CHOIX DES SUBSTANCES SIMPLES
tivores et quelques reptiles batraciens avalent , sans inconvénient, des coléoptères de la famille des épispastiques , et que plusieurs larves d’insectes vivent exclusivement sur des plantes très vénéneuses.
5° L'Age. — Tous les végétaux renferment , avant leur entier développement, des principes tout- à -fait différents de ceux qu’ils présentent à l’époque où l’on doit en faire la récolte ; par exemple, la bourrache ne contient guère , d’abord , que du mucilage et de l’eau ; on y trouve, bientôt après, du sulfate de chaux; et lorsque la végétation a fait des progrès , ce sel est remplacé par du nitrate et du sulfate de potasse. En Suède , on mange sans danger les jeunes pousses de l’aconit, tandis qu’à une époque plus avancée de sa vie , celte plante devient un poison violent : il en est de même de la viorne clématite et de l’apocyn dont les pousses récentes sont employées comme aliment, celles de la première parles paysans de la Toscane, celles du second par les Nègres. Enfin , il n’est personne qui n’ait observé que tous les fruits éprouvent des changements considérables dans leur composition par les progrès de Tàge: le raisin entre autres , acerbe et astringent lorsqu’il commence à grossir, est sucré , après sa maturation. Les animaux n’offrent pas des différences moins tranchées aux diverses époques de leur existence : leur chair est en général, dans la jeunesse, blanche, molle, gélatineuse, peu sapide, peu nourrissante ; elle peut même offrir des propriétés malsaines, comme celle des trop jeunes veaux, qui est essentiellement purgative ; à un âge plus avancé, au contraire , elle devient plus ferme , plus colorée , plus substantielle , plus sapide et plus tonique, en raison de la plus grande quantité d’osmazome et de sels qu’elle contient.
4° La Conformation.—* Pour les végétaux comme pour les animaux, il faut préférer ceux qui sont vigoureux et dont le développement n’a été contrarié, ni par des
PHARMACOMATHIE.
maladies, ni par des accidents ; autrement ils ne fournissent que des produits de qualité inférieure. On en trouve une preuve évidente dans les plantes oléracées que l’on parvient à priver, en partie, par l’étiolement, de la saveur aromatique ou amère qui leur est propre.
5* La Culture. — Lesanciens praticiens, remarquant la détérioration des espèces végétales cultivées dans des climats étrangers, et ne distinguant pas dans cet effet ce qui dépend de la culture elle-même et ce qui doit être rapporté au changement de pays, en tirèrent cette conséquence générale, que, pour les besoins de l’art de guérir, on doit préférer les plantes qui ont crû naturellement, à celles qui ont été cultivées. Mais depuis longtemps , l’expérience a démontré que la culture bien entendue des végétaux, loin d’en altérer les propriétés, leur communique souvent un nouveau degré d’énergie : c’est ce qui arrive , par exemple , pour les crucifères , les labiées , les ombelîifères , qui sont plus sapides, plus odorantes, et contiennent une plus grande proportion d’huile volatile lorsqu’elles sont cultivées avec soin , qu’après être venues naturellement là ou leurs semences sont tombées lors de la dispersion par les vents. Toutefois , il est juste de dire que , pour arriver à ce résultat , il faut choisir un terrain et une exposition convenables à chaque espèce de plante : sans cette précaution , on pourrait ne pas réussir , et quelquefois même obtenir des produits tout différents de ce qu’ils doivent être. Ainsi, les ombelîifères, qui sont aromatiques lorsqu’elles ont végété dans un lieu sec , deviennent souvent vénéneuses quand le sol est humide et sur-tout couvert d’eau; les crucifères n’acquièrent que peu de force dans les localités arides ; celles qui leur conviennent le mieux , sont les environs des habitations, comme si la formation deleurs sucs actifs exigeait une nourriture en quelque sorte aniûialisée.