‹ Traité élémentaire de pharmacologie. Contenant la description sommaire des substances médicamenteuses simples; la préparation des médicaments officinaux et magistraux français et étrangers; l'appréciation des propriétés physiologiques des médicaments, leurs modes d'administration et l'art de formulerChapitre 61 sur 525 · EXPRESSION · texte numérisé non relu

EXPRESSION

Cette opération consiste à extraire d’une substance, molle ou solide , les liquides qu’elle renferme. Elle se pratique à froid ou à chaud.

A froid .

l'our exprimer le liquide contenu dans un corps, il faut d abord déchirer les vaisseaux qui le renferment et ensuite lui donner issue au dehors par une pression plus ou moins forte. Quelquefois ces deux opérations se font simultanément; c’est ainsi que les moulins à sucre écrasent en même temps les tiges de la canne à sucre ( saccharum officinarum ), et en font sortir le sue qu’elles contiennent.

Le P!us soient, il faut déchirer, par ta contusion le corps dont on veut exprimer le suc.

Pour les plantes , on procède à cette opération en les pilant dans un mortier de bois, ou mieux de pierre non calcaire , telle que le porphyre , avec un pilon de bois : exemple, l’oseille, la chicorée , la joubarbe, etc.

On déchire , au moyen d’une râpe en fer-blanc , tous les fruits d’un parenchyme ferme , tels que les pommes , les coings , qu’on soumet ensuite à l’action de la presse.’

On se contente de malaxer les baies de consistance faible , telles que les mûres , les groseilles , les framboises , qu’on passe ensuite dans un linge avec expression.

Ees fruits à huile volatile, tels que les citrons et les oranges, sont dépouillés préliminairement de leurs péir-

l6o PHARMÀCOTECHNIE»

carpes et de leurs graines, divisés , enfermés dans un tissu , puis soumis à Faction de la presse,

j4. chaud «

Si les sucs à exprimer sont trop consistants pour être extraits à la température ordinaire, on emploie l’aide du calorique. Pour y parvenir , il faut faire chauffer, dans un vase convenable, le corps sur lequel on agit. En même temps, on chauffe, en les plongeant dans l’eau bouillante, deux plaques métalliques entre lesquelles sera exercée la pression; après quoi, la masse est introduite dans un sac de toile forte , placée entre ces plaques , et soumise à une pression graduée. C’est ainsi qu’on extrait le beurre de cacao , le beurre de muscade , l’huile d’œufs, etc.

On a même conseillé , pour l’extraction des huiles de cacao et de muscade, d’ajouter à la masse un quart de son poids d’eau bouillante; mais ce procédé est essentiellement défectueux , en ce qu’il ne fournit qu’une portion de l’huile que l’on peut obtenir si l’on opère par expression sans eau.

11° CLARIFICATION

La clarification consiste à amener à l’état de limpidité un liquide dont la transparence est troublée par des corps solides tenus en suspension. On arrive à ce résultat au moyen de divers procédés, qui sont : la dépuration, la décantation , la coagulation y la despumation et la filtration,

a. Dépuration t

Dépurer , c’est laisser un liquide en repos pour que les particules hétérogènes s’en séparent plus ou moins lentement, et gagnent le fond du vase. Cette opération peut être considérée comme préliminaire de la clari-

MODES DE PRÉPARATION. jgt

«cation en général , car elle seule ne suffirait pas toujours pour obtenir un produit parfaitement pur. Dans

tous tes cas, elle doit être suivie de la décantation ou soutirage.

b. Décantation .

Pour décanter, on retire la partie supérieure du li-

rtr 'r a dépuré’ et |,onarrive à résultat, ^t

inclinant le vase avec précaution pour verser le liquide sans troubler le dépôt, soit en se servantdu siphon d unemeche en tissu perméable , ou d’une cannelle si 1 on opéré en grand.

Le siphon est un tube de verre ou de métal, recourbé

Z i?: ™ V- " * branches UnuT-

branche f fT" C0DSiSte à P'°n§er dans le ^‘,uide la branche la pins] courte pour le faire sortir par l’autre

îêlÏÏTî de ' asP*ration , et l’écoulement continue par 1 effet de la pression atmosphérique. 1

e/TS; 8 que!quei0is une forme plus avantageuse, onia! q elnpefhe d arriver jusqu’à la bouche Je liq qui ptut etre doué de propriétés caustiques 11 por e alors vers l’extrémité de sa plus longue £.e

un u >e paiaflele à cette dernière, par lequel se fait l'as* pi ration , en même temps qu’on bouche avec le doigt 1 ouverture de cette longue branche ë

