‹ Traité élémentaire de philosopheChapitre 176 sur 313 · V. Coutia, U Vrai' U Beau et le Bien, %iw lecoa · texte numérisé non relu

V. Coutia, U Vrai' U Beau et le Bien, %iw lecoa

DEVOIRS DE FAMILLE. - DEVOIRS SOCIAUX. - DEVOIRS RELIGIEUX. 60i

entraîne encore jusqu'à un certain point celle d'une crainte respectueuse- il n'eit plus quun ami». i- . » u o«»

Le sentiment religieux se com[)ose donc de deux choses : le respect et l'amour. Ces deux sentiments confondus en un seul, et s'adressant à l'être Uni, sont ce qu'on appelle Vadoration. L'adoration est exclusivement consacrée à la Divinité : ce n'est que par métaphore, et quelquefois par une métaphore un peu sacrilège, qu'on l'emploie pour désigner des sentiments profanes. L'ensemble des actes par lesquels se manifeste l'adoration s'appelle culte. Si ces actes sont renfermés dans l'âme, c'est le culte intérieur ; s'ils se manifestent au dehors, c'est le culte extérieur.

On demande s'il faut un culte extérieur. Fénelon répond en montrant qu'il est la conséquence nécessaire et naturelle du culte intérieur.

€ Ne voit-on pas, dit-il, que le culte extérieur suit nécessairement le culte intérieur de 1 amour? Donnez-moi une société d'Iiommes qui se regardent comm« n étant tous ensemble sur la terre qu'une seule famille, dont le père est au cieldonnez-moi des hommes qui ne Wvent que du seul amour de ce père céleste qui n aiment m le prochain ni eux-mêmes que par amour de lui, et qui ne soient qu'un cœur et une âme : dans cette divine société n'est-il pas vrai que la bouche parlera sans cesse de l'abondance du cœur? Ils admireront le Tre^^-Hauf ils chanteront le Très-Bon; ils chanteront ses louanges; ils le béniront pour tous ses bienfaits. Ils ne se borneront pas à l'aimer; ils Tannonceront à tous les peuples de runivers; ils voudront redresser leurs frères dès qu'ils les verront tentés par 1 orgueil ou par les passions grossières, d'abandonner le Bien-Aimé Ils gémiront de voir le moindre refroidissement de l'amour. Ils passeront au delà des mers jusqu'au bout de la terre, pour faire connaître et aimer le père commun aux peuples égares qui ont oublié sa grandeur. Qu'appelez-vous un culte extérieur si celui-là n'en est pas un? Dieu serait alors toul en tous; il serait le roi le père l'ami universel; il serait la loi vivante des cœurs. Hélas! si un roi mortel ou un père de famiiIe s'attire par sa sagesse l'estime et la confiance de tous ses enfants or. ne voit a toute heure que les honneurs qui lui sont rendus; il ne faut point lui demander où est son culte, ni si on lui en doit un. Tout ce qu'on fait pour Thonorer, pour Im obéir et pour reconnaître ses grâces est un culte continuel qui saute eux yeux. Que serait-ce donc si les hommes étaient possédés de l'amour de Dieu-' leur société serait un culte continuel, comme celui qu'on nous dépeint des bienheureux dans le ciel s.

Un grand moraliste de l'antiquité, Épictète, a exprimé magnifiquement les mêmes sentiments que Fénelon :

Si nous étions sages, dit-il, qae devrions-nous faire autre chose en public et en particulier que de célébrer la bonté divine, at de lui rendre de solennelles ac-

^1. W.. ibid.. xuj. .econ.-a. Fdnelon. LHlr^t sur U. métavhusique et la religion, lettre H,

fin-» MORALE.

tions de grâces? Ne devrions-nous pas en bêchant, en labourant, en mangeant, chauler cet hymne au Seigneur : Dieu est grand!... Mais, puisque vous êtes toM dans l'aveuglement, ne faut-il pas que quelqu'un s'acquitte pour vous de ce devoil sacré, en chantant pour tout le monde un hymne à notre Dieu. Que puis-je fairt autre chose, moi, vieillard boiteux et infirme, si oe n'est de chanter Dieu! S j'étais rossignol, je ferais le métier de rossignol; si j'étais cygne, celui d'un cygna Je suis un être raisonnable; il me faut chanter Dieu. Voilà mon métier et je le fai^ C'est un rôle auquel je ne faillirai pas autant qu'il sera eo moi: et ie vous engage tous à chanter avec moi *.

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