‹ Traité élémentaire de pharmacologie. Contenant la description sommaire des substances médicamenteuses simples; la préparation des médicaments officinaux et magistraux français et étrangers; l'appréciation des propriétés physiologiques des médicaments, leurs modes d'administration et l'art de formulerChapitre 52 sur 525 · VII. CONSERVATION · texte numérisé non relu

VII. CONSERVATION

BES SUBSTANCES STMFJLES

La conservation des substances simples a pour but de les mettre dans des conditions telles, qu’elles puissent dm rer un certain temps sans s’altérer.

La plupart des substances minérales exigent peu de soins pour leur conservation : le, plus souvent, il suffit de ics envelopper dans du papier pour les préserver de la poussière. Gomme la limaille de fer et d’acier est sujette à s'oxyder, on doit la renfermer bien sèche dans des vases de verre hermétiquement bouchés, il faut préserver du contact de l’air et de la lumière certains oxydes et sels.

Il est indispensable de conserver fraîches les parties usitées de certains végétaux qui perdraient , en se desséchant, leurs propriétés. Dans ce cas sont les racines de raifort, d’arum, etc.; on les enfouit dans du sable , à la cave , en ayant soin d’enlever , quand elles en ont, leurs feuilles radicales , dont le développement n aurait lieu qu’en nuisant aux principes cle la racine. On emploie le même procédé pour les bulbes, quand on doit s en servir à l’état frais, et qu’on n’a pas l’occasion

de les employer immédiatement après leur sortie de terre.

. Pour préserver les plantes desséchées de l’humidité qui en détermine la prompte altération , on a coutume de les placer à l’étage de la maison le plus élevé : là, des boîtes couvertes , garnies à l’intérieur de papier enduit d’une colle à laquelle on a mêlé :é, de * deutochlorure de mercure et un peu d’aloès, reçoivent toutes les parties des végétaux ; on peut, de plus, les

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vernir à l’extérieur. De cette manière, les insectes n’auront que peu de prise sur les substances. On en fait autant pour les coffres elles tonneaux destinés à recevoir celles de ces mêmes substances que l’on récolte en grande quantité. On peut conserver ainsi les racines , les bois , les feuilles , les sommités et les fleurs. Nous plaçons ici ces parties déplantés dans l’ordre de leur plus longue conservation. On voit, dès lors, que les soins doivent être proportionnés à la plus ou moins grande disposition qu’elles ont à s’altérer.

Quant aux graines, amandes et tout ce qui est compris sous le nom collectif de fruits , à fort peu d’exceptions près, on les conserve de la même manière.

On a quelquefois besoin de conserver des animaux vivans. Pour y parvenir, on a soin, autant que possible, de ne pas les sortir de leurs habitudes naturelles.

On conserve les sangsues dans l’eau , en les tenant très proprement et changeant cette eau tous les deux ou trois jours , et même plus souvent si le temps est chaud et orageux. Dans tous les cas, il faut avoir soin que l’eau nouvelle soit à la même température que celle que l’on retire. Il suffit, pour de petites quantités de sangsues , de les tenir dans des vases de grès ou de verre. Pour de grandes quantités , le meilleur moyen est d’établir, dans une cour ou un jardin , un bassin , au fond duquel on dépose une couche formée de terre glaise , ou d’un mélange de mousse , de tourbe et de charbon végétal concassé. L’eau doit être toujours entretenue à la même hauteur, et, en cas de gelée, il faut recouvrir sa surface avec des paillassons posés sur un châssis , pour éviter qu’ils ne trempent dans l’eau.

On conserve les limaçons pendant tout l’hiver dans des caisses ou des paniers , en ayant soin de les garantir d’une trop grande chaleur , de même que des fortes gelées.

CONSERVATION DES SUBSTANCES SIMPLES» l%l$

tes grenouilles peuvent se conserver dans un baquet avec de 1 eau et de l'herbe, en ayant soin de le recouvrir d'un grillage en fil de fer, ou simplement d'un filet»

Le meilleur moyen de conserver les tortues est de les mettre, soit dans un jardin, soit dans une cour garnie de gazon. On peut aussi les parquer dans les caves.

Les œufs se conservent très bien par leur immersion dans beau de chaux. Quelques personnes, pour arriver au même but , les frottent avec de l’huile ou bien de l’axonge ; d’autres les couvrent de cendre , ou de sciure de bois , ou simplement de paille : mais le premier de ces moyens est certainement préférable.

Les substances animales sèches, telles que les cloportes, les cantharides, le musc, le castoréum, sont celles qui ont le plus particulièrement besoin d’être préservées de l’humidité et de l’atteinte des insectes. Il est fort difficile d’y parvenir ; mais le moyen qui réunit le plus de chances de succès consiste à les renfermer dans des vases de verre , hermétiquement bouchés , ou dans des boîtes de bois garnies à l’intérieur de plomb, ou

enfin dans des bocaux et des pots garnis d’un cercle luté.

Pour certaines de ces matières qui s’altèrent avec une grande rapidité, comme les graisses, la cétine, etc., il convient de les renouveler souvent.

La Pharmacotechnie a pour but d’initier ïe médecin aux opérations pharmaceutiques qui peuvent l’éclairer dans l’exercice de son art.

Elle est tout entière empruntée à la Pharnj&cie , qui diffère de ia Pharmacotecimie , en ce qu elle approfondit tous les détails relatifs à la confection et à la préparation des médicamens.

Les médicamens résultent de la préparation qu’on a fait subir aux substances simples , pour les mettre en état d’agir avec efficacité dans le traitement des maladies.

Le second livre sera divisé en cinq chapitres , que nous traiterons successivement dans l’ordre suivant :

i Des formes générales des médicamens.

T De leurs modes généraux de préparation.

5° De leur classification.

4° De leur préparation particulière.

5° De leur conservation,

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