ÉTUDE DES CARACTÈRES.- — RÈGNE ANIMAL. I
cologique , la partie de cet animal qui intéresse le plus est son foie , d’où l’on extrait une huile connue sous le nom d’huile de foie de morue. Il faut se garder de confondre cette huile avec celle de poisson ordinaire , qui sert, au reste, souvent à la sophistiquer.
Ichthyocolîe ou Colle de poisson. Ichthyocolla.
Substauce sèche, coriace, d’un blanc sale, ordinairement en cylindres contournes , formée de la vessie natatoire du grand esturgeon ( acoipenser huso) , de la division des chondroptèrygiens , ordre des sturioniens. Elle est inodore et insipide, se dissout presque entièrement dans l’eau bouillante , et fournit , en se refroidissant, une gelée ferme et d’une couleur opaline. L’ichthyocolle se transforme entièrement en gélatine.
Os de sèche. Tegmen sepiœ .
La sèche, septa officinalis , mollusque céphalopode privé de coquille extérieure, abonde dans toutes les mers de l’Europe. On en retire une coquille intérieure, logée sous la peau de l’animal, et connue sous les noms dos de sèche et de biscuit de mer. C’est un corps ovale, long, plat, blanc, léger, friable , offrant une surface très poreuse et une autre comme cornee. Aujourd’hui, elle n’est plus guère employée que dans les poudres dentifrices.
Chair de limaçon. Carohelicis ,
Le limaçon de vigne est l’espèce médicinale d’un genre très nombreux; il est contenu dans une coquille globuleuse, d’un fauve roussâtre, cfeusée en forme d’hélice , et se terminant au dehors par une large ouverture. Ce mollusque, commun dans les vignes et les jardins, est pour quelques personnes un aliment agréable; l’abondance de son mucus le rend précieux en médecine, où on l’emplbie sous forme de bouillon , de sirop, etc*
Coquilles d’huîtres. Testas ostreœ .
L’huître commune, ostrea eduiis, abondante sur quelques-unes de nos côtes, est un mollusque acéphale , crustacé, dont les valves sont irrégulières, parsemées de stries curvilignes et rugueuses, et offrent, à l’intérieur, une surface lù se et nacrée. L’animal entier est un aliment fort délicat, et sa coquille , formée sur-tout de carbonate et de phosphate de chaux, estla partie du mollusque dont on fait le plus d’usage en médecine.
Sangsue. Scuiguisuga ou hirudo.
Les sangsues sont des vers aquatiques rangés parmi les annélides* C’est dans les eaux douces que se trouvent les seules qui soient; usitées ec
ï iB PHARMACOMATÏIIE,
médecine. Elles ont la propriété, pour peu qu’on les irrite, de se contracter en prenant la forme d’une olive ; on les distingue aussi à leur corps alongé, mou, rétractile, convexe en dessus et plat en dessous, composé d’un grand nombre de segmens ; leur ventouse buccale sert comme instrument de succion, de station et de progression. Leur ventouse anale sert seulement à la station et à la progression. La ventouse antérieure est munie d’une bouche armée de trois rangs de dents fort aiguës.
Deux espèces de sangsues sont employées principalement comme moyen de saigner localement.
i° Sangsue officinale. Sanguisuga officinalis .
Cette espèce, commune dans le midi de la France , est celle qui offre les plus grandes dimensions (de 4 à 7 pouces) 5 son corps est ou verdâtre ou d’un vert noirâtre peu foncé; le dos marqué de 6 bandes longitudinales, de couleur ferrugineuse, mouchetées de points noirs à leur partie moyenne et sur leurs bords; leventre vert jaunâtre sans taches, mais bordé d’une large bande noire; les segmens très lisses. On l’appelle sangsue vo te .
2° Sangsué médicinale. Sanguisuga mcdicinalis.
Cette espèce est plus septentrionale que la précédente; on la distingue sous le nom de sangsue grise ; elle a le corps d’un vert foncé , le dos marque de 6 bandes ferrugineuses, assez claires, maculées de taches noires le plus souvent triangulaires; le ventre également bordé de noir, mais d un fond verdâtre Les segmens présentent des aspérités mamelonnées. Cette espèce est la plus commune chez nous.
A ces espèces principales on peut en ajouter quelques autres , telles que la sangsue obscure, la sangsue interrompue, etc.
Il est une espece d hirudinecs qu il ne iaut pas confondre avec les véritables sangsues. C’est Vhæmopis vorax de Savigny , vulgairement appelée sangsue de cheval , commune dans les marais et les eaux douces de la France. Ses dents mousses ne lui permettant pas d’entamer la peau de l’homme , elle doit être rejetlée comme-inutile ; c’est donc à tort qu’en l’a accusée de produire, par sa morsure, des accidents fâcheux.
Les sangsues déchirent la peau des animaux auxquels elles s'attachent, au moyen de leurs dents, et en soutirent le sang â l’aide de la succion.
On en a fait depuis quelques années une prodigieuse consommation ; elles se recueillent, soit à la main , soit au moyen de petits filets.
Les marais, les étangs et certains ruisseaux de plusieurs points de la France nous en fournissent de grandes quantités.
leux cl écrevisse, Concrementa astcici fliwiatilis.
Ces concrétions, improprement appelées yeux d écrevisse, sont de nature calcaire et se forment naturellement dans l’estomac de l’écrevisse, «rustaeé de l’ordre des décapodes.
