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U CRITIQUE HISTORIQUE

les édifices, les arcs de triomphe, les colonnes, les tombeaux, en un mot, toute espèce de constructions, mais encore les uslensites, les armes, les vases, les meubles, les bijoux; puis toute une classe qui, par son importance, doit être mise à part, les médailles et les monnaies. Enfin Daunou compte encore, parmi les monuments, même les documents écrits lorsqu'ils ont un caractère officiel, non seulement les inscriptions qui font corps avec les édi lices, mais encore les chartes et toutes les archives, diplômes, actes publics, cédules privées, etc.

On appelle, en général, archéologie h science qui s'occupe des antiquités et surtout des objets matériels; numismatique la science des monnaies et médailles; épigraphie la science des inscriptions; diplomatique idi science des chartes et diplômes, etc.

U:}. Règles pour l'usage des monnnieuts. —Les monuments étant de véritables témoignages, on doit leur appliquer les mêmes règles qu'aux témoins eux-mêmes. Or pour ceux-ci, par exemple devant les tribunaux, on s'assure d'abord de leur identité eteisuite de leur véracité. De même, pour les monuments, il faut s'assurer d'abord de leur authenticité' et en second lieii de leur sincérité.

i" Authenticité. Établir l'authenticité d'un monument, c'est établir qu'il appartient bien au temps, au lieu, au personnage auxquels on le rapporte.

2" Sincérité. Les monuments avec les inscriptions qu'ils portent ne doivent pas toujours être considérés comme sincères : l'adulation et la politique y apportent souvent des inexactitudes et des mensonges. Par exemple, dans l'arc de triomphe élevé à Titus on lit qu'il a le premier pris Jérusalem : Urbem Hierosolymam omninà intentatam delevit. Cependant on ne pouvait ignorer que Pompée l'avait déjà prise, puisque Gicéron lui-même lui donnait le titre de Hierosolymarius. C'est donc un mensonge notaire.

Telles sont les deux règles fondamentales. On peut y ajouter celles-ci comme subsidiaires : IMa perte d'un monument peut être compensée par des descriptions authentiques, contemporaines du monument; 2» les monuments doivent avoir un sens clair et intelligible. Cette règle est de toute évidence; cependant

i. C'est ce qu'on appelle ridentité quand il l'aglt d'une personne. Il s'agit de «voir si va monument efct bien lui-même, c'est-à-dire ce qu'il prétend être.

JANET, l'hilosopliie. 33

«^ serait peut-être pousser trop loin la défiance que d'écarter, avec Daunou, tous les monuments « dont l'objet ne se détermine pas et dont le sens ne s'explique qu'à force de rapprochements, de conjectures et de dissertations ».

4 i'i. liCs relations écrites. — La source la plus riche et la plus importante de l'histoire est dans les relations écrites, Daunou en distingue de huit espèces (Cours, ch. ii) : 1° les relations écrites en présence même de févénement : les procès-verbaux, rapports, bulletins, qui ont le caractère d'actes officiels; 2° les journaux privés ou registres personnels, où quelques particuliers écrivent jour par jour les faits qu'ils ont vus ou appris : par exemple, le Journal de l'Étoile sous les règnes de Henri III et de Henri IV, le Journal de Dangeau sur la cour de Louis XIV, le Journal de l'avocat Barbier sur la Régence et le XVIII' siè'4e ; à" les gazettes ou journaux publics, qui ont pris tant d'extension de nos jours ; 4° les Mémoires personnels ou Cornmentaires, où l'auteur raconte les événements de sa propre vie et les grandes choses auxquelles il a été mêlé : par exemple, YAnabase de Xénopbon, les Commentaires de César. A. cette classe se rattachent encore les correspondances, les relations de voyages et d'ambassades, etc. ; 5° les relations contemporaines : ce sont celles où un auteur raconte sa propre histoire, même les événements de son temps ou peu éloignés de lui. C'est la source la plus importante del'bistoire. On citera en ce genre : la Guerre du Péloponnèse, deTbucydide, Catilina et Jugurtha,de Salluste, les Annales, de Tacite; dans les modernes, V Histoire de de Thou, et de nos jours V Histoire du Consulat et de V Empire, de M. Thiers, VHistoire de la Restauration, de M. Viel- Castfil, etc. ; 6" les relations postérieures de plus d'un siècle aux événements : par exemple, l'Zf isfoire d'Hérodote, pour l'époque de Solon, de Grésus et de Cyrus, VHistoire dePolybe, pour la première guerre punique, puisque ces relation^ reposent d'ordinaire sur des témoignages plus anciens et sont un supplément nécessaire des récits contemporains, que l'on n'a pas toujours; T Les relations composées à de longues distances des événements, par exemple, les Histoires de Tite-Live, deDiodore de Sicile, de Denys d'nalicarnasse;8°les compilations, ou histoires générales, par exemple : les histoires de la Grèce ou de Rome composées dans les temps modernes, les histoires générales de tout un peuple : Vhistoire de France, Yhistoire d'Espagne, Vhistoire

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