ÉTUDE DE LA PERSPECTIVE
C’est de cette manière que Michel-Ange , Léonard de Yinci, Raphaël, Mantègne, ! Corrége, Rubens et Poussin l’ont apprise il et mise en œuvre.
La perspective est à la peinture ce que la grammaire est à l’art d’écrire. C’est, quand on en possède la connaissance, une qualité j dont personne ne vous sait gré, mais qu’il | est impardonnable d’ignorer. Tous les grands j maîtres, sans exception, ont étudié la perspective comme science élémentaire de leur ( art. Ce n’est que vers le commencement du dix-huitième siècle, époque fatale pour le j goût dans les arts, que quelques artistes ont secoué le joug que leur imposait cette science, sous prétexte qu’elle entravait la marche de leur génie. Depuis ce moment cette manie s’est répandue, et maintenant même quelques - uns de nos plus habiles peintres, en France, contribuent encore par leur exemple et leurs discours à propager cette erreur.
Mais ce qui l’entretient plus fortement peut-être, c’est la difficulté qu’éprouvent les artistes à rencontrer des professeurs de perspective qui puissent la leur enseigner.
Les peintres sont étrangers aux sciences , les savans le sont aux arts; il n’y a donc pas de rapprochement possible entre eux.
En traitant d’abord du dessin, on s’est efforcé de faire ressortir son importance. Il est la base de toutes les connaissances qu’un peintre doit acquérir. Le dessin linéaire , genre d’étude utile pour les hommes qui se destinent à devenir bons artisans, n’est d’aucun secours pour ceux qui étudient comme artistes et peut même leur être nuisible. En insistant sur l’art d’apprendre à copier, non par des moyens mathématiques, mais par l’intermédiaire des sens et de l’instinct, on a voulu faire sentir que dans l’art de la peinture, où l’intelligence prend tant de part, on ne doit jamais perdre de vue que tout ce que l’imagination enfante, tout ce que l’esprit conçoit, est reçu d’abord par les yeux et reproduit par la main; d’où il suit qu’un peintre doit exercer simultanément sa pensée et ses sens, en ayant soin que l’une de ces deux parties de lui-même n’opprime jamais l’autre.
C’est en vertu de ce grand principe, que l’on doit inculquer les connaissances ma-