‹ Traité élémentaire de pharmacologie. Contenant la description sommaire des substances médicamenteuses simples; la préparation des médicaments officinaux et magistraux français et étrangers; l'appréciation des propriétés physiologiques des médicaments, leurs modes d'administration et l'art de formulerChapitre 371 sur 525 · GELEE DE CORNE DE CERF · texte numérisé non relu

GELEE DE CORNE DE CERF

Pr, : Ràpures de corne de cerf lavées à l’eau

^de ; 8 onces (2Ô0 gr.)»

Eau commune; a livres (1000).

Faites bouillir eû vase clos, jusqu’à réduction de moitié, passez avec expression, et faites bouillir le résidu de la même manière , dans •

Eau commune; 2 livres (1000),

Réunissez les deux décoctés, et faites-y dissoudre

Sucre blanc ; 4 onces (120).

Clarifiez avec un blanc d’œuf délayé dans un peu d’eau, puis faites évaporer à une douce chaleur, jusqu’à consistance convenable, c’est-à-dire, jusqu’à ce que quelques gouttes versées sur un corps froid se prennent aussitôt en gelée. Aromatisez alors avec quelques morceaux de cannelle ou de zeste de citron ou d’orange, et coulez dans des pots que vous placerez dans un lieu frais.

PHARMACOTECHINIE.

Les doses indiquées fournissent environ huit onces de produit.

Beaucoup d’auteurs conseillent d’ajouter un peu de vin danc, ou de sirop de vinaigre, ou mieux de suc de citron, pour faciliter la clarification.

On doit à M. Ferrez le procédé suivant, au moyen duquel on peut préparer la gelée de corne de cerf d’une maniéré beaucoup plus expéditive.

- Pr:Covne de cerf râpée; 4 «aces ( ■ 25 gr.).

Eau commune ; 8 onces (2S0).

Acide liydrochlorique ; , f;ros

Malaxez la corne dans l’eau acidulée, pendant dix minutes; lavez-la à deux ou trois reprises, avec suffisante quantité d’eau, pour enlever les sels solubles qui se sont ormes; faites-ia bouillir avec de nouvelle eau, pendant une demi-heure (ce court espace de temps suffit pour enlever la quantité de gélatine qu’elle contient); passez avec forte expression au travers d’un linge, tiltrez la liqueur chaude, et faites-y dissoudre

Sucre blanc • 4 onces (i25).

Alors, faites évaporer à une douce chaleur, et terminez 1 operation comme il a été dit plus haut.

HL Saccharolês liquides .

hette troisième section ne comprend qu’une seule forme médicamenteuse, désignée par le nom générique de sirop. Lorsque la matière sucrée est le sucre seul, ou uni au miel, le saccharolé est appelé sir op proprement dit; lorsque cette matière est le miel, la préparation reçoit la dénomination de méliiolè {miel médicinal mmel-

SACCHARÜL1Ë.

SACCHAfiOLÉS LIQUIDES. 619

1 °. Sirops proprement dits .

Les sirops sont des médicamens officinaux, liquides, de consistance oléagineuse, visqueux, résultant de la solution concentrée du sucre seul ou uni au miel, dans un liquide aqueux, vineux ou acéteux, le plus ordinairement chargé des principes actifs d’une ou plusieurs substances médicamenteuses.

Les différentes sortes commerciales de sucre peuvent être employées pour la préparation des sirops, mais elles ne conviennent pas toutes également. En général, on doit donner la préférence au sucre en pain , premier blanc ; après lui , vient le sucre dit quatre cassons , puis enfin la cassonade des îles : ces trois qualités peuvent suffire à tous les besoins.

Le rapport du sucre au liquide varie suivant la nature de ce dernier : ainsi, il en faut deux parties pour une d un liquide aqueux; les liquides acides et le vin ordinaiie n en exigent que vingt- huit à trente onces par livre; enfin, pour les liquides alcooliques, pour les vins sucrés du midi, vingt- quatre à vingt- six onces par livre son t une dose suffisante.

1! existe deux modes principaux de préparation des sirops, la simple solution et la coction.

Le premier de ces deux modes consiste à faire dissoudre, soit à froid, soit à une douce chaleur, le sucre

cassé par morceaux, et à filtrer au papier ou au Manchet.

Le second mode, ou celui par coction, est accompagné 01 dinairement de la décoloration par le noir animal et de la clarification avec les blancs d’œufs. Nous en donnerons la description plus bas, en traitant de la préparation du sirop de sucre.

Pour faciliter l’étude des sirops, nous les diviserons, à * l’exemple de MM. Henry et Guibourt, en trois sections :

PHARMACOTECUiSIE.

