PHARMA-COTECIINIE
le clarifier : c’est à quoi Fou parvient, sans l’altérer dan£ sa nature, en le filtrant.
Nous nous gardons de recommander la macération de la plante pilée dans son propre suc, en l’abandonnant à elle-même dans le mortier avant son expression, comme les auteurs l’indiquent sous le motif de l’action dissolvante du suc sur les principes extractifs. Selon nous, cette opinion est erronée ; et si , par cet abandon, le suc acquiert de la couleur , ce n’est point en dissolvant une plus grande quantité de principes actifs , c’est seulement en éprouvant une altération dans sa composition moléculaire , par l’effet de l’oxygène de l’air.
Lorsque les plantes dont on doit extraire le suc, sont d’une texture fibreuse et naturellement sèche, comme la petite centaurée et la plupart des labiées, etc., ou encore lorsqu’elles contiennent du mucilage en proportion notable, par exemple, la bourrache, la buglosse, la bardane, la consoude, etc., il faut ajouter une petite quantité d’eau pour étendre le suc propre ou pour le diluer et faciliter l’expression. Du reste , cette addition devient inutile dans les sucs d’herbes composés de plusieurs plantes parmi lesquelles il s’en trouve de très aqueuses ; mais on ne peut point s’en dispenser dans les autres cas, bien que les feuilles retiennent toujours, ainsi qu’on Fa dit, un peu de Feau de lavage , parce que cette quantité est trop insuffisante.
Pour la clarification, elle peut être faite non-seulement comme nous l’avons déjà dit , mais encore en soumettant le suc à la température du bain-marie , pour coaguler la matière végéto-animale, et en filtrant ensuite. Mais il faut s’abstenir soigneusement d’employer le blanc d’œuf à cet usage, car cette matière forme, avec plusieurs principes immédiats tenus en solution dans les sucs , des combinaisons insolubles, et diminue par là les propriétés dit médicament» Si les plantes contiennent des principes ueüfo volatils, la coagulation doit s’opérer dans des
PHTTOBASIfi. — SUCS VÉGÉTAUX AQUEUX. 23 1
vases clos ; mais il est alors préférable de se borner à l’emploi du premier moyen , à moins que la matière azotée coagulable ne soit de trop difficile digestion pour certains malades.
Enfin , une dernière précaution à prendre consiste à ne préparer les sucs d’herbes composés qu’en opérant sur toutes les plantes simultanément. On évite ainsi d’en troubler la transparence , comme cela arrive très souvent lorsque l’on f mêle, après la filtration, les sucs de diverses plantes préparés isolément. La réaction mutuelle n’en a pas moins lieu de cette dernière manière , mais au moins les sucs passent clairs au travers le filtre.
c. Sucs aqueux de fruits*