‹ Traité élémentaire de pharmacologie. Contenant la description sommaire des substances médicamenteuses simples; la préparation des médicaments officinaux et magistraux français et étrangers; l'appréciation des propriétés physiologiques des médicaments, leurs modes d'administration et l'art de formulerChapitre 13 sur 525 · PRÉPARATION DES SUBSTANCES SIMPLES · texte numérisé non relu

PRÉPARATION DES SUBSTANCES SIMPLES

culentes. Pour celles qui sont abondantes en sucs , de même que pour les racines charnues, il est indispensable de recourir à une chaleur artificielle.

Parmi les méthodes en usage , quelques-unes sont défectueuses et doivent être abandonnées.

Une des plus mauvaises , par exemple , est celle pratiquée par les herboristes , et consistant à suspendre à la façade de leurs maisons , des guirlandes de plantes , dans le double but de les dessécher et de les faire servir d’enseigne. On conçoit que ces plantes, exposées ainsi pendant long-temps à l’air libre, et tour-à-iour brûlées par le soleil et humectées parla pluie, n’offrent plus, en définitive , qu’un produit altéré , tout-à-fait impropre aux usages médicinaux.

Nous signalerons encore comme mauvais, l’usage ou l’on est défaire dessécher les plantes au-dessus du four d’un boulanger. L’excès de la température et le défaut d’air amènent ces plantes , non à un état de dessication , mais à une véritable coction. En général, on doit reconnaître en principe la nécessité de proportionner le courant d’air au degré de température , sinon les plantes ou leurs parties, au lieu de perdre régulièrement leur humidité, cuiraient dans leur eau de végétation.

Le séchoir et l’étuve sont les seuls moyens réguliers de dessication.

Du Séchoir,

On entend par séchoir une vaste pièce, soit placée sous le comble d’une maison (grenier) et s’échauffant par la transmission du calorique qui frappe sur le toit, soit exposée au midi , à l’étage le plus élevé de la maison , et dans les deux cas , percée d’ouvertures suffisantes pour y établir un courant d’air. Mais, toutes choses égales d’ailleurs , le grenier est préférable, parce que la ehaleur du toit en fait une véritable étuve.

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Quant à la manière de soumettre les plantes à l’action oaléfactrice du séchoir, on doit admettre en principe invariable de ne jamais les étaler sur le plancher. En effet , les animaux pourraient ou les salir de leurs ordures , ou mêler ensemble différentes espèces.

Pour étaler les plantes convenablement , on doit disposer, de distance en distance, des montants en bois nommés patins, mobiles et munis, sur leur hauteur, de plusieurs traverses. Les traverses, allant de l’une à l’autre partie, les joindront entre eux: sur ces traverses reposeront les claies sur lesquelles les plantes seront étalées.

Un autre moyen consiste à disposer les plantes en petits paquets, et à les Axer de distance en distance à une ficelle, au moyen d’un nœud coulant. Ces guirlandes seront fixées par leurs extrémités à deux points opposés du séchoir. Si les bouquets étaient trop volumineux ou trop rapprochés, ou les guirlandes trop voisines l’une de l’autre, la dessication pourrait n être qu’incomplète.

11 y a une règle à suivre également pour rétablissement du courant d’air, qui ne doit pas être trop fort , sinon il entraînerait trop de calorique : il ne faut donc pas trop multiplier les ouvertures. ïl est encore important de donner, de préférence, entrée à l’air par les ouvertures exposées au midi , mais en amortissant l’action du soleil à l’aide de persiennes ou autres moyens analogues ; des volets ou autres clôtures complètes devront les abriter contre la pluie.

De FEiuve.

Lorsque l’on manque d’une pièce réunissant les conditions que nous venons d’exposer, il faut nécessairement avoir recours à l’étuve.

L’étuve est une pièce échauffée artificiellement à l’aide d’un poêle: elle doit être parcourue dans toute sa circonférence par des tringles de fer, destinées à recevoir les claies sur lesquelles on étend les plantes que f on veut faire sécher.

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On peut appliquer à la dessication par Fétuve toutes les précautions que nous ayons signalées précédemment relativement à la nécessité du courant d’air et de la disposition des bouquets de plantes.

Pour favoriser l’expansion du calorique , il est avantageux de faire parcourir aux tuyaux du poêle un certain trajet avant sa sortie de Fétuve; quant au renouvellement de l’air , il doit s’opérer au moyen de bouches de chaleur.

M. D’Àrcet est Fauteur d’une petite étuve fort commode pour une foule de préparations : elle est composée de planches de bois, assemblées à rainures et à languettes , formant un parallélipipède rectangle , dans l’intérieur duquel se trouvent plusieurs étages de tablettes en toile métallique, destinées à recevoirles substances qu’on veut soumettre à la chaleur de Fétuve. Cette espèce de caisse est chauffée par sa partie inférieure , au moyen d’une lampe d’Argand. La cheminée du verre à quinquet de cette lampe est reçue dans un double fourneau de tôle qui est recouvert, à quelque distance , par une calotte servant à empêcher la flamme d’être lancée trop directement.

Du reste , quel que soit le mode de dessication qu’on adopte , le résultat doit être tel, que les substances aient conservé leur odeur et leur couleur , ou n’en aient perdu que le moins possible ; ce qu’on obtient en proportionnant la température à la texture des corps que l’on veut dessécher. Enfin, il ne faut pas perdre de vue que le succès de la dessication est toujours en raison directe de sa célérité, ce que les anciens pharmacologistes ont exprimé par cet axiome : eo mcliks quanto citiîis.