1° Sirop simple j formé de sucre et d’eau seulement; 2° Sirops monoïamiqnes , c’est-à-dire, contenant, outre le sucre et le liquide dissolvant, les principes actifs d’une substance médicamenteuse ; 5° Sirops poljamiquc s > ou dans lesquels se trouvent réunis les principes médicamenteux de plusieurs substances.

Ce sirop se prépare par solution ou par coction , suivant la quantité du sucre employé.

a. Far solution.

2 parties, i partie*

Fr. : Sucre en pain ier blanc ; Eau pure;

Concassez le sucre dans un mortier de marbre , et in-

troduisez—le avec l’eau dans un vase de verre dont vous fermerez l’ouverture avec soin; agitez de temps en temps, jusqu’à solution complète, puis filtrez au papier.

M. Guibourt conseille l’addition de charbon animal lavé à l’eau et séché, quelle que soit la pureté du sucre: il y trouve à la fois, dit-il, l’avantage d’enlever au sirop les matières colorantes qui peuvent s’y rencontrer, et celui de rendre la filtration beaucoup plus prompte. Si l’on n’a pas à chercher l’action décolorante, il suffit d’employer deux gros de charbon par livre de sucre ; dans le cas contraire, il en faut porter la dose à une once.

Pour obtenir à froid une grande quantité de sirop de sucré incolore, on doit recourir au procédé suivant, dû à M. Durozier .

Pr. : Sucre ordinaire , dit 4 cassons ; 20 livres (10000 gr.)

Eau pure 5

Charbon animal lave' (1);

1 t livres (55oo).

1 livre (5oo).

S ACCtt A ROLÏE . —— S A CCH A ROL ES LiQÜiOliS. Ô2i

Placez les pains de sucre entiers dans un cylindre étroit et profond fait en cuivre étamé, versez-y Peau, fermez le vase, et laissez le tout en repos jusqu’au lendemain. Le sucre est alors désagrégé et tombé au fond du liquide. Agitez de temps en temps, jusqu’à solution parfaite, puis ajoutez le charbon, préalablement traité par l’acide hydrochlorique, et lavé bien exactement à l’eau pure poulie priver des sels solubles formés. Brassez le mélange à plusieurs reprises, pendant vingt-quatre heures, et versez enfin le tout sur un nombre suffisant de filtres de papier.

L’opération terminée, le cylindre et les filtres doivent être lavés avec de l’eau qui sert à préparer une nouvelle solution.

Par caution.

Pr. : Sacre en pains Eau pure ;

Charbon animai lave' ; Blancs d’œufs ;

3o livres (i5ooo gr.), 17 livres 8 onces (8750).

1 livre 1 4 onces (948).

Divisez les blancs d’œufs dans Peau, mettez à part environ deux litres de ce soluté albumineux, et mêlez au reste , dans une bassine étamée , le sucre grossièrement pulvérisé et le charbon animal. Alors, chauffez et portez promptemept à l’ébullition, puis versez-y, en deux ou trois fois et à quelques minutes de distance , Peau albumineuse mise en réserve ; donnez un dernier bouillon , retirez la bassine du feu, laissez reposer pendant quelque temps, enlevez l’écume, jetez le sirop dans une

communiqueraient au sirop une saveur desagréable : on y parvient à l’aide du traitement suivant. Le charbon, placé dans une terrine de grès, est réduit en pâte avec une suffisante quantité d’eau, puis mélangé exactement avec de l’acide hydrochlorique concentré (dans la proportion de 2 onces par livre). On laisse le tout en repos pendant une heure, après quoi on lave le charbon , à quatre ou cinq reprises, avec de Peau bouillant:1 y et on le fait égoutter et sécher,

V'IA PH À RM A COTECti NÏE .

chausse de laine, repassez les premières portions qui s’écoulent noircies par du charbon très divisé, et recevez enfin, dans un nouveau récipient, le sirop devenu parfaitement transparent et limpide.

On peut délayer les écumes dans quelques litres d’eau bouillante, et jeter le tout ensuite sur le charbon resté dans la chausse : on dissout ainsi le sucre retenu par ces deux substances, et on fait cuire ensuite le soluté jusqu’à consistance convenable. Ce second produit peut être utilisé dans la préparation de quelques sirops colorés.

Le procédé que nous venons de faire connaître peut s’appliquer également aux sucres bruts et aux cassonades, en ayant soin toutefois d’augmenter la dose des blancs d’œufs, en proportion de l’impureté de la matière sucrée. Mais nous devons dire ici qu’il est bien reconnu qu’il n’y a jamais d avantage réel à se servir de sucre brut pour la confection des sirops; car, avec lui, on consomme une plus grande quantité de feu, la préparation est plus longue, et la somme du produit est beaucoup moindre qu’avec le sucre raffiné.

Si le sucre employé était assez beau pour n’avoir pas besoin d’être décoloré, on se dispenserait d’ajouter le charbon.

