DîflTérentes espèces de devoirs sociaux
Après l'échelle précédente, qui repose sur les différents rapports de bien ou de mal qui peuvent exister entre les hommes, il y a une autre classification qui repose sur les ditlére nies espèces de biens ou de maux que nous pouvons faire à nos semblables.
Seulement, nous ne prétendons pas établir une échelle dans rénumération des devoirs suivants :
l* Devoirs relatifs à la vie des autres hommes. Suivant les deux maximes citées plus haut, ces devoirs sonVde deux sortes : 1° ne pas attenter h la vie d 'autrui. Tout atten\at à la vie d' autrui s'appelle homicide. S'il est accompagné de perfidie ou de trahison, c'est assassinat. Le meurtre des parents par les enfants est appelé parricide ; des enfants par les parents (surtout à l'âge le plus tendre), infanticide: des frères les uns par les autres, fratricide. Tous ces crimes sont les plus odieux et les plus repoussants pour le cœur humain. Le meurtre n'est jamais permis, même pour le plus grand intérêt et pour le plus grand bien. Ainsi, c'était une erreur des anciens de croire que le meurtre du tyran ou tyrannicide, était non seulement légitime, mais honorable et beau. Cependant il faut excepter le cas de légitime défense; car il ne peut nous être interdit de nous défendre contre celui qui veut nous ôter la vie. Mais on ne considérera pas le duel comme un fait de légitime défense; cela est évident pour l'agresseur; et d'autre part, on ne se défend que parce que l'on a consenti à se mettre en péril : quant à la question de savoir si l'attaque à l'honneur ne peut pas équivaloir à une attaque à la vie, on ne peut pas dire que ce soit faux dans tous les cas; mais ici l'abus est si près du principe qu'il est plus sage de condamner d'une manière absolue une pratique barbare, dont on a fait un si déplorable abus. — Enfin, le meurtre à la guerre^ pourvu que ce soit dans les conditions autorisées par le droit des gens, est considéré comme un cas de légitime défense.
Si l'homicide est pour notre sensibilité la plus odieuse de toutes les actions, réciproquement l'action qui consiste à sauver la vie d'autrui, et surtout à donner sa vie pour autrui, est la plus belle de toutes : « Le bon pasteur donne sa vie pour ses irebis. »
A ce devoir fondamental de ne pas attenter à la vie des autres hommes se rattache comme corollaire, le devoir de ne pas porter atteinte à leur corps par des coups ou des blessures, à leur santé par des violences dangereuses, et réciproquement le devoir de les secourir dans leurs maladies.
2* Devoirs relatifs aux biem. Nous avons vu plus haut* que l'homme ne peut conserver sa vie et la rendre heureuse etcom-