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lnt<^ressés : à ce point de vue, ce n'est qu'un devoir envers autrui.
Quoique la prudence ne soit que la vertu de Vutile, elle est cependant une vertu. Car, lorsque nous sommes sur le point d'être entraînés par la passion, c'est le devoir lui-même qui nous ordonne de préférer l'utile à l'agréable.
Voici quelques-unes des règles relatives à la prudence :
1° 1! ne suffit pas de faire attention au bien ou au mal présent, il faut encore examiner quelles en seront les suites naturelles, afin que, comparant le présent avec l'avenir et balançant l'un par l'autre, on puisse reconnaître d'avance quel en doit être le résultat.
2° Il est contre la raison de rechercher un bien qui causera certainement un mal plus considérable.
3° Rien n'est plus raisonnable que de se résoudre à souffrir un mal dont il doit certainement nous revenir un plus grand bien.
A" On doit préférer un grand bien à un moindre, et réciproquement un moindre mal à un plus grand.
5' Il n'est pas nécessaire d'avoir une entière certitude à l'égard des biens et des maux considérables, et la vraisemblance suffit pour engager une personne raisonnable à se priver de quelques petits biens ou à souffrir quelques maux légers, en vue d'acquérir des biens beaucoup plus grands ou d'éviter des maux beaucoup plus fâcheux. (Burlamaqui, Droit naturel.)
481 . 1.a véracité. — Les hommes se servent de la parole pour exprimer la pensée. De là un devoir important et fondamental : celui de n'exprimer par la parole que la vérité, ou ce que l'on croit tel après avoir pris toutes les précautions possibles pour ne pas se tromper. On estime au plus haut degré ceux qui ne se servent de la parole que pour exprimer leur pensée, et on méprise ceux qui s'en servent pour tromper. Cette sorte de vertu s'appelle véracité, et le vice qui lui est opposé est le mensonge.
On peut distinguer deux espèces de mensonges :
Le mensonge intérieur et le mensontie extérieur : le premier par lequel on se ment à soi-même, c'est-à-dire on manque de sincérité par rapport à soi-même ; le second par lequel on ment à. autrui.
On peut se demander s'il est possible que l'homme se mente véritablement à soi-même. On comprend en effet aue l'homme
se trompe, mais alors il ne sait pas qu'il se trompe : c'esb erreur, ce n'est pas mensonge ; si, au contraire, il sait qu'il se trompe, par cela même il n'est pas trompé. Il semble donc qu'il ne puisse y avoir mensonge à l'égard à^. soi-même.
Et cependant il est certain que l'homme peut se tromper volontairement lui-même, par conséquent se mentir. Le cas le plus habituel du mensonge intérieur est lorsque l'homme emploie des sophismes pour étouffer le cri de la conscience, ou encore lorsqu'il cherche à se faire croire à lui-même qu'il n'a d'autre motif que le bien moral, tandis qu'il n'obéit en réalité qu'à la crainte du châtiment ou à tel autre motif intéressé.
Le mensonge intérieur est déjà une véritable bassesse, ou du moins une faiblesse ; et l'on doit conclure de là qu'il en est de même du mensonge extérieur, c'est-à-dire du mensonge qui s'exprime par des paroles.
Le mensonge est toujours uût chose basse, soit qu'il ait pour cause le désir de nuire ou celui d'échapper à la punition ou le <3ésir du gain, ou tout autre mobile plus ou moins grossier : c Le menteur, a dit un moraliste, est moins un homme véritable que l'apparence trompeuse d'un homme. »
Il est évident que le devoir de ne pas mentir n'entraîne pas comme conséquence le devoir de tout dire. Il ne faut pas confondre le silence avec la dissimulation, et nul n'est tenu de dire tout ce qu'il a dans le cœur ; bien au contraire, nous sommes ici en face d'un autre devoir envers nous-mêmes , qui est en quelque sorte l'opposé du précédent, à savoir : la discrétion. Le bavard et l'étourdi, l'un qui parle quand même, l'autre qui dit ce qu'il devrait taire, ne doivent pas être confondus avec l'homme loyal et sincère qui ne dit que ce qu'il pense, mais qui ne dit pas nécessairement tout ce qu'il pense.
Si le mensonge, en général, est un abaissement de la dignité humaine, cela est encore vrai, à bien plus forte raison, de cetta sorte de mensonge que l'on appelle /^arjwre et que l'on pourrait i définir un double mensonge.
Le parjure est de deux sortes : il est ou une prestation d'un faux serment, ou la violation d'un serment antérieur vrai ou faux, sincère ou mensonger. Pour savoir ce que c'est qu'un par*jure, il /''Aut donc savoir ce que c'est qu'un serment.
Le serment est une affirmation où l'on prend Dieu à témoin detî la vérité de ce qu'on dit. Le serment consiste donc en quelque sorte à invoquer Dieu en notre faveur, à le faire parler en uoLv9/
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nom. On atteste pour ainsi dire que Dieu, qui voit le fond des cœurs, s'il était appelé en témoignage, parlerait comme nous parlons nous-mêmes. Le serment indique que l'on accepte d'avance les châtiments que Dieu ne manque pas d'inlliger à ceux qui attestent son nom en vain.
On voit comment le parjure, j'entends par là la prest;ifion d'un faux serment, peut être appelé un double mensonge ilar le parjure ment d'abord en affirmant une chose fausse ; 'i il ment ensuite en affirmant que Dieu lui-même rendrait lêmoignage, s'il était là. Ajoutons qu'il y a là une sorte de sacnit'ue, qui consisteà faire en quelque sorte de Dieu le coin|»lice dt* noire mensonge. Il en est de même lorsque le parjure est la violation d'un serment antérieur.