Le sirop ainsi obtenu peut être avantageusement employé pour la préparation du plus grand nombre des sirops monoïamiques et polyamiques.

Nous avons parlé plus haut de la cuisson en consistance convenable; par-là nous avons voulu dire que le liquide sucré doit être amené à un certain degré de densité. La densité des sirops simples se mesure à l’aide de l’aréomètre de Baumé; le sirop de sucre cuit au point convenable marque, lorsqu’il est bouillant, trente degrés à cet instrument, ou 1,261 de pesanteur spécifique, et trentecinq degrés, ou 1,321 P. S., lorsqu’il est refroidi. On peut arriver aussi exactement à cette appréciation au moyen

SACCHAROLIB. SAOCHAROLÉS LIQUIDES. fi2Û

d’un vase de capacité connue : ainsi , une fiole qui contient 32 grammes d’eau distillée, doit en contenir 42 de sirop. Enfin, le thermomètre fournit un moyen d’obtenir le même résultat; car, les corps dissous dans un liquide retardant son point d’ébullition , l’expérience a prouvé que le sirop était cuit convenablement, lorsque, bouillant, sa température était de 84 degrés Réaumur , de 105° centigrades, et de 221° Fahrenheit.

Mais, de ces trois moyens, l’aréomètre est presque le seul qui soit usité; encore est-il juste de dire que, dans les laboratoires, on a plus généralement recours à certains signes, moins sûrs sans doute que les procédés dont nous venons de parier, mais qui cependant, basés sur une grande habitude de préparation, trompent rarement le manipulateur exercé. Ces signes , résultant de la viscosité du sirop qui le fait filer plus ou moins entre les doigts, s’écouler d’une certaine manière en tombant de la cuillère ou de l’écumoire qu’on y a plongée, etc., ont reçu les noms de lissé ou filet, perle, nappe, pellicule , soufflé, plume , etc.

Il est de la plus haute importance, dans la préparation de ces médicamens, de saisir le point convenable de cuisson , car de là dépend surtout la possibilité de les conserver sans altération. Trop peu cuits, ils ne tardent pas à fermenter; trop cuits, une portion de sucre cristallise et laisse le liquide dans un état de non - saturation qui détermine ensuite la fermentation. La cristallisation dont

nous venons de parler n’arrive que dans les sirops aqueux; car, dans les sirops acides, 1 altération éprouvée est différente. Au lieu de cristaux qui se forment, c’est une masse concrète, offrant l’aspect grenu du chou-fleur, qui se précipite au fond des bouteilles; et ce dépôt, que l’on a dit résulter d’uue combinaison de l’acide avec le sucre, est regardé par quelques auteurs comme analogue au sucre de raisin.

Ftf A U MA COTE CH NIÉ,

DEUXIEME SF.CT10 is. —SIROPS MONO ÎJMîQ l ES, î* sirop de gentiane,

Pr.: Racine de gentiane sëche j f once (3s gr.).

Coupez-la en tranches très minces et faites -la infuser dans -j

Kan bouillante ; 8 onces (a5o).

Après vingt-quatre heures de contact, passez avec expression, filtrez au papier, puis ajoutez au produit obtenu *

Sirop de sucre; 2 livres (iooo).

Mêlez, faites cuire en consistance de sirop et passez au travers d'une étamine.

rv sirop de: guimauve.

Pr. : Racine de guimauve se'che, blanche ei.

mondee ; g onces (a5o gr.).

Coupez - la en très petits morceaux , et faites-la macérer dans

Eau commune; 3 livres (i5oo).

Après douze heures de contact, passez sans expression à travers un blanchet, puis ajoutez

Sirop de sucre ; ib livres (8oooj.

Faites cuire à 50° bouillant.

Préparez delà meme manière les sirops de cynoglosse et de grande consolide .

SIROP D’iPECACUANH A.

Pr. : Poudre d’ipe'cacuanha ; 2 onces (64 gr

Alcobl à 22nj * 1 livre (aooY.

Faites digérer au bain-marie pendant 12 heures.

SACGHAROLIE. — SACCHAROLÉS LIQUIDES. (j2&

passez au travers d’un linge avec expression , et traitez le marc par une seconde quantité d’alcool. Alors, réunissez les produits des deux digestions, filtrez-les, et retirez-en l’alcool par distillation. Faites ensuite évaporer le résidu au bain-marie et jusqu’à siccité, puis versez-y

Eau distillée 5 g onces (a5o).

Chauffez un instant, laissez refroidir, filtrez et ajoutez ensuite

Sirop de sucre } 4 livres 8 onces (saôo).

Mêlez et faites cuire enfin jusqu’à consistance convenable.

Nota, Ce sirop, qui est privé du principe huileux, et nauséeux de l ipécacuanha, contient par once les principes actifs de 16 grains de la poudre de cette racine,

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