FONCTIONS DU SYSTÈME NERVEUX
29. fonctions des nerfs rachidiens. — L*une des plus grandes découvertes delaphysiologiemoderne(BelletMagendie) a été de distinguer parmi les nerfs de la moelle deux catégories : 1° les nerfs de la sensibilité; 2° les nerfs du mouvement. Cette découverte était très difficile à faire, parce que les fibres motrices et les fibres sensitives sont intimement mêlées dans toute espèce de nerfs. La différence est dans les racines. Il a été démontré par l'expérience que les racines postérieures sont les organes de la sensibilité, etles racines antérieures les organes du mouvement. Ce qui le prouve, c'est que, si l'on coupe les premières, la sensibilité est abolie, tandis que le mouvement subsiste; si Ton coupe les secondes,c'est le mouvement qui est aboli et la sensibilité qui subsiste. La différence des racines subsiste dans les fibres qui les conti- Quent, quoique ces fibres soient mêlées ensemble pour former le tronc des nerfs.
Comme les nerfs sensitifs apportent les impressions du dehors aux centres nerveux, on les appelle souvent nerfs centripètes; et comme les nerfs moteurs transmettent au contraire l'action du dedans au dehors, on les appelle nerfs centrifuges.
Les nerfs sensitifs et les nerfs moteurs n'ont en réalité aucune, diiïérence- Ce ne sont que des conducteurs. Si on peut les remplacer l'un par l'autre, l'action a lieu néanmoins. La différence de propriété vient donc du centre; c'est dans la moelle ellemême qu'i Haut distinguer des cellules motrices et des cellules ^ensuives, etles nerfs diffèrent de propriété suivant qu'ils partent des unes ou des autres,
Il PSYCHOLOGIE.
30. Fonctions de la moelle épînîèrc. — La moelle peut être considérée soit comme centre, soit comme conducteur.
Elle est centre lorsque l'action se termine à elle, part d'elle ou se transmet par elle sans passer par l'encéphale.
Elle est conducteur lorsqu'elle transmet l'excitation soit du dehors au cerveau, soit du cerveau au dehors.
Cette dernière fonction est la plus ordinaire; c'est ainsi que les nerfs de la sensibilité produisent de la douleur lorsque l'impre-sion se communique parla moelle au cerveau et y devient consciente; c'est ainsi que la moelle est l'agent de mouvements volontaires dont le point de départ est dans le cerveau, mais qui se communiquent aux nerfs moteurs par l'intermédiaire de la moiUe. Aussi voit-on qu'une maladie de la moelle, aussi bien que les maladies du cerveau, produit soil le trouble, soit l'abolition des fonctions sensitives et motrices.
Mais la moelle est elle-même centre d'action. On le prouve par l'exemple des animaux décapités, où Ton voit une excitation exlerns (on pince \à patte d'une grenouille) déterminer des mouvements compliqués. La moelle a donc transmis l'excitation des neiis sensit.ifs aux nerfs moteur;:.
Les mouvements produits amsi par la moelle, sans intervention du cerveau et de la volonté, s'appellent mouvements ré/Ze:z;es(4'2).
En général, cependant, on donne le nom de mouvement réllexe à tout mouvement dépendant d'un centre nerveux quelconque, même de l'encéphale, mais sans l'intervention de la volonté.
31. Fonctions de Tencéphale. Bulbe, — Le bulbe est un organe conducteur comme la moelle, puisqu'il la fait communiquer avec le cerveau, mais il est aussi un centre. Gomme centre n préside aux fonctions de la déglutition et de la mastication; il est l'organe centrai des mouvements expressifs; mais surtout il joue un rôle considérable dans la respiration; c'est du bulbe que partent les nerfs qui président à cette fonction. Flourens a déterminé dans le bulbe le point précis (appelé par lui nœud vital) qui est le centre respiratoire.
Protubérance. — La protubérance, outre son rôle de conducteur, est aussi un centre; les lésions en effet qui s'y manifestent produisent des mouvements convulsifs ou de rotation.
Tubercules quadrijumeaux. — Ces organes sont le oentre des perceptions vi-suelles et des mouvements oculaires. L'ablation de ces organes produit la cécité.
Couches optiques et corps striés. — Rien de bien certain sur les fonctions de ces organes. Un physiologiste, le D' Luys, considère les couches optiques comme le centre, ou sensorium commune, où viennent aboutir les impressions des sens externes, et le corps strié comme le centre des actions motrices.
Cervelet. — Le cervelet ne semble pas jouer un rôle dans les phénomènes de sensibilité ou d'intelligence. Son influence ne s'exerce que sur le mouvement. 11 ne produit pas le mouvement, mais il le régularise. Sa fonction propre paraît être la coordi nation des mouvements : en tout cas, il y contribue.
Les hémisphères cérébraux. — Les hémisphères du cerveau proprement dit sont la partie la plus importante des centres nerveux et le siège des phénomènes les plus élevés, c'est-à-dire de rintelligence proprement dite. « Les hémisphères, dit Cuvier, sont le réceptable où les sensations prennent une forme distincte et laissent des souvenirs durables. Ils servent de siège à la mémoire, propriété au moyen de laquelle ils fournissent à l'animal les matériaux de ses jugements, »
Tout porte à croire que c'est dans la substance grise, appelée aussi substance cor/ica/e, parce qu'elle forme l'écorce du cerveau, que résident les fonctions intellectuelles.
Le cerveau est encore l'organe des mouvements volontaires. L'ablation des hémisphères ne détruit pas sans doute le mouvement dans l'animal ; mais les mouvements qu'il continue à exécuter ne sont plus que des mouvements automatiques : tout signe extérieur de volonté a disparu.
Le cerveau n'est pas seulement l'organe de l'intelligence et de la volonté, il l'est aussi de l'instinct chez les animaux; privés d'hémisphères, les animaux perdent leurs instincts. Les pigeons opérés par Flourens cessaient de chercher leur nourriture.
Inutile d'ailleurs d'insister davantage sur les fonctions du cerveau. Nous y reviendrons plus loit en traitant des rapports du physique et du moraK283)