Critique de la distinction précédente. — Mais
d'autres objections plus sérieuses ont été faites contre cette distinction. Duval-Jouve, dans sa Logique (part. Il, ch. i, p. 247), ' l'a battue on brèche avec une assez grande force d'argumentation. Cette. distinction, dit , cet auteur, paraît une œ subtilité mal fondée, car : i° il n'y a pas de définition de mot q,ui ne soit, dans une certaine mesure mie définition de chose ; 21° il n'y a pas de définition de chose qui ne soit une définition de mot ».
, « Que deux personnes demandent- en même temps à un géoraètrece qu'il entend par awgf/e/)/^^, l'une pour savoir ce que signifie le mat, l'autre pour connaître d'une manière précise llobjet désigné par ce mot; nous verrons que la réponse sera la; même pour les deux »;. Les logiciens de Port-Royal le reconnaissent eux-mêmes.
: Gn ne peut pas, davantage admettre, .selon le mçme auteur, que les définitions de mots soient libres, Arbitraires. <i J'avoue à; nia honte que je n'ai jamais pu comprendre ce que signifie cette expression. Je comprends que je puisse nommer chapeau^ CE que les autres appellent ^comé^rie; mais si on me demande ce que j'entends par cbapeati, je suis foixé de répondre comme \e^[ autres que c'est ila science des grandeurs, ». ,
Mnlgré ces objections, nous croyons que la théorie de. Port-; Royal doit-êtrfe maintenue. Sans doute, toute définition de mpti est en même temps une définition de chose, et réciproquement; oarioHt'mot,,à;moins d'ètteVidedè sens, exprime quelque chose,' et toute chose est exprimée par des mots. Mais tantôt je con-^ sidère principalement la nature de la, chose, et tantôt je considère principalement le sens du mot; or, si je n'ai pas le droit de distinguer les faits d'après la prédominance des points de vue, il n'y a plus d'abstraction, et par conséquent pas de science; car on pourra ime dire de même qu'il n'y a pas de largeur sans longueur ni de longueur sans largeur, et ra'inlerdire de considérer l'une ou l'autre séparément. Il y a des cas où le sens des motSi m'est obscur^ et je demande, qu'on me l'explique ; d'autres cas^ eu le sens des mats est très connu et très clair, et c'est la clioseï dont je demande l'explicalion. .. ;
- M.ais, dira-t-on, celui qui vous explique un mat vous explique. çn même tempfs la chose exprimée par ce mot : et.les- deux définitions se confondent, comme le prouve l'exemple de l'an^lé plan. Cela peut être' vrai dans certains cas, mais il u'ea f-i pas loujours ni nécjesijaireme.nt ainsi: ainsi très souvent la défini tiu*