‹ Traité élémentaire de pharmacologie. Contenant la description sommaire des substances médicamenteuses simples; la préparation des médicaments officinaux et magistraux français et étrangers; l'appréciation des propriétés physiologiques des médicaments, leurs modes d'administration et l'art de formulerChapitre 10 sur 525 · CHOIX DES SUBSTANCES SIMPLES · texte numérisé non relu

CHOIX DES SUBSTANCES SIMPLES

qualités des êtres organisés peuvent être modifiées par certaines circonstances, et il devient alors indispensable d’avoir égard aux considérations que nous allons exposer.

io. La Saison . L’époque de l’année la plus favorable à la récolte des végétaux n’est pas la même pour tous : ainsi, il en est que l’on doit recueillir, soit au printemps, soit en été , d’autres qu’il faut récolter en automne ou en hiver. Ce que nous disons de la plante entière s’applique aussi à chacune de ses parties : en effet, elles ne se développent que successivement, et le moment opportun pour les recueillir est celui où elles arrivent à leur plus grand état de vigueur; car, passé ce terme , elles perdent chaque jour de leurs propriétés, parce que les forces végétatives se portent sur un autre organe. Ainsi , on doit récolter les racines en automne , les bisannuelles après une année, les vivaces, soit herbacées , soit ligneuses, après deux ou trois ans d’existence seulement : il n’y a d’exception à cette règle que pour les racines annuelles, qui sont en très petit nombre, et qu’il est nécessaire de se procurer avant la floraison de la plante. Les bulbes sont récoltés avant l’apparition de la hampe et des feuilles qui y sont renfermées h l’état rudimentaire , les bourgeons le sont avant la feuillaison, les tiges ligneuses et leurs écorces après la chute des feuilles. C’est avant l’épanouissement des fleurs que les feuilles doivent être cueillies ; on en excepte seulement celles des labiées et de quelques synanthérées aromatiques, que l’on ne récolte qu’au moment de la floraison commençante, et avec une partie des tiges , sous le nom de sommités fleuries. On prend en général , les fleurs avant leur entier épanouissement; les fruits, à leur maturité parfaite s’ils doivent être employés Irais , un peu avant cette époque si on veut les conserver; les semences, lorsqu’elles sont parfaitement mines. Quant aux animaux dont on doit utiliser une ou

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plusieurs partiel, ils doivent être choisis vigoureux; ceux qui sont domestiques peuvent être pris en tout temps, les autres doivent l’être à des époques de 1 année qui varient en général pour chacun d’eux.

2°. Les Lieux. — La nature semble avoir assigne à certaines substances des localités spéciales auxquelles elles doivent toute leur vigueur. C’est donc à ces climats qu’il faut emprunter les végétaux et les animaux qu ils produisent; caries uns et les autres, transportés en pays étranger, ne tardent pas, le plus souvent, à dégénérer, et alors ils n’ont plus ni les mêmes principes , ni par conséquent les mêmes propriétés. Telle est la rhubarbe dont toute l’Europe a voulu enlever la culture à 1 Asie, sans être parvenue, depuis 120 ans et plus que datent les premiers essais , à donner à cette racine les qualités qui doivent la distinguer. D’autres plantes nous offrent encore des preuves de ces différences produites par le changement de pays; par exemple, le pavot et la ciguë sont loin d’avoir, dans les contrées tempérées, l’énergie qu’ils acquièrent sous un ciel plus méridional; le fruit du pêcher, purgatif en Perse , devient chez nous 1 un des fruits les plus exquis. Il est prudent toutefois de ne juger du degré d’énergie que peuvent acquérir les différentes substances dans tel ou tel pays, que par les effets qu’elles produisent sur l’homme lui-même ; on serait exposé à de trop graves erreurs si l’on voulait, dans tous les cas , conclure des animaux à l’homme , surtout s’il est vrai , ainsi que beaucoup d’auteurs l’ont écrit , que certaines espèces prennent impunément des matières douées de propriétés toxiques très prononcées , que les chèvres et les cochons peuvent brouter la jusquiame noire , les ours se nourrir des racines âcres et vésicantes du c alla pal us tris , sans qu’il en résulte aucun accident ni pour les uns ni pour les autres. On sait d’aileurs, d'unemanière bien positive? queles oiseaux insec-

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