‹ Traité élémentaire de philosopheChapitre 16 sur 313 · CHAPITRE !I · texte numérisé non relu

CHAPITRE !I

Classification des phénomènes psychologiques: Opérations sensitives ut opérations intellectuelles.

32. Distinction des phénomènes psychologiques etdes phénomènes physiologiques. — Quoique l'homme physique soit la condition nécessaire de l'homme moral, il n'est pas la même chose que l'homme moral. L'un est connu par le moyen des sens comme les autres corps ; l'autre se connaît lui-même par la conscience. Les phénomènes qui se passent dans l'un sont des phénomènes physiologiques ; les phénomènes qui se passent dans l'autre sont des phénomènes psychologiques. La psychologie est donc distincte de la physiologie ' et elle s'occupe exclusivement des phénomènes de conscience.

Comment devons-nous diviser les phénomènes psychologiques'?

33. Division des phénomènes. — Puisque l'homme complet, l'homme réel, esta la fois corps et âme, intimement unis, puisqu'il est, suivant l'expression de Bossuet, « une substance intelligente née /jowr t^iwe dans m/^ corps », il en résulte que la division la plus naturelle des phénomènes et des opérations de l'âme, c'est de distinguer les phénomènes ou opérations qui dépendent immédiatement du corps, et les phénomènes ou opérations qui n'en dépendent pas, ou du moins qui n'en dépendent que par l'intermédiaire des premiers. Par exemple, lorsque je pense, ma pensée, considérée en elle-même, n'a aucune relation avec l'existence corporelle. Apercevoir un rapport d'évidence, vouloir un acte de vertu, aimer une personne pour sa bonté et pour la noblesse de son cœur, sont des phénomènes qui

l Nous ne croyons pas devoir nous étendre La physique ne cherche pas à déiuontrer qu'elle

plus longtemps sur cette quesiion préliminaire. est dislincte de la chimie, la mécanique qu'elle

On ue peut distiiiijuer encore deux s iences est distincte de la géométrie, etc. Quant aux

l'une de l'autre, qua:id on ne connaît ni l'une dilfîcultcs réelles qui partent sur la distinction

ni l'autre. Faite» la science, on verra liien si des fiits psychologiques et physiologiques,

«ile existe. Les autres sciences ne se préoc- elles seront discutées dans le chapitre Sur la

cupent pas ainsi de se démontrer e^les-raênies distinction de l'âme et du corps (667).

CLASSIFinATION DES PHENOMENES PSYCHOLOGIQUES. J,

ne peuvent en aucune façon se traduire physiologiquement en faits perceptibles aux sens. Sans doute ces phénomènes, étant liés à la sensation, à l'imagination, au langage, aux mouvements externes, peuvent , en un sens, dépendre eux-mêmes de l'état du corps; mais ce n'est que par accident, comme ledit Bossuet, et parce qu'ils sont liés à d'autres phénomènes qui eux-mêmes sont en contact immédiat avec le corps.

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