U est un siphon préférable encore, en ce qu’il dispense de l’aspiration ; c’est celui de Bunten. II ressembla.? p renuer que nous avons décrit , si ce n’est qu’il porte

Sr o reUSC T tr°iS qUar‘ S SUpérieurs de la longue

b.anche. On remplit d’eau cette branche et la boule on brin°eh ' a l eXtJrélnité avec le doigl. et l’on plonge l’autre

onaretireîedoicrtT*16 ^ ^ S°Utirer ’ «uand

et force le r *,’ contenue dans éboule descend nuis en . ,.lquide a monter dans la petite branche •

» obéissant à la loi de pesanteur, ce dernier chasse

102 pharmacotechnie.

îa colonne d’air dans toute l’étendue de ia longue branche , et continue à s’écouler.

On conçoit que cet instrument , s’amorçant avec de l’eau , ne peut être employé au soutirage de tous les liquides , des acides concentrés , par exemple , qui s’en trouveraient affaiblis. M. Leydecker a fait disparaître cet inconvénient en construisant un siphon, dans les branches duquel on fait le vide au moyen d’une boule creuse que l’on échauffe avec la flamme d’une bougie.

c. Coagulation .

On entend par coagulation la concrétion d’un corps dissous dans un liquide , soit à l’aide de la chaleur , soit à l’aide d’agens chimiques. Ses molécules, en se rapprochant lentement et graduellement, forment un réseau qui empâte les impuretés du liquide et les entraîne

avec lui.

La coagulation s’opère avec ou sans intermède. Dans ce dernier cas, comme , par exemple , pour la clarification des sucs exprimés des plantes, on se contente de chauffer le produit dont la matière végéto- animale, analogue à T albumine, se coagule en enveloppant les fibrilles et le principe colorant.

Dans l’autre cas, c’est-à-dire lorsque le produit ne contient point de substance coagulable , il faut nécessairement , pour arriver au même résultat , employer d’autres moyens de coagulation.

Le plus souvent on a recours àlalbumine, quel’on emprunte, soit à l’oeuf (bïane d’œuf) , soit au sang ( et de préférence à€elui de bœuf). Le blanc d’œuf s’emploie pour la clarification des sirops, et en général pour tous les usages de la pharmacie. L’albumine du sang est usitée dans les raffineries de sucre. Dans l’un et l’autre cas , on ajoute quelquefois à F albumine du charbon en poudre, qui en ipême temps opère la décoloration du produit. Le lait

les ’ enVel°We

Précipite avec elle. La Z! 3DS ,e ll('ui(le> et les la clarification et la décolorai CSt/Uere usitée que pour

1 on verse le soluté dans la pièce La Z 7“ ’ et du yin coagule la o’piarina < . \La matlere colorante «ec les *” » "**»«

taineVcirToTtencTs Ôùîmti *“ ^ ^des’ dans cer-

lable par ces corps comme t’TlIm Pfecipiter est eoagu-

rie> ie **» -i;~1^~ouani-

formantune combinaison inJ ,, unissant avec eux et ^ liquide. C’estpar^ moven a^oqUe,a,flItrati°nséPare

cas, clarifier les sucs d’herbes u ' ’ daDS ^“^«ues

d. Despumation.

d'un ins^rument^appelé Zcurnofre’ oTeJ^eP ^

>es feces qui surnagent à la surface d’un hquWe °U

e. Filtration .

Dans la filtration, on fait nasc^r „ .

un tissu de toile ou de laine Jeu serré ZT* * traVCTS les corps étrangers les plus grossiers m ,Séparer

des plantes qu’on y a fait macérer inf ’ tels le marc

«a» . pour taS*' T*"»** •rausparence, UtaUaoir t«„„„

a. Filtration à l’étamine.

Pour filtrer les macérés, infusés on , . on pose ordinairement sur un cadre JS&XSL

£04 PHARMA.C0TECH1SIE.

pieds, une étamine, c’est-à-dire un carré de toile ou de laine claire, dont chacun des angles est retenu par une pointe fixée aux angles correspondons du cadre, et verse au centre de l’étamine, modérément tendue, le pro

duit à filtrer.

b. Filtration au blanchet.

Pour la filtration du sirop , on se sert de blanche* tou

carrés de molleton, qui retiennent les su^nces fl conneusesque contient toujours le sirop , que.que

•c.îïæ « « ** - rt « «

«ères extractives abondantes , ou quand on en doit filtrer n quantité assez considérable, il vaut mieux se

affectant la forme d’un cône renverse. A son tond et intérieurement est fixée une corde, à l’aide de laquelle on relève la pointe , lorsque le tissu est trop obstrue parles matières qui s’y déposent.

c . Filtre Taylor.