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Ces concrétions sont en forme de niasses circulaires, de 5 à 4 lignes de diamètre, dont la surface inférieure présente au centre une légère dépression.
A l’état frais, ces concrétions sont d’abord d'une couleur rosée ou bleuâ* tre; ensuite elles deviennent blanches. Elles sont formées de différentes couches, et c’est particulièrement en cela qu’on les distingue des imitations qui eu sont faites. Elles se composent de carbonate de chaux uni à du mucus qui en lie les parties.
Les concrétions de 1 écrevisse , qui autrefois étaient en grand usage en médecine , ne sont presque plus employées aujourd’hui., parccqu’on a reconnu qu’on pouvait les remplacer avantageusement par des substances plus faciles à se procurer.
Cloporte. Oniscus murarius . Cuv.
Ce crustacé isopode habite les lieux frais, humides, à efflorescences nitrées • d est long de 6 à io lignes , lisse , cendré , tacheté de noir et de jaunâtre, articulé, à mandibules sans palpes ; sa bouche est formée de trois paires de mâchoires ; il porte 4 antennes articulées, et manque de corselet distinct ; son corps est partagé en quatorze anneaux , portant chacun une paire de pieds.
Du autre oniscus, Varmadiila , brillant, poli , très convexe, ayant les appendices de la queue à peine distincts et se roulant en boule dès qu’on le touche , est , avec le premier , employé indifféremment dans nos officines/
Cantharide. Meloe vesicatorius. L.
La cantharide des officines, insecte coléoptère très commyn dans le midi de la France, en Espagne et en Italie, est longue de 6 à io lignes sur 2 ou 3 lignes de largeur, d’un vert doré très brillant, à antennes noires; elle est assez* commune sur les frênes et les lilas qu’elle dépouille quelquefois de leurs feuilles.
On les récolte de grand matin , moment de la journée où elles sont eïi“ gourdies, en secouant les arbres ou les branches sur lesquels elles sont fixées, On les fait ensuite périr à la vapeur du vinaigre chaud , après quoi on les fait sécher au soleil ou à l’étuve.
La cantharide, analysée par M. Robiquet , a offert une huile verte non vésieante, une matière noire également non vésieante, insoluble dans l’eau, une matière jaune soluble non vésieante, un principe huileux volatil et vésicant, et enfin la canlharidino , principe essentiellement vésicant.
Mylabre de la chicorée. Mylahris cichorii. L.
Ce coléoptère , qui offre un moindre volume que le précédent, a tout au plu» 6 à 7 lignes de longueur, il est noir, velu, et porte sur le dos 2 bande» jaunes et dentées, et une tache jaunâtre à la base de chaque elytre. Ilest sur-tout commun dans les régions chaudes de 1 ancien continent. Ainsi
PHARMACOMATilIE.
que 1 indique son nom, il se plaît sur la chicorée. Cet insecte, usité comme vésicanf, en Italie, en Grèce, en Egypte, etc. , peut être considéré comme un excellent succédané de la cantharide.
Cochenille du nopal. Coccus cacti. L.
La cochenille appartient à la famille des gallinsectes , qui fait partie de 1 ordre des hémiptères. Elle se trouve, dans le commerce, sous forme de petits grains irréguliers, convexes d’un côté, concaves de l’autre, offrant encore quelques traces d’anneaux, d’une ligne de diamètre environ, légers, secs , friables , de couleur rouge-brune ou grise ardoisée mêlée de rouge , parfois recouverts d’une poussière blanche, d’une odeur fétide , d’une saveur amère et acidulé.
13 un emploi médical assez borné, elle est sur-tout utilisée dans les arts, comme moyen de teinture. Cet insecte est tiré habituellement du Mexique, où il se rencontre en grande abondance sur le nopal.
Abeille, si pis mellijîca. L.
Les abeilles, de la famille des mellifères , ordredes hyménoptères, sont dignes, à tou? égards, d’attention et d’jntérêt. Elles vivent en sociétés disciplinées, où se trouvent trois sortes d’individus; savoir : une femelle qui est souveraine, plusieurs centaines de mâles ou faux-bourdons, uniquement destinés à la féconder, et qui sont ensuite mis à mort par le reste de la population, et enfin les abeilles neutres, appelées ouvrières, au nombre de pîusienrs milliers , lesquelles sécrètent la cire dont sont formées les alvéoles des rayons; elles élaborent le miel contenu dans ces alvéoles , et recueillent le propoüs destiné à tapisser l’intérieur de leurs ruches et à en boucher toutes les fissures.
Miel. Mel.
Matière sucrée , molle ou liquide, d’un blanc jaunâtre, grenue, soluble dans l’eau, et susceptible de fermentation alcoolique; elle est recueillie par les abeilles dans la corolle des fleurs, où des glandes nectarifères la secrétent ; mais ces insectes lui font subir dans leur estomac une élaboration particulière. Le miel le plus estimé en France est celui de jNarbonne et des provinces environnantes; la seconde qualité nous vient du Gâtinais, et est celle qu’on emploie le plus.
Le commerce falsifie quelquefois le miel commun eu le mélangeant avec de la fécule ; mais on s’en assure bientôt en faisant dissoudre un peu de ce miel suspect dans de l’eau froide, et en touchant avec la teinture d’iode l’amidon qui s’est déposé.
Cire. Cera.
Matière dont l’abeille construit les rayons où elle dépose son miel et ses larves. L’animal la sécrète par la partie inférieure^ de soq abdomen. Elle