‹ Traité élémentaire de philosopheChapitre 166 sur 313 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Devoirs envers soi-même.

(Suite).

479. Devoirs relatifs à rintelligence. — Le premier devoir relatif à l'intelligence est le devoir de s'instruire.

Sans doute personne n'est tenu d'être un savant, d'apprendre le latin ou les sciences; mais on peut dire que c'est un devoir pour chacun de nous : i* d'apprendre aussi bien qu'il lui est possible les principes de l'art qu'il aura à cultiver ; par exemple : les magistrats, les principes de la jurisprudence ; le médecin, les principes de la médecine ; l'artisan et le laboureur, les principes de leur art; 2° c'est un devoir pour tous les hommes, selon les moyens qu'ils ont à leur disposition, de s'instruire sur leurs devoirs ; 3° c'est encore un devoir pour chacun de dépasser, autant qu'il le peut, le strict nécessaire en matière d'instruction, et en raison des moyens qu'il a à sa disposition. C'est donc un devoir de ne négliger aucune occasion de s'instruire.

C'est encore un devoir de faire tous ses efforts pour éviter l'erreur, et de cultiver en soi le bon sens, qui est la faculté de discerner le vrai du faux.

Quelques indications sur les causes de nos erreurs pouiront être utilement indiquées à ce sujet. (Voy. plus haut, Logique sect. II, ch. VII.)

480. l-a prndence. — L'instruction et le bon sens conduisent à la vertu que l'on appelle h prudence y qui consiste à délibérer pour agir et qui est l'art de bien discerner notre intérêt dans les choses qui nous concernent, et l'intérêt d'autrui dans les choses qui concernent autrui. Il y a donc deux sortes de prudence : la prudence personnelle, qui n'est que l'intérêt bien entendu, et la prudence civile ou désinléressée, qui s'applique aux intérêts d'autrui : ainsi, un général prudent, un notaire prudent, un ministre prudent, ne le sont pas pour eux-mêmes, mais pour les

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