La dessication des minéraux est fort simple : quelquesuns se dessèchent par Faction directe du feu. Les sels déliquescents sont soumis au même moyen ; mais pour certains d’entre eux on doit alors modérer Faction du feu dont l’excès pourrait les décomposer ; on peut même, dans ce cas, avoir recours au bain-marie.

La dessication des végétaux demande plus de dévèlop-

PHAUM ACOMATHIE,

pements : les racines dharnues, comme celles de labryone, du nymphæa, doivent être coupées par tronçons, traversées par des ficelles, et suspendues à fair sec; on a recours à la chaleur de Fétuve ou du four, si le temps est humide. Les racines ligneuses doivent être étalées sur des claies. La chaleur de Fétuve convient peu aux racines aromatiques , ou alors il est indispensable qu’elle ne s’élève pas à plus de 5o° centig. -f- 0. Il faut, pour que la dessication soit complète, que les tronçons soient aussi secs au centre qu’à la circonférence : on s’en assure en les brisant.

Des deux bulbes indigènes employés en médecine à l’état sec, celui de colchique est laissé dans son entier et desséché à la manière des racines. Quanta ceux de la scille, ils doivent être coupés en quatre, avec un couteau à lame d’argent , d’ivoire ou de bois ; on en retranchele cœur comme trop mucilagineux, les enveloppes extérieures comme trop coriaces , et l’on ne conserve que les squammes intermédiaires qu’on divise ensuite en lanières étroites, et qu’on soumet à la chaleur graduée de Fétuve jusqu’à parfaite dessication. Les bourgeons doivent être également séchés à Fétuve.

Les tiges , les bois et les écorces sont desséchés à Fair et, autant que possible , au soleil. On peut leur appliquer ce que nous avons dit au sujet de la dessication des racines.

Les feuilles des plus grandes plantes et des moyennes doivent être étendues sur des claies , par couches peu épaisses; celles des plantes plus petites seront suspendues, après avoir été disposées en guirlandes, dans le séchoir ou dans Fétuve, suivant leur degré d’humidité : desséchées trop lentement, ces feuilles seraient exposées à subir un commencement de fermentation.

Le même soin est recommandé pour la dessication des plantes aromatiques, quoiqu’elles soient moins succulentes. Quant à la volatilité de leurs principes, on peut se

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reporter â ce que nous avons dit à propos des racines aromatiques.

Les sommités doivent être liées en petits bouquets enveloppés de papier, destiné à préserver les fleurs de Faction décolorante de la lumière.

La délicatesse du tissu des fleurs commande de les dessécher promptement; et Fon doit d’autant plus presser cette opération , que leur tissu est plus aqueux et plus altérable : ce que nous disons des fleurs entières s’applique à leurs pétales qui , eu égard à leur ténuité , exigent encore plus de précautions.

On dessèche par les procédés ordinaires tous les fruits peu chargés d’humidité, c’est-à-dire qu’on se contente de les exposer à l’air ou au soleil. Ceux qui sont chargés de principes volatils (les graines des ombeliifères) demandent à être desséchés à l’ombre.

Les fi uits succulents, mais d un petit volume, peuvent être simplement exposés à un courant d’air. Les fruits plus pulpeux , comme les poires, les raisins , ne peuvent bien se dessécher qu’au four. Toutefois cette chaleur doit être graduelle, de manière à les priver de leur humidité sans les cuire.

Les substances animales exigent d’être desséchées complètement dans une étuve. Le succès des moyens .employés ensuite pour leur conservation dépend particulièrement de cette première précaution.

o° Triage.

On trie les gommes et les résines sèches, en les étalant sur une table : on sépare les morceaux purs de ceux auxquels adhèrent des substances étrangères ; le couteau, le canif, la hachette détachent ces impuretés. Les gommes arabique, sénégale , adragante, sont triées par ces procédés, au moyen desquels on peut en même temps, par une simple opération distributive, faire plusieurs qualités commerciales.

PHARM ACOMATHIE .

4° Purification.

Tous les modes de préparation des substances simples que nous avons décrits jusqu’ici , avaient pour but de séparer de ces dernières les corps étrangers qui leur étaient adhérents ou qui s’y trouvaient mêlés sans adhérence. La purification diffère de ces diverses opérations, en ce qu’elle sépare des drogues , par des procédés plus compliqués , les corps étrangers qui s’y trouvent intimement et profondément unis.

Ce genre d’altération peut résulter, soit des avaries survenues pendant le long trajet que certaines substances parcourent avant de nous arriver , soit de la négligence ou même de la cupidité des négociants qui les ont livrées.

La purification s’applique plus souvent aux drogues exotiques qu’aux indigènes. Nous allons citer quelques exemples , en les choisissant parmi les matières médicamenteuses les plus usitées.

RESINES.

Pour purifier les résines , on les fait dissoudre dans l’alcool rectifié, et l’on fait évaporer à siccité le soluté.

Lorsqu’une résine ne doit entrer que dans une préparation d’un usage externe, on se contente souvent de la faire liquéfier avec les autres substances qui doivent en faire partie , et de passer le tout à travers un tissu sérié.

GOMMES-RESINES.

Chauffez la substance au bain-marie, avec de l’alcool à 22° , passez et traitez le résidu de nouveau et de la même manière; mêlez ensemble les colatures, et faites réduirele tout à consistance de miel, toujours au bain-marie.

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