CHIMICOB ASIE « MÉDICAMENS CHIMIQUES
remplit aux trois quarts une cucurbite en grès ou en verre chauffée au bain de sable et surmontée d’un chapiteau muni d’un long tube entouré d’un réfrigérant. Les deux premiers tiers du produit sont purs ; le reste est chargé d une certaine proportion de produits empyreumatiques , et doit par conséquent être mis de côté.
o’ Acide acétique concentre ou vinaigre radical.— 1\ est liquide, incolore, d’une odeur forte, piquante et excessivement pénétrante j d’une saveur très acide et presque caustique , d’une pesanteur spécifique de 1 ,06o à la température de 16° centigrades. Il est très volatil, et, dans son plus grand état de concentration, il est susceptible de cristalliser à quelques degrés au dessus de zéro ; il se prend alors en une masse cristallisée formée de grandes plaques.
Préparation. — Placez dans un fourneau à réverbère une cornue de grès lutée et à demi-remplie de deutoacétate de cuivre parfaitement privé d’eau de cristallisation ; adaptez-y une alonge , un ballon tubulé que l’on tient plongé dans l’eau froide, et portant à sa tubulure un long tube qui s’élève dans l’air; chauffez par degrés. On obtient ainsi un liquide rendu verdâtre par la présence d’un peu de sel cuivreux, dont on le débarrasse au moyen d’une seconde distillation dans une cornue de verre munie d’un récipient tubulé , et avec les précautions indiquées cidessus.
Le procédé dont nous venons de donner la description succincte, a été toujours employé dans les pharmacies, et l’est encore par beaucoup de praticiens ; mais on obtient aujourd’hui l’acide acétique beaucoup plus puissant que le précédent, en décomposant les acétates par l’acide sulfurique , et , si l’on se sert d’acétates privés d’eau , on obtient alors l’acide susceptible de cristallisation.
L’extraction de l’acide acétique pur de l’acide pyroligneux constitue maintenant une nouvelle branche d’industrie. Il est des fabriques, telles que celle de Choisy aux environs de Paris , où l’on prépare des masses énor-
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mes d acide acétique pur avec le vinaigre de bois; et, bien que les opérations qu’on fait subir à ce dernier soient toutes simples, nous ne croyons pas devoir ici les décrire, parce qu’elles sont entièrement du ressort de la chimie manufacturière.
ACETATE DE POTASSE.
(Terre foliée de tartre , Terre foliée végétale.)
Ce sel existe dans le suc d’un grand nombre de végétaux ; mais il y est accompagné de tant d’autres substances, qu’on ne cherche pas à l’en retirer pour les besoins de l’art de guérir.
Il est ordinairement sous forme de masses blanches , assez souvent feuilletées et micacées , d’une odeur très faible d’acide acétique, d’une saveur fraîche piquante. Il est cristallisable , mais difficilement , en aiguilles soyeuses ; très déliquescent , et conséquemment très soluble dans l’eau ; soluble dans l’alcool.
Préparation. — On l’obtiendrait pur immédiatement, en saturant l’acide acétique pur par le carbonate de potasse préalablement calciné, et évaporant jusqu’à siccité ; mais, par ce procédé, il reviendrait à un prix trop élevé. On le fait le plus ordinairement en saturant le vinaigre distillé parie carbonate de potasse; on évapore jusqu’à siccité , en remuant continuellement. Le résultat de cette opération n’est pas parfaitement blanc , ce qui provient de la présence d’une certaine quantité de matière organique que le vinaigre distillé contient toujours , et on ne peut l’en priver qu’en la décomposant , ce à quoi l’on parvient facilement en chauffant avec précaution dans la meme capsule ou bassine ( qui doit être d’argent) jusqu’à fusion ignée. A la température à laquelle cette fusion arrive ; la matière organique £e charbonne sans que Lacé-
CHIMICOBASÎE. — -MÉDICA.MÈN3 CHIMIQUES. Qgÿ taie de potasse soit décomposé. On retire du feu , on laisse refroidir , on dissout dans le moins d’eau possible, et l’on filtre. Si , par hasard , la liqueur se trouve être un peu alcaline , on la sature au moyen de quelques gouttes d’acide acétique pur, puis on 1 évaporé jusqu’à siccité.
Pour avoir un produit léger et volumineux , on ne doit évaporer la liqueur que par petites portions à la fois , sur un feu modéré , avec la précaution de la détacher de la bassine d’argent au fur et à mesure qu’elle se tuméfie.
On l’obtient encore plus économiquement, en traitant, d’une manière analogue, la liqueur qui provient de la décomposition bioxalate de potasse par l’acétate de plomb, après y avoir préalablement fait passer un courant d’acide hydrosulfurique , afin d’en séparer les derniers atomes d’acétate de plomb que ce résidu pourrait contenir.
L’acétate de potasse doit être conservé dans des flacons parfaitement bouchés , afin de le priver complètement du contact de l’air.