‹ Traité élémentaire de philosopheChapitre 165 sur 313 · Chlamydeg chlanides , exomides, sortes de vêto^enu · texte numérisé non relu

Chlamydeg chlanides , exomides, sortes de vêto^enu

cessaire à la vie, tandis que le travail et l'exercice ne serviraient de rien? Ont» «lies appris ce que tu dis qu'elles savent comme choses inutiles à la vie et dont elles n'auraient que faire, ou au contraire pour s'en occuper et en tirer parti? Quels sont donc les hommes les plus sages, de ceux qui restent dans l'oisiveté ou de ceux qui s'occupeni de choses utiles? les plus justes.de ceux qui travaillen «u de ceux qui, sans rien faire, délibèrent sur les moyens de subsister?

— Au nom des dieux, Socrate, reprit Aristarque, ton conseil est excellent; je n'osais pas emprunter, sachant bien qu'après avoir dépensé ce que j'aurais rpçu je n'aurai pas de quoi rendre; maintenant je crois pouvoir me décider à le faire. »

Aussitôt dit, on se procure des fonds; on achète de la laine. Les femmes dînaient en travaillant, soupaient après le travail, et la gaieté avait succédé à la trisies.se; au lieu de se regarder en dessous, on se voyait avec plaisir. Elles aimaient Aristarque comme un protecteur, et Aristarque les chérissait pour leurs services. Enfin celui-ci vint gaiement conter l'aventure à Socrate et lui dit que ses parenli^s lui reprochaient d'être le seul de la maison qui mangeât sans rien faire. « Eh! bien, dit Socrate, que ne leur contes-tu la fable du chien? Du temps que les bêtes parlaient, la brebis dit à son maître : « Ta conduite est bien étrange; nous qui te a fournissons de la laine, des agneaux, du fromage, tu ne nous donnes rien que ■ nous ne soyons obligées d'arracher à la terre; et ton chien, qui ne te rapporte

• rien, tu partages avec lui ta propre nourriture. » Le chien, qui l'avait entendu, lui dit : « 11 a raison, par Jupiter! car c'est moi qui vous garde et vous empêche

• d'être enlevées par les hommes ou ravies par le loup; si je ne veillais sur vous,

• vous ne pourriez paître dans la crainte de périr, n Va donc dire à tes parentes que tu veilles sur elles comme le chien de la fable; que, grâce à toi, elles ne sont insultées par personne et peuvent, sans chagrin et sans crainte, continuer leur laborieuse existence. »

S'il est injuste de considérer comme servile le travail manuel et le travail productif, ce serait un préjugé en sens inverse que de ne considérer comme un travail que le travaii des mains et le travail mercenaire. Le travail intellectuel, celui des savants, des artistes, des magistrats, des chefs d'État, n'est pas moins utile ; il est donc aussi légitime.

Il n'est pas besoin d'insister beaucoup pour nous rappeler que le travail seul assure la sécurité et le bien-être. Sans doute, il ne les assure même pas toujours; cela est malheureusement vrai. Mais si, en travaillant, on n'est pas bien sûr de nourrir sa femme et ses enfants et de s'assurer pour sa vieillesse un légitime repos; en revanche, ce dont on est sûr, c'est que, sans travailler, on se condamnera soi-même et toute sa famille à une misère certaine. On n'a encore trouvé aucun moyen de faire sortir des richesses de dessous terre sans travail. Ces richesses apparentes qui frappent nos regards éblouis, ces palais, ces calèches, ces toilettes splendides, ces meubles, tout ce luxe, toutes ces richesses et d'autres plus solides, les machines, les usines, les produits de la terre : tout cela, c'est du travail accumulé. Entre l'état des peuplades sauvages qui errent affamées dans les forêts de l'Amérique, et l'état de nos sociétés civilisées, il n*y a d'autre

DEVOIRS ENVERS LES ANIMAUX. — DEVOIRS ENVERS SOI-MÊME, oèl

différence que le travail. Supposez que par impossible, dans une sodélé comme la nôtre, tout travail vienne à s'arrêter subitement : la détresse et la faim en seront les conséquences immédiates et înévifables. L'Espagne, quand elle a découvert les ruines d'or de l'Amérique, s'est crue enrichie pour l'éternité ; elle a cessé de travailler : elle s'est ruinée, et de maîtresse souveraine qu'elle était en Europe, elle est descendue au rang où nous la voyons aujourd'hui. La paresse amène la misère, la misère amène la mendicité, et la mendicité ne se contente pas toujours de demander, elle prend.

Le travail n'est pas seulement un plaisir ou une nécessité : c'est un devoir. Même pénible et sans joie, le travail est encore une obligation pour l'homme ; c'est encore pour lui une obligation, lorsqu'il n'en aurait pas besoin pour vivre. Le travail u'assure pas seulement la sécurité; il assure la dignité. L'homme est fait pour exercer les facultés de son corps et de son esprit. 11 est fait pour agir comme l'oiseau pour voler.

Il est difficile sans doute de s'habituer au travail ; mais une fois les premières difficultés vaincues, le travail est si peu une fatigue qu'il devient un besoin. On est obligé de faire effort pour se reposer. Oui, après avoir eu de la peine dans l'enfance à s'habituer au travail, ce qui devient à la longue le plus difficile, c'est de ne pas travailler. Il faut presque lutter contre soi-même pour se forcer à la distraction et au repos. Le loisir devient à son tour un devoir auquel on se soumet avec peine et auquel la raison seule dit qu'il faut se soumettre : car il ne faut pas abuser des forces que la Providence nous a confiées.

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