemple. — On appelle aussi premier, deuxième, troisième, etc. plan d’un tableau, les dill'érentes lignes parallèles à la bordure, s’enfonçant vers l’hor zon, et sur lesquelles sont placés les objets et les ligures qui entrent dans une composition. Les derniers plans , les plans du fond sont ceux qui se rapprochent davantage de 1 horizon.
POINT DE VUE. — Le point de vue naturel est celui qui correspondrait, par une ligne droite et perpendiculaire à l’horizon et au tableau, de l'horizon visible à l’œil de celui qui regarde. — Le point de vue artificiel est celui qui serait déterminé par le passage de la ligne ci-dessus désignée à travers le tableau que l’on suppose transparent. — On appelle encore point de vue une scène, uuc portion de paysage, d’édifice, etc. , qui est comprise dans le cercle de vision et dont l’aspect a quelque chose de remarquable, soit par la disposition des signes, soit pour l’elfet de la lumière et des couleurs.
POLYCHROME (Peinture, peintre ). — r De plusieurs couleurs, qui se sert de plusieurs couleurs.
PONCE. — PONCER. — PONCIS. — La ponce est une poudre de braise ou de crayon pilé avec laquelle on ponce (V . p. 88). Le ponds ou ponsif est le dessin dont le trait piqué sert à poncer. — Figurément les artistes disent des ouvrages de leurs confrères qui ont peu d’iuvenliou et qui iini-
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lent servilement, qu’ils travaillent avec un pcntif. Par corruption 011 dit même, en ce sens, faire ponsif. PONDÉRATION — du corps bumain, 139.
PORCELAINE (Peinture sur), 95.
PORTRAIT. V. Gbhke.
POSE — POSER. — L'attitude donnée à un personnage dans un tableau. On pose un modèle, pour exprimer, en se servant de la nature, une altitude, un geste, une expression. Le mot pose se prend quelquefois eu mauvaise part; on dit: ces altitudes ne sont que des poses académiques. PRATICIEN. —PRATIQUE. — Un praticien en peinture est un peintre qui, étranger à la tbéorie de soi. art, n’a appris et n’extree la peinture que de pratique et de routine. PROFIL. — C’est le contour que présente un objet vu de côté. En peinture, ce mot s’applique surtout à la tête humaine»