CHAPITRE IV
Le Jugement et la Proposition»
En passant de la première opération de l'esprit â la seconde, nous trouvons le jugement ou la proposition,
321. Jogement et proposition. — La proposition est au jugement ce que le terme est à l'idée: c'est l'expression verbale du jugement. De même que le terme est le nom donné à l'idée, de même la proposition sera le jugement énoncé, exprimé par des
EiOlL- -if, il 'iJ>^ oorfijrn-.fit; i'.',] -ngique, pour fixer les idées, de considérer l'expression extérieure du jugement, au lieu de l'acte mental lui-même; mais comme ru:>age des mots peut souvent tromper, il sera tou ours utile, tout en étudiant la proposition, d'avoir devant l'esprit l'opération intellectuelle elle-même.
La proposition peut être étudiée, soit au point de vue grammatical, soit au point de vue logique; et ces deux points de vue se confondent souvent. La grammaire recherchera surtout quelles sont les modifications que subissent les mots suivant les rapports qu'ils ont entre eux dans la proposition. La logique recherchera quelles sont les lois de dépendance qui régissent les différents termes de la proposition, en tant qu'expression du jugement; c'est-à-dire de la pensée même. La logique recherche comment je pense, et la grammaire comment je parle. En réalité, l'objet propre du grammairien, c'est la proposition même : l'objet propre du logicien, c'est le jugement; et il ne considère la proposition que parce que cela lui est plus commode. Ainsi, il sera toujours plus facile et plus clair de dire : le sujet ou Vatlribut^ que de dire : l'idée de la chose dont j'affirme quelque chose, et l'idée de la chose que j'affirme de cette première chose. L'absence du neutre ,en français rendrait ces expressions extrêmement pénibles, obscures et entortillées.