, JC, . ■'* <- \A • ^ ; • , 7 '

Une heureuse modification apportée à cet appareil est

celle qu’on doit à M. Taylor. Dans son filtre, la chausse qu’on peut faire en laine ou en coutil de coton croise, est fort longue et renfermée dans un cylindre de cume clamé,de dimensions proportionnées, et pose verticalement.

Trois causes contribuent à la filtration rapi e o enue par ce moyen; d’abord, le cylindre de cuivre qui s oppose au refroidissement du sirop , et consequemment maintient sa fluidité; ensuite, la hauteur de la colonne du linuide aui par la pression , favorise et liate le passage KÆitoir.»! enfin , le, enfin, fi.

filtrante, résultant des plis nombreux qui existent a

rintéripur delà chausse.

d. Filtration au papier.

Pour filtrer au papier , ou plie une grande feuille de papier non collé, en forme de cône fdissé, et on la place dans un entonnoir. Ce filtre est employé pour la clarification des solutés salins, des acides et des alcalis étendus , des solutés alcooliques ou éthérés, des huiles, soit fixes , soit volatiles , des sucs végétaux, et même de certains sirops. Il y a cette seule observation à faire , que , quand le produit est très volatil , il faut obturer la base de F entonnoir avec un couvercle ou tout autre moyen de clôture. Quant aux acides et aux alcalis concentrés , comme ils dissoudraient ou détruiraient le papier, on a recours à un autre mode de filtration que nous mentionnerons ci-après.

M. Desmarets est auteur d’un moyen particulier, qui donne des produits beaucoup plus abondants que le précédent: il consiste à employer de la pâte de papier, et à la délayer dans la masse du liquide à filtrer. La matière ainsi disposée est versée à la surface d’une étamine, où la pâte se dépose en formant un réseau feutré, très analogue à la texture de la feuille de papier. C’est sur-tout à la clarification des sirops que ce procédé peut être appliqué avec avantage.

e. Filtration au charbon, au grès, au verre pilé, etc.

On tasse dans un entonnoir de verre ou de porcelaine, ou encore, comme nous l’avons vu pratiquer en grand par M. Barruel , dans des formes â sucre, une de ces substances concassée , dépoudrée et lavée, en ayant soin de mettre à la partie inférieure les fragmens les plus gros , ensuite les moyens , et en dessus les plus menus. Quelquefois on fait de ces différons corps des couches alternées , et l’on verse doucement par dessus le liquide à

1 ^ PHARMÀCOTECHNIE.

filtrer. Le lavage seul ne suffit pas pour le grès , qui , chargé de parties calcaires , alumineuses et ferrugineuses, doit être d’abord traité par facide hydro-chloïique étendu, puis lavé à grande eau. On emploiera le même procédé à l’egard du charbon animal, si on le destine à la filtration des acides. Mais quand ces derniers ainsi que les alcalis, sont concentrés , le verre pilé est ce qui convient le mieux pour leur filtration.

f. Filtration par pression.

Le comte Réal a fait connaître un appareil , nommé filtre-presse , dont l’utilité a été constatée dans le principe , et qui cependant , bien que pouvant rendre de très grands services à la pharmacie, est tombé dans l’oubli. C est à M. Boullay qu’on doit de l’avoir rappelé , et auj ourd’hui, c’est un ins trament fréquemment employé dans les laboratoires pour l’extraction de diverses substances, qui, sans lui, seraient peut-être encore inconnues dans leur état de pureté. L’avantage immense qu’il présente se rencontre sur-tout dans la facilité du travail et l’abondance des produits .

Approprié aux usages de la pharmacie , il consiste dans un cylindre de quinze à dix-huit pouces de long, sur un à trois de diamètre. La partie supérieure, qui est rétrécie en coi de flacon , se ferme à volonté par un bouchon à l’émeri. L’extrémité inférieure est étirée en bec d’entonnoir, à la base duquel est adapté transversalement un bouchon en cristal , percé dans son diamètre et faisant les fonctions d’un robinet. Le bec s’adapte par frottement au col d’une caraffe qui sert de récipient. Pour s’en servir, on commence par tamponner le cylindre inférieurement, comme pour la lixiviation ; puis on place, sur le tampon, la substance que l’on recouvre enfin du liquide avec lequel on veut l’attaquer. On a donné à ce

mode de filtratiom la dénomination de filtration pur déplacement.

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