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portée qu’à une très faible ébullition , et pendant tout son cours , il est nécessaire de maintenir constamment un linge mouillé , tant sur le col que sur le ventre du matr^s.
On arrête seulement la distillation lorsqu’on a obtenu les onze douzièmes de l’acide employé. Le nitrate de cuivre et le nitrate d’argent en excès restent dans la cornue , et le produit distillé est de la plus grande pureté.
Nous ne dirons rien des moyens que les auteurs ont indiqués pour le purifier de l’acide sulfurique qu’ils disent! être contenu dans le produit de la décomposition du nitrate de potasse. Nous affirmons qu’en observant les> proportions de matières que nous avons conseillées , l’acide nitrique ne contient et ne peut contenir d’acide sulfurique, sur-tout lorsqu’on a eu la précaution de porter ce dernier sur le nitre , préalablement introduit dans la cornue à l’aide d’un entonnoir et d’un long tube.
ACIDE HYDROCHLOIUQUE.
( Esprit (le sel, Acide marin, Acide muriatique.)
On dit qu’il se trouve à l’état libre dans plusieurs eaux* minérales d’Amérique ; mais ce fait est douteux pour nous, attendu que nous ne pouvons concevoir l’existence et la nature de terrains sur lesquels cet acide soit sans action. On ne le rencontre en Europe que combiné avec des bases: s’il est uni quelquefois à l’eau , ce n’est qu’en petite quantité , et seulement aux environs des volcans en activité ; encore dans ce dernier cas n’est-il jamais pur.
A son état le plus simple , il est toujours gazeux ( non permanent), transparent, incolore, d’une odeur fortement irritante , d’une saveur excessivement acide , d’une pesanteur spécifique de 1,278; il répand à l’air des vapeurs blanches , d’autant plus abondantes que celui-ci est plus humide. De tous les gaz connus, il est le second
CHIMIC0BAS1E— MÉDICÀMENS CHIMIQUES. 2g5 sous le rapport de la solubilité dans l’eau, et sa dissolution dans celle-ci constitue Y acide liydrochlorique liquide.
Préparation. — Pour l’obtenir, on introduit dans un matras , de douze litres au moins de capacité, deux kilogrammes de sel marin; on place ce matras dans une terrine , au bain de sable ; on le ferme avec un bouchon de liège fin , traversé par un tube en S et par un tube conducteur à gaz qui vient se rendre dans un très petit flacon bitubulé , dans lequel on a mis-une couche d’eau de trois à quatre lignes au plus de profondeur: cette
quantité d’eau est destinée à laver le gaz acide liydro-
chlorique , afin de le priver d’une certaine quantité de matière huileuse qui doit se former pendant la décomposition du sel. De la seconde tubulure du petit flacon part un tube , de deux lignes et demie de diamètre au moins, qui vient se rendre dans un flacon à une seule tubulure , dans lequel on a mis quinze cents grammes d’eau distillée pure; et malgré cette quantité , le flacon ne doit être qu’à moitié plein , parce que l’eau , en se saturant du gaz , augmente beaucoup de volume. Ce tube est maintenu dans le flaêon à l’aide d'un bouchon , d’où part un second tube qui va plonger dans un troisième flacon contenant une petite quantité d’eau également pure. Ce dernier flacon est destiné à condenser les portions de gaz qui peuvent s’échapper lorsque l’eau du second flacon est arrivée à un degré voisin du point de saturation. Les bouchons, nous le répétons, doivent entrer avec force dans les tubulures des flacons , car il est important de ne point employer de lut pour cette opération.
Comme le gaz hydrochlorique , en se dissolvant dans l'eau, élève considérablement la témpérature de celleci, et l’amène même jusqu'au point de se vaporiser, lorsqu’elle contient assez d'acide , cette vapeur se condense à la partie supérieure du flacon , attaque le bouchon , et redescend dans l’acide qu'elle colore en brun
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rougeâtre ou jaunâtre. On obvie à cet inconvénient, et on obtient de l’acide hydrochlorique parfaitement incolore , en plaçant les trois flacons chacun dans une terrine , et les tenant plongés dans de l’eau froide qu’on renouvelle aussi souvent qu'elle s'échauffe.
L’appareil disposé avec les précautions que nous venons d’indiquer , on introduit sur le sel , au moyen du tube en S, dix-sept cent soixante grammes d’acide sulfurique concentré du commerce. Immédiatement, le sel est décomposé, l’acide hydrochlorique se volatilise avec une très grande vélocité ; et , comme la capacité du ballon renferme une assez grande masse d’air atmosphérique , celui-ci , étant insoluble dans l’eau , entraîne une petite quantité de gaz hydrochlorique au-dehors du dernier flacon, en répandant des vapeurs blanches. Mais bientôt cet effet cesse, et le gaz acide se dissout dans l’eau, au fur et à mesure qu’il se présente à l’extrémité de chaque tube. Quelquefois ce dégagement est- si abondant et si rapide , qu’il produit un bruissement considérable à l’extrémité du tube plongeant dans le grand flacon , mais qui n’a rien de dangereux , pourvu toutefois que le diamètre du tube soit assez grand pour offrir un passage suffisant au gaz produit, et ce diamètre doit être toujours proportionné à la quantité de sel que l’on décompose.
Nous ne devons pas oublier non plus de dire ici qu il n est pas nécessaire que les tubes qui apportent le gaz hydrochlorique dans l’eau, plongent jusqu’au fond de celle-ci, afin d’éviter la pression qu elle déterminerait contre les parois du matras , ce qui pourrait en occasioner la rupture. D’ailleurs, le soluté de l’acide, ayant une densité beaucoup plus grande que celle de leau, descend toujours au fond de celle-ci à mesure qu’il se produit.
* Hés que le dégagement du gaz hydrochlorique diminue , on met quelques charbons allumés sous le bain
GHIMlCOBASIi:.— MÉÜICAMENS CHTMlQUES. 2q5
de sable , et bientôt il reprend une nouvelle énergie. O11 doit conduire le feu de manière à obtenir un dégagement continu et sans aucun ralentissement; et, afin de servir de guide , nous dirons qu’une opération sur deux kilogrammes de sel n’est terminée qu’ après un espace de sept heures. Il est entendu que le feu doit être augmenté graduellement , *et qu’il doit être plus fort à la fin qu’au milieu de l’opération.
Un inconvénient très grand qu’il faut redouter dans cette opération, c’est, lorsqu’elle est parvenue à peu près aux trois quarts de sa marche, la propension extrême qu’a la matière en décomposition à s’élever dans le matras et à parvenir jusqu’aux tubes ; et comme alors elle s’y solidifierait , elle les obstruerait , et le matras ferait promptement une explosion dangereuse pour l’opérateur. On évite cette tuméfaction, et on la circonscrit aux trois quarts de la capacité du matras , en promenant sur *le dôme de celui-ci une éponge humectée d’eau fraîche. Si , cependant , le cas arrivait par suite de négligence ou d’un feu trop fortement poussé , la seule chose qu’il y aurait à faire serait de briser le col du matras avec une tige de fer et de s’éloigner ensuite du laboratoire.
L’acide hydrochlorique ainsi obtenu est d’une pureté parfaite.