‹ Traité élémentaire de pharmacologie. Contenant la description sommaire des substances médicamenteuses simples; la préparation des médicaments officinaux et magistraux français et étrangers; l'appréciation des propriétés physiologiques des médicaments, leurs modes d'administration et l'art de formulerChapitre 12 sur 525 · BES SUBSTANCES SIMPLES · texte numérisé non relu

BES SUBSTANCES SIMPLES

On n’a appliqué jusqu’à présent le mot de préparation qu’aux médicaments ; mais nous considérons les modifications que l’on fait subir aux substances simples, soit pour s’en servir actuellement , soit pour les conserver, comme une véritable préparation, qui, toute simple qu’elle est, n’en mérite pas moins ce nom.

Ainsi , la préparation des substances simples est une opération qui a pour but de les mettre en état d’emploi actuel ou de conservation. On les amène à cet état en les émondant, desséchant, triant et purifiant, selon que leur nature l’exige.

i" É mon dation.

L’émondation des végétaux se fait par divers procédés qui varient suivant les parties de la plante. On inonde les racines aussitôt après qu’elles ont été arrachées : à cet effet, on en sépare la terre, et même on les lave à plusieurs reprises, s’il est besoin; on a soin de ne pas les laisser dans l’eau assez long-temps pour qu’elles s’en imbibent. Après cette opération, on enlève avec un couteau les parties gâtées, et on laisse les racines égoutter. ïl y a des racines qui ne doivent perdre que leurs radicules; d’autres, telles que la guimauve, doivent être privées de leur écorce ; à certaines enfin , comme à la cynoglosse , on extirpe le corps ligneux pour ne conserver que l’enveloppe corticale.

Les feuilles et les fleurs sont nettoyées des insectes ou de leurs œufs et de toutes les parties détériorées. On enlève de plus les pédoncules aux fleurs, et quelquefois les onglets aux pétales, les tiges aux feuilles , les 'péricarpes

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charnus aux graines. Le van, le crible, le lamis servent à en séparer la poussière et autres substances légères.

On retire les limaçons de leurs coquilles après les avoir plongés dans l’eau bouillante, puis on en sépare 1 intestin. On coupe les grenouilles par la moitié du corps , pour ne réserver que les parties inférieures, qui sont en outre dépouillées de leur peau. On ne conserve de la vipère que le tronc; de la tortue, que la chair. Les coquilles d’œufs doivent être dépouillées de leur pellicule intérieure. Enfin, on détache les parties fibreuses du musc et du castoréum.

2° Dessication .

La dessication est cette partie de la préparation des substances simples , qui a pour but de leur enlever F humidité qu’elles contiennent et qui s’opposerait à leur conservation. Autant l’eau qui a pénétré dans les plantes, et qu’on nomme eau de végétation , leur est nécessaire sous l’influence de l’action vitale, autant sa présence, lorsque cette action a cessé , contribuerait à leur décomposition, en devenant un des principes auxiliaires de la fermentation putride. Il en est de même à l’égard des animaux.

Les molécules aqueuses jouissant de la propriété de se répandre dans l’air , en quantité d autant plus grande que l’espace est plus vaste et la température plus élevée , la dessication des substances est basée sur ce principe ; mais comme l’espace ne peut pas être augmenté indéfiniment, on y supplée en renouvelant l’air par des courants.

Les drogues exotiques nous étant apportées dans un état qui leur permet de se conserver pendant un temps plus ou moins long, ce n’est qu aux drogues simples indigènes que s’appliquent les moyens de dessication à mettre en usage: ils varient suivant la nature des substances.

L’action de l’air, lorsqu’il n’est pas trop chargé de vapeur , suffit pour la dessication des substances peu suc-

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